Les stratégies françaises menées pour nommer les indigènes algériens

La notion d’identité nationale

D’après le dictionnaire Larousse, l’identité est : « Caractère permanent et fondamental de quelqu’un, d’un groupe, qui fait son individualité, sa singularité »2, cependant et selon le dictionnaire la toupie, cette notion désigne : «Le concept d’identité nationale désigne aussi l’ensemble de “caractéristiques communes“ entre les personnes qui se reconnaissent comme appartenant à une même nation.»3, mais ce que l’on peut dire c’est que l’identité est un concept polysémique, comme elle s’agit d’une notion très complexe, dont ce qui nous intéresse dans ce présent travail de recherche est l’identité nationale. Chaque nation dispose d’un ensemble de symboles, qui reflètent l’originalité et l’appartenance culturelle et même géographique de son peuple, autrement dit ce sont, des caractères référentiels communs entre les individus d’une telle ou d’une autre nation, et qui sert comme un moyen d’identification des peuples et de leurs appartenances, et qui doivent être conservés et respectés par les individus de chaque nation. Quand on parle de l’identité nationale en Algérie, on aura forcément face à trois notions composantes de cette dernière, qui sont : l’arabité, l’amazighité et l’islamité. Après l’indépendance de l’Algérie, Ahmed ben Bella à la tête du premier gouvernement algérien indépendant, s’est dirigé très tôt vers la réappropriation identitaire de l’individu algérien, malheureusement avec une vision extrémiste, où on a voulu ignorer un côté de l’histoire berbère de l’algérien et l’identité d’une autre minorité de ce peuple, en arabisant tout ce qui n’était jamais arabe, Zenati Jamel écrit : « Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, dans une démarche inconsidérée de réappropriation identitaire, Ahmed Ben Bella, le premier président de la République, dans sa première allocution publique et officielle, installe sans équivoque le cadre dans lequel doit se définir l’identité algérienne : « Nous sommes des Arabes, des Arabes, dix millions d’Arabes. […] il n’y a d’avenir pour ce pays que dans l’arabisme. (Discours du 5 juillet 1963) »4.

Ces idéologies ont continué à manifester très longtemps, chose que la constitution de 1976 nous explique, à l’époque où Boumediene était président de la République algérienne: « Art. 2 : L’islam est la religion d’État » « Art. 3 : L’arabe est la langue nationale et officielle. L’État oeuvre à généraliser l’utilisation de la langue nationale au plan officiel (Constitution de 1976). ».5 Le berbère est resté très longtemps sans reconnaissance institutionnelle en Algérie, et ce n’est que lors de la révision de la constitution en 2002 que cette langue devienne en premier lieu reconnu en tant que langue nationale, puis lors de la révision constitutionnelle de 2016 qu’elle redevienne langue nationale et officielle, et tout cela explique la situation et cette polémique au tour de la langue et l’identité en Algérie. Ajoutant aussi que l’islam est l’une des fondamentales composantes de l’identité algérienne, cet aspect identitaire est préservé, et garanti par l’état algérien, par le biais de ses constitutions depuis l’indépendance.

La notion d’état civil

On entend souvent parler d’un organisme très important dans notre société qui est l’état civil, mais la majorité des citoyens ignorent la véritable mission de cette institution. D’après le dictionnaire de droit privé : « L’état civil d’une personne, est constitué de l’ensemble des éléments relatifs à la personne qui identifient un individu. Par extension c’est l’appellation donnée aux services administratifs d’une Commune qui reçoivent les déclarations et qui conservent les registres concernant les naissances, les reconnaissances d’enfants naturels, les mariages et les décès »6, c’est-à-dire, l’état civil est un organisme administratif lié aux services des mairies, qui sert comme intermédiaire entre l’état et le citoyen, il est considéré comme étant un moyen d’identification des individus à travers les enregistrements des informations individuelles et personnelles des citoyens, tels que les naissances, les mariages, et les décès, afin de gérer la vie sociale des individus. L’état civil se compose de deux unités lexicales dont ‘état’ est l’équivalant de mot identité, et ‘civil’ à son tour qui signifie ‘dans la société’, d’une manière générale alors, il est possible de dire qu’il s’agit de l’identité dans la société ou bien l’identité des personnes. L’état civil d’une personne alors, est constitué de l’ensemble des informations relatives à elle. Et d’une manière générale, le rôle de cette institution locale consiste à enregistrer les naissances, les décès, les mariages, afin de prouver l’existence d’un individu ou d’un citoyen.

