L’enseignement en Libye Approche socio-historique et politique

L’enseignement en Libye Approche socio-historique et politique

La Libye est un pays arabe en voie de développement situé au nord du continent africain, sur la côte sud de la Méditerranée. Elle est limitée à l’est par l’Égypte, au sud-est par le Soudan, au nord-ouest par la Tunisie, au sud par le Niger et le Tchad et à l’ouest par l’Algérie. Le nombre d’habitants en Libye est faible par rapport à sa superficie qui est d’environ 1 775,500 km2 . Cette surface la classe au troisième rang des pays africains, après l’Algérie et le Soudan, et équivaut en gros à trois fois la superficie de la France (Burgat, F. et Laronde, A., 2003, p. 9). Elle comprend trois territoires : la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan .

Le système éducatif libyen est étroitement lié au système politique et au système économique. C’est en fonction des défis auxquels cette société fait face, ainsi qu’en fonction de son histoire que le système d’éducation est conçu. La Libye possède son propre système d’éducation qui reflète son histoire, son identité et les transformations géopolitiques régionales ou mondiales.

Ainsi, le système d’éducation ne peut s’inscrire que dans une dynamique évolutive dans le temps.

La Libye se situe dans l’Afrique du Nord, à mi-distance historiquement entre deux grandes universités arabo-musulmanes : l’université La Zitouna et l’université du Caire-Al-Azahar ; cette situation géographique a influencé de façon directe ou indirecte le système d’éducation au cours de son histoire. En fait, Tunis et le Caire sont les deux grandes villes qui ont constitué les principaux centres d’enseignement et de science dans le nord de l’Afrique. La Tunisie actuelle continue à exercer une influence notable sur l’ouest de la Libye et l’est de l’Algérie (la dynastie Hafsides, la dynastie Aghlabides ).

Pour bien comprendre l’évolution du système d’éducation en Libye, nous allons étudier les différentes périodes historiques, notamment en commençant par la période ottomane, puis en passant successivement par l’influence italienne, dans les années 1911 jusqu’en 1943, puis l’influence des administrations française et britannique (1944) avant d’en arriver au moment où la Libye devient un Etat souverain, le 24/12/1951, date de l’indépendance de la Libye. Pour cette dernière étape, nous distinguerons une première phase allant de 1952 jusqu’en 1969, période de la Libye royaume, et une deuxième phase allant de 1969 jusqu’à la chute de colonel Kadhafi en 2011. Ensuite, nous aborderons la dernière phase correspondant à la période de l’après février 2011, « la révolte contre le régime du Colonel Kadhafi» jusqu’à aujourd’hui.

L’espace nord-africain : un espace d’offre pour les études universitaires supérieures

La Libye se situe dans un espace géographique placé au carrefour de trois prestigieuses universités arabes de renommée internationale, au moins dans le monde musulman, dont la plus ancienne est celle de la Zitouna. Ainsi, l’apprentissage des sciences, pour les Libyens, s’est déroulé plus particulièrement à l’université de la Zitouna à Tunis, capitale de la Tunisie actuelle, et à l’université de « Al-azhar » au Caire. Pendant de nombreuses années, c’est dans ces universités que les Libyens ont pu s’engager dans des études supérieures.

Université de la Zitouna (Al-zaitouna) de Tunis (Tunisie)

L’université de la Zitouna est la première université fondée dans le monde musulman, en 737 apr. J.-C. (120 A.H). La Mosquée Zitouna a été la pierre angulaire de l’université Zitouna, à l’instar des universités américaines (Harvard University…) et anglaises (Oxford University…), dont l’église et les fondations religieuses constituaient le point de départ. À la suite du déclin progressif de Kairouan à partir du Xe siècle, une importance croissante a été accordée à Tunis devenue le centre de rayonnement économique, culturel et intellectuel de toute la région nord-africaine et même sub-saharienne (Alqatri, M. 1985, pp.86, 87). Ainsi, Tunis, à travers son  université, a retenu l’attention des étudiants maghrébins et, entre autres, des Libyens pour l’apprentissage du droit juridique mais aussi des sciences, des mathématiques et, plus tard, de la physique et de la médecine. En ce sens, nous pouvons constater que la coopération, appelée sous sa forme primitive « l’immigration pour la science», existait mais se manifestait de manière individuelle, c’est-à-dire en fonction d’objectifs de développement personnel.

