Les conditions ideales d’une bonne education

Le domaine de la recherche philosophique est large dans la mesure où on peut philosopher sur tout ce qui concerne l’homme dans son rapport avec le monde : la connaissance et la temporalité vécue, la vie morale et le langage. Cela signifie qu’aucun domaine n’échappe à l’interrogation philosophique. C’est ce que HEGEL affirme quand il dit : « comprendre ce qui est, voilà la tâche de la philosophie. » C’est pour cela qu’on peut philosopher sur l’éducation. Evidemment, l’activité éducative nous semble être la plus pratiquée dans le monde, car tout homme s’y intéresse, y compris le savant, le simple citoyen et le vulgaire. C’est pourquoi, aujourd’hui, le problème de l’éducation n’a cessé d’évoluer, car elle incarne la vie des hommes dans leur existence individuelle et collective, là où elle est appliquée aux enfants portant en eux les germes du déséquilibre psychologique. De là, s’explique la nécessité de l’éducation, constituant un acte de conduire ou de guider l’enfant ou l’individu. Par conséquent, l’éducation a pour fonction de faire sortir l’enfant de son état premier qui est encore embryonnaire sur tous les plans : physique, psychologique et socio-éthique. Il s’agit de l’aider à le faire sortir de son état présent pour le faire accéder à la disposition virtuelle. Voilà pourquoi Emmanuel KANT affirme que «l’homme n’est homme que par l’éducation.» Cette conception montre que l’idée de l’éducation s’avère être une aide précieuse apportée à l’enfant dans le souci de chercher son perfectionnement, partant d’une considération portée à l’endroit de son devenir.

LES CONDITIONS IDEALES D’UNE BONNE EDUCATION

L’EDUCATION COMME MOYEN DE FORMATION DU CITOYEN

Les nourrices

Dans Le Dictionnaire Larousse de 35000 mots, [1987, p. 698] le mot nourrice vient du latin : nutricia. C’est une femme allaitant un enfant qui est ou n’est pas le sien. C’est une mère qui allaite ses enfants : être la nourrice de son dernier-né. Dans ce cas, mettre un enfant en nourrice, c’est tout simplement le donner à nourrir à une femme hors de la maison de ses parents. Ici, l’éducation, avons-nous dit, permet à l’enfant de «devenir en quoi que ce soit un homme de mérite. » [Livre I : 643 b], là où son esprit s’exerce sérieusement à l’épreuve de l’expérience : contact avec les objets susceptibles de nourrir (servir à la nutrition) son talent d’artiste, de footballeur ou d’ingénieur. En d’autres termes, l’enfant doit se familiariser avec les phénomènes de la vie réelle. Ces derniers sont constitutifs de la culture intellectuelle et morale, au sens où ils nourrissent l’âme des individus, soucieux de consolider leur personnalité. De ce fait, le voyage dans la nature a permis à ROUSSEAU de réaliser l’existence l’homme primitif qui, stupide et borné, vit cependant sa solitude en toute liberté et indépendance. Dans cette perspective, le fils d’un cultivateur habitué à travailler aux champs de ses parents, sait mieux que quiconque vit dans l’agglomération urbaine : il connait les profils agronomiques des sols. Et en suivant cette pratique agricole à laquelle il est accoutumé, il parvient à maîtriser progressivement l’itinéraire technique des cultures. Cela lui permet de suivre ses études en agronomie. Par conséquent, son aptitude ne ferait aucun doute à cause de son accoutumance aux pratiques agricoles. Il en est de même pour un enfant qui aime s’amuser à construire un château de sable : il réussirait plus facilement ses études en bâtiment. Sur ce, dans le livre I des Lois, PLATON affirme que :

« Pour devenir un bon cultivateur ou un bon constructeur de maisons, on doit, dans ce dernier cas, s’amuser à construire quelque construction enfantine, dans l’autre cas cette fois, à pratiquer quelque culture. » .

Dans ce passage, PLATON recommande à l’éducateur de favoriser ses talents : fournir à chacun des petits outils constituant une imitation des outils authentiques et, cela, pour permettre à l’enfant qui s’amuse d’acquérir des connaissances préalables. Et ces connaissances lui sont nécessaires à la réalisation de son jeu.

A ses yeux, le futur charpentier pourrait mieux s’assurer de ses activités en lui fournissant des appareils de mesure. A cela, le futur homme de guerre s’amusera à monter un cheval ou à pratiquer tout autre exercice de même genre. Son orientation doit donc être faite sur la base des moyens utiles à ses amusements. De cette manière, l’enfant parvient à incarner sa future profession dans la manipulation de ces outils. C’est pourquoi PLATON insiste sur la pratique des jeux enfantins, là où ,

« La droite manière de nourrice une éducation c’est celle qui réussira le mieux à mener l’âme de l’enfant, tandis qu’il s’amuse à l’amour de la profession où, devenu homme, il devra exceller eu égard à ce qui est de la vertu propre de cette profession. » .

Ici, le souci de PLATON est clair : « donner chez la jeunesse de la certitude aux dispositions naturelle en les tournant constamment vers ce qui est bien, en conformité avec les lois » [livre VIII : 809a 2].

Ces lois règlent le comportement pour équilibrer l’âme de l’enfant en proie au mouvement du corps :

« Du corps aussi bien que de l’âme de tous les petits enfants, il est avantageux que pour nous, mais surtout pour les jeunes, qu’il y ait en plus de nourrissage une sorte de branle. » .

