LES FETIAUX DANS LA VIE INTERNATIONALE Á ROME

Le témoignage des sources sur l’origine du collège des fétiaux

   Polybe, est l’un des plus anciens auteurs à attribuer la création du collège à Numa. Il est né à la fin du deuxième siècle avant Jésus Christ ; il arrive à Rome comme otage. Dans son œuvre intitulée Histoire Romaine, Polybe soutient que ce collège est créé par Numa pour défendre l’intérêt de Rome. Ses propos sont illustrés par la suite dans un passage de son troisième livre où il explique la manipulation dont le collège est victime. De même que Polybe, Denys d’Halicarnasse soutient que c’est Numa qui fut le premier à instaurer le collège des fétiaux à Rome. Il décrit le contexte de l’utilisation du collège : Pour lui, Numa a créé le collège au moment où les Fidènes pillaient leurs terres. Denys d’Halicarnasse affirme que: « Le collège des Fétiaux fut institué par Numa alors qu’il s’apprêtait à faire la guerre au peuple de Fidènes qui avait ravagé ses territoires, afin de voir s’il voulait trouver avec lui un arrangement sans guerre » Donc nous constatons à travers ce témoignage que pour la première fois dans l’histoire romaine, une délégation était envoyée officiellement pour des négociations afin d’éviter une guerre. La suite des événements permet de conclure que la mission est réussite car il n’y a pas de guerre. Quant à Plutarque, il soutient que, Numa institua encore plusieurs autres collèges de prêtres. Donc pour Plutarque, c’est Numa qui était l’initiateur du collège des fétiaux dans un contexte où il était question de réformer le pouvoir royal. Parmi les collèges institués il cite: « celui des saliens et celui des fétiaux, parce qu’ils mettent dans tout son jour la piété du monarque ». Ici Plutarque soutient l’idée selon laquelle le collège est créé pour le maintien de la paix entre Rome et les cités voisines. Il attribue la création au législateur Numa, deuxième roi de Rome. Ce dernier pour faire preuve de piété avait construit un temple dédié à la bonne foi. Il enseignait aux Romains que le grand serment c’était de jurer la Foi. Ce qui permettait de savoir que le collège des fétiaux était avant tout un collège de prêtres donc une institution religieuse. Force est de constater que Polybe, Denys de même que Plutarque s’accordent sur la première création du collège des fétiaux par Numa. Ce dernier était considéré comme un législateur qui, contrairement à Romulus, avait participé à l’expansion de Rome par la paix. C’est ainsi qu’on parle des réformes Numaîques. C’est dans cette optique que Plutarque et Denys d’Halicarnasse confirmaient que Numa était le créateur du collège des fétiaux. Denys et Plutarque ont utilisé pratiquement les mêmes sources ou bien l’un s’est inspiré de l’autre car ils s’accordent sur plusieurs faits. De même que Plutarque, Denys affirme que : « Les fétiaux sont des hommes choisis dans les meilleures familles, qui exercent leur fonction sacrée pendant toute leur vie. Le roi Numa fut le premier à installer à Rome cette magistrature sacrée ; mais je ne puis dire qu’il reçut cet exemple de ceux que l’on appelle Equicoles, comme le pensent certains , ou s’il l’a reçu de la cité d’Ardée, comme l’écrit Aulu-Gelle. Il me suffit de dire qu’avant le règne de Numa le collège des féciaux n’existaient pas encore à Rome. » Pour Aulu-Gelle, le collège des fétiaux était un héritage venu de la cité d’Ardé sa première mission remontait aux temps de la royauté de Numa. Les deux auteurs s’accordent sur le but du collège qui consistait à éviter la guerre et à veiller sur la paix. Pour Plutarque, Numa avait créé le sacerdoce c’est-à-dire la nature religieuse alors que pour Denys d’Halicarnasse Numa avait créé le collège et sa nature juridique c’està-dire son ius. Bref, nous constatons que non seulement Numa pourrait être à l’origine du collège mais il lui a donné son aspect religieux mais également juridique. En somme, Polybe, Plutarque et Denys d’Halicarnasse sont trois auteurs d’origine étrangère qui s’accordent sur la création du collège par Numa Pompilius d’origine sabine. Par contre Cicéron, un Romain qui a participé à la vie politique et militaire de Rome au Ier siècle av. J.