Les liens entre estime de soi, connaissance de soi et émotions

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Les liens entre estime de soi, connaissance de soi et émotions

Dans le but de montrer que le travail sur soi grâce à l’identification et l’expression de ses émotions permet de construire l’estime de soi à l’école, nous allons montrer les liens entre ces trois notions. D’une part, d’après Duclos, l’estime de soi se constitue de quatre composantes13 :
-Le sentiment de connaissance de soi, qui se traduit par la conscience de ses habiletés et qualités personnelles. Il se construit notamment avec les autres car c’est en se percevant différent des autres que l’enfant se voit comme étant unique.
-Le sentiment de confiance qui se définit par le sentiment de sécurité physique et psychologique dans lequel on se trouve. Par exemple, pour avoir confiance en ses capacités, l’enfant doit être rassuré par le regard confiant que ses parents lui portent.
-Le sentiment d’appartenance à un groupe, ce besoin augmente au fur et à mesure que l’enfant se développe, atteignant son apogée à l’âge de l’adolescence. Pour vivre pleinement ce sentiment, il faut faire, selon Duclos, un long apprentissage d’habiletés sociales, de collaboration et de coopération.
-Le sentiment de compétence qui représente l’évaluation que l’individu fait à propose de ses compétences dans différents domaines. Il s’agit de ses propres souvenirs d’expériences et de succès personnels dans l’atteinte de ses objectifs.
D’autre part, d’après l’étude permettant de tester l’échelle toulousaine de l’estime de soi14 (annexe 1), il semble que le contrôle des émotions soit un enjeu majeur dans la détermination ou le renforcement de l’estime de soi. Ce constat renforce les théories de Wallon, qui montrent que le contrôle des émotions dans la définition de soi s’avère important, permettant de gérer les compétences sociales et cognitives, ainsi que les processus de compétition et de lutte pour la reconnaissance sociale.
Pour la littérature scientifique, il existerait donc un lien entre les compétences émotionnelles (capacité à identifier, comprendre, exprimer, utiliser ses émotions et celles d’autrui) et l’estime de soi. Alors, les ressentis, positifs ou négatifs, pourraient influencer la perception de soi. Néanmoins, ce n’est qu’un des multiples facteurs qui doit être considéré dans un ensemble plus vaste.
La connaissance des émotions et la capacité de les gérer influence l’estime des individus. Cette estime de soi, dont la confiance fait entièrement partie, est plus ou moins positive selon la valeur que s’accorde l’individu, en vue ses échecs ou de ses réussites par rapport à ses aspirations de base et de la comparaison qu’il fait entre lui et les autres. Néanmoins, l’estime de soi n’est pas innée, c’est une construction sociale qui remonte à l’enfance.

Les étapes de la construction du soi et de l’estime pendant l’enfance

L’estime de soi, la confiance en soi et l’affirmation de soi ne sont pas des qualités innées mais le résultat d’un processus éducatif qui fait intervenir différents acteurs. Lorsque l’enfant est en bas âge, on ne parle pas de construction de l’estime de soi mais de « construction du soi ». Dès le troisième mois, l’enfant a une première conscience de soi et de l’autre au travers des contacts kinesthésiques. L’Ecuyer15 appelle la période de 0 à 2 ans « l’émergence du soi ». Ensuite, l’image de soi se construit au travers des perceptions de soi plus concrètes qui se développent petit à petit grâce à la conscience de son corps et à la notion de possession, en fonction de l’âge de l’individu. Les perceptions se relient entre elles et font émerger la représentation de soi ce qui permet à l’enfant de s’identifier. Ces représentations globales se structurent et se renforcent ce qui assure une certaine permanence : le concept de soi.
C’est à partir de sept ou huit ans que l’enfant est capable de réfléchir sur soi et que nous pouvons parler d’estime de soi. Cette dernière se construit sur deux grands besoins : le sentiment d’être aimé et celui d’être compétent. D’après Cooley (en 1902) et Mead (en 1934)16, cela passe d’abord par le regard que l’entourage de l’enfant porte sur ses actions, telles que l’approbation ou la désapprobation d’un comportement. C’est l’approbation parentale qui prime sur celle des pairs chez les enfants et la tendance s’inverse par la suite, notamment au moment de l’adolescence. Ainsi, des parents disponibles, aimants et encourageants favorisent une meilleure estime à l’enfant, au contraire des parents « désintéressés ».
Par ailleurs, d’après Harter, (en 1990)17 l’estime de soi des enfants est influencée par la manière dont ils perçoivent leurs compétences dans les domaines où la réussite est considérée comme importante, par l’entourage d’abord (parents, enseignants, pairs), puis par la société. C’est à partir de huit ans environ que les enfants perçoivent cinq domaines de compétences : scolaire, athlétique, relationnel, l’apparence physique et la conduite. Un enfant peut se sentir moins fort dans un domaine sans que cela n’affecte son soi global, cela dépend du regard que portent les adultes qui sont importants pour l’enfant, sur ce domaine. Si l’enfant excelle dans un domaine que son entourage ne juge pas important, cela ne va pas nécessairement renforcer son estime de soi. Alors que s’il est doué dans un domaine que son entourage reconnait, son estime va être renforcée.

