Les grands enjeux de la gestion de la fertilité des sols

Les grands enjeux de la gestion de la fertilité des sols

Les sols agricoles du Burkina, du fait de leur origine pédogénétique, se caractérisent, à l’instar de ceux des régions semi-arides de l’Afrique de l’Ouest, par une faible fertilité naturelle. Ils connaissent une carence généralisée en phosphore et de faibles teneurs en matière organique dont le taux avoisine à peine 1% dans les espaces cultivés (Sédogo, 1981 et 1993; Piéri, 1989). Par ailleurs, la prédominance de la kaolinite dans la fraction argileuse de ces sols leur confère une très faible capacité de restructuration dans les conditions naturelles (Charreau et al., 1971 ; Bourgeon et al., 1993 ; Ouattara, 1994). La fertilité de ces sols très fragiles demeure, entre autres sous la dépendance étroite des facteurs anthropiques.

Les causes de la dégradation des sols

Faible utilisation des fertilisants. La plupart des systèmes agricoles du Burkina Faso sont du type extensif, peu monétarisé et caractérisé par une « agriculture minière », La pratique de la fumure est un problème assez complexe qui préoccupe tant les structures de la vulgarisation que de recherche agricoles.

Les sols amorcent dès lors, des processus de dégradation chimique marqués par un appauvrissement en matière organique et une accentuation de la carence en certains éléments minéraux de base tel que le phosphore dont la courbe de réponse se confond, de nos jours, avec celle de l’intensité d’utilisation des terres agricoles (Sédogo, 1993 ; Lompo, 1993). Les sols s’appauvrissent également en bases échangeables et deviennent alors plus sensibles à l’acidification en cas d’utilisation exclusive des engrais minéraux. Dans un tel contexte socio-économique, la pratique de la jachère a, pendant longtemps, été considérée comme l’un des moyens traditionnels de restauration et/ou du maintien de la fertilité des sols. Elle jouait des fonctions écologiques (régénération du couvert végétal, maintien de la biodiversité) et socio-économiques (lieux de cueillette, de chasse, de parcours des animaux…) importantes. Mais de nos jours, du fait de la forte pression démographique qui entraîne une saturation de plus en plus accrue du foncier, les durées des jachères se sont raccourcies et celles-ci ne parviennent plus à jouer correctement leurs rôles d’antan ou, au pire des cas, elles ont pratiquement disparu des paysages agricoles comme c’est le cas dans les parties centrales et septentrionales du pays. Là où elles persistent, les pratiques de feux de brousse tardifs très répandues constituent également des facteurs de dégradation du couvert végétal et des sols.

Par ailleurs, les techniques culturales traditionnelles de travail du sol basées sur l’utilisation d’outils aratoires manuels et qui consistent à un travail superficiel du sol, favorisent l’érosion hydrique. Il se produit au cours des ans, un décapage progressif de la mince couche arable débouchant sur l’apparition de plages nues impropres à la culture. Ce phénomène prend un ampleur considérable sur les sols de pente quel que soit le type de travail du sol utilisé.

Destruction de la couverture naturelle du sol. Suite à l’abandon de la pratique des jachères naturelles, la surexploitation des terres et l’introduction de la mécanisation agricole sont à l’origine de la dégradation du couvert végétal. En effet, la diminution du taux de recouvrement de la végétation accroît la vitesse de ruissellement de l’eau et de l’érosion éolienne. On assiste en outre à un appauvrissement du sol en matière organique. Les différentes pressions exercées sur la végétation exposent également le sol à une forte insolation, une destruction de sa microflore, une dégradation de ses états de surface (battance et encroûtement superficiel) et à son assèchement rapide. L’ensemble de ces processus de dégradation physique explique, pour une grande part, l’extension de plus en plus accrue des terrains «hardés », communément appelés zippela, dans les parties centrales et nord du pays et pour lesquelles d’importants travaux de réhabilitation ont été entrepris.

Stratégies de gestion de la fertilité des sols

Recapitalisation de la capacitéproductive des terres dans les zones centre et nord.
Le phénomènes de sécheresse endémique qui se sont succédé depuis les années 1970 ont eu pour conséquence une dégradation accélérée du couvert végétal et des sols (Reij et al., 2003). C’est alors que depuis les années 1980, des actions de grande envergure ont été développées aussi bien par des projets étatiques que les ONG’s pour réhabiliter ces terres dégradées à travers la réalisation de techniques de conservation des eaux et des sols (cordons pierreux, digues filtrantes, zaï, etc.). La réalisation d’ouvrages de CES a pour objectif de créer des obstacles partiels ou totaux à l’écoulement des eaux de ruissellement et de limiter en conséquence les risques d’érosion hydrique. Une évaluation de l’impact de ces ouvrages de CES conduite par (Reij et Thiombiano, 2003) rapporte que 35 à 40 % des terres cultivées de la partie centrale du Plateau Central du pays ont été ainsi aménagées (soit une superficie de l’ordre de 150 000 ha). En 1993, ces superficies aménagées correspondaient selon les Enquêtes Nationales sur les Statistiques Agricoles, à environ 10 % des terres emblavées.

