Les soubassements theoriques de la croissance et de l’industrialisation

Aujourd’hui, la recherche de stratégies pour promouvoir le développement des pays du Sud fait la une sur la scène nationale qu’internationale. Selon le modèle de développement proposé par ROSTOW en 1960 , ces derniers devraient suivre le même chemin que les pays développés pour atteindre la croissance et le développement en passant tout d’abord par la société traditionnelle ; ensuite, le préalable au décollage ; après, le décollage ; puis la phase dematurité ; pour enfin atteindre l’âge de consommation de masse.

Depuis quelques années, la préservation de l’environnement est devenue une préoccupation mondiale pour permettre d’arriver au stade d’un développement durable qui est un «sentier de progrès humain qui répondent aux besoins et aux aspirations de la génération présente sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs besoins» . C’est l’objectif ultime des Nations. On parle aujourd’hui de développement durable, un développement prenant compte à la fois de la sphère sociale, économique et environnementale. Des conférences ont été mises en place sur la scène internationale sensibilisant tous les pays à contribuer ensemble à la préservation de l’environnement. En 2015, des objectifs de développement ont été votés durant une conférence entre les nations membres de l’ONU à Washington à l’issue duquel 17 objectifs de développement durable ont été établis.

LES SOUBASSEMENTS THEORIQUES DE LA CROISSANCE ET DE L’INDUSTRIALISATION 

Cadre conceptuel de l’industrialisation et de l’industrialisation écologique

Il est toujours mal appréhender d’associer industrialisation et écologie. Pour reconnaitre leur lien, il est essentiel d’avoir et une notion d’industrialisation et une notion d’écologie industrielle. D’un côté, le concept d’industrialisation se réfère à diverses significations du plus simple à un complexe. Par ailleurs, on évoque dans ce chapitre tant ces définitions mais aussi les stratégies d’industrialisation.

Notion du concept de « industrialisation » 

Pour mieux comprendre notre thème ici présent, il est nécessaire de définir l’industrialisation ainsi que de donner un aperçu des termes relatives à celle-ci.

Concept et définitions

➤ Conception Anglophone et Francophone de l’industrie
Selon Zeitlin J., 1985 : « La structure de l’économie anglaise pendant la période classique de la révolution industrielle démontre la moindre importance du capital fixe vis-à-vis du capital circulant et des inventions du type machine à vapeur vis-à-vis des innovations partielles et progressives mises au point par des artisans qualifié ». Le concept de l’industrie anglaise à cette époque est alors composé d’un capital circulant important, des innovations partielles et progressives mises au point par des artisans qualifiés. Donc leur industrie est à la base des fabrications artisanales faite à domicile pour être ensuite vendu sur des marchés à l’étranger qui conduit inévitablement soit à la grande industrie, soit à la désindustrialisation, résultat du non rentabilité de la production dans un contexte de marché compétitif qui a fait déplacer le capital vers des régions plus favorables, sous l’effet conjugué de la hausse du prix de revient et de la croissance de la population.

L’industrie artisanale s’est alors développé en Angleterre et en France, respectivement des industries cotonnières et des industries lainières. Combiné avec l’essor du commerce international profitant de leurs avantages comparatifs (avantage comparatif de David Ricardo : chaque pays doit se consacrer à ce qu’il fait le mieux afin que tous en tirent le meilleur bénéfice) et la division du travail a favorisé l’avènement de la première révolution industrielle. Cette étape est appelée Proto-industrielle. Selon Samson R., 1986 : « Pour qualifier une situation régional de Proto-industrielle au sens strict, nous proposons comme critère la présence simultanée de trois éléments : industries rurales, débouchés extérieurs, et symbiose industrie-agriculture. En quatrième lieu, ces éléments doivent être observés dans le cadre spatial d’une région. » « En effet, le Professeur W. W. Rostow fixe, d’une manière très précise, le démarrage industriel anglais à la période 1782 1802 ; or, c’est bien là le moment crucial où l’industrie cotonnière anglaise prend sa véritable envolée : en une vingtaine d’années, le volume de ses fabrications est multiplié par huit, ce qui ne s’était jamais vu auparavant. » (Tihomir J.M., 1975).

➤ Définition économique de l’industrie
L’industrie, au niveau économique, est connue comme étant « l’ensemble des unités économiques de production qui, par l’usage des facteurs, à savoir le capital et le travail, transforment des biens réels en produits. Elles dégagent une valeur ajoutée qui mesure la contribution productive de chacune d’elles ». A la différence de la définition classique, cette définition économique met en valeur les rôles joués par les deux facteurs principaux pour la production d’un bien. Elle précise également l’apport en valeur attribué au nouveau bien produit issu de cette transformation.

