Les musiques improvisées face aux enjeux de l’action culturelle 

Les moyens de la mise en œuvre

Afin de mettre en œuvre son projet artistique et culturel, la forge s’est formée dès sa création en association loi 1901, comme la plupart des équipes artistiques françaises dans le champ du spectacle vivant. En effet, c’est la forme juridique qui paraît la plus adaptée aux activités du collectif dont l’intérêt premier n’est pas de faire du bénéfice, car réputée pour sa souplesse de gestion et sa capacité juridique à percevoir des financements publics et privés.
L’équipe administrative de La Forge se compose à ce jour, selon la hiérarchie et la nomenclature suivante (CCEAC – convention collective des Entreprises Artistiques et culturelles), de :
M. René Robin, directeur administratif, cadre : il reçoit son autorité par délégation directe du bureau de l’association. Il est responsable de l’élaboration des programmes d’activités, de la bonne gestion administrative et financière de la structure, de la direction des ressources humaines et, globalement, de la bonne marche des projets conduits par le collectif.
Il est l’interlocuteur direct des partenaires publics et privés. Mlle Candice de Murcia, chargée de production / diffusion à temps partiel, agent de Maîtrise : elle est chargée par le directeur de la préparation, de l’organisation, de la mise en œuvre et du suivi de toutes les productions du collectif ainsi de leur promotion et de leur diffusion auprès des coproducteurs et diffuseurs. Elle assure de manière générale la promotion des activités du collectif auprès des publics et partenaires grâce à divers outils de communication.
M. Léo Leroux, attaché d’administration à temps partiel, agent de maîtrise : il est chargé de la mise en œuvre et du suivi budgétaire et administratif pour chaque production et assure la gestion administrative quotidienne de l’association.
Ces fonctions sont essentielles au bon fonctionnement d’une structure telle que La Forge. On retrouve l’ensemble de ces tâches dans toutes les structures de type et de taille équivalente. Si les fonds le permettaient, il conviendrait d’employer une quatrième personne qui serait uniquement en charge des activités de promotion et de communication, de manière à pallier efficacement le manque de visibilité et de lisibilité apparemment reproché à La Forge par ses partenaires.
Les statuts (en annexe) de La Forge montrent bien la difficulté essentielle à laquelle est confrontée cette association : la multiplicité des sources de décision légitimes. A propos des pouvoirs du bureau par exemple : « Le Bureau applique la politique artistique et les modalités de gestion de l’Association approuvées par le Conseil d’Administration. Il contrôle l’activité de l’Administrateur et de la Direction Artistique. Il prévoit l’ordre du jour sur les propositions de la Direction Artistique et de l’Administrateur. »
En somme, on le voit, la direction artistique et administrative est séparée sans que les pouvoirs de celles-ci ne soient clairement répartis, ce qui implique une difficulté dans la prise de décision et force les acteurs à adopter un mode de gestion fondé sur le consensus. La difficulté est d’autant plus importante lorsque l’on sait que la direction artistique elle-même est divisée de manière égale entre 3 personnes aux jugements parfois divergents. Ce schéma de décision ou plutôt cette fatalité de décision, en même temps qu’il donne à chacun une part de responsabilité et fait ainsi vivre une certaine idée de la démocratie dans l’entreprise, engendre une certaine inertie difficilement conciliable avec l’ère contemporaine du « projet », de la nécessité d’anticipation et de réactivité immédiate.

