Les enjeux de l’interprofessionnalité

Les enjeux de l’interprofessionnalité

Matériel et méthode

Après avoir présenté en détail la population participant au projet, cette partie s’attardera aux méthodes d’évaluation de l’étude. Un « pré/post » questionnaire a été utilisé pour les étudiants et un autre questionnaire a été proposé aux responsables pédagogiques.

Population ciblée par l’étude

Le choix a été fait de prendre des promotions entières, pour une meilleure représentativité, vis-à-vis de la réalité de l’exercice professionnel futur de ces étudiants. Les étudiants en kinésithérapie et en ergothérapie de Laval ont été inclus, car ces mêmes étudiants sont dorénavant sélectionnés à l’issue du concours de PluriPASS de l’Université d’Angers. Un public de 581 étudiants a donc été invité à participer à cette expérience. Il s’agissait d’étudiants de 3ème ou 4ème année, pour un niveau de connaissances comparable entre chacun (17), provenant de diverses formations en santé du Maine-et-Loire et de Mayenne :
– 18 étudiants en troisième année d’ergothérapie à Laval.
– 41 étudiants en troisième année de kinésithérapie à Laval ;
– 20 étudiants en quatrième année de maïeutique à Angers ;
– 166 étudiants en quatrième année de médecine à Angers ;
– 83 étudiants en quatrième année de pharmacie à Angers ;
– 145 étudiants en troisième année de soins infirmiers à Angers ;
– 55 étudiants en troisième année de soins infirmiers à Cholet ;
– 53 étudiants en troisième année de soins infirmiers à Saumur.

Evaluation de la connaissance initiale des étudiants

Pour mesurer l’impact du séminaire quant au concept de la coopération interprofessionnelle, il était indispensable d’avoir un aperçu initial de la connaissance des étudiants sur ce sujet, et ainsi permettre une comparaison « pré/post » séminaire. C’est la raison pour laquelle un questionnaire pré-séminaire, à destination de l’ensemble des étudiants participant au projet, a été diffusé au format numérique à l’aide d’un Google Forms [Annexe 4]. Dans un premier temps, ce questionnaire anonyme avait pour but de recueillir des informations générales, telles que le sexe, l’âge et la filière des étudiants. Dans un second temps, il s’est concentré sur les représentations des étudiants, les valeurs du « travailler ensemble » et notamment les apports d’une telle pratique.
Ce premier questionnaire est resté accessible pendant une durée de trois semaines, du 6 au 27 octobre 2016. Pour disposer d’un nombre de réponses suffisant, une diffusion large a été faite, initialement via une mailing liste, puis à l’aide des réseaux sociaux notamment.

Evaluation de l’apport du séminaire chez les étudiants

Pour évaluer l’apport du séminaire, un second sondage a été proposé aux étudiants lors de la journée du 12 mai 2017. Comme pour le premier questionnaire, celui-ci était anonyme.
Ce second questionnaire post-séminaire avait pour objectif d’évaluer l’impact du séminaire interprofessionnel dans les connaissances et la mise en application du concept du « travailler ensemble ». Il a également été demandé aux étudiants de donner leur ressenti quant à la journée en elle-même, son organisation et sa logistique, sans oublier les différentes interventions qui leur ont été proposées [Annexe 5].
Pour permettre le recueil d’un maximum de réponses en un minimum de temps, celui-ci a été distribué en version papier à l’ensemble des participants durant le séminaire interprofessionnel, le 12 mai 2017, puis ramassé en fin de journée. Une fois les questionnaires recueillis, ces derniers ont été informatisés pour en simplifier l’analyse grâce à l’outil Google Forms™.

Regard des responsables pédagogiques sur le séminaire

Il semblait également important de recueillir l’avis des responsables pédagogiques, qui à la différence des étudiants bénéficient d’un recul sur leur profession, et savent la formation qu’elle requiert. C’est la raison pour laquelle ils ont eux aussi été interrogés à propos de ce projet. Contrairement aux étudiants, ces questionnaires n’étaient pas anonymes.
Le but était de connaître leur avis sur la pertinence et l’apport de ce séminaire dans la formation des étudiants. Après avoir recensé les potentiels projets pluridisciplinaires auxquels pouvaient participer leurs étudiants, il leur a été demandé un retour sur le séminaire interprofessionnel ainsi que leur ressenti sur ce dernier [Annexe 6].
Pour ce faire, chaque responsable pédagogique des huit formations participant au projet a été sollicité. Le questionnaire leur a été transmis par mail, au courant de l’été 2017, soit après la tenue du comité de pilotage dédié au débriefing de cette première édition.

Résultats

L’évaluation « pré/post » séminaire qui a été employée a permis le recueil d’un grand nombre de réponses. Ajouté à cela, un retour de chacune des filières engagées dans ce projet a été effectué par les différents responsables pédagogiques. Les principaux résultats permettant de mesurer l’impact et l’apport du séminaire interprofessionnel sont présentés dans la partie qui va suivre.