-C., considère que Tullus Hostilius avait apporté les reformes les plus importantes du collège. Il estime qu’: « On lui doit les reformes légales de la déclaration de guerre, et le droit sacré des féciaux, qui sanctionna cette institution si parfaitement juste. Toute guerre qui n’avait point été déclarée suivant ces formalités fut réputée dès lors injuste et sacrilège. » Tullus Hostilius, considéré comme le roi le plus belliqueux de l’histoire de Rome pouvait-il être le créateur ou apporter une nature religieuse du collège des fétiaux dont leur mission servirait à établir la paix entre Rome et les autres Cités. Contrairement à Numa, Tullus participait à l’élargissement de Rome par la guerre et non pour le dialogue. Pour Cicéron, Tullus Hostilius était le créateur du rite fétial il a contribué à la forme juridique de la déclaration de la guerre. Il situait les débuts du fonctionnement du collège au cours du conflit qui opposait la cité romaine à la cité albine. C’est dans ce sens que Cicéron affirme « Il fixa la forme juridique des déclarations de guerre, et cette institution nouvelle, très juste en elle-même, il la sanctionna par le rite des Fétiaux ; ainsi on considérait toute guerre qui n’avait pas été déclarée comme contraire à la justice et à la religion ». Contrairement aux trois premiers auteurs à savoir Polybe, Denys d’Halicarnasse et Plutarque, nous remarquons à travers le témoignage de Tite-Live une autre nature du collège qui consistait à justifier une guerre et non à négocier la paix, c’est-à-dire sa nature juridique. Tite-Live soutient que c’est Ancus Marcius qui avait innové le collège des fétiaux. Il estime que : « Numa avait réglé les pratiques religieuses de la paix, il voulut instituer celles de la guerre ; faire la guerre ne suffisait pas, encore fallait-il la déclarer rituellement. Il emprunta donc à l’antique nation des Equicoles, la règle que suivent encore les fétiaux pour présenter une réclamation ». Tite-Live de même que Cicéron essaie de rétablir les relations entre la religion, le droit et la guerre. Il est l’auteur qui nous donne plus de détails sur le collège des fétiaux. Non seulement il attribue au quatrième roi de Rome la déclaration rituelle de la guerre par le collège des fétiaux c’est-à-dire la formule de répétition mais également il expose en détails l’aspect juridique du collège à travers le respect des engagements pris. Une lecture minutieuse de l’ensemble de ces sources permet d’affirmer que collège d’une importance capitale dans la mentalité des Romains sa création de même que son évolution présentait une grande ambigüité de l’antiquité à nos jours pour cela, nous essayons d’apporter notre contribution dans ce domaine. Ch. Saulnier, qui à travers sa lecture des quatre sources témoins de l’histoire romaine qui se sont intéressée à la recherche de l’origine du collège des fétiaux, conclut qu’on ne savait plus « dès la fin de la république à qui revenait cette initiative ». Cette affirmation de Saulnier confirme davantage que jusqu’à l’époque moderne, l’origine du collège des fétiaux reste incertaine. Á notre niveau, nous essayons d’attaquer cette question brulante en recherchant les racines au temps de Romulus. Certes il n’y avait ni une organisation ni l’appellation mais à vrai dire le collège ou bien même les premières missions diplomatiques remontaient au fondateur de la ville c’est-à-dire à Romulus. Ce dernier était le premier roi à s’intéresser aux cités voisines en envoyant des ambassadeurs pour nouer des relations conjugales avec les autres peuples. C’est dans ce sens que Tite-Live affirme que : « Désormais, Rome était assez forte pour combattre n’importe quel Etat voisin à armes égales. Mais le manque de femmes bornait à une seule génération la durée de sa puissance : car elle n’avait pas chez elle de quoi se perpétuer, et avec les peuples voisins il ne se faisait pas de mariages. Alors, sur le conseil des pères, Romulus envoya une ambassade aux nations d’alentour pour leur proposer de contracter une alliance et des mariages avec le nouveau peuple » Etant donné que Rome était considérée comme la cité la plus violente, aucun peuple n’osait répondre à la mission de l’ambassade. Face à ce refus que Romulus décida d’organiser une fête en y invitant les cités voisines c’est de là que provient l’enlèvement des sabines et si l’on en croit Tite-Live, il y avait encore l’envoie d’une ambassade pour maitriser la colère des Sabins. Tite-Live nous donne les détails de ces missions diplomatiques en ces termes : « C’est alors que les Sabines, dont le rapt avait amené la guerre, les cheveux épars, les vêtements déchirés, surmontant dans leur malheur la timidité de leur sexe, n’hésitèrent pas à s’élancer au milieu d’une grêle de traits et à se jeter entre les combattants pour mettre fin à la colère. Elles suppliaient