➤ Définition Sectorielle de l’industrie
La définition sectorielle de l’industrie est issue de celle des économistes C.CLARK et J.FOURASTIER. Les activités économiques sont réparties en trois secteurs d’activités. De un, le secteur primaire constitue les activités économiques productrices des matières premières. De deux, le secteur secondaire rassemble les activités qui transforment les matières premières en biens de production ou en biens de consommation. De trois, le secteur tertiaire regroupe tout ce qui concerne le service comme le commerce, le transport, l’hôtellerie. Grâce à l’évolution de la technologie, un nouvel secteur s’est apparu récemment. On l’appelle par secteur quaternaire. Il constitue les NTIC (Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication) et les activités de services de pointe. Ainsi, l’industrie qui est classée par l’économiste britannique Colin CLARK comme faisant partie du secteur secondaire et qui regroupe les activités industrielles, C’est-à-dire « transformation continue sur une grande échelle de matières premières en produits transportables». Et Jean FOURASTIE rajoute dans le secteur secondaire la branche de bâtiment et travaux publics considérée par lui comme un secteur où la forte valeur ajoutée permet de gains de productivité qui peuvent être élevés comparés à ceux de l’industrie. Ces deux économistes s’accordent toutefois pour ne pas placer l’artisanat dans le secteur secondaire du fait de la petite taille de ceci. Par ailleurs c’est la répartition sectorielle de la population active dans les trois secteurs d’activité qui permet de mieux connaître la place qu’occupe le secteur secondaire dans différents pays.

➤ Définition étymologique de l’industrialisation
Etymologiquement, l’«industrialisation » vient du mot latin « industria » qui signifie activité. Le verbe « industrialiser » signifie produire ou exploiter, selon les méthodes ou techniques industrielles. « Industrialiser », est également le fait d’équiper un lieu en industrie, étendre et intensifier les activités industrielles. L’industrialisation est et l’action d’industrialiser, et le résultat d’une action sur l’application des techniques industrielles, une implantation des industries, un accroissement de l’importance du secteur industriel.

C’est l’ensemble du processus de fabrication de produits manufacturés, allant du prototype à la série en recherchant une forte productivité du travail. Elle permet de remplacer le système artisanal ou manuel de production dans des lieux dispersés, par une production centralisée, en grandes séries, utilisant des machines et appliquant des normes ou standards pour obtenir des produits de qualité homogène.

➤ Définition de l’industrialisation d’après des auteurs
Selon CARDINIER  : « l’industrialisation résulte de la création d’entreprise individuelle. Dans son sens, il faut promouvoir l’industrialisation tant dans son étendue que dans son contenu » c’est-à-dire favoriser la propagation de l’industrialisation au-delà de l’économie considéré mais aussi s’assurer que dans celle-ci puisse être un champ d’évolution des techniques de production, et où se développe simultanément la production, l’investissement et l’emploi. Pour FREYSSINET et CUISENIER: « l’industrialisation est la mécanisation et l’augmentation du travail ». C’est donc la spécialisation. Cette définition sous- entend que l’industrialisation est inséparable à la technique qui est une façon de produire utilisant des machines opérantes à des coûts décroissants.

D’après l’économiste MOHAMED DAHMAN , l’industrialisation peut être définie par un processus faisant intervenir trois phases successives dont la phase primaire, la phase secondaire et puis la phase tertiaire. La première phase est relative à l’extraction et donc la phase la plus pauvre en valeur ajoutée. Ensuite vient la phase secondaire qui porte sur le raffinage, correspondant à la première transformation industrielle c’est-à-dire l’élaboration des produits semis finis servant à la production final des produits finis et manufacturés. Cette deuxième phase nécessite beaucoup de capital, de technologie et de main d’œuvre plus ou moins qualifiée et spécialisée. Enfin la phase tertiaire : celle qui consiste à élaborer des produits finis disponible pour la consommation directe. Cette troisième phase exige une technologie de pointe, une main d’œuvre hautement qualifiée et spécialisée ainsi qu’un capital financier autonome. Avec cette définition, on peut situer le niveau de développement industriel atteint par une économie et aussi déterminer les moyens financiers, techniques et humains nécessaire pour chacun des niveaux.

L’industrialisation est, selon François PERROUX « la structuration de tout un ensemble économique par emploi de systèmes de machines dans le dessein et avec l’effet d’augmenter cumulativement, et à un coût décroissant en effort individuel, le pouvoir qu’a un groupe humain d’obtenir des objets qui lui sont bénéfiques…l’industrialisation est expansive. Sa finalité est comprise par un nombre croissant d’individus…elle exerce des influences directes et indirectes sur toutes les activités d’une société » .