Le rôle du sujet et des autres dans le processus de construction de l’estime de soi

Lorsque William James commence à travailler sur l’estime de soi en 1892, il met en évidence la « dynamique intrapersonnelle et intrapsychique » de l’estime de soi, positionnant le sujet comme étant l’acteur principal de la construction de son estime.18 Depuis, il a été montré que le sujet est en effet acteur car, chaque individu a en mémoire un schéma de soi plus ou moins bien organisé et plus ou moins accessible. Donc, certains individus auront plus de facilités que d’autres à se remémorer des situations où ils ont été en réussite, ce qui renforce leur estime.
C’est dix ans plus tard, en 1902, que David H. Cooley remet en question cette idée, en montrant que l’estime de soi se construit majoritairement par l’interaction avec les autres. Il parle de l’effet de « miroir social », idée selon laquelle c’est le regard des autres qui permet au sujet de construire son estime, grâce aux opinions que les autres ont de lui19. Aujourd’hui, on tente d’articuler ces deux courants de pensées, à savoir que le sujet est acteur dans le processus de construction de l’estime de soi, notamment grâce à l’accessibilité de son schéma de soi, mais que les interactions avec l’extérieur gardent une place prédominante.
L’estime de soi se construit dès l’enfance par un processus complexe qui repose à la fois sur l’individu mais aussi sur ses interactions avec les autres. Par conséquent, l’école, les enseignants et les pairs font partie intégrante de ce processus. L’école joue un rôle sur la construction de l’estime de soi des élèves, et cette dernière influence les apprentissages et la réussite de l’élève.

L’importance de l’école dans la construction de l’estime des élèves

L’école, et en particulier les enseignants ont une responsabilité dans la construction de l’estime des enfants, par le regard qu’ils portent et renvoient à l’apprenant. Une de leur mission éducative est de contribuer à élever l’élève et non pas à le rabaisser. En effet, une évaluation non-bienveillante et une absence de soutien des enseignants envers les élèves peuvent mener à une dévalorisation de soi, tout comme une situation d’échec scolaire. D’autant plus qu’il a été montré par Bressoux et Pansu (en 2003)25 que les évaluations effectuées par les enseignants peuvent aussi influencer directement ou indirectement l’estime de soi. Par conséquent, des enfants ayant une faible estime d’eux-mêmes auront davantage besoin d’être encouragé pour réussir. Ainsi, l’école se doit d’être un lieu de valorisation des « intelligences multiples », afin de promouvoir différentes façons de se trouver en réussite scolaire. De cette façon, l’estime de soi peut se construire au quotidien notamment dans les apprentissages.
Au Québec, des équipes de de psychologues et d’éducateurs ont créé une progression d’activités à mettre en place à l’école afin de travailler la construction de l’estime des élèves. Ces activités visent quatre objectifs :
-Permettre à l’apprenant de se connaitre.
-Créer un climat de sécurité.
-Faciliter l’entrée dans la relation à l’autre.
-Aider l’enfant à découvrir ses propres stratégies de réussite.
Ces quatre objectifs rejoignent certaines des quatre composantes de l’estime de soi que Duclos a identifiées. Ainsi, à l’école il est possible de travailler l’estime de soi en travaillant sur ses composantes. Si l’on reprend ces dernières pour les transposer dans le cadre scolaire, il faut, dans un premier temps, instaurer un climat de confiance pour que l’enfant se sente en sécurité physiquement et psychologiquement, dans la classe et dans l’école. Dans un second temps, il faut assurer l’intégration de l’enfant dans un groupe, de pairs, mais aussi dans le groupe classe, par un travail sur la coopération, qui peut être menée à plusieurs niveaux. Par la suite, il faut mettre en avant la reconnaissance sociale des compétences d’un élève, à la fois par le groupe et par l’enseignant. De même, l’évaluation des compétences qui se doit d’être bienveillante (tout en restant exigeante) en valorisant les réussites, le travail et les progrès de l’élève et en acceptant l’erreur afin que son effet soit relatif. Enfin, un travail sur la connaissance de soi peut être menée en classe dans le but de renforcer l’estime de soi des élèves et c’est cette composante que nous avons décidé de travailler en classe, et d’en étudier les effets sur les élèves.
Lorsque l’élève s’estime à sa juste valeur, il est plus apte à se lancer davantage dans les apprentissages afin de prendre des risques mesurés. Par conséquent, l’estime de soi est un facteur de réussite scolaire. C’est pour cela qu’il est important de la construire, notamment dans le cadre scolaire grâce au travail sur soi par le biais de ses émotions.