tour à tour leurs pères et leurs maris de ne pas commettre un crime en se couvrant du sang d’un gendre ou d’un beau-père ; de ne pas souiller de ce forfait les enfants qu’elles ont mis au monde, leurs fils ou petits-fils. « Si ces liens de parenté, si ces mariages vous sont odieux, c’est contre nous qu’il faut tourner votre colère ; c’est nous qui sommes la cause de la guerre ; c’est pour nous que sont tués ou blessés nos maris et nos pères ; plutôt mourir que de survivre aux uns ou aux autres et de rester veuves ou orphelines. » Pour Tite-Live, il y avait des missions diplomatiques bien avant Numa. C’est le rôle fondamental que les femmes enlevées ont joué dans ce conflit qui fut à l’origine même du traité d’alliance entre Romulus et Titus Tatius d’après la légende. Ces deux rois au-delà même de la suspension de la guerre avaient gouverné ensemble jusqu’à la mort de Tatius et Romulus avait continué seule. À sa mort, était venu encore un autre sabin. Mais également la division de la société romaine en trois tribus, la nomination de chacune des deux tribus est en rapport direct avec le nom et l’origine du roi : Ramnenses ab Romulo, ab T. Tatio Titienses. Bref, au regard des événements qui se sont déroulés après l’enlèvement des Sabines force est de reconnaitre que Rome avait un regard vers l’extérieur pour devenir l’un des métropoles du monde méditerranéen. Si au début les rapports entre Rome et les cités voisines étaient belliqueux, avec l’intermédiaire des femmes, la voie pacifique était la solution pour la cité romaine. Nous notons qu’au temps de Romulus, les femmes qui ont été enlevées lors des fêtes organisées par la cité romaine constituaient les premières diplomates grâce à elles que le conflit entre Rome et les Sabins ne s’est pas produit. Ceci montre qu’avant Numa, il y avait des envoyés, des ambassades pour négocier la paix entre Rome et les autres cités. Certes, il n’y avait pas une organisation, il n’y avait pas une valeur religieuse, mais il y avait sa nature morale. Or d’après le témoignage des sources, chacun des quatre premiers rois de Rome a contribué au développement du collège des fétiaux. Même si aucune n’a attribué à Romulus la création du collège. La recherche d’une piste étrangère de l’origine du collège des fétiaux montre qu’il ne peut pas être créé par Romulus donc même s’il y avait des missions diplomatique au temps de Romulus elles n’étaient nullement officielles.

L’interprétation des modernes sur l’origine du collège

     L’évolution du collège des fétiaux est considérée comme l’une des plus complexes questions soumises au discernement des spécialistes de l’histoire romaine. Le problème de l’origine du collège et de son évolution se révèle beaucoup plus brulant, parce qu’il se perd dans les brumes les plus lointaines du passé de la cité romaine. La recherche de l’origine mais également de l’évolution du collège est à l’origine d’une discorde notée au sein des sources qui conduit beaucoup de modernes à esquiver la question de l’origine du collège. Cependant, quelques auteurs modernes à l’image de Frédéric Blaive, Georges Dumézil, Auliard Claudine entre autre osent attaquer cette question épineuse. Frédéric Blaive, dans son ouvrage Indicto belli: Recherches sur l’origine du droit fécial romain tente de faire une étude analytique de l’origine du droit fétial. Il aborde la question de l’origine du droit fétial en définissant sa nature mais également en essayant de faire la distinction entre son aspect juridique et son aspect magico-religieux. Contrairement aux sources que nous venons d’étudier et dont la majorité attribue la création à Numa, Frédéric plaide en faveur d’une origine étrangère en privilégiant la piste indo-européenne. Ce chemin n’est pas à écarter vu que les sources auxquelles nous devrions nous fier peinent à attribuer la création du collège à un des rois. Chacun des rois aurait contribué à l’évolution du collège mais est-ce qu’il y a un véritable créateur de ce collège parmi ces rois ? A notre niveau s’il y a un roi à qui nous devons attribuer la création du collège ce serait à Romulus par ce qu’au temps de la royauté, nous pouvons noter quatre réclamations formulées auprès des Romains. La première a été adressée à Rome par la cité sabine sous la royauté de Romulus exigeant la restitution de leurs jeunes filles enlevées par les Romains même si elle n’avait aucune formalité, la forme ou bien l’idée était déjà dans la mentalité des Romains. C’est pour dire que déjà au temps de Romulus, il