Les facteurs de risque du RCIU

Les facteurs de risque du RCIU

Les déterminants de la croissance fœtale sont multiples et intriqués, une bonne connaissance des différents facteurs de risque est nécessaire pour la surveillance et éventuellement le dépistage des RCIU en cas de grossesse à risque.

Age maternel
Dans la littérature, les prévalences les plus élevées du RCIU se trouvent chez les mamans les plus jeunes ou les plus âgées, mais cependant les seuils que les auteurs utilisent pour définir les classes d’âge sont variables, l’âge inferieur à 18 ou 20 ans revient souvent pour les jeunes mamans, et l’âge supérieur à 35 ans pour les mamans plus âgées [3, 6,9, 11]. Lors d’une étude transversale de cas témoin qui s’est déroulée à la Maternité Principale de l’Hôpital Central de Yaoundé(Cameroun), dont le but était d’étudier les facteurs étiologiques associés au RCIU, 52,6% des mères étaient âgées de moins de 20 ans [9]. Contrairement à ces résultats, 71% des mamans de notre série avaient un âge compris entre 20- 35 ans.

Parité
Le rôle de la parité dans la survenue de RCIU a été démontré par plusieurs auteurs. Dans l’étude menée par Van Eerden et al. 47% des mères étaient primipares [12]. Par contre dans notre étude, on observe une même répartition entre les mamans primipares et paucipares.

Antécédents gynéco-obstétricaux
L’importance des antécédents obstétricaux est qu’ils mettent à nu des problèmes maternels très souvent inexplorés, ou mal pris en charge au fil des grossesses, leurs connaissances permettent une bonne surveillance des grossesses à risque. L’étude de Kaboré et al. réalisée au Burkina Faso en 2003, dont l’objectif était d’identifier les facteurs de risque obstétricaux associés au petit poids de naissance à terme, a mis en évidence l’existence des antécédents d’avortement chez 16,5% des mères, de morts nés chez 3,4% des mères et d’enfants décédés chez 34,5% des mères [13]. Dans notre étude, les antécédents de fausse couche ont été retrouvés dans 16% des cas, de décès néonataux dans 6% des cas, de mort fœtale in utero dans 4% des cas, de prématurité et de mort né dans 3% des cas respectivement, les antécédents de grossesse extra-utérine et de prééclampsie ont été tous deux retrouvés dans 1% des cas, les antécédents de béance cervicoisthmique ont été retrouvés dans 4% des cas.

Suivi de la grossesse
L’ UNICEF et OMS recommandent au moins quatre consultations prénatales(CPN) au cours d’une grossesse [14]. L’insuffisance voire l’absence de CPN retrouvée dans 86% des cas dans notre étude est l’apanage des pays en développement. L’absence de consultations prénatales est associée à un risque 2,5 fois plus important de survenue de RCIU en comparaison avec les femmes ayant bénéficié de 3 CPN ou plus [13]. Certains auteurs se sont intéressés sur le nombre de consultations prénatales aussi bien sur leurs qualités et ont trouvé une relation significative entre le nombre et la qualité de CPN et la survenue du RCIU [15,16]. En effet, ce sont les CPN qui permettent la prévention, le dépistage et une prise en charge précoce des RCIU. Les CPN permettent d’informer, de sensibiliser et d’éduquer les femmes enceintes concernant les différents facteurs de risques, l’identification et la prise en charge de ces facteurs de risque. Elles permettent aussi de sélectionner celles qui sont à haut risque pour une surveillance plus intensive, le dépistage du RCIU au travers de la mesure de la hauteur utérine, de l’échographie obstétricale et des examens Dopplers et une prise en charge adéquate du RCIU.

Facteurs socioéconomiques
Le bas niveau de revenus et/ou le faible niveau d’instruction est rapporté dans de nombreux travaux concernant le RCIU [3, 6]. Ces facteurs influencent négativement le suivi médical de la grossesse et la nutrition de la mère, en exposant celle-ci à la pratique de travaux physiques pénibles, vers lesquels sont détournés les apports nutritionnels au détriment de la croissance fœtale.

Autres facteurs de risque associés au RCIU
La malnutrition de la mère est un facteur de risque de RCIU, cela inclut la malnutrition maternelle avant la conception et l’apport nutritionnel insuffisant pendant la grossesse. Par ailleurs la toxicomanie, le tabac, l’abus de substance telles que l’alcool et les drogues, l’hypertension artérielle, les grossesses multiples, le délai inter génésique insuffisant, l’anémie et les maladies chroniques cardiaques, du rein, du foie et du poumon peuvent avoir un effet négatif sur la croissance fœtale[7]. Les autres facteurs de risque retrouvés dans notre étude, étaient le tabagisme passif dans 3 cas, l’hypertension artérielle chronique dans 1cas, la tumeur vésicale dans 1cas et la thrombopénie dans 1cas.

