Les patients VIH/SIDA atteints de lipodystrophie

Diététique

  Les études soutiennent qu’il est important d’intégrer des interventions diététiques précoces et des conseils nutritionnels dans la prise en charge d’un patient séropositif atteint de lipodystrophie (Reid & Courtney, 2006, 2007). Ces articles démontrent plusieurs similitudes, en effet, les interventions diététiques ont été mises en pratique par le biais de consultations individuelles faites par une diététicienne et par la distribution d’une brochure exposant les principes alimentaires pour une alimentation saine (Reid & Courtney, 2006, 2007). Les résultats de ces interventions ont montré selon Reid et Courtney (2006), une amélioration significative de l’impact de la perception de la perte de poids. Cette étude montre également qu’il n’y a pas de différence significative entre les stratégies de coping utilisées par les participants ayant reçu ou non l’intervention. L’étude de Reid et Courtney (2007), quant à elle démontre une amélioration significative au niveau de la qualité de vie et une amélioration de l’humeur chez les participants ayant reçu les interventions diététiques.

Concernant l’article de Feldman et al. (2011), une approche groupale a été mise en avant. Les interventions diététiques sont fournies sous forme orale et elles comprennent des conseils relatifs à une alimentation équilibrée, à la taille des portions et aux besoins caloriques journaliers. Il est également demandé aux participants de tenir un journal alimentaire. Pour avoir une alimentation qui respecte les besoins alimentaires, il est nécessaire d’être conscient de ses propres émotions. En effet, une personne stressée ou anxieuse aura tendance à se tourner vers des aliments malsains. La prise de conscience des émotions mène les participants à différencier leurs besoins physiologiques de leurs besoins psychologiques (craving).

Évaluation par échelle/questionnaire/définition

Selon Reid et Courtney (2006), pour identifier des futurs traitements et interventions il est important  d’utiliser différents types d’évaluations. Elles permettent aux soignants de définir les problèmes et de proposer des stratégies d’intervention individuelle (Reid & Courtney, 2007). L’évaluation par le biais d’une échelle permet également de démontrer l’efficacité d’une intervention (Guaraldi et al., 2006). En ce qui concerne le concept de la qualité de vie, il est mesuré dans certains articles avec différents outils. Guaraldi et al. (2008), pour mesurer la santé liée à la qualité de vie utilise le questionnaire MOS HIV. Ils le mettent en relation avec l’évaluation de la sévérité de lipodystrophie HOPS et LDCD ; ils suggèrent que la gravité de la lipodystrophie a un impact sur la qualité de vie. L’article de Guaraldi et al. (2006), s’appuie également sur le questionnaire MOS HIV. Ce dernier compare ce questionnaire avec l’échelle ABCD. Les résultats de l’étude mettent en évidence qu’il y a une corrélation positive de la qualité de vie entre les deux outils. L’étude Reid et Courtney. (2007), utilise l’échelle HOPES pour mesurer la qualité de vie reliée à la santé. Les résultats montrent une amélioration globale chez les participants ayant reçu les interventions.

Concernant le concept de l’image corporelle/image de soi, trois des articles l’évaluent avec des échelles différentes. Guaraldi (2008), utilise la version italienne ACTG, le questionnaire ALDD et deux échelles virtuelles analogues VAS (pour mesurer l’esthétique du corps et du visage). Dans son étude de 2006, Guaraldi utilise l’échelle ABCD pour explorer les liens entre l’image corporelle et son impact sur les dimensions physiques et mentales. Il compare cette échelle avec les réponses données par les participants du questionnaire MOS-HIV. Cette comparaison met en évidence que l’altération de l’image corporelle est fortement corrélée à la dimension de détresse, à la dimension sociale et la dimension santé mentale. L’échelle ABCD démontre également que les changements corporels ont des conséquences psychosociales et un impact sur la vie sexuelle, sur la perception de la santé, ils engendrent également de la peur quant à la divulgation du statut sérologique. Guaraldi (2006) suggère que les résultats pourraient être modifiés par l’ajout d’un item concernant la lipodystrophie faciale.

Quant à Reid et Courtney (2006), ils utilisent l’échelle « Impact of Weight Loss », qui démontre que les participants expriment un sentiment plus positif concernant les affects en lien avec la perte de poids. Cette étude (2007) évalue les dimensions affectives et l’humeur par le biais de l’échelle POMS,elle démontre aussi une légère amélioration dans les items dépression, tension/anxiété, colère/hostilité, fatigue/inertie, activité/vigueur et confusion après les interventions diététiques. Les auteurs ne considèrent pas ces résultats comme étant significatifs, ils émettent l’hypothèse que le nombre des participants en est la cause.L’article de Reid et Courtney (2007), est le seul à évaluer la capacité fonctionnelle. Pour ce faire, il utilise l’échelle KPS qui évalue la capacité fonctionnelle avant et après l’intervention. Les résultats démontrent que seuls les patients dans le stade SIDA ont eu des difficultés à effectuer des activités de la vie quotidienne, ceci indépendamment de l’intervention.

