Les différents modes de conservation des organes reproducteurs

Endocrinologie, photopériodisme

Les aspects endocriniens du retard d’implantation ont été étudiés chez le Vison d’Amérique en élevage. Chez cet animal saisonné, comme pour la plupart des espèces de Mustélidés, l’élément essentiel du déterminisme de la reproduction est le photopériodisme (Sense Guilbert, 1988 ; Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). Il s’agit d’espèces saisonnées à jours décroissants, les animaux sont stimulés sexuellement par la diminution de la longueur des jours lorsque la durée du jour devient inférieure à celle de la nuit après l’équinoxe d’automne (Boissin-Agasse, 1982 ; Boissin-Agasse et al., 1983 ; Rème, 1999). Tandis que l’implantation est sous contrôle d’une augmentation de la durée d’éclairement.

Déterminisme de la folliculogenèse et de l’ovulation

L’adénohypophyse est stimulée, sous la dépendance de l’hypothalamus, pour sécréter une hormone gonadotrope, la FSH (hormone folliculostimulante), qui agit sur les ovaires en stimulant la formation des follicules. Les cellules folliculaires sécrètent des œstrogènes qui entraînent la croissance du tractus reproducteur et initient l’activité glandulaire des ovaires et la formation des ovocytes (Dunstone, 1993 ; Lodé, 2001b). Ainsi la concentration plasmatique en œstradiol diminue légèrement chez les femelles durant la première moitié de l’anœstrus, de juillet à octobre (Amstislavsky et Ternovskaya, 2000), puis augmente progressivement avant la saison de reproduction durant la deuxième moitié de l’anœstrus, d’octobre à décembre, pour atteindre son maximum en fin de prœstrus, de janvier à février. La concentration en œstrogènes plasmatiques dans ces espèces est significativement plus élevée en mars qu’en janvier (Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). Lors de l’accouplement, des influx nerveux vont du vagin à l’hypothalamus, qui stimule alors la sécrétion de LH (hormone lutéinisante) par la glande pituitaire (Dunstone, 1993 ;
Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). Cette augmentation de la LH est suivie d’un pic de la concentration plasmatique en œstradiol-17β, ce qui promeut le développement final et la rupture du follicule libérant l’ovocyte (Dunstone, 1993 ; Bäcklin, 1997). Une vague synchronisée de développement folliculaire suit l’ovulation (Douglas et al., 1994). Chez le Vison d’Amérique, si la femelle n’ovule pas, les follicules peuvent être lutéinisés sans avoir ovulés, ou dégénèrent à la fin de la saison de reproduction (Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). La folliculogenèse et l’ovulation sont donc sous contrôle de l’axe hypothalamohypophysaire. L’hormone hypothalamique à l’origine de ce contrôle est la GnRH (hormone gonadolibérine).

Déterminisme de la diapause et de l’implantation

La diapause embryonnaire est sous régulation hormonale. Elle est due à un retard d’entrée en activité des corps jaunes, donc à un niveau extrêmement bas de progestérone plasmatique (Bréfort, 1983 ; Bonnefond, 1985 ; Sense Guilbert, 1988 ; Stoufflet, 1988 ; Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). L’augmentation progressive du taux plasmatique de la prolactine hypophysaire au cours de l’équinoxe de printemps provoque l’activation des corps jaunes, qui commence par une hypertrophie cellulaire, puis par une augmentation du nombre de cellules lutéales (Bäcklin et al., 1997 ; Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). Suite à l’activation des corps jaunes, le taux de progestérone plasmatique augmente et l’implantation a lieu cinq à dix jours après le début de l’augmentation en progestérone plasmatique, au plus haut niveau de progestérone plasmatique (Pilbeam et al., 1979 ; Bonnefond, 1985 ; Sense Guilbert, 1988 ; Bäcklin et al., 1997 ; Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). La progestérone plasmatique reste à des concentrations à la limite du détectable durant l’anœstrus, l’œstrus et le prœstrus, augmentant légèrement en œstrus et atteignant un maximum au moment du début de l’implantation. La progestérone diminue continuellement après l’implantation et atteint les valeurs de base après la parturition (Pilbeam et al., 1979). La parturition est précédée d’une chute de la sécrétion de prolactine et donc d’une baisse de progestérone plasmatique. Suite à la parturition le taux de prolactine plasmatique augmente à nouveau (Bréfort, 1983 ; Amstislavsky et Ternovskaya, 2000).

L’arrêt de la diapause, soit le moment de l’implantation, est ainsi associé à une augmentation de la sécrétion de prolactine, principal facteur lutéotropique chez le Vison d’Amérique (Amstislavsky et Ternovskaya, 2000). La régulation de la sécrétion de prolactine est notamment photodépendante via la mélatonine, sécrétée par l’épiphyse durant la période plus ou moins longue de la nuit (Bréfort, 1983 ; Bonnefond, 1985). Ainsi, plus il y a de lumière, plus la durée de gestation est courte, puisque l’allongement de la durée quotidienne d’éclairement est responsable de la diminution de la durée de la diapause embryonnaire (Bonnefond, 1985). La sécrétion de prolactine s’élève progressivement au cours de l’équinoxe de printemps ; les corps jaunes commencent à sécréter autour du 20 mars, quand la durée des jours est d’au moins 12 heures de lumière par 24 heures (Bonnefond, 1985). Suivant la sensibilité des femelles au photopériodisme, l’implantation aura lieu plus ou moins tardivement, ce qui pourrait expliquer une durée de gestation extrêmement variable. Pourraient également moduler la durée de la diapause la latitude (Thom et al., 2004b), la température et le stress (Sense Guilbert, 1988).