Place dans les programmes des années 1990 aux nouveaux programmes

En France comme aux Etats-Unis c’est dans les années 1990 que l’on a commencé à considérer l’enjeu d’apprendre aux enfants à se connaitre et à s’estimer. En France, dès les programmes de 1995, on trouve en éducation civique un item intitulé « respect de la personne, de soi et des autres » uniquement au cycle 2. Mais il n’est pas encore développé.
Dans le préambule des programmes de 2002, il est demandé d’aider l’enfant à reprendre confiance en lui-même. Malgré cela, même s’il y a un domaine nommé « vivre ensemble » au cycle 2 et 3, la question de la connaissance de soi n’est pas abordée.
Dans les programmes de 2008, dès le préambule il est dit que « le véritable moteur de la motivation des élèves réside dans l’estime de soi que donnent l’apprentissage maîtrisé et l’exercice réussi. » Plus encore, il est demandé de « promouvoir l’estime de soi ». Au cycle 2, en éducation physique et sportive il est dit que « l’élève apprend à mieux se connaitre ». Au cycle 3, une des compétences travaillées en instruction civique et morale est « l’estime de soi, le respect de l’intégrité des personnes, y compris de la leur ». Ces programmes traitent de l’importance de l’estime de soi dans les apprentissages. Néanmoins, il y a très peu de compétences sur la connaissance de soi excepté en EPS.
Dans les nouveaux programmes de 2015, le nouveau socle commun traite de la connaissance de soi dans le domaine 3 « la formation de la personne et du citoyen » où il est dit que « l’élève acquiert la capacité d’émettre un point de vue personnel, d’exprimer ses sentiments, ses opinions (…) Il apprend à différencier son intérêt particulier de l’intérêt général. » Plus encore « les élèves commencent à acquérir une conscience citoyenne en apprenant le respect des engagements envers soi (…) L’expression de leurs sentiments et de leurs émotions, leur régulation, la confrontation de ses perceptions à celles des autres (…) Ces enseignements aident à acquérir le respect de soi et des autres (…) Ils permettent aux élèves de donner leur avis (…) en justifiant ses choix développent le jugement et la confiance en soi. » En enseignement moral et civique aux cycles 2 et 3, tout un item concerne la connaissance de soi « la sensibilité : soi et les autres » et un autre item concerne le jugement « penser par soi-même ».
Nous remarquons donc que l’importance de l’estime de soi à l’école a commencé à prendre une place dans les instructions officielles dès 2002, alors que le travail sur la connaissance de soi est plus récent, il est très présent dans les nouveaux programmes, notamment dans le socle commun. Dans ces programmes, il est demandé de travailler sur l’identification et la gestion des émotions. Nous allons voir comment cela peut permettre de travailler la connaissance de soi renforcer l’estime de soi.

