Les besoins alimentaires des petits ruminants

Introduction

  Les ovins et les caprins, de par leur capacité à ruminer et de par leur petite taille, forment les petits ruminants. Herbivores de l’ordre des Cétartiodactyles (Cetartiodactyla), ces deux espèces sont des mammifères de la famille des Bovidés (Bovidae) et de la sous-famille des Caprinés (Caprinae). Les ovins et les caprins se différencient dans la taxonomie au niveau du genre puisqu’ils font respectivement partie des genres Ovis et Capra (Wikipédia,2007). Moutons et chèvres sont les premiers animaux à être domestiqués après le chien (Meyer et al., 2004). Leur domestication est très ancienne et progressive. Les foyers de domestication ont été multiples mais la proportion de pièces osseuses issues de squelettes d’ovicapridés, datant de 8 000 ans av. J.-C. (le néolithique) retrouvées au Moyen-Orient (Asie), permet de conclure que la domestication de ces deux espèces date de cette époque (Barret, 2005). Plus précisément, la chèvre a été domestiquée près de 1500 ans après le mouton (Mémento de l’agronome, 2002). De plus, leur répartition géographique est mondiale mais les élevages caprins se répandent toutefois sur un éventail de situations de production plus vaste que ceux des ovins. En effet, les caprins peuvent vivre là où les ovins ont une faible densité c’est-à-dire dans les déserts chauds et froids ainsi que dans les régions très froides et humides ou très chaudes et humides (Meyer et al., 2004).L’élevage des petits ruminants, en Europe comme dans de nombreux pays tropicaux,représente une composante majeure des systèmes agricoles. En effet, les systèmes de production ovin et caprin ont pris de plus en plus de place dans l’économie des sociétés humaines.

  Cette évolution s’explique par la potentialité de ces animaux à produire de la viande, du lait, de la laine, des peaux et de l’engrais. Bien que l’importance relative de ces fonctions varie selon les régions et les systèmes, la fonction de pourvoyeur d’alimentation est universelle puisqu’ils constituent la principale source de protéines. Il a été démontré plusieurs fois au cours de l’histoire, notamment durant les grandes famines, que les petits ruminants sont très précieux pour l’homme.Ainsi, les besoins alimentaires de l’humanité en général, et en particulier ceux trèspressants des pays en cours de développement, conduisent les chercheurs et les responsables des orientations agricoles à s’intéresser à l’amélioration des productions des animaux domestiques susceptibles d’augmenter les ressources alimentaires. Les organisations de recherche agronomique se sont tout d’abord occupées des élevages les plus importants dans leurs pays à savoir l’élevage bovin, ovin, porcin et l’aviculture. Par la suite, ces chercheurs se sont intéressés aux particularités des pays du Sud par le développement d’un appui zootechnique pour l’élevage de la chèvre et plus particulièrement sur sa production laitière.Dans des régions caractérisées par un déficit laitier et par des fourrages grossiers, la chèvre peut tirer partie de cette ressource et obtenir une production intéressante dans ces zones pauvres et difficiles.Quel que soit le ruminant, l’alimentation joue un rôle prépondérant dans la production animale. La maîtrise des systèmes de production passe par une connaissance accrue de tout ce qui concerne la nutrition en vue d’une alimentation appropriée des animaux et de leur métabolisme. Le respect des besoins énergétiques, azotés, minéraux et vitaminiques des animaux permet d’obtenir des performances optimales. Ces besoins doivent couvrir les dépenses d’entretien et de production (lait, croissance, engraissement, force de travail).L’alimentation participe presque toujours pour plus de 50 % du prix de revient des produits d’origine animale (Barret, 2005). D’où, l’importance accordée à ce facteur zootechnique dans les études de recherche agronomique dans le but d’optimiser les régimes alimentaires.

Anatomie du tube digestif

  L’appareil digestif des ruminants comprend la bouche, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle,le gros intestin, le rectum et l’anus. Mais, si les ruminants peuvent consommer et utiliser autant de fourrages et de parois cellulaires, c’est parce que la Nature les a équipés de trois compartiments en amont de l’estomac fonctionnel qui est la caillette. En effet, l’estomac des ruminants, qualifié de polygastrique, est spécifique puisqu’il comporte quatre compartiments : la panse ou le rumen qui est très développé, le réseau, bonnet ou réticulum, le feuillet et la caillette (Rivière, 1991). Ce dispositif anatomique et physiologique permet un broyage mécanique lors de la rumination et une dégradation chimique sous l’action de la population microbienne.