Contexte de la généralisation de nom patronymique en Algérie On sait qu’il existait des formes et des pratiques sociales qui ressemblaient aux activités qu’on retrouve aujourd’hui dans l’état civil, et cela bien avant l’instauration de cette organisation administrative, chose que trouve les archives d’enregistrements des mariages chez les cadis prouvent. Mais on s’entend tous sur le point qui dit, que le système de nomination patronymique algérien est jeune, le colonisateur français s’est mobilisé très tôt pour le concrétiser et l’imposer aux autochtones à la fin de 19émesiècle, et plus exactement lors de l’instauration et de la généralisation de la loi de l’état civil le 21 mars 1882. Auparavant, le système de nomination algérien et maghrébin d’une manière générale était agnatique, il était composé de trois noms, dont le premier est celui de la personne concernée, et le deuxième était de celui qui est le père, puis le troisième qui appartient à celui qui est le grand-père …, dès lors on peut dire que le nom patronymique n’a pas eu existence dans les pratiques onomastiques maghrébines et particulièrement algérien. Ce changement de système de nomination n’a pas était accepté de la plupart des algériens autochtones, qui ont refusé d’obéir à ce dernier imposé de la part de colonisateur français, parce qu’ils l’ont considéré comme étant un pat vers la répression de ce peuple et l’oblitération de son identité, alors ils continuaient toujours à pratiquer le système de nomination traditionnelle et locale comme signe de résistance, et même plus que cela, les algériens eux-mêmes ont proposé des noms de familles injurieux aux administrateurs français chargés de la nomination, même si le véritable objectif de ce comportement était d’insulter tout simplement ces fonctionnaires, avec une langue qu’ils ne comprenaient pas, mais malheureusement ces mots indignes ont été attribués à toute leurs races et descendances, chose qu’on peut constater aujourd’hui à partir de quelques noms de familles.

Les indigènes n’étaient pas seulement nommés par ce type de noms par un engagement ou un mouvement de rébellion, mais les fonctionnaires français chargés de nomination eux-mêmes ont procédé à donner des noms d’animaux quelques part aux autochtones, comme punition pour le refus de nouveaux système onomastique et le régime colonial d’une manière générale, ou juste pour simplifier leurs tâches, en nommant chaque indigènes qui possèdent une race d’animaux domestiques particulière, avec le nom attribuer à ces derniers, d’autres indigène qui refusaient de porter des noms patronymiques, ont été nommés arbitrairement de la part de l’état civil française, cette catégorie était connue sous l’abréviation ‘SNP’ qui veut dire : les sans nom patronymique. Après l’indépendance, l’état algérien à essayer d’une manière ou d’une autre de réapproprier l’identité des algériens, à travers les noms de famille, mais en réalité cette opération n’était qu’une continuité de la destruction et l’altération des noms de famille déjà fragile. L’état civil algérien, avec tous les mouvements d’arabisation connu après la guerre de libération nationale, a commencé à arabiser les noms de famille, et rapprocher des significations arabes à tous les noms qui n’étaient pas arabes, en modifiant dans la majorité des cas la morphologie des noms en ajoutant ou supprimant des lettres, ou bien modifier radicalement le patronyme.