De cette définition, on peut tirer les idées suivantes en ce qui concerne l’industrialisation. La première est que l’industrialisation repose sur une dynamique de mécanisation qui accroît les investissements. Cette dynamique est étroitement liée à des investissements complémentaires à savoir les effets d’entrainement sur les autres secteurs ou branches et les investissements sur l’accroissement du capital humain. Pour PERROUX, l’industrialisation est un phénomène où toutes les unités productives interagissent entre elles puisque « l’industrialisation est, en fin de compte, une transformation de l’entière économie » .

➤ Définition générale de l’industrialisation
L’industrialisation est le processus par lequel une société ou un pays essentiellement agricole se transforme en une société ou un pays dont l’activité est fondée sur la transformation de biens et la fourniture de services. Le travail manuel individuel est souvent remplacé par la production mécanisée, et l’artisanat par la division du travail. Cette transformation s’accompagne habituellement d’une série d’autres changements favorisant l’industrialisation, comme une attention plus grande au perfectionnement des compétences, l’accumulation de capital aux fins d’investissement et l’exode des populations rurales vers les centres urbains (avec la perte d’autonomie qui en résulte). Bien que les notions d’industrie manufacturière ou de transformation, d’une part, et d’industrie tout court, d’autre part, soient souvent utilisées de façon interchangeable, la dernière englobe également la construction et les services de distribution. La Révolution industrielle a vu le jour à la fin du XVIIIe siècle au Royaume-Uni, avec la mécanisation de l’industrie textile fondée sur la domestication de l’énergie de l’eau et du charbon. D’autres révolutions technologiques allaient suivre, dont l’ère numérique. Les principaux acteurs de la sphère technologique explorent à présent une série de techniques qui pourraient annoncer une évolution radicale dans la productivité des ressources et ouvrir la voie à des schémas de production plus durables fondés sur la biomimétique et la nanotechnologie. Chaque phase ou type d’industrialisation ouvre de nouvelles possibilités – et présente de nouveaux défis – dans l’optique d’une croissance durable et équitable, et affecte non seulement le mode et le lieu de fabrication et de consommation des produits, mais aussi la répartition des avantages qui résultent de cette évolution. Les nouvelles technologies sont susceptibles de produire des avantages substantiels et non anticipés. Parmi ceux ci, le fait que les banques, les téléphones mobiles et les cartes d’identification électroniques ont accru la capacité des ménages pauvres en milieu rural d’accéder à l’information et aux services et, partant, d’améliorer leurs moyens de subsistance.

De toutes ces définitions, il s’en dégage que l’industrialisation est donc un processus qui renverse les techniques de production de type artisanal et manuel dispersés dans plusieurs localités au profit d’un système de production à forte utilisation de machine. D’une manière claire et concise, l’industrialisation se définit comme l’application des procédés de l’industrie à une activité. C’est un processus complexe qui permet d’appliquer à un secteur, à une branche de l’économie, des techniques et des procédés industriels qui apportent rationalisation et hausse de productivité et c’est aussi le passage d’une économie à prépondérance agricole à une économie à prépondérance industrielle; fait d’équiper d’industries une ville, une région.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : LES SOUBASSEMENTS THEORIQUES DE LA CROISSANCE ET DE L’INDUSTRIALISATION
CHAPITRE I : Cadre conceptuel de l’industrialisation et de l’industrialisation écologique
SECTION I : Notion du concept de « industrialisation »
SECTION II : Notion des concepts relatifs à l’ « industrialisation écologique »
CHAPITRE II : Revue de littérature
CHAPITRE III : Quelques théories économiques relatives à l’industrialisation et à l’industrialisation verte
SECTION I : Les théories relatives à l’industrialisation
SECTION II : Les théories relatives à l’industrialisation verte
CHAPITRE IV : Synthèses des théories
DEUXIEME PARTIE : ANALYSE EMPIRIQUE DE L’INDUSTRIALISATION A MADAGASCAR
CHAPITRE I : L’industrialisation, marche vers le développement
SECTION I : Contexte mondial de l’industrie et à Madagascar
SECTION II : Contexte du changement climatique à Madagascar
CHAPITRE II : Etude de cas des conditions de réussite de l’industrialisation verte en Afrique et vérification des hypothèses pour Madagascar
SECTION I : Les conditions de réussite de l’industrialisation verte en Afrique
SECTION II : Vérification des hypothèses
CHAPITRE III : Discussions, Appréciations, Limites et Recommandations
SECTION I : Discussions
SECTION II : appréciations, limites, et recommandations
CONCLUSION

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