y avait des missions diplomatiques. Et les trois autres réclamations sont adressées ou envoyées par les successeurs de Romulus à savoir Numa, Tillus Hostilius mais également Tarquin Le superbe. De même que Frédéric Blaive, Claudine Auliard, a contribué aux recherches sur le ius fétial. Elle attribue l’introduction du collège à Rome à Numa, elle soutient qu’il a été emprunté aux autres cités c’est dans ce sens qu’elle cite un passage de Denys tiré de son œuvre Histoire Romaine II, 72, 2. Quoi qu’il en soit, il ne s’agirait pas là d’une innovation puisque « Numa aurait emprunté cette tradition aux Equicoles ou aux Ardéates, selon la tradition transmise par Denys » Par contre, Georges Dumézil s’était lancé bien avant Frédéric Blaive à la recherche d’une origine indo-européenne du collège. Il estime que « les indo européens, du moins leurs prêtres, leurs intellectuels, étaient pénétrés d’une conception qui, assurément, se trouve en biens d’autres points du monde, mais qui n’est pas non plus aussi universelle qu’on le dit parfois ». Donc pour Georges Dumézil, au-delà même des fétiaux, les autres prêtres pouvaient être d’une origine étrangère. Théodore Mommsen lui aussi s’est prononcé sur l’origine des fétiaux mais contrairement aux commentaires des auteurs déjà cités, il situe les débuts à Rome lorsqu’il aborde la question des réformes de la constitution au temps de Numa c’est dans ce sens qu’il affirme que : « En ce qui touche les choses saintes et le sacerdoce le statut que lui fut conservé. Rome eut par suite ses deux corporations saliens et luperques ; son double prêtres de Mars ; l’un sur le Palatin qui s’appela proprement du nom de Dieu ; l’autre sur la colline, et qui fut nommé le prêtre de Quirinus. On présume, non sans raison, même en l’absence de documents qui attestent que les anciens collèges sacerdotaux, les augures, les pontifes, les vestales, les féciaux, sont aussi sortis des collèges de prêtres appartenant d’abord aux deux cités palatines et Quirinales. » Bref le débat sur l’origine du collège des fétiaux qui a longtemps opposé les auteurs anciens est loin de prendre son épilogue à l’époque moderne. Des auteurs spécialistes de cette question ne règlent pas définitivement cette question. Force est de constater qu’au-delà de la piste étrangère, les débuts du collège peuvent être attribués à Romulus car tous les rois de Rome, sauf les Tarquins, ont participé à l’évolution du collège. Etant donné que le collège des fétiaux est d’une origine incertaine ou bien même étrangère nous allons essayer d’analyser sa genèse mais également son évolution à Rome pour pouvoir détecter les modifications qu’il a connu entre les deux premières périodes de Rome à savoir la royauté et la république.

Le collège des fétiaux pendant la république

   De la royauté à la fin de la République, nous pouvons dénombrer plusieurs interventions du collège des fétiaux dont le plus grand nombre se déroule durant la période républicaine qui va de -509 avec l’expulsion des Tarquins à -27 av. J.-C ; Cette date de -27 marque la fin de l’évolution du collège. Les missions diplomatiques du collège des fétiaux s’arrêtent au IIème av. J.-C. L’interprétation du rôle du fétial à l’époque républicaine suscite quelques polémiques. Si au temps de la royauté le fétial était sous le commandement du roi, durant la période républicaine il y eu des bouleversements. Le collège n’était plus sous le joug d’une seule personne mais sous l’ordre du Senat. Donc nous notons un changement d’interlocuteur dû à la mise sur pied des institutions de la vie politique. Au Vème siècle, nous dénombrons 5 interventions diplomatiques. Si durant la royauté les interventions étaient pour réclamer un dû en général, à l‘époque républicaine nous notons d’autres formes. C’est dans ce sens que Tite-Live atteste la présence des délégués d’Ardes à Rome : «Des délégués d’Ardée vinrent à Rome protester contre notre injustice, tout en déclarant que, si on la réparait et qu’on leur rendit leur terre, ils resteraient nos amis et nos alliés. Le sénat répondit « qu’un arrêt du peuple ne pouvait pas être cassé par le sénat : ce serait une inégalité sans précédent ;c’était, en outre, une question de paix entre les deux ordres ; si les Ardéates voulaient attendre le bon moment et laisser toute latitude au sénat pour réparer leur dommage, ils auraient lieu de se féliciter un jour d’avoir dominé leur ressentiment et de constater chez le sénat le double souci de ne pas leur laisser faire de tort et d’abréger les torts déjà faits ». Sur ce, les délégués disent qu’ils allaient remettre toute l’affaire en délibération et furent congédiés avec bienveillance. » Si durant la période royale, les relations internationales étaient entre les mains du roi et des fétiaux, à l’époque républicaine les magistrats plus particulièrement les consuls prenaient l’initiative. C’est ainsi qu’en 293 av. J.