L’étude de Guaraldi et al. (2008) est la seule à mettre en avant le lien entre la sévérité de lalipodystrophie et l’image de soi. Pour ce faire, ils utilisent l’échelle HOPS remplie par les médecins et les patients, ils utilisent également la définition de la lipodystrophie LDCD. L’utilisation subjective de l’échelle HOPS par le médecin ne montre pas de lien entre la sévérité de la lipodystrophie et la qualité de vie. Au contraire, l’évaluation de la même échelle faite par les patients montre une corrélation subjective entre la qualité de vie et la sévérité de la lipodystrophie. Compréhension de l’image de soi : Dans l’article de Feldman et al., (2011), la deuxième séance a été consacrée à l’établissement d’un consensus concernant le concept de l’image corporelle en clarifiant plusieurs points clés. Cette séance a permis de construire toutes les suivantes.

Entretien motivationnel

  Dans l’article de Reid et Courtney (2006), les diététiciennes utilisent le style d’entretien motivationnel. Elles ont amené les participants à expliquer les bénéfices des changements et ont évalué leur habilité à atteindre les buts. L’entretien motivationnel a été utilisé dans l’étude de Reid et Courtney (2007), dans le but d’évoquer les avantages et les désavantages du changement ainsi que le niveau de confiance pour atteindre leur but. Par la suite, il a été utilisé pour élaborer les aspects dans lesquels un échec pouvait se produire. L’entretien motivationnel est utile dans ce genre de programme diététique, car il permet aux participants de partir de leurs propres expériences et de leurs propres motivations. Ce type d’entretien basé sur l’individu permet de proposer des interventions individuelles ce qui augmente les chances d’arriver à un résultat positif. Dans l’étude de Reid et Courtney (2006, 2007) l’entretien motivationnel a été effectué par des diététiciennes, il existe toutefois des formations au style motivationnel pour les infirmiers, ces derniers sont alors tout à fait aptes à effectuer ce genre d’intervention.

Thérapie comportementale/dissonance cognitive

 Dans les articles de Reid et Courtney (2006, 2007), la thérapie comportementale est utilisée dans le but d’aider les participants à acquérir des compétences d’auto-gestion à les mettre en pratique dans la vie quotidienne. La thérapie comportementale répond aux besoins de chacun. La différence entre ces deux articles est que dans l’article de 2007, les entretiens sont enregistrés. Comme pour l’entretien motivation, la thérapie comportementale prend en compte les besoins individuels et propose ainsi des stratégies de coping et des compétences d’auto-gestion propre à chacun. Elle augmente ainsi la capacité de chaque participant à faire face aux situations qui pourraient les mettre en difficulté. Quant à Feldman et al. (2011), ils utilisent la théorie de la dissonance cognitive par le biais de séance de Body Project (Stice et Presnell, 2007). Cette théorie suppose que les personnes ont des ressources internes qui peuvent leur permettre de réduire la dissonance et ainsi modifier leurs attitudes, leurs croyances et leurs comportements.

Dans la présente étude, le but des séances de Body Project est de permettre aux participants de remettre en question leur idéal de minceur afin d’engendrer une dissonance et de diminuer cet idéal. Ceci aura pour effet de réduire la pression à vouloir atteindre un corps trop mince ou trop musclé, d’augmenter l’acceptation de son propre corps et d’ainsi diminuer un contrôle malsain du poids. Il s’agit également d’amener les participants à prendre conscience de leur corps, de leurs émotions, de leurs sentiments et de leurs humeurs afin d’adopter des comportements plus sains. Cette prise de conscience permet aux participants de s’accepter comme ils sont et d’ainsi diminuer leur idéal de beauté et les préjugés qu’ils ont envers eux même et envers les autres

Sensations corporelles

  Elles sont définies par Roy (1986) comme étant la conscience qu’a l’être humain de son être physique.Choix alimentaire/ conscientisation des émotions : Dans leur étude, Feldman et al., (2011), expliquent qu’il y a un lien très clair entre la perception du corps et l’apparition d’émotions négatives. Il met en évidence que ses émotions sont à l’origine « d’une faim psychologique » (craving). Ce craving mène la personne à choisir des aliments plutôt malsains. Pour Feldman et al., (2011), prendre conscience de son être physique c’est de savoir faire la différence entre la faim physiologique et le craving afin d’opter pour des choix alimentaires plus adaptés. Comme l’explique Roy (2009) « les pensées et les émotions servent d’intermédiaire à l’action humaine ». Cela soutient les interventions proposées par Feldman et al., (2011). Il est important de sensibiliser les patients à prendre conscience de leurs corps, leurs émotions et leurs comportements et attitudes qui en découlent. Cette prise de conscience qui est caractérisée par l’analyse des émotions favorise un changement de comportement afin que l’individu tende vers une meilleure hygiène de vie.