Analyse des répondants

Le premier questionnaire, qui avait pour objectif la mesure de la connaissance initiale des étudiants, a eu un taux de participation de plus des deux tiers des participants [ Tableau I]. Le second questionnaire, qui lui cherchait à évaluer l’impact du séminaire, a bénéficié d’une réponse des trois quarts des étudiants [Tableau II]. Le taux de participation a été calculé à partir du nombre d’étudiants ayant répondu au sondage par rapport à tous ceux qui ont été amenés à participer au séminaire interprofessionnel (chiffre communiqué par les services de scolarité des différentes formations).
Cette participation n’est pas homogène selon le sexe et la filière de l’étudiant. Il existe par exemple un facteur deux, entre la participation des étudiants en pharmacie et en ergothérapie au premier questionnaire, ou même un facteur trois, entre les étudiants en kinésithérapie et en maïeutique pour le second questionnaire. Les étudiants de sexe masculin, qui étaient peu nombreux à répondre à la première enquête (environ un sur deux), ont rattrapé ce retard au second questionnaire avec une participation égale à celle des étudiantes (trois sur quatre ont ainsi participé). Le nombre total de répondants a ainsi gagné sept points entre le premier et le second questionnaire.
Quant à l’âge des étudiants qui ont participé à ce séminaire, l’amplitude est assez importante, car l’année de naissance va de 1966 à 1997. Près de 30 ans séparent les plus jeunes des plus âgés [Figure 3]. Il existe une différence entre les professions médicales et les professions paramédicales.
Les étudiants des professions médicales (médecine, pharmacie, maïeutique) participant au projet étaient en quatrième année. Bon nombre d’étudiants ont redoublé leur première année (Première année commune des études de santé ou P.A.C.E.S.), expliquant que deux pics majoritaires soient observés : en 1994 et en 1995. Il s’agit des redoublants dans le premier cas, et des primants dans le second cas.
Les étudiants des professions paramédicales (ergothérapie, kinésithérapie et soins infirmiers) ont quant à eux intégré le séminaire au cours de leur troisième année. Les pics sont donc décalés d’un an. Les étudiants passés primants sont nés en 1996, quant aux redoublants, ils sont nés en 1995. Une répartition plus étendue des étudiants est constatée, notamment chez les étudiants en soins infirmiers. Il faut y associer le nombre non négligeable de reconversions professionnelles qui sont observées dans cette filière.
Avant même de participer à ce séminaire, les étudiants ont été sondés sur la compréhension des objectifs attendus par ce séminaire. Plus de la moitié des étudiants estiment n’avoir compris qu’en partie ses objectifs. Seul un tiers des étudiants rapportent en avoir compris l’intégralité [Figure 4].
A peine un quart des étudiants se disent prêts à y participer au séminaire si ce dernier n’était pas obligatoire dans la formation [Figure 5].

L’impact du séminaire sur la coopération interprofessionnelle

Six critères ont été retenus et proposés aux étudiants pour évaluer l’impact du séminaire.
Ces critères sont inspirés des quatre compétences qui sont apportées par un enseignement interprofessionnel (18) : valeurs et éthique, rôles et responsabilités de chacun, communication interprofessionnelle et le travail en équipe. Les critères retenus pour l’évaluation du séminaire ont été les suivants :
– Communiquer à distance ;
– Travailler ensemble ;
– Cerner ses points faibles ;
– Demander de l’aide ;
– Connaître ses limites ;
– Reconnaître l’apport des autres.
L’analyse de ces six critères se fera en comparaison des résultats des questionnaires préséminaire et post-séminaire pour observer l’attente des étudiants d’une part et leur ressenti d’autre part.
Un des objectifs du séminaire portait sur l’apprentissage du travailler ensemble, notamment à l’aide d’une meilleure communication entre tous. Plus d’un étudiant sur deux participant au séminaire (56 %) comptait sur ce dernier pour apprendre à communiquer à distance [Figure 6]. Dans les faits, un peu plus d’un tiers des étudiants a jugé avoir appris à communiquer à distance à travers cette initiative [Figure 7].

