Les causes de l’emigration « clandestine »

Cadre théorique

Revue critique de la littérature

La revue de la littérature a consisté à faire un parcours des différents écrits sur la migration de façon générale et sur d’autres thèmes touchant directement ou indirectement le présent sujet. Ainsi, un parcours au niveau des Centres de documentation, des Instituts de recherche et des Bibliothèques a permis de découvrir l’existence d’études systématiques et abondantes sur le phénomène migratoire en Afrique et dans le monde. A l’évidence, les approches théoriques sont nombreuses et diverses. Si certains auteurs décrivent le phénomène migratoire dans son évolution temporelle et spatiale, d’autres par contre l’abordent sous l’angle des déterminants qui poussent les personnes à se déplacer. La revue de la littérature nous a permis de mieux cerner notre sujet. La visite d’un certain nombre de bibliothèques et centres de documentation a fini de confirmer qu’il y a beaucoup de travaux effectués sur l’émigration clandestine. Ainsi Guilmoto (C. Z.), dans son ouvrage Migration et institution au Sénégal aborde la question de l’émigration en Afrique de l’Ouest en l’inscrivant dans la perspective de l’histoire coloniale. Il montre, en effet, que l’histoire récente des migrations en Afrique de l’Ouest révèle une tendance générale à la redéfinition des courants migratoires. Pour lui, les bouleversements de l’époque coloniale découlaient avant tout des impulsions données par les autorités européennes au régime migratoire, sous la forme de travaux forcés, puis de besoins monétaires après l’introduction de l’impôt de capitation. Il étaye son argumentation en évoquant l’accélération de migrations saisonnières le « navétanat » vers les zones de plantation ou d’extraction minière, les fronts pionniers et les centres urbains.

La thèse sur les causes économiques défendue par Guilmoto (C. Z.) sera corroborée par Todaro . Ce dernier considère que le migrant quitte son lieu parce qu’il est attiré par la perspective d’une meilleure rémunération dans les milieux urbains. Dans cette perspective et à la différence avec Guilmoto (C. Z), il va poser la problématique économique de l’émigration en terme de disparité entre ville et campagne. En effet, Todaro estime que les migrations constituent une réponse à la différence des revenus espérés entre ville (milieu urbain) et campagne (milieu rural). Autrement dit, les revenus ne dépendent pas seulement de la différence des opportunités entre le milieu rural agricole et le milieu industriel de destination, mais en plus de la probabilité pour le nouveau migrant de trouver du travail en ville. L’auteur va plus loin en examinant deux types de migrations : La migration de courte et de longue durée.

Toujours avec la théorie des différences de salaires, Todaro a aussi développé une analyse des migrants rationnels. Pour Todaro, la migration est un acte rationnel. Le migrant avant de partir analyse toujours ce qu’il peut gagner. Et c’est en faisant la comparaison entre rester sur place ou migrer qu’il fait son choix de partir ou pas. C’est dans ce sens que Todaro avance que la migration est un acte rationnel. C’est une théorie individualiste que de nouvelles théories sociologiques et démographiques remettent en question.

Les théories de Todaro et de Lewis se ressemblent beaucoup. Elles font appel aux différences de salaires. La théorie de la différence de salaires dit que s’il existe entre deux zones d’importants écarts de salaires, les gens qui habitent dans la zone à bas de salaires ont tendance à migrer vers la localité à haut niveau de salaire. Cette théorie peut être appliquée pour expliquer les mouvements des populations africaines qui vont vers l’Europe. Pour le même travail, ce qu’un individu gagne dans les pays développés est de loin supérieur à ce qu’il peut avoir en Afrique. Et toujours d’après Todaro, tant qu’il y aura cette différence de salaires pour le même travail, la migration va continuer. Donc pour lui la migration ne va s’estomper que s’il y aura un certain nivellement des salaires. Ceci pourrait en effet être une solution pour limiter l’émigration. Mais il est à noter que c’est une solution relative car il faudrait comprendre que dans certaines régions, la réussite n’est pas individuelle, personnelle, elle est plutôt communautaire. Autrement dit, le nivellement des salaires entre les pays du sud et du nord pourrait considérablement relever le niveau de vie des fonctionnaires, des salariés. Mais ce salaire suffirait-il à toute la famille, la communauté comptant sur ce salarié. Egalement, il faut comprendre que dans les pays en de développement, les salariés ne sont pas nombreux. En d’autre terme, dans une famille entière, il n’y a souvent qu’un salarié qui doit ainsi prendre en charge les autres membres de la famille. Il faudrait aussi prendre en compte le niveau de vie, par exemple un grand joueur en France est moins payé qu’un petit joueur en Angleterre. Par conséquent, les joueurs préfèrent migrer en Angleterre.

