Les atolls dans leur contexte structural et océanique

LES ATOLLS DANS LEUR CONTEXTE STRUCTURAL ET OCEANIQUE

Variations morphologiques des récifs coralliens : formes et associations de formes 

Les atolls constituent des formations coralliennes de « haute mer, émergées à marée haute, sans roche volcanique affleurante, le plus souvent de formes annulaires avec un lagon central » (Battistini R. et al., 1975) : on les qualifie d’atolls océaniques. En effet, ils ne subissent aucune influence des continents et sont soumis aux seules conditions océaniques environnantes (houle, vent…).

Pour certains, le mot atoll aurait une origine maldivien puisqu’il serait issu du Dhivehi atholu. Pour d’autres, il relèverait du malais atollon. Selon les auteurs, il existe différentes appellations pour décrire cette structure. Kuenen (1933 in Bourrouilh – Le Jan F.G., 1990), O. Aubert (1994) et A.V. (Belopolsky A.V., 2000) utilisent le terme de plates-formes pour qualifier les atolls de dimensions pluri kilométriques comme les Maldives et les Tuamotus… Pour d’autres (Agassiz, Forbes), un atoll qui n’a pas une origine liée au phénomène de subsidence est qualifié de pseudo-atoll ou de micro-atoll (Mergner), bien que ce qualificatif nous semble peu adapté du fait qu’il s’agit d’une forme individualisée de l’ensemble épirécifal. Suivant leur localisation géographique et l’influence de paramètres extérieurs, leurs formes peuvent varier d’un océan à un autre. Ainsi, l’archipel des Tuvalu est composé de formes atolliennes typiques nées d’une évolution volcano eustatique, alors que, dans le cas des Maldives, les formes sont complexes avec des morphologies emboîtées, sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement. Ces deux formations font partie de la classification établie par A. Guilcher (1953) qui considère trois types d’atolls à travers le monde. Les premiers, comme les formations atolliennes de l’archipel tuvaluan, consistent en des formes dites océaniques avec des lagons ayant des profondeurs de plusieurs dizaines de mètres. La seconde catégorie regroupe les récifs annulaires ayant un lagon peu profond comme les récifs à caye, bien développés en mer Rouge ou dans le nord ouest de Madagascar. Enfin, la troisième catégorie caractérise des « chaînes d’anneaux dont les lagons ont des profondeurs variables, généralement inférieures à 30 m, et dont l’ensemble constitue un grand atoll avec un lagon profond au centre ». Il s’agit, pour l’auteur, de farus qui sont les morphologies emblématiques des Maldives. Pour R. Battistini et al. (1975), un faru est « un ensemble de récifs annulaires disposés en chaîne pouvant constituer des ensembles annulaires d’ordre supérieur ».

Le nombre d’atolls à travers le monde peut être extrêmement fluctuant suivant la définition que les auteurs utilisent. Ainsi, pour E.G. Purdy et E.L. Winterer (2001), on peut en recenser 525, alors que, pour D.R. Stoddart (1965), B. Salvat (1998) et E.H. Bryan (in Huetz de Lemps, 1984), on identifie respectivement 425, 420 et 400 structures atolliennes à la surface des océans.

Originalités des formes atolliennes : vers une exception maldivienne ? 

Les formations récifales actuelles sont des formes abouties, héritées d’une morphologie initiale établie à partir des volcans qui les ont fait naître. Comme l’ont déjà noté bon nombre d’auteurs (Stoddart D.R., 1973 ; Woodroffe C.D., 1992 ; Ali M., 2000), il existe au sein de l’archipel maldivien des différences morphologiques latitudinales majeures entre le nord et le sud de l’archipel (Woodroffe C.D., 1989), liées à l’origine géologique de l’alignement et à son évolution morphologique . Ainsi, on peut observer que plus les formations sont morcelées, plus elles sont âgées, comme dans le nord de l’archipel ; plus elles sont continues, plus elles sont récentes, comme dans le sud. Les îles sont disposées ponctuellement dans le nord alors que dans le sud, on observe de grandes îles sur la façade orientale des atolls et une multitude de petites îles sur la façade occidentale.

Ceci n’est pas exclusif aux Maldives. Les Laccadives , composées de douze atolls, de trois récifs isolés et de cinq bancs submergés, sont un archipel extrêmement morcelé, tandis que les Chagos, comprenant cinq atolls et dix récifs isolés, se rapprochent de la physionomie des atolls méridionaux de l’archipel des Maldives.

Inventaire des structures récifales 

La particularité des Maldives réside dans l’abondance des structures atolliennes. Plusieurs niveaux dans la répartition des atolls nous imposent une typologie multi-critères par emboîtements . Disposés le long du 73° de longitude Est, nous identifions les atolls de premier ordre qui correspondent aux méga-structures individualisées par des chenaux très profonds compris entre 200 et 2 000 m (Admiralty Survey, 1992a, c, b, d) , alors qu’en leur sein, nous observons des profondeurs oscillant entre 30 et 90 m. Il s’agit des atolls de : Ihavandhippolhu, Atoll Septentrional, Maamakunudhoo, Maalhosmadulu nord, Maalhosmadulu sud, Faadhippolhu, Goidhoo, Gaafaru, Malé nord, Malé sud, Rasdhoo, Ari, Felidhu, Vattaru, Mulaku, Nilandhu nord, Nilandhu sud, Kolhumadulu, Hadhdhunmathee, Huvadhoo, Addu. Ces atolls peuvent avoir leur bordure constituée soit de récifs continus (Mulaku, Kolhumadulu, Hadhdhunmathee, Huvadhoo, Addu), soit d’une multitude de petits atolls externes bien individualisés (Ihavandhippolhu, Atoll Septentrional, Maalhosmadulu nord, Maalhosmadulu sud, Malé nord, Malé sud, Ari, Felidhu, Nilandhu nord) ou coalescents.