La bouche
En ce qui concerne l’appareil buccal, les ruminants ont une denture simple et
très spécialisée. Chez le mouton et la chèvre, la formule dentaire est toujours I : 0/4, C : 010, P : 3/3, M : 3/3 (Barone, 1984). Les incisives supérieures sont absentes et remplacées par le bourrelet incisif ou gingival (Jarrige et al., 1995). Les dents se comptent au nombre de 20 chez le jeune puis jusqu’à 32 chez l’adulte. Leur morphologie est comparable pour les deux espèces, ce qui traduit une similitude de régime alimentaire. Leur mâchoire étroite leur confère la particularité et la capacité de trier les aliments (Dumont, 1996). Les ovins, comme les caprins, profitent de cette caractéristique pour focaliser leur prélèvement sur de petites portions de feuillage ou sur des brins d’herbe courts au ras du sol (Meuret, 1997 ; Rivière, 1991). Pour sectionner les, plantes, ils les pincent entre leur incisive et leur bourrelet gingival supérieur puis, par un mouvement frontal ou latéral de tête les arrachent (Meuret, 1997).

L’estomac
A part son volume plus faible, l’estomac des ovins et des caprins est conformé
comme celui des autres ruminants (Jarrige et al., 1995). Mis à part des détails de proportion et de structure,l’estomac des ovins ne diffère pas de celui des caprins. Par exemple, le rumen est un peu plus volumineux chez la chèvre avec une capacité qui peut aller jusqu’à une trentaine de litres (10 à 20 litres pour le mouton) (Barone, 1984). De plus, l’appareil papillaire de la muqueuse du rumen est plus développé chez la chèvre que chez le mouton. Par ailleurs, le réseau et le feuillet sont ordinairement plus réduits chez les caprins (Montané et al., 1978). Mais, ces différences de taille n’ont pas d’effets significatifs sur la capacité d’ingestion et la digestibilité de ces deux espèces pour un même régime (Tisserand et Masson, 1989). Le rumen est approvisionné pendant 5 à 8 heures par jour, par l’ingestion d’aliments fractionnées en une dizaine de repas. Les animaux effectuent deux grands repas, un dès l’aube et un autre dans la soirée, avec un contenu du rumen qui s’accroît au cours des repas jusqu’à un maximum à l’issue du grand repas du soir (Jarrige, 1988). De plus, l’existence de pré-estomacs chez les ruminants, associée à un temps de séjour important des aliments, favorise le développement d’une micropopulation ruminale de bactéries, protozoaires et champignons dont l’hôte tire un très grand profit. Le développement d’une activité microbienne, préalable à la digestion intestinale, permet à l’animal de tirer parti des constituants biochimiques des corps microbiens. Les ruminants sont essentiellement des espèces à digestion microbiologique.

Les intestins
La disposition de l’intestin est similaire pour tous les petits ruminants. De manière générale, il est plus long chez le mouton que chez la chèvre mais celle-ci présente un intestin de calibre supérieur. Parmi les différentes parties de l’intestin (intestin grêle, caecum et côlon), seul
le côlon spiral distingue les deux espèces, par sa forme circulaire chez le mouton et elliptique chez la chèvre (Montané et al., 1978).Malgré des différences morphologiques de proportion, l’appareil digestif des ovins et des caprins sont semblables puisque ces divergences n’ont aucune influence sur l’ingestion et la physiologie digestive (Morand-Fehr et al., 1981).

La phase physique

  Le processus physique entre en jeu dès que l’aliment est introduit dans la bouche de l’animal par un phénomène de mastication, à une vitesse élevée chez les petits ruminants (125 à 150 mouvements de mâchoire par minute) (Jarrige, 1988; Jarrige et al., 1995). Dans un premier temps, les aliments sont écrasés et broyés entre les dents puis cette phase mécanique se poursuit par contraction des parois du tractus digestif. La mastication, assurée par les muscles de la mâchoire, puis le malaxage des aliments durant tout le transit digestif sont des phénomènes moteurs qui régulent la progression des aliments. Le temps de mastication, requis par kg de matière sèche, est faible pour les aliments concentrés. A l’inverse, il devient important pour les fourrages; d’autant plus qu’ils sont fibreux. Après cette mastication ingestive, la déglutition permet de laisser passer les fragments alimentaires dans un bol de salive, par l’œsophage, jusque dans le rumen. Ces fragments sont ensuite énergétiquement poussés vers l’arrière du rumen par les contractions du réseau où, ils s’immergent dans la masse fibreuse qu’est le contenu du rumen. Cette immersion est d’autant plus rapide que les fragments sont plus petits, plus denses et qu’ils s’hydratent facilement. Peu après la fin du repas, de 5 à 15 minutes le plus souvent, la régurgitation, possible par l’ouverture cardiale, permet au bol alimentaire de retourner dans la cavité buccale pour la rumination. Cette période de rumination est une succession de cycles, d’une durée légèrement inférieure à une minute. Chaque cycle commence par une contraction supplémentaire du réseau, qui précède la contraction primaire de quelques secondes. Ce bol alimentaire, de 50 à 80 g chez les petits ruminants, subit aussitôt une mastication intense, dite mérycique, sous l’action de 80 à 1OO mouvements de mâchoires par minute chez les ovins et les caprins (Jarrige et al., 1995). Avec des rations à base de fourrage, la rumination occupe plus de temps que l’ingestion, avec une quantité de matière sèche mastiquée par jour deux à trois fois supérieure à la quantité ingérée. La mastication mérycique joue un rôle principal dans le broyage des particules alimentaires et leur temps de rétention dans le rumen. Une fois les aliments reingurgités, l’activité motrice au niveau des pré-estomacs assure un brassage important du contenu, favorisant ainsi l’activité diastasique. Le contenu du rumen est en permanence brassé par environ 2 500 vagues de contractions journalières, qui parcourent la paroi, ainsi que les piliers et les plis séparant les différents sacs. Les contractions principales, dites primaires, naissent dans le réseau (durée de 4 secondes) au rythme d’environ 1,5 par minute pendant les repas et de 1 par minute le reste du temps.