Le ressenti des responsables pédagogiques

Pour avoir une évaluation la plus représentative possible du séminaire interprofessionnel, les responsables pédagogiques de chaque filière ont été sondés. Six sur les huit ont accepté de répondre à un bref questionnaire [Annexe 6] pour faire part de leur avis [Tableau IV].
Globalement, les réponses des différents responsables pédagogiques semblent faire consensus. L’atteinte des objectifs du séminaire interprofessionnel semble plutôt effective (question 3) et ce format paraît adapté à l’apprentissage du travailler ensemble (question 4).
Cependant, les responsables pédagogiques sont plus mitigés quant à la présence de l’interprofessionnalité dans les travaux présentés par les étudiants (question 2) et sur la possibilité de mettre en pratique le travailler ensemble au quotidien (question 6).
Les instituts d’ergothérapie, de masso-kinésithérapie, de soins infirmiers et la formation de sages-femmes se distinguent des filières de médecine et pharmacie dans la pratique de tels projets pluriprofessionnels. Les filières paramédicales ont recours plus régulièrement à des projets multiprofessionnels que les filières médicales (question 1).
Quand les formations d’ergothérapie, de masso-kinésithérapie et de médecine semblent convaincues qu’un tel projet soit transposable dans la formation continue des professionnels de santé en activité, cet avis est plus nuancé pour l’I.F.S.I. d’Angers et la maïeutique (question 5). Ce point, bien que n’étant pas en rapport direct avec le séminaire interprofessionnel, permet d’observer la faisabilité du projet pour des professionnels en activité.
En définitive, tous les responsables pédagogiques, sans exception, s’accordent pour renouveler l’expérience d’un tel projet (question 7). Dans les réponses ouvertes, il est rapporté les échanges qui ont pu se produire grâce à ce projet, avec les étudiants et entre les personnes ressources elles-mêmes. Ils ont pu mettre à profit le travailler ensemble également à leur niveau.

Les axes d’amélioration

En plus de faire part de leur ressenti, les étudiants ont été interrogés sur des suggestions pour améliorer le projet lors du post-questionnaire. Quand deux critères paraissent mitigés, à savoir une formation sur les méthodes pour travailler ensemble et une prise en compte de la participation au séminaire dans la validation de l’année, les trois autres bénéficient d’un avis bien tranché [Tableau V].
La première demande des étudiants est l’augmentation du nombre de rencontres physiques. Plus des trois quarts la plébiscite à tout prix (79 %) et la quasi-totalité la souhaite (97 %). Il est ensuite demandé dans une commune mesure un libre choix du sujet par les étudiants eux-mêmes (83 %) ainsi qu’une harmonisation de la validation du séminaire pour toutes les formations qui y participent à hauteur de 79 %.
Ces mêmes résultats ont été présentés en comité de pilotage aux personnes ressources, qui les ont acquiescés dans le même ordre de grandeur que les étudiants.

Discussions

Les résultats des différentes évaluations étant connus, il a été cherché une explication, notamment au regard des autres initiatives qui existent à travers le monde, pour tenter de les comprendre. C’est l’objet de cette nouvelle partie qui analysera les forces et faiblesses de ce séminaire interprofessionnel, mais également ses possibles axes d’amélioration. Une analyse de l’étude elle-même viendra clôturer cette discussion.

Les enjeux de l’interprofessionnalité

Les concepts d’un enseignement interprofessionnel sont au coeur des discussions depuis bientôt trois décennies (19). Un certain nombre d’institutions et d’organisations ont revendiqué l’approfondissement de ce concept (11,13, 20,21). Après avoir retracé l’arrivée de celui-ci, l’accent sera porté sur la forte demande exprimée par les institutions et les étudiants euxmêmes, avant d’évoquer les intérêts d’une pratique interprofessionnelle pour le patient.

La mise en place de l’interprofessionnalité

Le développement de l’interprofessionnalité s’accentue depuis une trentaine d’années. La frise chronologique ci-après [Figure 21], extraite du rapport de la Fédération internationale de Pharmacie (F.I.P.) de 2015, reprend les principales initiatives mises en place à travers le monde pour inciter la tenue d’un enseignement interprofessionnel (19).

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Table des matières

SOMMAIRE
INTRODUCTION
1. Le « travailler ensemble », une volonté politique
2. La pratique d’un enseignement multiprofessionnel
3. Le séminaire interprofessionnel
4. L’objet d’étude
MATERIEL ET METHODE
1. Population ciblée par l’étude
2. Evaluation de la connaissance initiale des étudiants
3. Evaluation de l’apport du séminaire chez les étudiants
4. Regard des responsables pédagogiques sur le séminaire
RESULTATS
1. Analyse des répondants
2. L’impact du séminaire sur la coopération interprofessionnelle
3. L’apport du séminaire chez les étudiants
4. Le ressenti des responsables pédagogiques
5. Les axes d’amélioration
DISCUSSIONS
1. Les enjeux de l’interprofessionnalité
2. Les forces du séminaire
3. Les faiblesses du séminaire
4. Les améliorations à envisager
5. Analyse de l’étude
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES MATIERES
TABLE DES ILLUSTRATIONS
TABLE DES TABLEAUX
ANNEXES
Annexe 1 : grille d’évaluation des dossiers
Annexe 2 : évènements marquant l’organisation du séminaire interprofessionnel
Annexe 3 : programme de la journée du 12 mai 2017
Annexe 4 : questionnaire pré-séminaire pour les étudiants
Annexe 5 : questionnaire post-séminaire pour les étudiants
Annexe 6 : questionnaire pour les personnes ressources

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