L’entrepreneur : éléments de définition et présentation des courants de recherches

L’entrepreneur : éléments de définition et présentation des courants de recherche

Vers une tentative de définition de l’entrepreneur 

Avant de présenter les différentes conceptions théoriques de l’entrepreneur, il nous semble important de situer au préalable le champ de l’entrepreneuriat et son évolution dans le temps. F. Danvers définit l’entrepreneuriat comme un « nouveau concept pédagogique, qui n’est ni une discipline, ni une matière, mais une attitude consistant à promouvoir sous différentes formes, notamment dans l’enseignement, la démarche de création d’entreprise » .

Le champ de l’entrepreneuriat

En référence aux travaux d’A. Fayolle, il est possible d’identifier au moins trois dimensions génériques liés au champ de l’entrepreneuriat : un phénomène économique et social, un objet de recherche et enfin un domaine d’enseignement.

Un phénomène économique et social

Pour ce qui est de la dimension économique et sociale, l’entrepreneur a un rôle particulier et indispensable dans l’évolution du système économique libéral. Cette idée reprise par A. Fayolle a été mentionnée par O. Gélinier qui souligne que « […] Les statistiques de croissance économique, d’échanges internationaux, de brevets, licences et innovation pour les trente dernières années établissement solidement ce point : il en coûte cher de se passer d’entrepreneurs ». Les apports à l’économie et à la société concernent la création d’entreprise, la création d’emplois, l’innovation, le développement de l’esprit d’entreprendre dans les entreprises et les organisations et l’accompagnement de changements structurels.

Un objet de recherche : le rôle structurant de trois courants de pensée 

En tant qu’objet spécifique de recherche, A. Fayolle souligne l’existence de trois courants de pensée qui selon lui jouent actuellement un rôle structurant. Il s’agit de ceux traitant de l’émergence organisationnelle, de l’identification et l’exploitation des opportunités et enfin de la dialogique individu et création de valeur.

• L’émergence d’une nouvelle organisation, un critère primordial

Le premier courant de pensée, initié par W. B. Gartner, défend l’idée que l’entrepreneuriat est la création d’une nouvelle organisation. Ce courant rassemble notamment des chercheurs français comme H. Bouchikhi, E. M. Hernandez et T. Verstraete. Pour ce dernier (1999), l’entrepreneuriat est vu comme un système complexe et un type spécifique d’organisation qui est impulsé par un entrepreneur. Cet entrepreneur agit pour tenter de concrétiser, au sein de la structure, la vision qu’il se fait de cette organisation. Il est donc indispensable pour lui d’étudier les activités permettant à un individu de créer une nouvelle entité. Selon le mode d’exploitation retenu, le processus sera entrepreneurial ou non.

• L’identification d’opportunités comme point de départ du processus entrepreneurial

La seconde conception est basée sur la notion d’opportunité entrepreneuriale, portant essentiellement sur l’émergence d’une nouvelle activité économique qui n’est pas forcément liée à l’émergence d’une nouvelle organisation. Dans ce courant de pensée, l’identification d’opportunités est le point de départ du processus entrepreneurial. A. Fayolle comme d’autres chercheurs pensent au contraire que l’opportunité entrepreneuriale se construit au cours du processus de création de l’activité.

• L’individu, une condition nécessaire pour la création de valeur

La troisième école, à laquelle appartient notamment C. Bruyat, souligne que l’individu est une condition nécessaire pour la création de valeur, qu’il en détermine les modalités de production et l’ampleur. Il est l’acteur principal et l’entreprise en est le support. Pour lui, une situation entrepreneuriale peut être appréciée selon deux axes : le degré de changement impliquant un niveau de risque dans l’accès à la fonction entrepreneuriale d’une part ; et l’intensité de la création de valeur à travers le potentiel contenu dans un projet ou une innovation portée par ou un plusieurs individus, d’autre part. Le couple individu/objet est essentiel dans ses recherches.

Un domaine d’enseignement 

Comme le mentionne C. Léger-Jarniou dans sa contribution portant sur la promotion de l’esprit d’entreprendre (2001), la première question qui se pose est de savoir si l’entrepreneuriat peut s’enseigner. Selon l’auteure, ces questions renvoient à celles qui séparent l’inné de l’acquis. Elle conclue que la juste réalité doit se situer entre ces deux extrêmes. Un peu d’inné ne nuit pas mais l’acquisition de connaissances n’est par ailleurs jamais superflue. Un rapport présenté, en juin 2005, par le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, portant sur Les aides à la création d’entreprise innovantes à partir de la recherche publique : bilan des dispositifs et analyse des entreprises concernées, souligne que, fin 2004, l’OPPE recensait 176 actions de sensibilisation et de formations à l’entrepreneuriat menées au sein de 102 établissements, sous des formes diverses et variées selon les objectifs recherchés, les compétences et les moyens disponibles. A ce sujet, A. Fayolle semble convaincu que les méthodes classiques d’enseignement ne sont pas adaptées et qu’il faille davantage privilégier le développement de compétences et de savoirfaire portant sur des situations et des comportements spécifiques intégrés dans un processus soumis à l’influence des facteurs contextuels et temporels. F. Grignon souligne quant à lui qu’il serait nécessaire de systématiser des contacts réguliers avec la vie active, ce dès le primaire ou le secondaire, afin de développer l’esprit d’initiative et sortir de l’esprit d’assistanat et la recherche d’un « statut » qui incite trop souvent à intégrer le secteur public ou les grandes entreprises privées. Pour lui, la culture d’entreprise doit faire partie intégrante de notre culture générale. Le concept d’entrepreneuriat semble donc intéresser de nombreux acteurs et faire l’objet d’un vaste domaine d’étude. Depuis son origine, on a cherché à définir l’entrepreneur de façon souvent disparate à tel point qu’il n’existe toujours pas d’accord précis sur ce que serait réellement la définition de l’entrepreneur. Comme le mentionne A. Fayolle en faisant référence aux propos de M. Marchesnay, « la notion d’entrepreneur est l’une des plus controversées et des plus chargées de sens [..] » .