Les stratégies françaises menées pour nommer les indigènes algériens

L’installation définitive de système colonial en Algérie rendue nécessaire l’assimilation du peuple et de tous les mouvements sociaux, et chose qui est sûre ils leurs a été impossible de contrôler un peuple qui n’avait pas de patronyme, le problème d’héritage et la propriété ont rendu l’enregistrement des décès en nécessité, la croissance de la population par l’enregistrement des naissances, et enfin les mariages auxquels ils ont programmé des nouvelles politiques d’alliance. D’autres lois ont été crées dont le système de nomination patronymique était d’une grande valeur comme le « sénatus-consult » du 22 avril lié à la constitution de la propriété en Algérie dans les territoires occupés par les arabes et la loi du 26 juillet 1873 relative à l’établissement et à la conservation de la propriété en Algérie dite la loi « Warnier »9, un article de cette dernière, peut nous expliquer et déterminer l’objectif de ces lois d’après « chaque titre de propriété contiendra l’adjonction d’un nom de famille aux prénoms et surnoms sous lesquels est antérieurement connu chaque« Indigène » déclaré propriétaire au cas où il n’aurait pas de nom fixe. Même sur le plan juridique ceci ne résolvait rien : comment s’appellerait l’acquéreur ou l’héritier de la terre s’il était dépourvu de nom patronymique ? Donc le nom choisi sera celui de la parcelle de terre ! Il faut noter que même du point de vue de la religion Islamique, l’homme créer par le Dieu tout puissant ne peut recevoir le nom d’une terre, c’est indigne à son statut de serviteur de Dieu».10

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
LA PARTIE THEORIQUE
PREMIERE PARTIE : LA PATRONYMIE A BEJAIA
CHAPITRE I : L’HISTOIRE DE LA FORMATION DES PATRONYMES
INTRODUCTION
1. La notion d’identité nationale
2. La notion d’état civil
3. Contexte de la généralisation de nom patronymique en Algérie
4. Les stratégies françaises menées pour nommer les indigènes algériens
5. L’apport de l’histoire sur le système linguistique en présence
5.1. Le berbère, langue originaire
5.2. L’arabe
5.3. Le turc
6. Les formes des noms de famille à Bejaia
6.1. Noms à morphologies simples
6.1.1. Noms formés à base d’une seule unité lexicale
6.1.2 Noms dérivés
6.2. Noms à morphologies complexes
6.2.1 Noms hybrides
CONCLUSION
CHAPITRE II : L’ASPECT MORPHO-SEMANTIQUE DES PATRONYMES A BEJAIA
INTRODUCTIO1N
1. Schéma de formation des patronymes berbères
1.1. Monèmes initiaux
2.2. Suffixation
2. Schéma de formation des patronymes arabes
2.1. Les monèmes initiaux
2.2. Les suffixes
2.2.1 Le suffixe « i »
2.2.2 Le suffixe « ia »
3. Schéma de formation des patronymes turcs
4. L’aspect sémantique des patronymes bougiottes
4.1. Le nom religieux
4.1.1. En rapport avec la divinité
4.1.2. Noms inspirés des attributs de dieu
4.1.3. Noms en rapport avec le prophète Mohamed
a. Les surnoms des prophètes
b. Les noms des compagnons et de la famille de prophète
4.1.4. Les noms bibliques
4.1.5. Noms relatifs aux mois, jours, et les fêtes religieuses
4.2. Portraits physiques et moraux
4.2.1. En relation avec le portrait physique
4.2.2. En relation avec le portrait moral
4.3. En relation avec l’emplacement social
4.4. En relation avec l’environnement
4.4.1. Les végétaux
4.4.2. Les animaux
4.4.3. Les reliefs
4.5. En relation avec l’appartenance
4.5.1. L’appartenance tribale
4.5.2. La filiation
4.6. Les noms abstraits
CONCLUSION
PARTIE PRATIQUE
DEUXIEME PARTIE : ANALYSE DU CORPUS
CHAPITRE I : ANALYSE MORPHOLOGIQUE DU CORPUS
INTRODUCTION
1. Le nom berbère
1.1. La forme des noms berbères
2. Le nom arabe
2.1. La forme des noms arabes
3. Le nom turc
3.1. La forme des noms turcs
4. Les noms hybrides
4.1 La forme des noms hybrides
CONCLUSION
CHAPITRE II : ANALYSE SEMANTIQUE DU CORPUS
INTRODUCTION
1. Analyse sémantique : significations et interprétations
1.1. Signification et interprétation des noms berbères
1.2. Signification et interprétation des noms arabes
1.3. Signification et interprétation des noms turcs
1.4. Signification et interprétation des noms hybrides
CONCLUSION
CONCLUSION GENERALE

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