Les moyens financiers

La Forge dispose pour l’année 2012 d’un budget prévisionnel global de 255 000 euros. Les frais les plus importants concernent les salaires et charges des personnels administratifs : environ 117 000 euros, soit 45 %. Viennent ensuite les salaires artistiques : 76 000 euros, soit près de 30 %, les frais de structure : 45 000 euros, soit 17 %. Les frais (hors salaires) liés aux activités artistiques comptent quant à eux pour 17 000 euros, soit plus de 6 %.
La Forge obtient la majorité de ses financements de la part de l’Etat et de la Région (68 %), ce qui la place au taux « normal » de subvention par rapport aux structures similaires. Cette répartition montre que La Forge obtient la plupart de ses financements au titre de la création artistique, secteur considéré comme fragile, peu localisé et largement dépendant des financements publics.
Par rapport aux années précédentes on constate une baisse significative des financements.
Depuis cette prévision, la DRAC n’a pas renouvelé la demande de conventionnement de La Forge pour les années 2012/13/14. Cette décision s’est accompagnée d’une baisse de 15 000 euros soit 30 % par rapport à 2011. Le Conseil Général de l’Isère a également diminué ses financements à hauteur de 30 % sur 3 années. A cette heure, la ville de Grenoble n’a pas confirmé le second versement de la subvention (soit 9000 euros) affectée habituellement aux activités de La Forge. Seul la DGCA et la Région Rhône-Alpes ont confirmé le maintien de leur subvention de fonctionnement au montant similaire (soit, respectivement, 5000 et 45000 euros).
Les charges, deux fois revues à la baisse entre 2010 et 2012 devraient donc encore être diminuées. Au risque, dans le cas contraire, de créer un déficit structurel alors difficile à compenser. On note l’importance des frais fixes (notamment liés aux salaires des personnels administratifs) dans les charges de la structure. Aussi, à moins d’envisager une baisse des salaires ou un licenciement, ce sont les frais artistiques qui constitueront la variable d’ajustement. Or, il serait mal perçu de diminuer ce type de dépenses qui représentent un important critère, voire une condition de financement pour les pouvoirs publics, et qui de manière général en détermine la hauteur. On comprend donc dans ces conditions que la perspective d’un nouveau conventionnement par la DRAC Rhône Alpes (et donc un réajustement de ses financements) constitue pour l’association un enjeu fondamental, voir une condition sine qua non à la poursuite de ses activités selon son mode de fonctionnement actuel.

Expérience

Les missions

Difficile de parler de « service » lorsque celui se compose d’une unique personne. Comme la plupart des équipes de création, La Forge mène ses activités avec une équipe réduite. Aussi, il faut savoir faire preuve d’une certaine polyvalence. Pendant ses 6 mois j’ai donc assumé les missions de chargé de production, de diffusion et de communication.

Production

J’ai abordé la production selon 2 aspects distincts : 1/ le montage de projet, 2/le suivi de projet.
Mais en quoi consiste le montage des projets de création dans le cas de La Forge ?
Durant la période de ma présence, La Forge a engagé le montage de plusieurs productions : 2 créations d’envergure (Pablo, Le Son du Ciel et des Ténèbres), des formes courtes, et diverses formes liées aux activités de transmission. Prenons l’exemple du projet « Le Son du Ciel et des Ténèbres ». Il s’agit, brièvement, d’un projet de concert issu de la rencontre entre jazz et baroque autour d’un répertoire de musiques sacrées. L’improvisation servira de lien et de fil rouge. En effet, cette pratique est commune aux deux esthétiques. Le projet, porté par La Forge, regroupe : 3 musiciens issus du collectif, 1 batteur musicien indépendant habitué à travailler avec La Forge, 5 musiciens issus de l’ensemble baroque « Les Musiciens du Louvre », un claveciniste musicien indépendant, et le saxophoniste Raphaël Imbert, directeur artistique de la Compagnie Nine Spirit. Soit 3 équipes de création et 11 musiciens.
La première étape du montage de projet consiste donc à coordonner la rédaction du dossier de création, à commencer par le texte d’intention artistique, outil indispensable à la promotion du projet. Pour cela, il s’agit de réunir les artistes concernés afin qu’ils échangent sur les objectifs artistique poursuivis par chacun. De ces discussions nait une intention assumée par l’ensemble de l’équipe. A partir de notes et d’écrits transmis par les musiciens, il convient en premier lieu pour le chargé de production de rédiger un résumé du projet ainsi qu’un texte de communication à destination des coproducteurs potentiels. Viennent ensuite dans ce dossier les aspects pratiques et notamment les plus importants : le budget, le calendrier (résidences, répétition, création, reprise). Concernant ces questions, c’est le directeur administratif de La Forge, M. René Robin, qui m’a fourni les informations nécessaires.
Une fois ce dossier rédigé puis validé, le travail consiste largement en une dissémination stratégique des informations. A l’aide d’une base de données et d’une recherche approfondie parmi les réseaux professionnels, le chargé de production doit établir une liste de structures pouvant se montrer intéressées par le projet. Une fois cette liste déterminée, il convient de prendre contact par : courrier, mail, téléphone avec l’ensemble de leurs responsables de programmation afin de leur proposer soit de coproduire le spectacle, soit d’en faire un pré-achat. S’en suit une éventuelle phase de négociation.
J’ai eu le temps de suivre pour ce projet l’ensemble de ces étapes. Il n’a pas été aisé de trouver des promesses d’achat ou de coproduction, malgré des efforts non dissimulés. Toutefois, bien qu’encore incertaine, les perspectives de réalisation du projet sont au moment de mon départ, bien réelles. En effet, à ce stage le projet dispose de deux coproducteurs confirmés, deux en instance de l’être et plusieurs pistes encourageantes autant pour ce qui est de la production que de la diffusion.