Rôle central des émotions et de leur expression dans la connaissance de soi

Du latin exmovere ou emovere qui signifie « mouvement vers l’extérieur », une émotion est un phénomène actif complexe et multidimensionnel, une réponse physiologique de l’organisme à une stimulation qui nous met en mouvement de l’intérieur vers l’extérieur. L’émotion a un rapport au temps, la surprise ne peut durer que quelques instants au contraire de la tristesse, mais aussi à l’intensité qui varie.
Il existe plusieurs théories qui cherchent à expliquer le phénomène émotionnel, dont deux qui, pendant un temps, semblaient être en opposition : l’approche centrale de Cannon en 1929 selon laquelle les émotions s’articulent autour de l’opposition plaisir vs douleur et l’approche périphérique de William James en 1885 où l’émotion serait provoquée par la prise de conscience de réactions corporelles (je pleure donc je me sens triste)30.
Plus récemment, Martin et Briggs (1986) définissent l’émotion comme « l’une des composantes du domaine affectif. » Ils ajoutent que six émotions de base desquelles découlent toutes les autres, ont été identifiées par Ekman en 1970 : la peur, la colère, la joie, la tristesse, la surprise, le dégoût. Chaque émotion a une fonction biologique, au contraire du sentiment qui est un état affectif d’ordre psychologique. Lorsqu’une émotion survient, elle déclenche une décharge émotionnelle (pleurs, tremblements…) qui permet un retour au calme. Michel Claeys Bouuaert dans Thérapeute à coeur ouvert distingue les émotions des sensations et des ressentis. Pour lui, le terme émotion se rapporte aux aspects de nos états intérieurs liés à notre nature sensible.

L’intelligence émotionnelle

D’après le psychologue Goleman31, il ne suffit pas de développer le QI pour assurer la réussite d’un individu. Il y a des facteurs émotionnels qui comptent tout autant que les facteurs intellectuels. D’après certains psychologues il existe donc une intelligence émotionnelle, c’est l’idée selon laquelle « les émotions ne sont pas maladives mais un mode de connaissances ».
L’intelligence émotionnelle est définie par Joseph Chbat comme étant « le degré de maturité émotionnelle d’un individu ». C’est un équilibre émotionnel dans lequel l’individu est conscient de ses émotions mais capable de ne pas être emporté par elles. Dans un sens plus large, l’intelligence émotionnelle inclut les capacités de l’individu à établir des relations avec le monde extérieur. Ainsi, un indice émotionnel élevé permet à l’individu d’avoir confiance en lui pour se lancer dans la vie, au contraire d’un individu ayant un niveau d’intelligence émotionnel bas. Afin d’élever l’intelligence émotionnelle d’un individu, il faut l’éduquer émotionnellement en développant des compétences dans les domaines d’apprentissages suivants : l’éveil corporel et la conscience du corps, l’équilibre émotionnel, le contrôle du mental, l’éducation sociale, la réalisation de soi et l’éducation « transpersonnelle ». Au sein de ces domaines, on trouve plusieurs thèmes (en lien les uns avec les autres) dont le thème « ressentis et émotions ». Afin de contribuer à éduquer émotionnellement les individus il faut donc travailler sur les émotions.
L’existence d’une intelligence émotionnelle nous confirme qu’une éducation émotionnelle est nécessaire afin d’avoir confiance en soi pour se lancer dans la vie et s’estimer.

Comprendre et apprendre à maitriser et exprimer ses émotions pour mieux se connaitre

D’après Isabelle Filliozat32, « l’analphabétisme émotionnel » a des conséquences individuelles telles que la maladie, le repli sur soi, des échecs professionnels, sociaux dû en partie à une baisse de l’estime de soi. Nous avons besoin d’apprendre à décoder et maitriser nos émotions.
La réactivité émotionnelle est difficile à maitriser, notamment durant l’enfance où elle est très vive. Afin d’éduquer l’enfant émotionnellement, il faut l’aider à reconnaitre puis nommer ce qu’il ressent, exprimer un besoin, une demande. Il est possible de symboliser une émotion si celle-ci est difficile. Ainsi, il ne s’agit pas d’enseigner l’émotion mais d’y avoir recours dans les moments d’apprentissages. L’objectif de cet apprentissage est que l’enfant ne se sente pas piégé par ses émotions en les subissant mais qu’ils puissent les comprendre afin de choisir la réaction qui semble appropriée. Par le simple fait d’exprimer des émotions comme la tristesse ou la colère, l’enfant diminue son angoisse. Cela montre l’importance d’apprendre aux enfants à verbaliser leurs émotions.
Roussel33 (en 2009), qui s’est inspiré des travaux de Duclos, a développé des fiches pédagogiques permettant de travailler l’estime de soi par tout un travail sur soi, dont les émotions. Nous les utiliserons pour élaborer nos séquences. De même, des chercheurs ont identifiés quelques principes directeurs pour bien enseigner la conscience et la maitrise des émotions. On retrouve dans cette liste : l’enseignement qui aide les enfants à reconnaitre, nommer et verbaliser le ressenti émotionnel, le fait de faire découvrir qu’il y a tous types de ressentis émotionnels, l’identification d’une émotion comme une sensation dans le corps (ce qui renvoie à la connaissance de soi, de son corps) et la possibilité de transformer cette sensation par la respiration et l’acceptation.
Il est possible de développer l’intelligence émotionnelle d’un individu en travaillant sur les émotions. Cela lui permet aussi de mieux se connaitre et de mieux s’estimer. C’est ce que nous allons tenter de montrer lors d’un travail en classe sur les émotions pour que les élèves se connaissent et s’estiment davantage.