-C., le consul L. Postumius prend l’initiative d’envoyer une délégation aux Falisques pour négocier la paix, de même qu’en 290 av. J.-C., le consul Scipion. Corvillius envoya des fétiaux aux Samnites pour faire la paix. A côté des consuls, nous remarquons également des dictateurs qui envoient des ambassadeurs c’est le cas de Q.Fabius en 308 avant J.-C., au peuple Ocriculum, il y a également le dictateur M. Valérius en 294 avant J.-C., qui envoie une mission diplomatique aux Volsinies pour une paix entre les deux peuples. De la même façon que les magistrats envoyaient des ambassades, le peuple pouvait envoyer des fétiaux de même que le sénat. L’époque républicaine qui fut la plus longue de l’histoire romaine nous semble plus riche de faits. C’est durant cette période que nous notons la multiplication des missions diplomatiques. Si le temple de Janus a été fermé pour la première fois sous le règne de Numa, la seconde fois c’est sous Auguste. Cela ne suppose pas que la période républicaine était la plus belliqueuse ce fait est attesté par les nombreuses interventions des ambassadeurs pour des négociations par Rome durant cette période. Malgré les troubles que retrace Tite-Live dans son livre IV, nous notons les soucis de maintien de la paix par les Romains. C’est dans ce sens que TiteLive à propos de la guerre contre Véies, Fidènes et Faléries ; secondes dépouilles opimes estime : « Pendant leur magistrature, Fidènes, colonie romaine, abandonna Rome pour le Lār Tolumnius, roi de Fulcinius, Cloelius Tullus, Spurius Antius et Lucius Roscius envoyés par Rome pour demander la cause de cette volte-face, furent assassinés par ordre de Tolumnius on a parfois cherché à excuser le crime du roi : il aurait dit, à propos d’un heureux coup de dés, un mot à double sens , qui aurait été pris par les Fidénates pour un ordre de tuer les envoyés et aurait été cause de leur mort. Quelle invraisemblance ! L’arrivée inopinée des Fidénates, ses nouveaux alliés, venant le consulter sur un meurtre qui allait violer le droit des gens, ne détourne pas son attention du jeu ? Et ensuite il n’a pas excusé le crime en prétextant l’erreur ? Il est plus vraisemblable qu’il voulut lier le peuple de Fidènes et lui ôter sans retour possible tout espoir du côté de Rome, par la complicité d’un tel forfait. L’Etat fit dresser aux envoyés tués à Fidènes leurs statues aux Rostres » Ce passage de Tite-Live, nous permet de connaitre l’implication du peuple dans la vie internationale dès les préludes de la guerre. Le collège des fétiaux est donc un héritage indo-européen implanté à Rome durant la période royale. Période à partir de laquelle il a pris sa forme la plus achevée. Le collège des fétiaux était chargé des rituels de la déclaration de la paix ou de la guerre. Mais ce rituel a connu une évolution. Si au départ c’était un rituel qui se fait à Rome, ensuite à la frontière entre Rome et les peuples ennemis, avec l’élargissement et l’éloignement des frontières, le rituel rencontre des problèmes d’applications. C’est à partir de cette période qu’une portion de terre romaine était considérée comme le territoire ennemi. Pendant la période royale, le collège était un sacerdoce, à partir de l’époque républicaine il connait des mutations pour devenir un collège de prêtres chargé de missions politiques. Cependant, à partir du IVème siècle av. J.-C., avec la dissolution de la ligue latine, la guerre qui était conçue comme un mode de rapprochement entre les cités revêtit une autre forme. De la troisième guerre punique jusqu’en 146 av. J.-C., avec la destruction de Carthage, Rome devient maitresse de la Méditerranée ; nous constatons un accroissement d’une manière démesurée de conquête de cités par Rome. Dès lors, il se pose un problème d’adaptation des institutions. En 133 av. J.-C., la politique défendant la plèbe va commencer à prendre de l’ampleur. On règlemente les assemblées du peuple pour limiter le poids des plus riches dans les décisions politiques c’est dans ce contexte de crises internes que les légats vont se substituer petit à petit aux fétiaux dans les affaires internationales.