Une notion présente depuis des siècles 

En France, durant le Moyen Âge, le mot « entrepreneur » est déjà usité et définit simplement une personne qui assume une tâche. Puis, il désigne un personne hardie, peu honnête, prompte à prendre des risques financiers, car l’enrichissement par la réussite commerciale était l’unique moyen laissé à ceux qui ne se soumettent pas à l’ordre du clergé et de la noblesse (les marginaux en l’occurrence) de se faire une place dans une société très hiérarchisée et rigide. Au XVIème et XVIIème siècle, l’entrepreneur, personnage très actif, est celui qui entreprend quelque chose en se livrant à la spéculation, ce qui en fait un individu peu recommandable. En 1723, le dictionnaire universel du commerce publié à Paris définit l’action d’entreprendre comme « se charger de la réussite d’une affaire, d’un négoce, d’une manufacture, d’un bâtiment » . En 1755, dans leur encyclopédie, D’Alembert et Diderot évoquent simplement l’entrepreneur comme « celui qui se charge d’un ouvrage » . De même, dans le dictionnaire de la langue française que E. Littré a publié en 1889, la définition de l’entrepreneur est floue : « celui qui entreprend quelque chose ». On peut noter que le concept d’entrepreneur fait toujours référence à l’acte d’entreprendre.

L’analyse de l’évolution de la perception de l’entrepreneuriat dans la pensée économique nous aide à cerner au mieux cet élément essentiel. A cet effet, trois économistes ont considérablement influencé leur époque et la vision que l’on peut avoir de l’entrepreneur : R. Cantillon, J. B. Say et J. Schumpeter.