Diagnostic du RCIU

Inutero
Le diagnostic anténatal du RCIU est d’une importance capitale, car il permet d’assurer un suivi intensif de ces grossesses à haut risque, de décider l’extraction fœtale au moment opportun et d’orienter les mamans vers une maternité équipée pour prendre en charge convenablement ces nouveau-nés à haut risque périnatal, afin de réduire les risques périnatals dont la prise en charge représente actuellement une part importante de l’activité des unités de Néonatologie ou de Réanimation Néonatale. Dans notre étude, 14% seulement des grossesses étaient suivies et même parmi les grossesses suivies le diagnostic anténatal de RCIU a été effectué chez seulement une patiente suivie en urologie pour tumeur de vessie.

Diagnostic clinique
Le diagnostic du RCIU lors des CPN débute par la recherche des facteurs de risque à partir de l’interrogatoire de la parturiente.

La détection clinique d’une insuffisance de la croissance fœtale repose essentiellement sur la mesure de la hauteur utérine (HU) pondérée par le palper abdominal et le toucher vaginal, on peut aussi associer à cette mesure le périmètre ombilical. La mesure de la hauteur utérine est associée à une sensibilité de dépistage voisine de 40% en population générale. Cet examen doit obéir à une technique simple mais stricte afin de limiter les causes d’erreur qui sont nombreuses. La parturiente est placée en position gynécologique, la vessie et le rectum vide. On utilise un ruban centimétrique de couturière dont l’extrémité est maintenue contre le bord supérieur de la symphyse pubienne, à son contact. Le ruban métrique pris entre index et le médian de la main gauche est guidé le long de la face antérieure de l’utérus, suivant son grand axe, jusqu’au niveau du fond. On mesure ainsi la distance entre le fond et le bord supérieur de la symphyse pubienne. Pour mieux codifier la conduite à tenir et le diagnostic, on peut utiliser une règle définie empiriquement : entre 16 et 32 SA, la hauteur utérine est considérée comme normale si elle est comprise entre une limite supérieure ou égale au nombre de SA révolues plus un et une limite inférieure ou égale au nombre de SA moins 4[1,2]. Les facteurs d’erreur sont assez nombreux, la hauteur utérine dépend aussi en partie du volume de l’œuf, de l’épaisseur de la paroi abdominale, de la quantité de liquide amniotique, du degré d’antéversion de l’utérus et de l’altitude de la présentation.

L’évolution de la HU peut être complétée par la dynamique de croissance du périmètre ombilical. Idéalement la hauteur utérine et le périmètre ombilical augmente de 1cm par semaine. Si la hauteur utérine stagne et si le périmètre ombilical augmente de manière compensatrice, la croissance fœtale est en général bonne, comme le montrent les échographies faites en parallèle. La mesure de la hauteur utérine permet le dépistage des hypotrophies précoces, car entre 22 et 32 SA il n’y a pas d’échographie prescrite, sauf cas particulier [1, 2].

Bais et al. dans une étude observationnelle que évalue la performance de la palpation abdominale comme test de dépistage de RCIU dans une population à faible risque, a démontré que la palpation abdominale comme test de dépistage de RCIU a une sensibilité de 28% et une spécificité de 95% [17].

L’étude d’Adjahoto et al. a démontré que la mesure d’au moins deux hauteurs utérines utilisant des valeurs de référence avait une sensibilité de 71,1% et une spécificité de 94,8% [18].

 

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Table des matières

INTRODUCTION 
PATIENTS ET METHODES 
I .Type de l’étude
II. Population cible
III. Fiche d’exploitation
IV. Traitement des données
RESULTATS ET ANALYSE 
I. Epidémiologie
1. Prévalence
2. Sexe
3. Niveau socio-économique
II. Antécédents
1. Données maternelles
2. Histoire de la grossesse actuelle
3. L’accouchement
III. Données cliniques
1. Motif d’hospitalisation
2. Examen clinique
IV. Données paracliniques
1. Hémogramme
2. Ionogramme sanguin
3. Bilan infectieux
4. Autres examens
5. L’imagerie
IV. Etiologies
V. Prise en charge
1. L’alimentation
2. Traitements reçus
VI. L’évolution
DISCUSSION 
I. Epidémiologie
1. La fréquence du RCIU
2. Le sexe
3. Les facteurs de risque du RCIU
II. Diagnostic du RCIU
1. In utero
2. A la naissance
III. Morbidité
1. Hypothermie
2. Complications respiratoires
3. Complications métaboliques
4. Complications hématologiques
6. Complications neurologiques
7. Entérocolite ulcéro-nécrosante
IV. ETIOLOGIES
1. Causes maternelles
2. Causes fœtales
3. Causes placentaires
4. RCIU idiopathiques
V. Prise en charge
1. In utéro
2. Prise en charge du nouveau-né RCIU
VI. Evolution
1. Pronostic à court terme
2. Pronostic à moyen terme
3. Pronostic à long terme
VII. Prévention
CONCLUSION

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