Les moyens de lutte contre les tétranyques

Les moyens de lutte contre les tétranyques

Morphologie

Les tétranyques mâles ont un corps allongé, voire triangulaire, et sont plus petits que les femelles. Ces dernières sont plutôt ovales et mesurent environ 0,5 mm. Tous deux sont de couleur jaunâtre avec deux taches dorsales foncées et symétriques, une de chaque côté du corps. Les oeufs de tétranyques ont un diamètre de 0,14 mm, sont sphériques et blancs. La larve qui en est issue a trois paires de pattes et est blanche. Les autres stades mobiles ont quatre paires de pattes. Chez tous les membres de la superfamille des Tetranychoidae, dont les tétranyques font partie, le gnathosoma (partie antérieure du corps portant les pièces buccales) comporte des palpes sensoriels ainsi qu’un stylophore (Helle et Sabelis, 1985a). Les palpes contiennent des récepteurs sensoriels ainsi que les glandes à soie, chez les espèces productrices, tandis que le stylophore est rétractable et les stylets chélicéraux y sont insérés (Helle et Sabelis, 1985a) (Figure1). Tous les tétranyques sont phytophages, leurs chélicères modifiées en forme de stylets permettent de perforer et d’aspirer le contenu des cellules végétales (Helle et Sabelis, 1985a; Hoy, 2011a; Jeppson et al., 1975). Le nom anglais de la sous-famille des Tetranychidae, « spider mites », fait référence au fait que ces tétranyques produisent de la soie, semblable à celle des araignées, grâce à des glandes qui se situent sur leurs pédipalpes (Helle et Sabelis, 1985a; Hoy, 2011a). Les soies, tissées d’abord sous les feuilles puis sur les têtes des tiges des plantes, selon la progression de l’infestation, ont plusieurs fonctions.

En premier lieu, elles servent d’abri aux tétranyques en les protégeant des prédateurs ainsi que des conditions climatiques. En effet, les « toiles » préviendraient autant la dessiccation des tétranyques, en cas de temps très sec, qu’elles les protègeraient en cas de fortes pluies. Les toiles tissées sous les feuilles peuvent aussi servir d’ancrage aux tétranyques lors de leurs stades quiescents (Helle et Sabelis, 1985a; Jeppson et al., 1975). De plus, la présence des toiles de soie réduirait la pénétration des acaricides lors des pulvérisations (Hoy, 2011a). Alors que certains prédateurs phytoséiides évitent les toiles des tétranyques, d’autres s’en servent plutôt comme indice pour trouver leurs proies plus facilement (Hoy, 2011a).

Cycle de vie

Les tétranyques à deux points ont cinq stades de développement : oeuf, larve à six pattes, protonymphe, deutonymphe et adulte. La proto-, deuto- et téliochrysalide sont des périodes inactives de quiescence associées à chacun des changements de stade des formes mobiles (Helle et Sabelis, 1985a; Jeppson et al., 1975; Roy et al., 2002). La fenêtre de températures associée au développement des tétranyques à deux points se situe entre 12 et 40°C, avec un optimum à 30-32°C (Jeppson et al., 1975). Pour la majorité des Tetranychidae, la température optimale se situe entre 24 et 29°C (Helle et Sabelis, 1985a). Le temps de développement complet, de l’oeuf à adulte, est donc inversement ©AAFC, F. Beaulieu proportionnel à la température. Par exemple, Tetranychus mcdanieli McGregor aura besoin d’un peu plus de huit jours pour compléter un cycle d’oeuf à oeuf à 35°C comparativement à près de soixante-deux jours à une température de 10°C (Helle et Sabelis, 1985a). L’humidité relative (HR) a aussi un rôle important dans le développement des tétranyques. Tetranychus urticae produit davantage d’oeufs et se développe plus rapidement sous des conditions d’humidité relative faible (25-30%) comparé à une humidité élevée (85-90%) (Helle et Sabelis, 1985a).

La femelle T. urticae vit en moyenne de sept à dix jours et elle produira environ 200 oeufs durant cette période (Hoy, 2011a; Jeppson et al., 1975). Le tétranyque se développe généralement sur la feuille où l’oeuf duquel il a émergé a été déposé. Toutefois, advenant que la population devienne trop grande ou que la qualité de la plante hôte se dégrade, les tétranyques (en majorité des femelles) s’agrègeront au sommet de la plante afin de se disperser de manière aérienne (Helle et Sabelis, 1985a; Hoy, 2011a). Après avoir été fécondées, les femelles vivent une période de pré-oviposition d’environ 24 heures. C’est durant cette période qu’elles auront tendance à se disperser, soit en marchant ou par mouvements aériens (Hoy, 2011a). Tetranychus urticae est une espèce arrhénotoque : les femelles gravides déposeront des oeufs, fertilisés ou non, donnant respectivement des femelles ou des mâles. Le sex-ratio est généralement de trois femelles diploïdes pour un mâle haploïde (Helle et Sabelis, 1985a; Hoy, 2011a). Les mâles se développent plus rapidement que les femelles et il n’est pas rare de voir ceux-ci faire du gardiennage ou « guarding » en anglais, avec leurs soeurs encore au stade téliochrysalide pour s’accoupler avec elles dès qu’elles auront mué en adulte (Helle et Sabelis, 1985a; Hoy, 2011a; Jeppson et al., 1975).