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Table des matières

Introduction
Cadre introductif
CHAPITRE 1- POSITIONNEMENTS THEORIQUES ET CONTEXTUELS
I) L’entrepreneur : éléments de définition et présentation des courants de recherches
A- Vers une tentative de définition de l’entrepreneur
1) Le champ de l’entrepreneuriat
a) Un phénomène économique et social
b) Un objet de recherche : le rôle structurant de trois courants de pensée
c) Un domaine d’enseignement
2) Une notion présente depuis des siècles
3) La pensée économique comme base historique
a) Le risque du non probabilisable pour R. Cantillon
b) Un coordinateur selon J-B. Baptiste Say
c) Des fonctions économiques selon J. Schumpeter
B- Entre être et agir, deux façons d’approcher l’entrepreneur
1) L’approche par les traits dite « déterministe » : qui est l’entrepreneur ?
a) Les caractéristiques majeures de l’approche
b) Les écoles de pensée déterministe
2) Des limites à l’analyse « déterministe »
a) Des profils disparates et pluriels de personnalité
b) Une approche à usage essentiel de sensibilisation
3) L’approche par les faits dite « comportementale » : que fait l’entrepreneur ?
a) L’accent mis sur « l’agir »
b) Les écoles de pensée dite comportementale
II) Les situations et potentialités entrepreneuriales
A- Les situations entrepreneuriales
1) Les différents aspects d’une démarche entrepreneuriale
2) La création ex nihilo
a) La forme la plus pure de l’entrepreneuriat
b) La progression des créations ex nihilo en France
c) Les raisons de nous intéresser à la création d’entreprise
B- Les potentialités entrepreneuriales pouvant intervenir dans l’acte d’entreprendre
1) Les facteurs intervenant dans le désir et la crédibilité de l’acte
a) La sphère familiale et religieuse comme lieux de fécondation de l’entrepreneur
b) L’enseignement et la formation, une influence reconnue
c) L’entreprise et le territoire, des pôles d’attraction entrepreneuriale
2) Les facteurs ayant une influence sur la faisabilité et le déclenchement de l’acte
a) L’expérience professionnelle acquise
b) Les ressources économiques et le réseau relationnel
3) Les facteurs pouvant aider au déclenchement de l’acte
a) Les facteurs « pusches » et « pull » selon le professeur Shapero
b) Les ressources psychologiques
III) La notion de compétences
A- Une notion récente pour un engouement massif contextualisé
1) Une problématique ancienne mais théorisée tardivement
a) L’origine de la définition
b) Une problématique pourtant ancienne
c) Vers un retour en force de la notion de compétences
2) Une notion devenue incontournable malgré son imprécision
a) La compétence, une notion devenue à la mode
b) Une notion large et imprécise
B- Une tentative de définition de la notion de compétences
1) Des caractéristiques qui aident à délimiter le champ de la compétence
a) L’exercice performant de savoirs pratiques
b) Un processus évolutif et collectif
c) Un processus multidimensionnel
2) Des cadres de référence pour clarifier la notion
a) Un savoir mobiliser pour G. Le Boterf
b) Des répertoires de comportements individuels selon C. Lévy Leboyer
c) Une intelligence collective et une attitude sociale pour P. Zarifian
3) La catégorisation des compétences et les points de vigilance dans la pratique 44
a) Des savoirs ou les connaissances de base ou complémentaires
b) Des savoir-faire ou des habilités techniques
c) Des savoir être ou des compétences cognitives et relationnelles
CHAPITRE 2- La démarche méthodologique
I) Le cadre de la recherche
A- La pertinence de la problématique posée
1) La formulation de la question de départ
a) La clarté de la question de départ
b) Les qualités de faisabilité et de pertinence de la question de départ
2) L’explicitation de la problématique
a) A l’instar du contexte actuel
b) A l’instar des positionnements théoriques
B- L’élaboration du modèle d’analyse
1) La construction d’hypothèses
a) La décomposition de la question de départ
b) L’élaboration des hypothèses
2) L’objectif du travail de terrain
a) La mise à l’épreuve des hypothèses
b) Panorama des principales méthodes de recueils des informations
II) La spécificité de la démarche mise en oeuvre
A- Les objectifs de la démarche entreprise
1) Une inscription dans le cadre du bilan personnel et professionnel
2) Dans un contexte d’instabilité et de crise de l’empoi
3) Qui exige de l’individu de devenir « entrepreneur de soi »
B- L’organisation de la démarche mise en oeuvre
1) La méthode choisie pour le recueil d’informations
a) Le recueil de données empiriques
b) La mise en œuvre d’échanges interactifs
2) Le choix et la constitution de l’échantillon
a) La notion de représentativité
b) Le phénomène entrepreneurial décrit par la création d’entreprise ex nihilo
c) Les caractéristiques du terrain d’enquête
3) La méthode de prospection et la prise de contact
4) Des aides à la dynamique et à l’analyse de l’entretien
a) Le guide d’entretien comme fil conducteur
b) La formulation des questions posées
c) Le contexte des entretiens mis en oeuvre
d) La retranscription des entretiens
CHAPITRE 3- L’analyse des contenus suite au recueil d’informations
I) A propos de l’entrepreneur
A- Les paramètres sociologiques
1) Les données concernant le sexe et l’âge de la population d’enquête
a) Une représentation sexuée équilibrée
b) Des tranches d’âge différentes
2) La situation familiale des personnes interrogées
a) L’inventaire des situations personnelles des créateurs
b) La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale
3) L’entrepreneur, fruit de son milieu ?
a) La culture entrepreneuriale
b) Le « capital-relations » formel et informel
B- Le niveau d’études et le parcours professionnel
1) Le niveau d’études
a) Aperçu du niveau d’études
b) Les propos tenus par les entrepreneurs
2) Le parcours professionnel jusqu’à la création
a) Des parcours professionnels hors du champ d’ativité de l’entreprise créée
b) Des parcours professionnels sensiblement proches du champ d’activité de
l’entreprise créée
c) Des parcours professionnels proches du champ d’activité de l’entreprise créée
3) Le « capital-expérience professionnelle » et l’acte d’entreprendre
a) Les verbatim des locuteurs
b) L’analyse des propos tenus
II) L’acte d’entreprendre
A- Les motivations à passer à l’acte d’entreprendre
1) Des mobiles personnels et variés
a. La recherche d’autonomie et de liberté
b. La force du désir
c. La détection d’un besoin non exploité ou d’une opportunité d’affaire
2) Une logique de réinsertion professionnelle
a. Suite à des expériences décevantes en entreprise
b. La création de son emploi par défaut
B- Le risque, l’incertitude et la gestion des difficultés
1) La notion de risque et d’incertitude
a. Des risques souvent financiers non mesurés dans leur totalité
b. La notion d’incertitude : des temps doutes et de remises en question
2) La gestion des difficultés relevées dans les propos de nos locuteurs
a. Les types de problèmes relevés dans les premiers instants de vie de l’entreprise
créée
b. Les difficultés relevées lors du développement de l’activité
c. Peut-on parler de don ou de charisme chez l’entrepreneur ?
III) Les qualités et compétences entrepreneuriales : un triptyque en émergence
A- Des savoirs pluridisciplinaires imparfaits
1) L’inventaire des savoirs
2) Les verbatim utilisés
B- Des savoir-faire
1) L’inventaire des savoir-faire
2) Les verbatim relevés
C- Des savoir être
1) L’inventaire des savoir être
2) Les verbatim des locuteurs
Conclusion

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