(Faadhippolhu, Nilandhu sud, Mulaku). Au sein de ce premier ordre, nous avons établi une distinction dans la taille des structures atolliennes entre les méga-atolls (Ihavandhippolhu, Atoll Septentrional, Maalhosmadulu nord, Maalhosmadulu sud, Faadhippolhu, Malé nord, Malé sud, Ari, Felidhu, Mulaku, Nilandhu nord, Nilandhu sud, Kolhumadulu, Hadhdhunmathee, Huvadhoo, Addu) et les autres (Maamakunudhoo, Goidhoo, Gaafaru, Rasdhoo, Vattaru) que nous qualifions de pseudo méga-atolls. Les atolls de deuxième ordre sont des atolls séparés par des passes inférieures à 200 m et/ou ayant une dépendance importante vis-à-vis d’un méga-atoll. Il s’agit de l’atoll de Moresby, ainsi que des structures situées au sein de l’atoll de Maalhosmadulu sud qui paraissent se différencier de la structure mère. Faut-il rechercher en cela une origine structurale et/ou environnementale ? O. Aubert et A.W. Droxler (1992 ; 1996) suggèrent que ces morphologies particulières sont issues de l’alignement volcanique initial qui a donné naissance aux méga atolls, situés entre Maalhosmadulu nord et Ari, sans pour autant apporter une démonstration claire.

Les structures de troisième ordre sont des atolls lagonaires, situés à l’intérieur des méga-atolls, comme ceux de l’Atoll septentrional, Maalhosmadulu nord, Maalhosmadulu sud, Malé nord, Malé sud, Ari, Felidhu, Nilandhu nord, alors que les assemblages de quatrième ordre correspondent à des récifs lagonaires isolés, localisés dans toutes les structures exposées précédemment. Une distinction particulière a été faite pour les îles d’Alifushi, de Kaashidhoo, de Thoddoo, et de Foammulah. Bien qu’il s’agisse de structures récifales localisées le long du 73° de longitude Est, qu’elles soient indépendantes des méga-atolls et isolées par des chenaux supérieurs à 200 m, elles sont exclues de la typologie générale, car il ne s’agit pas d’atolls stricto sensu, d’après la définition de R. Battistini et al., (1975).

Cette remarque est également applicable pour l’archipel tuvaluan que l’on assimile injustement à un archipel atollien (cf. Figure 8). En effet, sur les neuf structures que compte l’archipel, celles de Niutao, Nanumanga et Nuilakita sont dépourvues d’un lagon central et ont un ensemble épirécifal peu développé (cf. Figure 9). Elles possèdent au sein de leurs structures un lac d’eau saumâtre que certains qualifient de salé (Mclean R.F. et Hosking P.L., 1991) en connexion avec l’océan par un systèmes de galeries. L’édifice récifal de Vaitupu est dans une phase transitoire puisqu’il possède deux micro-lagons internes et des collecteurs de platiers, mais n’a pas encore toutes les caractéristiques d’un atoll (cf. Figure 10). Ainsi, seuls les édifices de Nanuméa, Nui, Nukufetau, Funafuti et Nukulaelae sont des atolls stricto sensu. Cette distinction n’est pas liée à l’évolution des édifices puisque, du nord ouest au sud-est, la distribution des atolls ou des plates-formes récifales est bien respectée, mais peut-être à l’influence de la taille du volcanisme initial. En effet, les plates-formes récifales sont toutes des formations de tailles réduites tandis que les atolls sont des formations bien développées.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PREMIÈRE PARTIE – LES ATOLLS DANS LEUR CONTEXTE STRUCTURAL ET OCÉANIQUE
Chapitre 1 – Variations morphologiques des archipels : Formes et associations de formes
Chapitre 2 – La genèse des atolls
Chapitre 3 – Le rôle des variations eustatiques dans l’évolution des archipels
DEUXIÈME PARTIE – LES FACTEURS D’ ÉVOLUTION INFLUENCANT LES STRUCTURES ATOLLIENNES
Chapitre 4 – Evolution des accumulations sédimentaires à différentes échelles de temps et d’espaces
Chapitre 5 – Les agents contemporains de la dynamique littorale
Chapitre 6 – Les comportements environnementaux dans la perspective des changements Globaux
TROISIÈME PARTIE – L’HOMME ET LA GESTION DU MILIEU
Chapitre 7 – Les milieux insulaires face aux nouvelles contraintes socio-économiques
Chapitre 8 – Les pressions anthropiques exercées sur les milieux insulaires : le cas des artificialisations
Chapitre 9 – Vers une gestion plus adaptée des espaces littoraux insulaires
Chapitre 10 – Des changements eustatiques à tout prix !
CONCLUSION GENERALE
REFERENCES BILBIOGRAPHIQUES
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX

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