Aspects politico-Juridiques

    La nature du collège des fétiaux a longtemps suscité un débat. Si certains historiens considèrent que le collège des fétiaux a une nature religieuse créée par Numa, pour d’autres, le collège est plus politico-juridique que religieux. C’est dans ce sens que Cl. Auliard se demande si le collège des fétiaux est au service du droit sacré international ou bien à celui de la politique extérieure romaine. D’après Tite-Live le collège des fétiaux avait à ses débuts une mission religieuse. Tite-Live affirme que Numa avait réglé les pratiques religieuses de la paix, il (Ancus Marcius) voulut instituer celles de la guerre c’est-à dire les pratiques religieuses de la Guerre. La diplomatie romaine était essentiellement assurée par le collège des fétiaux. Ces fétiaux avaient pour mission de poser le fas. Le collège des fétiaux reposant essentiellement sur des faits religieux avait pour but de contribuer à l’élargissement de Rome en mettant du côté de Rome le bon droit pour éviter la sanction des dieux. C’est dans ce sens que les fétiaux prenaient tous les dieux à témoin. C’est pour cela que Tite-Live nous livre un long passage sur le discours d’un fétial en ces termes : « Écoute, Jupiter, et toi, Janus Quirinus ; vous tous dieux du ciel, et vous, dieux de la terre, et vous, dieux des enfers, écoutez : je vous prends à témoin que tel ou tel peuple (il le nomme) est injuste et n’acquitte pas ce qu’il doit. A ce sujet, nous délibérons dans notre patrie avec les anciens sur les moyens d’obtenir notre dû. » Une fois que…… il rapporte ces nouvelles à Rome pour qu’on en délibère. » Nous reprenons cette idée déjà développée ; car marquant une phase importante de l’histoire romaine. Contrairement à Romulus qui participait à l’élargissement de Rome par la guerre, Numa contribue à ce domaine à travers la paix en intronisant le collège des fétiaux que certains historiens considèrent comme un collège de prêtre religieux alors que pour d’autres, c’est une institution politique ou juridique, les fétiaux pouvaient être considérés comme des messagers politique chargés de faire de faire des déclaration de guerre pour Rome en essayant de gagner la confiance des dieux pour rendre juste une guerre. Ce qui fera l’objet de notre étude dans les lignes suivantes. Car le collège était chargé de légitimer les guerres entreprises par Rome Danielle Porte parle même de légitime défense. C’est la raison pour laquelle elle estime que : « La guerre fut, on le sait bien, le souci majeur de Rome, dont le célèbre ianus, la « porte de la Guerre », ne fut fermé, pour symboliser l’établissement de la paix, que deux fois pendant les huit siècles qui séparent la naissance de Romulus de celle d’Auguste. On imagine que toutes les précautions devaient être prises pour assurer aux armes romaines la protection des dieux. Cité de guerre, mais avant tout cité du droit, Rome s’efforça de soumettre le déclenchement et la conclusion d’un conflit aux mêmes règles qui régissaient l’entrée en justice d’un litige et le verdict des juges, en quelque sorte, de civiliser la violence. Le premier point à établir clairement aux yeux des protecteurs divins de Rome, était que la cité n’entrait dans la guerre que contrainte et forcée par une lésion infligée à son bon droit. Légitime défense, en quelque sorte. On parlait alors de « guerre Juste », bellum iustum, ou pium. » Cependant, Tite- Live donne des détails d’une déclaration d’un fétial en ces termes : « Attendu que les peuples des Anciens Latins ou des citoyens Anciens Latins ont commis des actions et des fautes préjudiciables au peuple romain des Quirites ; attendu que le peuple romain des Quirites a décidé d’entrer en guerre contre les Anciens Latins, ou que le sénat du peuple romain des Quirites a proposé, voté, décrété de faire la guerre aux Anciens Latins, pour ces motifs, moi, ainsi que le peuple romains, je déclare la guerre aux peuples des Anciens Latins, et je la fait. » Ce passage de Tite-Live montre que le collège des fétiaux renfermait plus tôt d’aspect politique que religieux en légitimant la guerre. Car après réclamation sans satisfaction, une fois toutes les procédures sont respectées sans satisfaction, le pater patratus pouvait procédait au jet de la lance de cornouiller, d’une pierre ou du javelot qui pouvait déclencher l’ouverture des hostilités. Le collège des fétiaux n’était-il pas créé pour conquérir d’autres cités. Car après réclamation sans satisfaction le collège pouvait procéder à la déclaration de guerre est ce qu’il ne préférait même pas une réponse négative à fait de procéder à la guerre vue le poids économique de la guerre à Rome ? Cependant Cl. Auliard estime que : « A chaque étape, à chaque nouveau règne, le droit fétial évolue par la volonté du roi : parce qu’il ne se développe que pour s’adapter aux finalités de la politique royale, il n’apparaît à aucun moment, durant la période royale, comme indépendant du pouvoir politique » Donc durant la période royale, le collège des fétiaux renfermait une forme institutionnelle car sa nature dépendait du besoin du roi. Partant de cela, on se demande quelle était la nature du collège durant la période républicaine ? Car il ne s’agit plus de l’autorité d’une seule personne mais plutôt d’un groupe. En