Affect/ humeur

Roy (2009) soutient « que la conscience de soi et de son environnement est enracinée dans les pensées et les émotions ». Ce qui signifie que la manière dont l’individu se perçoit ou perçoit son environnement est directement responsable des pensées et émotions qu’il a envers lui-même, son environnement et ses pairs. Cela est repris dans l’étude de Reid et Courtney, (2007), lorsqu’ils expliquent que les changements corporels engendrent des sentiments tels que le désespoir, l’impuissance et la dépression. Les sentiments entrent dans le champ des sensations corporelles (Roy, 1986), c’est pourquoi il est important d’en être conscient afin qu’ils n’interfèrent pas avec la manière de se percevoir ou dans les comportements adoptés (Feldman et al., 2011). Les interventions visant à identifier les émotions et les comportements qui en découlent sont bénéfiques pour les patients ayant une modification de l’image corporelle qui altère les affects et l’humeur. La reconnaissance de ce processus peut permettre aux patients de modifier leurs stratégies de coping et de gestion des émotions dans le but de tendre vers une meilleure qualité de vie.

Dissonance cognitive/ Thérapie comportementale

Dans l’étude de Feldman et al., (2011), cette théorie a été utilisée dans plusieurs buts ; diminuer l’idéal de minceur et améliorer les comportements alimentaires. Dans ce point, l’amélioration des comportements alimentaires est intéressante à développer. Il s’agit là d’enseigner aux participants à prendre conscience du leur corps, leurs émotions, leurs sentiments et de leur humeur, cela peut également être utilisé dans la thérapie comportementale. Le ressenti du corps, des émotions, leurs sentiments et de l’humeur étant à l’origine de l’action humaine (Roy, 2009), il est nécessaire de mettre en place des actions qui permettent d’apprendre à les identifier dans le but d’adopter des comportements plus sains qui permettraient de diminuer l’impact de la lipodystrophie sur l’image corporelle et qui ainsi mèneraient à une meilleure acceptation de l’image corporelle.

Conclusion

  Cette revue partielle de la littérature a pour but d’identifier les interventions que l’infirmière peut mettre en place afin de soutenir la qualité de vie en lien avec le concept de l’image de soi chez les patients VIH/SIDA atteints de lipodystrophie. Le peu d’articles retenus pour ce travail reflète que la recherche à ce sujet en est encore à ses débuts. En effet, le concept de l’image de soi en lien avec les interventions est encore peu étudié dans la discipline infirmière et particulièrement en ce qui concerne la lipodystrophie chez les patients VIH/SIDA. Les études qualitatives descriptives mettent clairement en évidence la gravité des impacts de la lipodystrophie sur l’image corporelle et la qualité de vie. Ceci et les constats faits dans le présent travail montrent que c’est une question à laquelle il faut encore s’intéresser afin de découvrir des interventions qui pourraient être bénéfiques pour les patients. Les différents articles, leurs analyses critiques et leur confrontation avec le cadre théorique ont permis d’avoir une meilleure compréhension du sujet traiter et des problématiques auxquelles ces patients doivent faire face. Ces différents éléments ont permis d’élargir la vision sur les interventions infirmières à proposer chez cette population.

Ce travail met en évidence l’importance d’évaluer la lipodystrophie et ses impacts sur l’image corporelle et la qualité de vie. Les interventions de nature diététiques et de l’entretien motivationnel démontrent également des résultats positifs. De plus, si ces deux interventions sont utilisées conjointement leur efficacité est augmentée. La thérapie et la dissonance cognitive sont également de bonnes pistes, même si elles ne sont pas du ressort infirmier. Bien souvent, les infirmières sont le professionnel de santé intervenant le plus auprès du patient. Par conséquent, il est primordial qu’elles aient des connaissances et des pistes de réflexion pour proposer des interventions de façon autonome. D’autre part, les traitements antirétroviraux augmentant l’espérance de vie, les patients VIH/SIDA seront donc de plus en plus présents dans les services de soin et les EMS. Pour ces raisons, il est d’autant plus important que les infirmières soient sensibilisées à cette thématique afin d’être en mesure de proposer des soins de qualité et des interventions adaptées et ceci de manière précoce.

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Table des matières

1 Problématique
1.1 Contexte
1.2 Cadre théorique
1.3 Question de recherche
2 Méthode
2.1 Bases de données
2.2 Mots-clés et descripteurs
2.3 Critères d’inclusion et d’exclusion
2.4 Recherche documentaire avancée
2.5 Articles sélectionnés
3 Résultats
3.1 Présentation des résultats
3.2 Synthèse des résultats
3.3 Synthèse des résultats et cadre théorique
4 Discussion
Conclusion
Liste des tableaux et figures
Annexes

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