Construction de l’estime de soi grâce au travail sur la connaissance de soi dans le cadre du travail sur les émotions

Il existe des outils permettant d’évaluer l’estime de soi. Cependant, ils ne sont pas forcément pertinents pour cette recherche et souvent difficiles à utiliser dans le contexte scolaire, avec des enfants de huit ans. Ainsi, dans le cadre de ce mémoire il a été choisi d’évaluer uniquement le « soi émotionnel » des élèves, sur lequel nous allions travailler en classe par la suite. Pour cela, nous nous sommes inspirés de l’Echelle Toulousaine d’Estime de Soi (E.T.E.S)34 ainsi que d’une de ses adaptations (annexes 1 et 2). Cette échelle se compose de 60 affirmations auxquelles le sujet doit répondre uniquement par oui ou par non. Ces affirmations concernent le soi social, scolaire, physique, futur et émotionnel. Le soi émotionnel35 se définit comme étant « la représentation du contrôle des émotions et de la maitrise des impulsivités. » L’objectif étant d’étudier la possible corrélation entre l’estime que les élèves ont d’eux-mêmes avec leur identification et leur gestion des émotions, nous avons réalisé un questionnaire (annexe 5) auquel 25 élèves sur 27 ont accepté de répondre.
Pour réaliser ce questionnaire, nous avons sélectionné des questions relatives au soi émotionnel afin de savoir si les enfants savaient identifier leurs émotions. Ensuite, nous avons insérer d’autres questions dans le but de voir s’ils savaient ce qu’ils ressentaient lorsqu’ils étaient tristes, heureux, en colère ou qu’ils avaient peur. Enfin nous avons ajouté des questions relatives à la confiance en soi et au bien-être des élèves afin de mettre en relation la capacité des élèves à identifier et exprimer leurs émotions et leur estime d’eux-mêmes.

Les variables à considérer

Tout d’abord, nous tenons à noter que sur un effectif et un temps aussi réduit, il est impossible de tirer des conclusions objectives de cette recherche. De même, d’autres paramètres sont à considérer, tels que la subjectivité du sujet lorsqu’il répond au questionnaire, le sérieux avec lequel le questionnaire a été rempli, l’humeur de travail dans laquelle les élèves se trouvent, la compréhension des questions et des réponses proposées. Tout cela joue sur la fiabilité de l’étude, tout comme le désir de l’enfant de « faire plaisir » à l’enseignant ou de proposer des réponses « exactes ». Cependant, il a été montré par plusieurs chercheurs (Duclos, Renick et Harter) qu’à partir de huit ans l’enfant est capable de verbaliser sur son estime de soi. C’est pourquoi ce type de questionnaire a déjà été réalisé par des enfants et cela a permis de mener plusieurs études. C’est pourquoi, il a fallu expliquer au mieux aux enfants le but de ce questionnaire afin qu’ils y répondent le plus sincèrement possible.

La classe : évaluation diagnostique de l’estime de soi et de la connaissance de soi

Le travail de recherche sur la construction de l’estime de soi, par le biais du travail sur les émotions, a été mené avec une classe de CE2 (cycle 2) se composant de vingt-sept élèves. Après trois mois d’observations, nous avons constaté que certains élèves ne cessent de se sous-estimer dans les apprentissages. En effet, le niveau de classe étant assez élevé, des élèves ayant un niveau plus faible ne se sentent pas au niveau du CE2, à cause de la comparaison qu’ils font entre eux et le groupe classe. Cinq élèves se dévalorisent et se sous-estiment régulièrement, ce qui est un frein dans leurs apprentissages. Ils verbalisent parfois leur ressenti « je suis nul », « c’est trop dur », « je n’y arriverai jamais ». Mais le plus souvent, ces élèves expriment leur frustration dans les apprentissages par la colère, la tristesse ou la peur de l’échec, ce qui se traduit souvent par un abandon face à la tâche demandée. Nous constatons donc qu’ils ont des difficultés à identifier leurs émotions et plus encore à les exprimer.
Par la suite, le questionnaire a été réalisé par vingt-cinq élèves de la classe, puis nous avons répertorié et croisé les résultats dans des tableaux et des graphiques afin de pouvoir les lire et les étudier plus facilement. En effet, nous avons mis dans chaque graphique deux variables en relation pour voir si elles avaient des influences l’une sur l’autre.

