Les réticences parentales comme une des explications au défaut de couverture vaccinale

Organisation du second ROR

Les médecins présents informent les parents du projet vaccinal très tôt, introduisant le rattrapage du ROR dès la consultation du premier mois : « moi j’en parle dès le début, en fait à l’examen du premier mois, je parle déjà du projet vaccinal avec les parents et souvent j’écris sur le carnet de santé qu’il y aura le ROR vers tel âge avec le rappel vers tel âge », un autre explique : « je leur fais leur contrat au premier mois quand… je leur fais pour 20 ans, au crayon à papier avec une gomme à côté ! ».

A l’inverse, un des médecins, travaillant en crèche, annonce les vaccins au fur et à mesure, les incluant dans le suivi de l’enfant : « je ne parle pas du projet vaccinal au départ, je présente un petit peu les choses, (…) par contre le projet de suivi oui ça je le mets en place dès le début, puis après effectivement je greffe les vaccins ». Chez l’ensemble des médecins généralistes, la seconde injection de ROR se déroule lors de la consultation obligatoire prévue à l’âge de 24 mois : « à 24 mois, parce qu’on les voit à 24 mois donc on le fait à 24 mois, on les fait pas revenir exprès ». Le médecin travaillant en crèche est le seul à réaliser la deuxième injection du ROR avant l’âge des 24 mois : « souvent en fait je fais tout avant 24 mois pour ne pas avoir de vaccinations à faire à 2 ans où vraiment je prends le temps d’une consultation des 2 ans, donc j’suis plutôt sur un suivi où à 2 ans je ne fais plus de vaccin ».

Les médecins présents prescrivent le vaccin d’une fois sur l’autre, pour la visite d’après, de consultation de suivi en consultation de suivi : « moi je suis systématique dans mes vaccinations, c’est-à-dire qu’à chaque visite, j’anticipe, je marque, je prescris d’une visite à l’autre « la prochaine fois y’aura ça à faire, ça à faire » ». Concernant le ROR, certains le prescrivent à 16 mois, d’autres à 18 mois : « moi je le prescris pour l’examen des 2 ans quand je fais le rappel d’Hexa, je donne l’ordonnance à ce moment là et je le mets dans le carnet de santé pour qu’ils l’aient, qu’ils viennent me voir ou pas entre les deux ».

Techniques

Les médecins présents s’accordent dans le fait de « prévenir l’enfant… ». Un précise : « moi je me vois pas me précipiter sur un vaccin en consultation sur l’enfant, d’abord y’a une prise de contact avec l’enfant parce que c’est pas toujours facile ». Ils semblent d’accord pour dire que la vaccination contre la rougeole ne leur parait pas douloureuse : « le ROR il fait pas mal ». Cette question débouche sur l’utilisation ou pas de l’Emla®. Elle varie en fonction des médecins généralistes, certains ne l’utilisent « jamais », d’autres «toujours, oui pratiquement toujours, pour tous les vaccins, jusqu’à 6 ans compris».

D’autres, encore, modulent son utilisation en fonction de l’âge auquel à lieu la vaccination, préférant éviter son utilisation chez les tout-petits. « J’ai une grande variabilité, d’emblée je ne prescris pas de patch surtout chez les très petits, parce que le produit anesthésique ne me plait pas vraiment chez les nourrissons (…) C’est au cas par cas, mais d’emblée, j’suis pas tellement pour (…) En revanche c’est vrai que sur le Priorix®, enfin le ROR, on se trouve à des âges un petit peu plus avancés et j’ai moins cette réticence par rapport au patch, je trouve que c’est plus efficace ». D’autres la propose en fonction de la demande parentale : « en tout cas, si les parents veulent je prescris en leur expliquant» ou de l’inquiétude du nourrisson ou de l’enfant « après si je vois un nourrisson qui est très nerveux et qui hurle dès qu’on le pique, (…) j’ai tendance à le proposer, me disant au moins ça sera ça, ça dépend vraiment de l’attitude du nourrisson ». Un des médecins met en doute l’efficacité de l’Emla® sur la douleur : « je ne suis pas certain de l’efficacité. (…) Généralement y’a pas de différence » alors qu’un autre a fait l’expérience de l’absence de douleur avec un patch « quand même moi j’ai vu des enfants ne pas du tout réagir à une injection de vaccin quand ils ont eu de l’Emla® ».

Les arguments des médecins généralistes

Afin d’illustrer l’intérêt de la vaccination, plusieurs médecins expliquent l’argumenter en racontant des cas de rougeole marquant, vécus personnellement et professionnellement : « je leur dis : ce n’est pas un argument scientifique, mais je vais vous raconter, j’étais en sixième année en pédiatrie à Angers… », il évoque alors un cas de leuco-encéphalite tardive rencontré lors de son externat. Un autre ajoute : « j’ai eu un cas, quand j’étais remplaçante, ça remonte à 30 ans, mais n’empêche que je m’en sers encore pour argumenter la vaccination ».