Au paragraphe 790 d, le philosophe confirme sa conception dans le cas des enfants qui ont le sommeil difficile. Dans l’intention de les endormir, les mères ne leur procurent pas la tranquillité. Elles le branlent au contraire en les secouant par leurs avant-bras. Cette pratique est partout en usage de nos jours : cette secousse permet au nouveauné de vaincre la frayeur et la peur. Il s’agit Ici, d’habituer l’enfant, « dès sa tendre enfance, à une pratique immédiate du courage » de manière à vaincre les frayeurs et les peurs auxquelles nous sommes éventuellement exposés. » . C’est que, aux yeux de PLATON, « toute âme à qui, depuis l’enfance, est familière de telles frayeurs, s’accoutumerait plus qu’une autre à être proie à la peur. » .

En préconisant cette méthode d’éducation, PLATON paraît être convaincu que le développement de la personnalité de l’enfant s’effectue dès son jeune âge. C’est pourquoi, au paragraphe 791e qui suit, « une première contribution importante (…) est apportée à une partie de l’excellence de l’âme ». Dans ce genre d’entraînement opéré avec plénitude sur l’enfant ; à savoir, « la vertu du courage », PLATON demeure fidèle à la recommandation morale de son maître Socrate ; « cultiver par là même, la vertu du courage. » .

L’école comme une affaire d’Etat

Une école digne est celle qui sait adapter les conditions d’études et les activités scolaires au tempérament des apprenants. En effet, pour cultiver leur grandeur d’âme, ces conditions requièrent, non seulement des éducateurs compétents, mais aussi des ressources matérielles aptes à servir convenablement les besoins intellectuels et psycho-effectifs de l’enfant : le goût de la science, la culture non forcée de la volonté, élévation d’âme en toute douceur et liberté. Cependant, il faudrait ainsi, pour le libre exercice de ses activités, la mise en place des infrastructures socio-éducatives aptes à fournir aux éduqués les dispositifs didactiques tendant à éveiller l’esprit des enfants. Sur ce, ces dispositif par l’attrait qu’ils présentent, sont destinés à arracher les enfants à ce que KANT appelait : leur sommeil dogmatique ». Dans ce cas, tout établissement de formation devrait éveiller l’attention des enfants par « la concentration permanente de leurs esprits sur les objets d’études. » Pour cela, l’éducation leur apprend à développer leurs activités mentales partant des stimulations physiques qui agissent sur leurs récepteurs sensoriels. Sur ce, Paul FRAISSE affirme que :

« Les perceptions d’objet, et des relations entre les choses ou entre les individus et ces perceptions sont à la fois déterminées objectives et par les significations que leur attribue le percevant. » .

Ici, l’importance est de tenir compte de leur conduite où l’exprime le mode d’interaction qui existe entre la situation du sujet-enfant et la manière dont il l’appréhende en fonction de sa personnalité d’enfant, son organisme, son expérience personnalisée, son tempérament psychoaffectif et, enfin ses besoins multiformes. De tout cela, la personnalité de l’enfant se détermine par « l’organisation dynamique des aspects cognitifs, affectifs, psychologiques et morphologiques de l’individu. » Dans ce cas, l’éducateur doit chercher à connaître la personnalité des apprenants en se considérant comme un nœud de relations des situations et des conduites. En toute vérité, l’école a pour fonction essentielle de rendre responsables ces conduites, puisque Jean PAUL II affirme que :

« La responsabilité n’est pas seulement dans la connaissance. Ais, elle n’est pour ainsi dire qu’un passage de la connaissance à l’action. » .

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : LES CONDITIONS IDEALES D’UNE BONNE EDUCATION
CHAPITRE I : L’EDUCATION COMME MOYEN DE FORMATION DU CITOYEN
I. 1. 1. Les nourrices
I. 1. 2. L’école comme une affaire d’Etat
I. 1. 3. Les formateurs spécialisés
CHAPITRE II. LES ETAPES DE L’EDUCATION DE L’ENFANT
I. 2. 1. De la première enfance
I. 2. 2. De la deuxième enfance : jeux et formation de caractère
I. 2. 3. De la troisième enfance
CHAPITRE III : DES JEUX ENFANTINS A LA FORMATION DE L’AME
I. 3. 1. La musique : la formation de l’âme
I. 3. 2. La gymnastique : base de la formation du beau corps
I. 3. 3. La géométrie : science du plan et de la mesure
DEUXIEME PARTIE : LES DIMENSIONS ETHICO-POLITIQUES DE L’EDUCATION
CHAPITRE I. CONCEPTION PLATONICIENNE DE L’HOMME
II. 1. 1. L’idéal de l’homme vertueux
II. 1. 2. L’homme, comme une plante céleste
II. 1. 3. La vocation divine de l’homme
CHAPITRE II. CARACTERISTIQUES DES CLASSES SOCIALES
II. 2. 1. Les classes des producteurs tempérants
II. 2. 2. Les classes des gardiens de la cité caractérisés par leur sens du courage
II. 2. 3. Le magistrat [classe d’or] imbu de la justice et de la sagesse
CHAPITRE III. LE DEVENIR DE LA CITE
II. 3. 1. L’individu face à la cité
II. 3. 2. Formation morale du mérite
II. 3. 3. Statut du citoyen accompli
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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