Al-Zitouna s’affirme définitivement en tant que pôle universitaire lorsque la dynastie Hafside conquiert le royaume de l’Ifriqiya et fait de Tunis sa capitale. Al-Zitouna, ayant développé des programmes de formation des imams, des juges et d’une grande partie des lettrés, fournit les administrateurs et les fonctionnaires de l’État (Safa, I., 2010, pp. 83,84) et (Morsi, M., 1973, p. 117). Ainsi, Al-Zaitouna s’affirme dès lors comme le centre intellectuel de tout le royaume Hafside . La madrasa fournit une formation à la fois religieuse et littéraire mais s’ouvre aussi à l’enseignement de la physique, des mathématiques et de la géographie.

Université de Fès- al-Qarawiyyîn – 245 A.H 

Fatima el Fihriya, surnommée Oum al Banine (La mère des deux fils), est la fondatrice de la mosquée el-Qaraouiyyîn. Elle est née au IXe siècle et elle est originaire de Kairouan en Tunisie. Elle émigre avec sa famille à Fès, « au nord du Maroc ». Pour honorer son père, Muhammad Al-Fihri, qui est un riche commerçant, lorsqu’elle hérite de sa fortune, elle décide de dépenser son héritage au service de la science et plus particulièrement au profit sa nouvelle ville « Fès ». En 859, Maryam dirige la construction de la Mosquée des Andalous, tandis que Fatima entreprend d’agrandir la mosquée el-Qaraouiyyîn, qui sera la plus grande d’Afrique du Nord. Elle fait extraire tous les matériaux de construction d’un terrain voisin et fait le vœu de jeûner tous les jours jusqu’à la fin des travaux.

Au sein du pôle religieux et culturel de Fès, la mosquée el-Qaraouiyyîn fait aussi fonction d’université. Trois branches scientifiques ont été développées dans cette université à savoir : les sciences religieuses, les sciences littéraires et les sciences exactes (la médecine, la physique, les mathématiques). Cette université a contribué à produire de grands penseurs, théologiens, philosophes ou astronomes (Alqatri, M., 1985, pp. 104, 105).

Université Al-Azhar du Caire (Égypte)

Selon Amine, M., (2014, pp. 12,13), l’université Al-Azhar a été créée au début du règne de la dynastie fatimide  en Égypte (971) et elle a pris le nom de la mosquée du Caire, AlAzhar. L’université Al-Azhar a été, pour les Libyens, la destination la plus répandue pour apprendre la science.

L’éducation coloniale en Libye (ottomane, italienne, française et britannique) avant l’indépendance et ses effets

Soumise au pouvoir ottoman jusqu’au début du XXe siècle, la Libye se voit convoitée par l’Italie qui commence la conquête de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque à partir de septembre 1911. La conquête ne se fait pas sans coup férir : la résistance, structurée par la Confrérie Sénoussie, est forte. Après la Première Guerre mondiale, le gouvernement socialiste italien accorde un semblant d’autonomie aux territoires conquis, et Idriss Al Sénoussi est même placé à la tête de la Cyrénaïque, mais les Italiens reviennent sur leurs engagements, annulent le statut d’autonomie et Al-Sénoussi fuit en Égypte. Mussolini, arrivé au pouvoir en 1922, reprend les hostilités provoquant un nouveau sursaut nationaliste où se distingue Omar al-Mukhtar, figure emblématique de la résistance libyenne. En 1934, Mussolini réunifie les provinces de la Tripolitaine et la Cyrénaïque auxquelles il rattache le Fezzan. La Libye devient une colonie italienne : déjà bien avant 1940, près de 120 000 colons italiens y sont installés. L’Italie est défaite ; les Britanniques occupent la Tripolitaine et la Cyrénaïque et les Français libres le Fezzan. Plus tard, la Libye accède à l’indépendance, le 24 décembre 1951, et Idriss al Senoussi est proclamé roi. (Khader, B., 2011) .

Le système éducatif en Libye de l’époque ottomane à Caramanlis (1551-1911)

La Libye est entrée depuis 1551 dans une nouvelle ère que les historiens appellent le premier Pacte ottoman, qui s’est terminé en 1711 avec l’arrivée au pouvoir d’Ahmed Pasha QaraManley.