La phase biochimique

  En parallèle, les aliments subissent une activité biochimique d’origine endogène. Depuis la bouche jusqu’au gros intestin, les sécrétions digestives enzymatiques agissent avec le processus physique pour réduire les particules alimentaires.La salive est sécrétée en abondance au cours de l’ingestion et de la rumination (environ 10 litres par jour chez les ovins et caprins) et légèrement alcaline (pH = 8,2), elle est riche en substances tampons (bicarbonates et phosphates) qui contribuent à maintenir le pH du milieu constant (6,2 < pH < 6,5) (Jarrige, 1988). Au cours de la digestion, les sécrétions digestives agissent en cascade, chacune ayant un substrat et une fonction spécifique. La régulation de ces sécrétions passe par la voie nerveuse (motricité, transit, flux sanguins sectoriels) et la voie humorale. Ainsi, la gastrine contrôle la sécrétion post-prandiale, la sécrétine régule le fonctionnement du pancréas exocrine, l’excrétion biliaire et duodénale. La cholécystokinine et le VIP (Vasoactive Intestinal Polypeptide) agissent sur le pancréas, le GIP (Gastrie Inhibitor Peptide) et le PP (Pancreatic Polypeptide) sur la sécrétion gastrique.Pour permettre l’absorption des nutriments au niveau des muqueuses digestives par des processus de diffusion passive et de transport actif, les aliments sont passés préalablement dans les pré-estomacs. La flore digestive y est de loin la plus complexe (plus de 200 espèces de bactéries et de protozoaires), la plus dense (de l’ordre de 10 milliards de bactéries par millilitre du contenu du rumen) et la plus active (Jarrige, 1988). Cette micropopulation dispose au niveau de sa paroi d’une batterie d’enzymes susceptibles de réagir avec de nombreux substrats tels que les glucides intracellulaires, les constituants pariétaux, excepté la lignine, et une partie des matières azotées. Ils possèdent des cellulases capables de monomériser la cellulose. La dégradation de la cellulose, de l’amidon et des sucres génère de l’énergie et principalement des acides gras volatils (AGV). Ces derniers absorbés à travers la paroi du rumen, constituent une source de nutriments pour l’organisme (Barret, 2005 ;Mémento de l’agronome, 2002). Ils sont métabolisés au niveau des organes tels que le foie et les muscles, comme précurseurs d’autres molécules et comme fournisseurs dénergie. En contrepartie, la micropopulation récupère le carbone, l’azote et les AGV nécessaires à la synthèse de sa propre matière vivante. Les protéines, dégradées en peptides et acides aminés, génèrent de l’ammoniaque, principale source d’azote dans les synthèses microbiennes.

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Table des matières

Résumé
Table
des matières
Listes
des figures
Abréviations
Introduction
1-
Similitudes alimentaires entre ovins et caprins
1°) Utilisation digestive et métabolique des aliments
1.
Anatomie du tube digestif
1- La bouche
2- L’estomac
2.
Physiologie digestive
1-
La phase physique
2- La
phase biochimique 
2°)
Les besoins alimentaires des petits ruminants
1.
Les dépenses d’entretien
2. Les dépenses de production
3. Couverture alimentaire 
1-
Les sources de nutriments
2- Régulation de ces sources
3°) L’ingestion à l’auge

1. Définition
de l’ingestion
1- La capacité d’ingestion 
2- L’ ingestibilité 
2. Régulation de l’ingestion
1- L’encombrement
2- L’appétibilité
3- Influence des facteurs physiologiques
4- Effets des facteurs externes
3. Expression de l’ingestion
4.
Comparaison de l’alimentation des ovins et des caprins à l’auge
II- Différences alimentaires des ovins et caprins au pâturage
1°) Différences morphologiques
2
°) Comportement alimentaire

1. La prise alimentaire 
2.
Acceptabilité des aliments
3. Capacité à marcher et à grimper, propre aux caprins
4. Le comportement alimentaire sur différents types de parcours
3°) Régime alimentaire
1. Les préférences alimentaires
·2. Spectres d’alimentation
3. Index d’appétibilité
4°) La préhension
5°) Digestibilité
III- Discussion
1°) Les principales différences
2°) Extrapolation aux caprins

3°) Les caprins seraient-ils mieux adaptés aux milieux difficiles?
4°)
complementante ‘ . , . . ovms-caprms au paturage « 
5
°)
Enjeux écologiques
Conclusion
Références bibliographiques

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