Les résultats obtenus sont très impressionnants en termes de :
♦ augmentation de la densité et de la diversité des parcs agroforestiers,
♦ remontée de la nappe phréatique,
♦ réduction de la vulnérabilité des productions agricoles en années de sécheresse, etc.

Mais il demeure l’impérieuse nécessité de valoriser ces réalisations physiques à travers une recapitalisation de la fertilité des sols. C’est ainsi que les efforts devront de plus en plus tendre vers la reconstitution et la maintenance d’un niveau optimum de matière organique (intensification de la production de biomasse, recyclage de résidus culturaux, utilisation de déjections animales, travail minimum du sol, etc.) et surtout la correction de la carence phosphatée des sols à travers la valorisation des phosphates naturels du Burkina.

Entretien de la fertilité des sols dans les parties mieux arrosées du pays
Dans le contexte pédoclimatique de l’agriculture de zones plus humides, les efforts devraient tendre vers le maintien et/ou l’amélioration du potentiel productif de ces terres à travers une approche intégrée de la fertilité des sols. Il s’agirait, entre autres, d’établir une combinaison judicieuse entre l’application des engrais, les apports biologiques d’éléments minéraux, les apports de matière organique, le travail minimum du sol, etc. en relation avec le type de culture (culture de subsistance ou de rente). On cherchera ainsi à privilégier toutes les techniques à même d’accroître le statut organique des sols (agriculture de conservation). Le terroir de Bondoukui qui abrite nos sites d’investigation se situe dans cette région écologique et plus précisément au cœur de la zone cotonnière ouest du pays. Le glissement des zones de production de coton du nord au sud et à l’est conduit à se poser des questions sur la problématique de la gestion de la fertilité des sols des zones cotonnières.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PREMIERE PARTIE: CADRE DE L’ETUDE ET APPROCHE METHODOLOGIQUE
CHAPITRE 1: PRESENTATION GENERALE DU BURKINA FASO
1.1. LE CLIMAT
1.2. LA VEGETATION
1.3. GEOLOGIE ET GEOMORPHOLOGIE
lA. LES GRANDS TYPES DE SOLS
1.5. LES GRANDS ENJEUX DE LA GESTION DE LA FERTILITE DES SOLS AU BURKINA FASO
CHAPITRE II: PRESENTATION DU TERROIR DE BONDOUKUI
2.1. SITUATION GEOGRAPHIQUE
2.2. LA GEOLOGIE
2.3. LA GEOMORPHOLOGIE
2.4. LE CLIMAT
2.5. LA VEGETATION
2.6. LES SOLS
2.7. LE MILIEU HUMAIN ET LES SYSTEMES DECULlURE
CHAPITRE III: MATERIEL ET METHODES D’ETUDE
3.1. DISPOSITIF DE COLLECTE DES DONNEES
3.2. LES MESURES PHYSIQUES, IN SITU
3.3. LES MESURES DE LABORATOIRE
DEUXIEME PARTIE :EFFETS DES VARIABLES DESCRIPTIVES DU MILIEU AGROECOLOGIQUE SUR LE STATUT ORGANIQUE DES SOLS
CHAPITRE IV : LOCALISATION, DYNAMIQUE DU CARBONE ORGANIQUE
DES SOLS DANS LES SUCCESSIONS CULTURE-JACHERE
4.1. INTRODUCTION
4.2. RESULTATS
4.3. DISCUSSIONS
4.4. CONCLUSION
CHAPITRE V : INFLUENCE DES PRATIQUES CULTURALES SUR LA QUALITE DE LA MATIERE ORGANIQUE DES SOLS
5.1. INTRODUCTION
5.2. RESULTATS
5.3. DISCUSSIONS
5.4. CONCLUSION
TROISIEME PARTIE: EFFETS DES SYSTEMES DE CULTURE SUR LES ETATS STRUCTURAUX DU SOL
CHAPITRE VI : VARIATION DES SYSTEMES DE POROSITE DU SOL.
6.1. INTRODUCTION
6.2. RESULTATS
6.3. DISCUSSIONS
6.4. CONCLUSION
CHAPITRE VII. CONSEQUENCES DES MODIFICATIONS DE L’ESPACE PORAL SUR L’INFILTRABIUTE DU SOL
7.1. INTRODUCTION
7.2. RESULTATS
7.3. DISCUSSIONS
7.4. CONCLUSION
QUATRIEME PARTIE: LE DETERMINISME DE LA STABILITE STRUCTURALE DES SOLS
CHAPITRE VIII. INTENSITE DE L’USAGE AGRICOLE DES TERRES ET STABIUTE STRUCTURALE DES SOLS
8.1. INTRODUCTION
8.2. RESULTATS
8.3. DISCUSSIONS
8.4. CONCLUSION
CHAPITRE IX : ROLE DES AGENTS ORGANIQUES ET MINERAUX SUR LA STABIUTE STRUCTURALE DES SOLS
9.1. lNTRODUCTION
9.2. RESULTATS
9.3. DISCUSSIONS
9.4. CONCLUSION
CONCLUSION GENERALE
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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