Les tétranyques dans les framboisières

Avant la seconde guerre mondiale, les acariens phytophages, surtout ceux de la famille des Tetranychidae, étaient plutôt considérés comme des ravageurs secondaires. Cet état a rapidement changé avec l’arrivée et l’utilisation massive des pesticides tels le DDT et les organophosphatés, ainsi que les fertilisants synthétiques (Huffaker, van de Vrie, & McMurtry, 1969; van de Vrie, McMurtry, & Huffaker, 1972). À cette époque, avec les changements majeurs apportés à l’agriculture et les applications fréquentes de produits phytosanitaires, les acariens phytophages ont rapidement développé de la résistance aux pesticides, si bien que dès les années 50, ils sont devenus des ravageurs d’importance en serre (Hoy, 2011). Dans l’Est du Canada et sur les Rubus spp. tels les framboisiers et les mûriers, le tétranyque à deux points peut accomplir jusqu’à dix cycles complets durant une même saison de croissance (Bushway et al., 2008) En framboisières sous grands tunnels, le tétranyque à deux points est l’arthropode ravageur le plus fréquent et celui dont les dégâts figurent parmi les plus dommageables (Demchak et Hanson, 2013; Heidenreich et al., 2012; Sonneveld et al., 1996). Le tétranyque de McDaniel, Tetranychus mcdanieli, est aussi un ravageur important des framboisiers au Québec, par contre, on le retrouve davantage en champ (Caron et al. 2000; Roy et al. 1999; 2002; 2005). En début de saison, les tétranyques se situent surtout dans la partie basse des plants et plus la saison avance, plus ils montent dans la canopée (Heidenreich et al., 2012). Lorsque les populations augmentent, on note souvent des dommages dans la partie supérieure des plants et la présence de toiles peut être observée (Helle et Sabelis, 1985b).

Les dommages causés par les tétranyques débutent généralement par l’apparition de petites lésions chlorotiques blanchâtres sur les feuilles (figure 2a). Ces lésions sont entraînées par l’alimentation des tétranyques : ils percent et aspirent le contenu cellulaire avec leurs stylets (Hoy, 2011a; Reding et al., 2001). Par la suite, de plus larges régions foliaires deviennent jaunes et les feuilles s’enroulent avec la progression de l’alimentation des tétranyques. La présence de toiles est alors apparente (figure 2b). Quand les plants sont infestés de manière plus importante, le bronzage des feuilles et parfois la mort de celles-ci peuvent se produire (Helle et Sabelis, 1985a; Hoy, 2011a; Sonneveld et al., 1996). La transpiration et la photosynthèse des plants infestés sont modifiées par l’alimentation des tétranyques. En effet, les plantes endommagées par T. urticae perdent de grandes quantités d’eau par transpiration, sont moins efficaces lors de la photosynthèse, par la perte de chlorophylle, et absorbent moins de CO2 (Helle et Sabelis, 1985a). Les résultats d’attaques graves de tétranyques peuvent donc réduire la croissance, le rendement et la performance des plantes infestées. Dans une culture pérenne, telle la framboise, ces dommages peuvent affecter non seulement les rendements de l’année en cours mais aussi ceux des années à venir ainsi que la survie hivernale des plants.

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Table des matières

Résumé
Abstract
Table des matières
Liste des tableaux
Liste des figures
Remerciements
Avant-propos
Introduction générale
Chapitre I : État des connaissances
1.1 Les Tetranychidae
1.1.2 Les tétranyques dans les framboisières
1.1.3 Les moyens de lutte contre les tétranyques
1.2 Les Phytoseiidae
1.2.1 Biologie des phytoséiides
1.2.3 Régime alimentaire (type de prédation)
1.2.4 Utilisation en lutte biologique
1.3 Suppléments nutritifs
1.3.1 Rôle du pollen dans la lutte biologique avec phytoséiides
1.4 Plantes-réservoirs
1.4.1 Utilisation de plantes-réservoirs en lutte biologique
1.4.2 Sorbaria sorbifolia
1.5 Brumisation
1.5.1 Utilisation en serres
1.5.2 Utilisation en lutte biologique
1.5.3 Performance des framboisiers
1.6 Culture du framboisier
1.6.1 Framboisiers non-remontants
1.6.2 Framboisiers remontants
1.6.3 Principaux ravageurs et maladies des framboisières
1.6.4 Culture de framboisiers sous grands tunnels
1.7 Problématique
1.8 Objectifs et hypothèses de recherche
1.8.1 Objectif général
1.8.2 Objectif spécifique 1
1.8.3 Objectif spécifique 2
1.9 Approche méthodologique
Chapitre II: Potential and cost of a pollen supplement, a banker plant and misting for enhancing biological
control of Tetranychus urticae with Neoseiulus fallacis in high tunnel raspberry production in Quebec, Canada
Résumé
Abstract
Introduction
Materials and methods
Experiment setting
2014 experiment
2015 experiment
Results
2014 experiment
2015 experiment
Discussion
Phytoseiid mite introductions
Food supplement
Banker plant
Misting
Acknowledgements
References
Appendices
Chapitre III : Conclusion générale
Bibliographie

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