Déterminisme chez le mâle

Les hormones gonadotropes adénohypophysaires (LH et FSH), sous la dépendance de l’hypothalamus via l’hormone hypothalamique GnRH, régulent la sécrétion des hormones androgènes et la production de spermatozoïdes, la FSH ayant pour cible les cellules de Sertoli qui stimulent alors la spermatogenèse, alors que la LH agit sur les cellules de Leydig stimulant la sécrétion de la testostérone, qui stimule la croissance du tractus reproducteur et initie l’activité glandulaire des testicules par leur action sur les cellules de Sertoli (Dunstone, 1993 ; Lodé, 2001b). Les concentrations plasmatiques en androgènes sont basses de juillet à septembre et augmentent en octobre et novembre, puis le volume des testicules et les concentrations plasmatiques en testostérone augmentent très rapidement du début décembre à la fin janvier. La testostérone plasmatique présente un maximum annuel en janvier-février (Boissin-Agasse et al., 1983). A partir de mi-mars, le taux de testostérone plasmatique diminue et les testicules régressent (Boissin-Agasse et al., 1981 ; Allain et Martinet, 1986).

L’activité testiculaire est synchronisée par le photopériodisme. Il existe en fait une phase photosensible circadienne chez le Vison d’Amérique mâle, dont le cycle annuel reproducteur est caractérisé par un développement testiculaire en automne, alors que la durée d’éclairement journalière diminue (Dunstone, 1993). Il existe des phases spéciales dans le cycle des jours dans lesquelles la lumière inhibe le développement testiculaire. Le Vison est un animal à jours courts : l’augmentation de la durée des jours exerce une influence inhibitrice sur la croissance testiculaire, il est stimulé sexuellement par la diminution de la longueur des jours, après le solstice d’été, ou lorsque la durée du jour devient inférieure à celle de la nuit après l’équinoxe d’automne (Boissin-Agasse et al., 1982 ; Boissin-Agasse et al., 1983 ; Rème, 1999). La période de reproduction du début de l’activité sexuelle à la régression de gonades prend ainsi place entre les équinoxes d’automne et de printemps quand la durée d’éclairement est inférieure à 12 heures.

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Table des matières

LISTE DES ABREVIATIONS
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
I. DONNEES GENERALES ET BIOLOGIE DES TROIS ESPECES
A. Classification, systématique et taxonomie
B. Caractéristiques morphologiques
1) Caractéristiques communes
2) Vison d’Europe
3) Vison d’Amérique
4) Putois
5) Cri
C. Besoins écologiques
1) Vison d’Europe
2) Vison d’Amérique
3) Putois
D. Aire de répartition des trois espèces
1) Vison d’Europe
2) Vison d’Amérique
3) Putois
E. Statut légal des trois espèces
1) Vison d’Europe
2) Vison d’Amérique
3) Putois
F. Causes de régression du Vison d’Europe en France
1) La destruction de l’habitat
2) Les causes de surmortalité
3) L’interaction avec le Vison d’Amérique
4) L’action d’agents pathogènes
II. FONCTION DE REPRODUCTION DES TROIS ESPECES
A. Anatomie de l’appareil reproducteur
B. Maturité sexuelle
C. Œstrus, accouplement, ovulation et comportement de reproduction
1) Vison d’Europe
2) Vison d’Amérique
3) Putois
D. Gestation, développement embryonnaire, délai d’implantation
1) Vison d’Europe et Putois
2) Vison d’Amérique
E. Endocrinologie, photopériodisme
1) Déterminisme de la folliculogenèse et de l’ovulation
2) Déterminisme de la diapause et de l’implantation
3) Déterminisme chez le mâle
F. Production et élevage des jeunes
1) Vison d’Europe
2) Vison d’Amérique
3) Putois
G. Hybridation
DEUXIEME PARTIE ETUDE PERSONNELLE
I. CADRE ET OBJECTIFS
A. Cadre de l’étude
B. Objectifs de l’étude
II. MATERIELS ET METHODES
A. Zone d’étude
B. Matériel
1) Origine des échantillons
2) Données récoltées
3) Echantillon
C. Méthode
1) Etude du cycle de reproduction
2) Etude de la taille de la portée embryonnaire
3) Taux de participation à la reproduction
III. RESULTATS
A. Détermination du cycle de reproduction
1) Période d’activité sexuelle des mâles
2) Stades de reproduction chez les femelles
B. Paramètres de fécondité
1) Nombre d’embryons portés
2) Taux de participation des femelles à la reproduction
IV. DISCUSSION
A. Les différents modes de conservation des organes reproducteurs
B. Mise au point de la lecture des cicatrices placentaires
1) Intérêt de la coloration
2) Comparaison de la lecture des cicatrices placentaires et du décompte des embryons portés
3) Nombre d’embryons portés
C. Etude du cycle de reproduction
D. Taux de participation des femelles à la reproduction
E. Implications pour la conservation du Vison d’Europe
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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