Diffusion

Le nerf de la guerre. Ce n’est pas la partie la plus épanouissante du travail qui m’a été confié mais elle n’en reste pas moins nécessaire. Décrire les méthodes de travail du chargé de diffusion reviendrait à décrire les méthodes de vente de n’importe quel produit. Créer des outils de promotion (textes, images, vidéos), les diffuser le plus largement possible au sein d’un secteur cible ou identifié comme tel, assurer le suivi des envois effectués en relançant régulièrement les destinataires par courrier, mail ou téléphone.
Il faut tout de même se rendre compte que ces deux missions sont tout à fait liées et il semble tout à fait cohérent de les regrouper sur un poste, ceci pour deux raisons. Il semble d’abord assez pertinent que la personne ayant rédigé les dossiers de création soit la plus à même d’en parler aux potentiels financeurs et coproducteurs. Ensuite il me semble que si elle ne s’accompagne pas d’un travail de production, c’est-à-dire le lien réel avec le contenu artistique, la diffusion ne serait pas plus intéressante que le télémarketing et deviendrait rapidement un fardeau pour la personne qui en aurait la charge. On a d’ailleurs vu qu’à La Forge, par le passé, plusieurs chargés de diffusion se sont succédé à ce poste sans qu’aucun n’ait souhaité prolonger l’expérience.
J’ai eu davantage de difficulté à inclure la communication dans ce schéma de cohérence. En effet, il me semble que la promotion de l’identité d’une structure de manière générale (relations presse et communication), forme une entité quelque peu à part parmi les fonctions du secteur culturel. J’entends par là que ce travail nécessite une formation et des compétences réellement spécifiques concernant les méthodes et les outils de communication. A mon niveau de connaissances, il m’a semblé assumer cette tâche de manière relativement aléatoire.

Communication

Les missions principales liées à la communication sont : la gestion et l’actualisation du site internet de La Forge, la création et la diffusion de supports de promotion (plaquettes, lettre numériques d’information) concernant la structure / concernant chaque projet, les éventuelles relations avec la presse en amont des représentations.

Bilan personnel et perspectives d’avenir

En exerçant des responsabilités qui m’ont paru grandes je n’ai cessé d’apprendre. Sur le plan professionnel : j’ai appris à m’organiser, j’ai créé mes outils propres et ai même réfléchi à une éthique de travail. J’ai appris à collaborer avec des interlocuteurs divers, j’ai appris à devoir conjuguer les intérêts de chacun, et surtout, j’ai désormais confiance dans mes capacités. Même si je sais aujourd’hui que le travail est grand, je sais aussi que le jeu en vaut la chandelle. Il faudra bien sûr du temps et de l’acharnement.
J’ai souhaité effectuer cette expérience à La Forge, car hésitant entre différents métiers du secteur culturel, il me paraissait bon de pouvoir en faire la comparaison au sein d’un secteur connu, celui du jazz et des musiques improvisées. A ce sujet le verdict est sans appel :
j’ai pu m’épanouir professionnellement en tant que chargé de production / diffusion tout autant que dans mes expériences précédentes, mais j’ai aussi aussi senti peser sur moi le poids des contraintes nombreuses qui pèsent actuellement sur la plupart des équipes artistiques. L’éventuelle remise en cause des activités de la structure à moyen terme est une épée de Damoclès pour ceux qui la font vivre. Il est difficile de se projeter dans l’avenir lorsque le présent lui-même se trouve compromis. Cette obligation de produire toujours davantage, innover, cette obligation de réussir et de se démarquer dans une offre pléthorique, cette double dépendance à la fois aux programmateurs et aux financeurs place les personnels des petites équipes artistiques dans une situation peu confortable. Malgré tout j’ai appris et réfléchi plus que partout ailleurs sur mes pratiques professionnelles, sur le contenu et la manière de faire, les mécanismes du secteur. Aujourd’hui, je le sais désormais pour l’avoir expérimenté, il n’est pas aisé de produire de la musique, encore moins de la diffuser. J’en conclus que ce travail est avant tout une affaire d’engagement, un engagement nécessairement fort. Cet engagement j’ai souhaité le garder au plus haut niveau pendant ces 6 mois passés à La Forge et je crois que cela a pu être apprécié. Toutefois, avec le recul des ces derniers jours j’éprouve un certain soulagement à l’idée de ne pas reprendre un poste similaire à la rentrée. J’avais cherché dans la production un lieu où exercer ma combativité, où me forger des compétences spécifiques de technicien de la culture : ce travail, c’est certain, a démesurément répondu à mes attentes. A la rentrée je repasserai « de l’autre côté », celui des diffuseurs, et je sais désormais que mes rapports avec les équipes artistiques seront teintés de mon expérience de forgeron. Afin d’allier l’utile à l’agréable dans ce travail, j’ai souhaité m’intéresser aux problématiques de l’action culturelle dans le champ musical. En effet, j’aurais bientôt à ma charge l’action culturelle au sein du Centre International des Musiques Nomades / festival « Les Détours de Babel ». L’occasion est donc ici trop belle de commencer une indispensable réflexion concernant une fonction qui se doit d’être porteur de sens.