En parlant d’un cas de rougeole dans une école, un médecin insiste : « ça nous a super aidé à convaincre les mamans qui étaient réticentes … on avait notre truc pour les convaincre… on parle encore de ce truc là, on ne le date pas trop et on s’en sert encore ». Spécifiquement pour le ROR, un médecin nous livre ses arguments, il précise négocier un peu avec le réel : « moi je n’ose pas trop le dire mais je mens aux parents », il leur dit : « le ROR il faudra le faire de toute façon parce qu’un jour votre petite fille elle sera enceinte donc il faudra qu’elle soit immunisée contre la rubéole et votre petit garçon il aura peutêtre un jour les oreillons et il risque d’être stérile, il faudra le vacciner ». Il conclut « bon je mens un peu, j’arrange la vérité (…) mais c’est les seuls arguments que j’ai trouvé pour le ROR ».

L’ensemble des médecins présents essaye de créer de la responsabilité chez les parents en soulignant l’intérêt collectif de la vaccination : « les gens sont beaucoup dans une réflexion individuelle de la vaccination (…) alors que nous on va être dans une réflexion de masse (…) quand on leur explique, des fois ils comprennent mais je trouve qu’au point de départ on n’est pas sur la même réflexion ». Un des médecins parle de santé publique, il leurs explique : « on essaye d’éradiquer les maladies d’une population entière », un autre ajoute leurs préciser « vous bénéficiez du fait que les autres sont vaccinés comme ça, ça protège vos gamins ». Un des médecins utilise une comparaison entre les pays riches et pauvres : « j’avais juste fini en disant que peut-être le luxe des pays riches était de refuser les vaccinations, que nous peut-être qu’on pouvait se permettre ça et que je ne pensais pas que dans d’autres pays on pouvait ».

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Table des matières

INTRODUCTION
MATERIEL ET METHODE
1.Principe
2.Déroulement d’un focus groupe
3.Nos focus groupes
3.1. Le guide d’entretien
3.2. Les acteurs
3.2.1. Les participants
3.2.2. Les médecins généralistes
3.2.3. Les pédiatres
3.2.4. Le modérateur
3.2.5. Les observateurs
3.3. Organisation des séances
3.4. Méthode d’analyse
RESULTATS
1.Résultats des focus groupes des médecins généralistes
1.1. Caractéristiques des médecins généralistes présents
1.2. Les pratiques des médecins généralistes
1.2.1. Leur expérience de la rougeole et de l’épidémie récente
1.2.2. Ce qu’ils peuvent dire du ROR
1.2.3. Leur façon de faire
1.2.3.1. Organisation du second ROR
1.2.3.2. Techniques
1.2.3.3. Suivi et continuité des soins
1.2.4. La justification de leur pratique
1.2.4.1. La confiance
1.2.4.2. Les données scientifiques et les autres sources
1.2.4.3. Leur ressenti
1.2.5. Leur regard sur leur pratique
1.3. Les réticences des parents
1.3.1. Les représentations des médecins généralistes de cette population réticente
1.3.2. La confrontation des médecins généralistes aux réticences des parents
1.3.3. Les arguments des parents réticents
1.3.4. Les sources d’information des parents réticents
1.3.5. Le vécu de l’acte vaccinal
1.4. Les réponses des médecins généralistes
1.4.1. Les arguments des médecins généralistes
1.4.2. La place de la discussion
1.4.3. Vers une acceptation
1.5. Les explications des médecins généralistes
1.5.1. Concernant la différence de couverture vaccinale entre les médecins généralistes et les pédiatres
1.5.2. Concernant le défaut de couverture vaccinale en général
2.Résultats des focus groupes des pédiatres
2.1. Caractéristiques des pédiatres présents
2.2. Les pratiques des pédiatres
2.2.1. Leur expérience de la rougeole et de l’épidémie récente
2.2.2. Ce qu’ils peuvent dire du ROR
2.2.3. Leur façon de faire
2.2.3.1. Organisation du second ROR
2.2.3.2. Techniques
2.2.3.3. Suivi et continuité des soins
2.2.4. La justification de leur pratique
2.2.4.1. La confiance
2.2.4.2. Les données scientifiques
2.2.4.3. Leur ressenti
2.2.5. Leur regard sur leur pratique
2.3. Les réticences des parents
2.3.1. Les représentations des pédiatres de cette population réticente
2.3.2. La confrontation des pédiatres aux réticences des parents
2.3.3. Les arguments des parents réticents
2.3.4. Les sources d’informations des parents réticents
2.4. Les réponses des pédiatres
2.4.1. Les arguments des pédiatres
2.4.2. La place de la discussion
2.4.3. Vers une acceptation
2.5. Les explications des pédiatres
2.5.1. Concernant la différence de couverture vaccinale entre les pédiatres et les médecins généralistes
2.5.2. Concernant le défaut de couverture vaccinale en général
DISCUSSION
1.Discussion de la méthode
1.1. Intérêts de nos focus groupes
1.2. Limites de nos focus groupes
2.Discussion des résultats
2.1. Les pratiques
2.1.1. Les points communs des pratiques vaccinales des pédiatres et des médecins généralistes
2.1.2. Les points qui diffèrent
2.1.3. Les points spécifiques
2.2. Les réticences parentales comme une des explications au défaut de couverture vaccinale
2.3. Les autres causes du défaut de couverture vaccinale
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES MATIERES
ANNEXES
Figure 1
Tableau I
Tableau II
Tableau III
Guide d’entretien du focus groupe du 14 Mars 2013
Guide d’entretien du focus groupe du 18 Avril 2013
Courrier aux participants
Questionnaire quantitatif anonyme
Verbatims des focus groupes (sur CD)

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