La domination ottomane s’étendait sur toutes les régions, de Tripoli à Fezzan en passant par la Cyrénaïque. La direction des affaires était dans les mains des pachas nommés par le sultan. Mais, un siècle après, cette domination a laissé apparaître des faiblesses. Elle s’était effritée car l’ingérence d’autres nationalités européennes jouait un rôle important. Parmi celles-ci, on peut citer les Russes, les Grecs, les Bulgares, les Roumains, les Arméniens. Par ailleurs, avec l’alliance britannique et arabe qui a perdu la guerre mondiale, on avait une nouvelle direction, celle du califat, qui était incapable de protéger ses mandats, d’imposer l’ordre et leur contrôle. Les forces de ces nouveaux dirigeants s’étaient dissipées avec le concours des caprices des soldats qui étaient plutôt animés d’envie de conspiration et de violence. Du fait de cette situation, il arrivait au gouverneur de quitter parfois son poste pendant plus d’un an. Pour la période de 1672-1711, vingt-quatre arbitres (Walia) se sont relayés pour la gestion du pays. À l’occasion de ces moments difficiles, les citoyens libyens ont beaucoup souffert d’horreurs en raison de l’insécurité et de l’instabilité (Sheikh, R., 1972, pp. 32, 33).

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Table des matières

Introduction générale
Contextualisation de la recherche
Chapitre I. L’enseignement en Libye Approche socio-historique et politique
I.1 L’espace nord-africain : un espace d’offre pour les études universitaires supérieures
I.1.1 Université de la Zitouna (Al-zaitouna) de Tunis (Tunisie)
I.1.2 Université de Fès- al-Qarawiyyîn – 245 A.H
I.1.3 Université Al-Azhar du Caire (Égypte)
I.2 L’éducation coloniale en Libye (ottomane, italienne, française et britannique) avant l’indépendance et ses effets
I.2.1 Le système éducatif en Libye de l’époque ottomane à Caramanlis (1551-1911)
I.2.2 L’Italie et l’éducation en Libye (1911-1943)
I.2.3 L’administration franco-britannique (1943-1952) : un œil sur le Fezzan
I.3 Le cas particulier de l’enseignement en Libye : Approche socio-historique
I.3.1 Le système d’éducation de la Libye moderne et le contexte de la post-indépendance
I.3.2 Le Royaume de Libye, 1951-1969 : un contexte particulier
I.3.3 La Libye de Kadhafi : un essai de progrès du système éducatif (1969-2011)
I.3.3.1 L’enseignement préscolaire
I.3.3.2 L’éducation de base
I.3.3.3. L’éducation secondaire
I.3.3.4 La phase des études universitaires supérieures
I.3.4 La Libye post Kadhafi : Le fonctionnement d’un système d’éducation face aux défis du monde contemporain
Conclusion du premier chapitre
Chapitre II. Pré enquête : Le cas de l’université de DJEBEL ALGHARBI
II.1 Contexte et projet de recherche
2.2 Analyse et interprétation des données
2.2.1 Classification et analyse des données
2.2.2 Les spécificités de l’application de la démarche qualité
II.3 Les résultats
Conclusion du second chapitre
Chapitre III. Le système éducatif libyen au regard des influences philosophiques et éducatives
III.1 Qu’est-ce que la philosophie de l’éducation ?
III.2 Les fins de l’éducation
III.2.1 La nature humaine de l’éducation
III.2.2 Finalités de l’éducation
III.2.3 Les paradoxes de l’éducation
III.3 Les institutions éducatives
III.3.1 La famille
III.3.2 L’école
III.3.3 L’université
III.4 L’importance de la philosophie de l’éducation
III.5 Les valeurs et l’éducation
III.5.1 La tentation du positivisme
III.5.2 La tentation relativiste
III.5.3 La tentation de l’indifférence
III.6 L’éducation au carrefour de la liberté
III.7 Tendances de la philosophie de l’éducation
III.7.1 La tendance naturelle de la philosophie de Jean-Jacques Rousseau
III.7.2 Philosophie de l’éducation « pragmatique » chez John Dewey
Conclusion

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