Une définition de l’action culturelle

L’action culturelle peut être définie de différentes manières. Aussi, il sera volontairement choisi ici une seule des nombreuses définitions possibles. L’action culturelle, telle qu’on l’entend à travers ce travail, est donc un « moyen » de la médiation culturelle, qui envisage la recherche de l’accession du plus grand nombre aux œuvres, aux expressions et aux moyens de production artistique, entendus dans toute leur diversité. Cette action est donc mise en place par les acteurs de la culture, en partenariats avec les secteurs sociaux, éducatifs… dans une perspective de démocratisation culturelle. Plus largement, « L’action culturelle cherche à intervenir sur le monde social en s’appuyant sur les langages artistiques, elle mise alors sur les potentialités expressives et rationnelles du processus artistique dans un but de transformation sociale. »
Mais peut-on envisager de s’adresser à « tous les publics » -comme le suggèrent souvent les notes d’intention des structures culturelles – dès lors qu’on ne leur propose pas « toutes les musiques » ? Pas de réponse évidente à cette question, mais chacun s’accorde à penser qu’en matière de musiques dites « créatives, inventives, savantes, etc. » l’accessibilité, qui ne va pas de soi – on le verra dans le cas des musiques improvisées, est un enjeu fondamental.
L’action culturelle serait donc le moyen de la démocratisation, tandis que l’action socioculturelle serait celui de la démocratie culturelle. Deux modèles complémentaires sur le plan théorique mais souvent opposés dans les faits. On observe cette opposition notamment à travers l’éternelle confrontation faite entre Culture et Education Populaire, culturel et socioculturel.
Selon Jean Davallon, « Il y a recours à la médiation lorsqu’il y a mise en défaut ou inadaptation des conceptions habituelles de la communication : la communication comme transfert d’information et la communication comme interaction entre deux sujets sociaux. » Il est certain que dans le cas des musiques improvisées, il est avantageux de posséder l’habitus, souvent nécessaire à leur assimilation. Bien sûr il pourrait se produire chez certaines personnes un choc émotionnel pur mais l’expérience prouve que les cas sont assez rares. Aussi, dans ce domaine comme dans d’autres, il est nécessaire de placer entre l’œuvre et le public un médium de transmission spécifique, qui rend accessible le contenu sans en déformer le sens, ici intervient donc la nécessité d’action culturelle.

Questionnements sur la légitimité et « l’accessibilité » des musiques improvisées

« Combien de fois ai-je entendu : « Cette musique est incompréhensible, elle me laisse de marbre » tandis que certains s’enthousiasmait au même moment de ce que leurs sens n’avaient jamais rien perçu de semblable ! Il me semble que le public « lambda » n’est pas de ceux qui perçoivent la musique de manière raisonnée, et semble leur préférer une perception d’ordre émotionnelle. C’est ce que je nommerais la principale distinction entre « l’homme qui danse » et « l’homme qui pense ». « L’homme qui danse » cherche une musique simple, répétitive, pouvant lui procurer « l’ivresse de la conscience de son existence » . C’est un rapport tellurique, plus que métaphysique qu’il entretient avec la musique. « L’homme qui pense » préférera une place assise, et maudira le voisin atteint d’une quinte de toux. Il prendra un plaisir sans bornes à voir se déconstruire en direct et face à lui tous les principes musicaux qu’il a jusqu’ici appréhendé. Tel l’homme de science ou le philosophe, il estime celui qui le remettra en question dans ses perceptions et lui ouvrira des pistes de réflexions nouvelles.
Cette distinction est bien sûr théorique, et chacun se reconnaîtra à sa mesure dans l’une ou l’autre de ces possibilités d’appréhension de la musique. »