Caractérisation de la cible de l’étude

L’age

Dans le cadre de la présente recherche sur la migration des Jeunes de Yarakh, c’est la frange jeune qui a été la cible. Selon les résultats de l’enquête, la tranche d’âge de 18 à 35 représente la majorité de la population interrogée. Les chiffres montrent que la population ciblée est relativement jeune. La majeure partie de ces derniers ont moins de 30 ans cela signifie que la population de Yarakh est relativement Jeune dont la moyenne d’âge est de 28 ans d’après les résultats. L’émigration clandestine affecte plus les jeunes c’est-à-dire ceux qui sont en âge de produire. Le chômage affecte plus cette frange vulnérable de la société. Ces derniers sont plus exposés au manque d’emploi (selon notre observation sur le terrain).

Les Jeunes émigrent à la quête d’un emploi plus rémunérant. Les Jeunes sont beaucoup plus libres pour l’aventure. Cette liberté s’explique par le fait que la majorité des candidats sont des célibataires. Pour se rendre compte de cette évidence, il faut convoquer les données du tableau relatif à la situation matrimoniale des candidats.

Le genre

La majeure partie des enquêtés est composée d’homme avec un pourcentage de 74,8%. La majorité des femmes veulent émigrer surtout les célibataires. C’est ainsi qu’il est assisté de plus en plus à une féminisation des départs. Les femmes aussi tentent l’aventure dans les mêmes conditions difficiles que les hommes. Un journal Espagnol a rapporté que « dans la seule journée du lundi 30 mai 2006, sur 732 africains interceptés, il y avait 9 femmes et 6 bébés ».

La répartition des enquêtés qui ont une fois tenté l’émigration clandestine par sexe révèle que 100% sont des hommes. Même si dans notre étude, nous n’avons pas rencontré de rapatriés femmes, les femmes représentent une faible proportion des émigrés clandestins. En effet, l’émigration clandestine semble être l’affaire des hommes du fait que la division sociale du travail qui voudrait que l’homme soit soumis à l’impératif de relayer ses parents dans les dépenses quotidiennes. Également, la rigueur du voyage prédispose les hommes à se porter plus volontaires que les femmes.

Les types de famille

37,1% des enquêtés sont issus d’une famille débrouillarde suivis de 22,5% appartenant à une famille intellectuelle. Le commerce aussi est très développé dans cette commune parce que 20,5% des enquêtés sont issus d’une famille commerçante. Toutefois l’émigration n’est pas en reste avec un pourcentage de 11,9%. Ce record est très important dans la mesure où c’est l’émigration clandestine qui a modifié la structure familiale des populations de Yarakh. L’émigration clandestine a influé sur le fonctionnement de cette société qui est constituée en majorité de familles débrouillardes qui ne connaissaient pas de voisins qui ont des maisons bien loties entre autres. De ce fait cette nouvelle donne qui est l’émigration de ces jeunes va modifier la vie des habitants. Les conditions d’existence et la trajectoire du groupe social d’appartenance influent sur l’émigration des jeunes. L’enfant appartenant dans une famille d’émigré fera tout pour rejoindre ses parents pour rehausser ses conditions de vie. La famille aidant, le jeune est prêt à tout abandonner au pays pour l’Europe.

Avec le rétrécissement progressif du marché de l’emploi, le secteur de l’économie informelle se présente de plus en plus comme la porte d’entrée privilégiée des jeunes de Yarakh. D’après les résultats de l’enquête, 33.3% des jeunes travaillent au niveau de la profession élémentaire de la vente et des services. Ainsi les jeunes de Yarakh dont la majeure partie n’a pas de qualification professionnelle, appartiennent aux catégories des vendeurs, commerçants, chauffeurs, gardiens, pêcheurs, etc. En effet le commerce, le transport et la pêche sont les secteurs les plus fréquentés par ses jeunes. Le chômage est élevé dans cette ville avec un taux de 13,5 %. Toutefois il est important de souligner l’afflue du football dans le quartier : 1,3% des jeunes sont des footballeurs. Le secteur éducatif aussi n’est pas en reste avec 24,8%. Par contre les autres catégories ne sont pas bien représentées. La proportion des jeunes ayant choisi le commerce et le transport, est plus importante. En effet 33,3 % de la population interrogée font du commerce, c’est pourquoi la majeure partie des jeunes n’a pas une qualification professionnelle. La pêche est également le domaine de prédilection de ces jeunes qui font de ce métier une passion. Là aussi le choix est compréhensif. C’est l’habitus qui facilite en effet l’accès à ce secteur. La plupart des enquêtés ont des parents dans ce secteur. C’est ce qui explique le choix porté à ce métier et la place qu’il occupe dans la classification des secteurs d’activités.

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Table des matières

Introduction
PREMIERE PARTIE : Cadre théorique et méthodologique
CHAPITRE I : Cadre théorique
CHAPITRE II : Cadre méthodologique
DEUXIÈME PARTIE : présentation des cadres de l’enquête et du phénomène
CHAPITRE III : Présentation de la Commune d’Arrondissement De Hann Bel Air
TROISIÈME PARTIE : Analyse et interprétation des données
CHAPITRE V : Caractérisation de la cible de l’étude
CHAPITRE VI : Les principales causes de l’émigration clandestine
CHAPITRE VII : Perspectives de sortie de crise et limites
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
TABLE DES MATIERES

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