effet, Auliard fait une analyse pertinente en affirmant que : Les procédures liées à la déclaration de guerre représentent la forme d’intervention la plus fréquemment présentée des fétiaux. Les demandes de restitution ou de réparation (restitution), suivies ou non de l’indicto bellum concernent 16 des 23 actes diplomatiques dans lesquels les fétiaux sont les intermédiaires diplomatiques, soit 70% des actes concernés. Apriori le Fétial apparaît ici également comme un exécutant des ordres du Sénat, mais dans cette activité exerce-t-il une fonction d’ordre diplomatique ? Sous le règne de Numa, le collège des fétiaux avait une nature purement religieuse avant de s’impliquer dans la vie politique au fil du temps voire même purement politique. Car il semble que la finalité de l’intervention des Fétiaux c’était d’obtenir une réponse négative à leur demande à seule fin que la déclaration de guerre puisse avoir lieu dans les conditions prévue par le ius fetiale. Nous constatons que les Fétiaux ne pouvaient exercer aucune fonction de type diplomatique, ils ne devraient intervenir qu’après l’échec des diplomates-négociateurs afin d’engager une ultime tentative de conciliation. Cependant Cl. Auliard estime que : « sur 23 interventions repérées, 7 seulement se situent après un échec diplomatique ». Il ne semble pas exister de relation obligée entre le rôle joué par les Fétiaux et celui exercé par les diplomates sénatoriaux. Y a-t-il eu rivalité ou complémentarité entre les deux structures ? Nous ne pouvons le discerner clairement tant le nombre d’interventions connu est restreint. Notons enfin une alternance tout à fait parfaite de l’utilisation des agents diplomatiques entre 343 et 327. Pour cela, Cl. Auliard poursuit sa logique en ces termes : « Les ambassades envoyées par Rome se répartissent ainsi : n°2046, des legati, n°2047, des Fétiaux, n°2066, des legati, n° 2072, des Fétiaux, n° 2073, des legati et enfin n° 2074, des fétiaux. situation exceptionnelle qui n’a aucune équivalence à une quelconque période de l’histoire diplomatique et qui signale l’existence, durant ces années une situation particulière d’une rivalité et/ou d’une complémentarité entre les deux structures d’intervention. »Donc si nous suivons l’argumentation d’Auliard, le collège des fétiaux contrairement à son aspect d’origine reposant essentiellement sur les rites donc pour dire sur une dimension sacerdotale. Il a connu des modifications en s’adaptant aux besoins de chacun des rois avant de devenir un instrument de conquête à l’époque républicaine comme le suggère les commentaires de Claudine Auliard. En se basant sur les événements qui suivent, ne serait-il pas possible de donner raison à Auliard qui considère le collège comme un instrument de conquête ? Si au début, le fétial prenait à témoin les dieux et jurait à leurs noms, au fil du temps, ce serment connait des mutations pour devenir une formule insignifiante. Pour mieux élucider ses transformations, nous allons citer deux passages de Tite-Live. Dans le premier, Tite-Live rapporte la formule du fétial en ces termes : « Écoute, Jupiter ; écoute, le père patrat d’Albe ; écoute aussi, peuple albain. Ces clauses, telles qu’elles ont été lues à haute voix, d’un bout à l’autre, d’après ces tablettes de cire sans mauvaise foi, et telles qu’en ce lieu et en ce jour elles ont été clairement comprises, le peuple romain ne sera jamais le premier à s’en écarter. S’il s’en écarte le premier par une décision officielle et par mauvaise foi, alors ce jour-là, toi, Jupiter, frappe le peuple romain comme moi je vais frapper ce porc en ce lieu et en ce jour, et que le coup soit d’autant plus violent que tu as plus de force et de puissance. » Dans son livre IV, Tite-Live rapporte une autre déclaration qui a été pratiquement utilisée par Polybe dans son livre III en ces termes : « le fétial prend une pierre en sa main, et, après avoir juré au nom du peuple que les conventions seront fidèlement observées, il ajoute : si je dis vrai, qu’il m’arrive bonheur ; si je pense autrement que je ne parle, que tous les autres gardent tranquillement, dans leur patrie et sous leurs lois, leurs biens, leurs pénates et leurs tombes, que , moi seul, je sois rejeté, comme je rejette cette pierre. En prononçant ces derniers mots, il lance la pierre de loin. » Si le collège des fétiaux comportait à la fois une dimension religieuse et juridique, il a connu des manipulations surtout au niveau de la déclaration de guerre mais également dans la conduite des opérations. Car elles n’étaient plus respectées. Le rituel fétial devient un simple geste sans aucun respect de la procédure. Ce qui nous permet de soutenir que les prêtres qui composaient le collège étaient des prêtres politiques et non religieux. La plupart des missions portait sur une réclamation et s’ils n’obtenaient pas satisfaction, la déclaration de guerre suivait automatiquement. C’est ainsi que Tite-Live nous rapporte une série de guerres menée par Rome. Il affirme : « Pendant leur magistrature, Fidènes, colonie romaine, abandonna Rome pour le Lar Tolumnius, roi de Véies. Bien plus, elle ajouta le crime à la trahison : Gaius Fulcinius, Cloelius Tullus, Spurius Antius et Lucius Roscius, envoyés par Rome pour demander la cause de cette volte-face, furent