Un exemple d’action culturelle

Appuyons notre réflexion sur un exemple. Il s’agit d’une forme d’action culturelle menée par La Forge et le festival « Les Détours de Babel » pendant la période de ma présence au sein du collectif : « Aux Harmonies ! ». Ce projet qui m’apparaît selon certains aspects comme un modèle de coopération réussie permettra de développer en plusieurs points les critères essentiels pour une bonne pratique de la médiation dans le champ de la création musicale improvisée.
Pour rappel : « Aux Harmonies ! » est une commande de création musicale pour le Festival « les Détours de Babel » dont le thème pour l’édition 2012 était « Musique en Résistances ». Dirigé par Pascal Berne (La Forge), cet orchestre géant (4 harmonies, 2 ensembles jazz) rend hommage aux Orphéons, ces sociétés musicales à l’origine des chorales et harmonies, qui trouvent leur ferment dans les idéaux de la Révolution Française.

L’intention théorique

La valeur première d’une action culturelle réside dans la cohérence et la justesse de son intention théorique. En effet, une des qualités fondamentales de l’art est qu’il peut permettre à l’individu et au groupe de réfléchir sur lui-même et sur le sens du monde dans lequel il évolue. Or l’action culturelle n’a pas pour vocation essentielle de transmettre à un public la passion de l’art pour l’art. Dans le cas des musiques improvisées, un discours qui porterait uniquement sur l’abolition des codes du langage musical ne s’adresserait qu’à un nombre réduit d’individus. Aussi, il ne paraît pas inopportun, afin de s’adresser au plus grand nombre possible, d’envisager de mettre les musiques improvisées au service d’une intention non musicale, voire non artistique. Dans le cas de « Aux Harmonies ! », il s’agit avant tout de rendre hommage aux orchestres populaires et aux musiques amateurs, notamment dans leur rôle de « résistances » entendu au sens large. Ainsi, le répertoire fait référence à plusieurs grandes œuvres populaires des résistances telles que « Le Chant des Partisans », « Bella Ciao » ou encore « Le Sacre du Printemps ». Il s’agit en effet de références communes qui sont autant de marqueurs rassurants permettant de rassembler les musiciens des harmonies comme le public venu les écouter. De plus, il a été remarqué que les parties de création paraissent, grâce à cela, davantage accessibles et sont largement appréciées par les auditeurs même si généralement considérées comme « surprenantes » (dixit).

Le soutien à la création

A l’instar des compositeurs de musique contemporaine, certains artistes de musiques improvisées répondent à des commandes. Qu’elle vienne de l’état ou d’une structure de production, la commande tient deux rôles fondamentaux dans le modèle actuel des musiques improvisées : le soutien aux créateurs et à la création, la structuration du sectorielle. En effet, la commande musicale constitue d’abord une aide directe ou indirecte des pouvoirs publics en direction d’un secteur qui, on l’a vu, n’a pas la capacité de s’autoréguler et qui trouve même assez rarement les conditions économiques de son existence. Ensuite, la commande est généralement conditionnée à certains critères dont : la coopération entre différents acteurs d’une même filière (création, production, diffusion), la rencontre de l’œuvre avec un public, la répartition équilibrée des aides sur le territoire. Dans le cas du projet « Aux Harmonies ! », la commande a été passée par le « Centre International des Musiques Nomades » au compositeur Pascal Berne par l’intermédiaire de La Forge dans le cadre du festival « Les Détours de Babel ». Le compositeur a été rémunéré pour la composition, la coordination des répétitions, la prestation finale. Une autre forme de soutien au secteur à travers cette action est l’engagement de plusieurs musiciens professionnels (chefs d’orchestres, section rythmique) pour l’encadrement des répétitions et le concert final. Pour ce projet, un dossier de commande d’état a été déposé auprès du ministère de la culture, il n’a pas été validé.

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Table des matières
Préambule – quelques éléments esthétiques et historiques
Introduction
Partie 1 – Contexte territorial et sectoriel 
I.1 Le territoire d’implantation : Grenoble
I.2 Le « secteur » du jazz et des musiques improvisées
Partie 2 – L’Expérience dans son contexte
II.1 L’organisme d’accueil : La Forge – Compositeurs Improvisateurs Réunis
II.2 Expérience
Partie 3 – Les musiques improvisées face aux enjeux de l’action culturelle 
Conclusion
Postface
Table des matières 
Bibliographie 
ANNEXES

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