Relation entre le niveau scolaire des élèves et leur confiance en eux

Avant de mettre en relation l’estime de soi avec l’indentification et l’expression des émotions, nous avons voulu vérifier si, comme certains chercheurs, tel que Perron le pense, le niveau scolaire a un lien avec l’estime des élèves par le biais de la confiance en soi. Le niveau scolaire est établi à partir du nombre de compétences « atteintes » dans les livrets des deux premiers trimestres de l’année de CE2. Puis, afin de savoir si les élèves ont confiance en eux, les réponses à deux affirmations du questionnaire ont été prises en compte : « En général j’ai confiance en moi » et « j’ai l’impression de faire les choses moins bien que les autres. » Les réponses à ces questions nous mènent à trois niveaux de confiance en soi « bonne, moyenne ou faible » (Annexe 7)
Sur le graphique, pouvons apercevoir que sur 25 élèves, les 36% ayant un niveau scolaire élevé ont plutôt une bonne confiance en eux (66,7%) ou moyenne (34,3%). Cette distinction est moins claire chez 64% d’élèves ayant un niveau scolaire moyen voire faible. En effet, 31,25 % d’entre eux, ont une bonne confiance en eux, 37,5% ont moyennement confiance en eux et les 31,25 % restants n’ont pas confiance en eux.
Donc, ce sont en majorité les élèves ayant un niveau scolaire élevé qui ont une bonne confiance en eux et ceux ayant un niveau scolaire faible qui ont moins confiance en eux. Néanmoins, dans chacune des catégories (niveau scolaire élevé, moyen et faible), un tiers de l’effectif a une confiance en soi moyenne. Cela montre que le niveau scolaire influe sur la confiance en soi mais que ce n’est pas le seul facteur.

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Table des matières

1. L’estime de soi
1.1. Définir l’estime de soi à partir du concept du soi
1.1.1. Définition générale
1.1.2. La confiance en soi : un pilier de l’estime de soi
1.1.3. Les liens entre estime de soi, connaissance de soi et émotions
1.2. La construction de l’estime de soi
1.2.1. Les étapes de la construction du soi et de l’estime pendant l’enfance
1.2.2. Le rôle du sujet et des autres dans le processus de construction de l’estime de soi 9
1.3. Estime de soi et école : un cercle vicieux
1.3.1. L’influence de l’estime de soi sur les apprentissages
1.3.2. L’importance de l’école dans la construction de l’estime des élèves
2. La connaissance de soi grâce au travail sur les émotions
2.1. Connaissance de soi
2.1.1. Définition
2.1.2. Place dans les programmes des années 1990 aux nouveaux programmes
2.2. Rôle central des émotions et de leur expression dans la connaissance de soi
2.2.1. Définir les émotions
2.2.2. L’intelligence émotionnelle
2.2.3. Comprendre et apprendre à maitriser et exprimer ses émotions pour mieux se connaitre
3. Construction de l’estime de soi grâce au travail sur la connaissance de soi dans le cadre du travail sur les émotions
3.1. Les outils et les variables pour évaluer l’estime de soi
3.1.1. Les outils existants
3.1.2. Les variables à considérer
3.2. La classe : évaluation diagnostique de l’estime de soi et de la connaissance de soi
3.2.1. Relation entre le niveau scolaire des élèves et leur confiance en eux
3.2.2. Relation entre le niveau scolaire des élèves et le degré d’identification et de maitrise des émotions
3.2.3. Relation entre l’identification et la maitrise des émotions et le fait de se sentir bien dans sa peau
3.2.4. Relation entre l’identification et la maitrise des émotions avec la confiance en soi
3.3. Travailler les émotions en classe
3.3.1. L’enseignement moral et civique
3.3.2. Education physique et sportive
3.3.3. Les autres disciplines mobilisées
3.4. Bilan : estime de soi et connaissance de soi après le travail sur les émotions
3.4.1. Les variables à connaitre
3.4.2. Relation entre l’identification et la maitrise des émotions et le fait de se sentir bien dans sa peau
3.4.3. Relation entre l’identification et la maitrise des émotions avec la confiance en soi
3.4.4. Les bénéfices du travail sur les émotions

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