assassinés par ordre de Tolumnius. On a parfois cherché à excuser le crime du roi : il aurait dit, à propos d’un heureux coup de dé, un mot à double sens, qui aurait été pris par les Fidénates pour un ordre de tuer les envoyer et aurait été cause de leur mort. Quelle invraisemblance! L’arrivée inopinée des Fidénates, ses nouveaux alliés, le consulter sur un meurtre qui allait violer le droit des gens, ne détourne pas son attention du jeu ? Et ensuite il n’a pas excusé le crime en prétextant l’erreur ? Il est plus vraisemblable qu’il voulut lier le peuple de Fidènes et lui ôter sans retour possible tout espoir du côté de Rome, par la complicité d’un tel forfait. L’Etat fit dresser aux envoyés tués à Fidènes leurs statues aux Rostres. Tite-Live poursuit son argumentaire sur l’évolution du collège des fétiaux en traitant la guerre contre les Véies et les Fidènes. «Contre Véies et Fidènes, le voisinage d’abord et, en outre, le motif si horrible de leur entrée en guerre faisaient prévoir une lutte acharnée. » La place prépondérante qu’occupait la diplomatie à Rome est l’un des facteurs de l’hégémonie de la cité romaine. Cette diplomatie était essentiellement sous la tutelle du collège de prêtres généralement appelés fétiaux. Ce collège d’origine indo-européenne est appliqué pour la première fois à Rome sous le magister de Numa sous forme de sacerdoce. Tullus Hostilius de même que Ancus Marcus ont contribué à l’innovation du collège en fonction de leurs besoins politiques. Ceci permet de retenir que dès la période royale, le collège c’était impliqué dans la vie politique. Mais cette implication a pris son ampleur durant la période républicaine. Période à partir de laquelle, Rome a connu son apogée avec une superficie sans précédent. L’élargissement de la cité a impacté sur l’application du rite fétial. Qui était par la suite un geste symbolique qui finit par donner raison à Auliard qui considérait la diplomatie romaine comme un instrument de conquête. Au regard de l’évolution du collège durant la royauté avec la contribution de chacun des trois rois en fonction de sa politique, mais également des modifications du collège durant la république il est bel et bien possible de considérer le collège comme une institution politique et non un collège religieux. Car la procédure rapportée par Tite-Live durant la royauté n’était plus suivie durant la république. Ceci nous permet de demander la diversité de fonctionnement mais également l’impact des fétiaux dans l’idéologie des Romains ? La fondation de la ville de Rome s’est accompagnée d’un certain nombre d’actes religieux. Pour cela, dès la genèse du pouvoir royal nous notons la présence de certains sacerdoces dont le collège des prêtres marque ses empreintes. L’origine et l’application de ce collège constituent un débat au sein des spécialistes de l’histoire romaine. Si Polybe considéré par certains historiens comme le père de l’histoire universelle soutient que la première application du collège à Rome remonte à Numa cette thèse confortée par Denys d’Halicarnasse et Plutarque est battue en brèche par Tite-Live et Cicéron qui soutiennent respectivement que le collège est utilisé pour la première fois par Tullus Hostilius et Ancus Marcus. La confrontation des trois thèses montre que chacun des rois a innové sur le collège en fonction de ses besoins politiques. Le collège des fétiaux est un héritage indo-européen, sa première mission remonte à Numa qui lui a donné sa forme religieuse car il était question de maintenir la paix à Rome après la longue période belliqueuse du règne de Romulus. Mais à la mort de Numa, le belliqueux Tullus Hostilius arrive au pouvoir, il apporte une modification sur le collège, au lieu de négocier pour l’instauration de la paix, il institue l’aspect rituel et la fonction du collège était devenue de déclarer la guerre et non de négocier pour la paix.

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Table des matières

Introduction
Première partie : Origine du collège des fétiaux et leur implication dans la vie internationale à Rome
Chapitre I : Polémique autour de l’origine et de l’évolution du collège des fétiaux
1- Polémique autour de l’origine du collège
a- Témoignage des sources
b- Interprétations des auteurs modernes sur l’origine du collège
2- Évolution du collège des fétiaux
a- Évolution du collège des fétiaux pendant la période royale
b- Évolution du collège des fétiaux sous la république
Chapitre II : Quelques aspects du collège des fétiaux
1- Aspect magico-religieux
2- Aspect politico-juridique
Deuxième partie : Fonctionnement et l’impact du collège des fétiaux dans la vie internationale à Rome
Chapitre I : Les fétiaux dans la vie internationale en temps de guerre
1- Condition et conduite des opérations
2- Les accords internationaux en temps de guerre
Chapitre II : Les fétiaux dans la vie internationale en temps de paix
1- Le rôle du collège des fétiaux dans la vie internationale en temps de paix
2- Les rapports entre Rome et ses alliés en temps de paix
Chapitre III : Les conséquences des missions diplomatiques
1- Quelques privilèges accordés au collège des fétiaux
2- L’importance des missions du collège des fétiaux à Rome
Conclusion
Index
Bibliographie

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