L’endurance en course à pied en milieu scolaire, des activités ludiques pour le plaisir

Généralités sur l’éducation physique et sportive à l’école

   Dans le canton de Vaud, l’enseignement de l’éducation physique cherche à atteindre une diversité d’objectifs. Le Plan d’études romand (CIIP, 2010) laisse une place importante à la condition physique. Une des visées prioritaires réside dans le développement des ressources physiques et motrices. Il s’agit de « mobiliser ses capacités physiques pour améliorer sa condition physique et se maintenir en bonne santé » (page 54). Ainsi, l’élève est amené à « découvrir les principales fonctions physiologiques, acquérir un comportement responsable à l’égard de sa santé et de celle des autres, entraîner sa condition physique de manière équilibrée (force, vitesse, endurance et adresse), identifier et appliquer les règles de sécurité spécifiques aux diverses pratiques sportives et exercer des activités dans divers environnements (camps, journées de sport) » (page 55). Les contenus des anciens documents officiels de l’enseignement vaudois sont relativement proches. En éducation physique, on cherche à « développer des connaissances et des comportements assurant l’épanouissement corporel et la préservation de sa propre santé, l’aisance et des capacités motrices et physiques, le goût du jeu sportif et de l’expression corporelle ». Dans le Plan d’étude vaudois (DFJC, 2007), on avance qu’on pratique l’éducation physique et sportive à l’école notamment pour « être à l’écoute de son corps, optimiser ses ressources personnelles ; se sentir bien, en forme et en bonne santé, explorer ses possibilités, mesurer ses limites ; entraîner et améliorer ses performances et se confronter à soi-même, aux autres, aux éléments ; vivre des émotions, des défis, des aventures » (page 5-1). Dans tous les cycles, on distingue le savoir-être, le savoir-faire et le savoir. Dans ces trois domaines, l’accent est respectivement mis sur « l’amélioration de la perception de son corps, du dosage de l’énergie et de la maîtrise des mouvements » (page 5-2), « l’amélioration de l’endurance, de la vitesse, de la force et de la souplesse » (page 5-3) et « la connaissance de la structure et l’organisation d’une activité sportive et d’un entraînement » (page 5-4) ainsi que sur « le transfert de ces comportements maîtrisés, des aptitudes développées et des connaissances acquises dans d’autres contextes scolaires et extra-scolaires » (page 5-4). L’effort physique perçu comme source de plaisir se situe au cœur de notre travail. A ce sujet, le règlement sur la promotion de la santé et la prévention en milieu scolaire adopté le 31 août 2011 impose de « favoriser la participation active des enfants en prenant en compte leur âge, leur développement et leurs besoins avérés » (article 6, alinéa 3). Il faut viser à « la construction de l’estime de soi et de l’identité » (article 6, alinéa 3). Ce règlement qui représente un cadre très général préconise une promotion de l’éducation physique dont le but est de « maintenir et d’accroître, sur le plan individuel et collectif, la santé physique, mentale et sociale des enfants et des jeunes scolarisés » (article 1, alinéa 2). Il s’agit également « en collaboration avec les familles, de contribuer au développement harmonieux des enfants et des jeunes, ainsi qu’à leur bien-être et à leur intégration dans l’établissement » (article 1, alinéa 2). Finalement, on doit chercher « à créer des conditions favorables à leurs apprentissages » (article 1, alinéa 2). On voit donc que l’activité physique des enfants se trouve au cœur d’enjeux de santé publique considérables.

L’endurance en course à pied en milieu scolaire, des activités ludiques pour le plaisir

   Dans la partie précédente, nous avons vu quelques généralités sur l’enseignement de l’éducation physique à l’école. Les extraits des plans d’étude vaudois et romand montrent que l’endurance en course à pied est une discipline qui est au service de nombreux objectifs prévus. Elle est liée à des éléments centraux de la pédagogie de l’éducation physique tels que la condition physique et la santé. L’endurance en course à pied se situe donc dans un univers qui permet de concrétiser certaines composantes préconisées par le Plan d’études romand. En effet, on peut articuler de nombreuses compétences en variant les activités dans le cadre de ce thème. Les moyens d’y parvenir sont variés. L’époque des tours de terrain rébarbatifs est en effet révolue. Comme nous le verrons par la suite dans ce cadre théorique, les différentes ressources utilisées par les enseignants préconisent des activités variées et ludiques. C’est notamment le cas des manuels officiels de l’enseignement de l’éducation physique et sportive dans le canton de Vaud (Bucher, Baumberger et Müller, 2004). Ces derniers sont adaptés à l’âge des élèves et constituent un réservoir important d’activités motrices à réaliser à l’école. Aujourd’hui, l’enseignant en éducation physique doit faire preuve d’originalité et de rigueur dans sa démarche. Les manuels officiels évoqués ci-dessus l’encouragent à aborder cette discipline avec des regards diversifiés. « Courir est un mouvement naturel » (brochure 4 du manuel 4, page 2). Il s’agit d’un mouvement de base que chaque enfant utilise lorsqu’il joue. Les manuels officiels prônent des « activités ludiques et spontanées qui contribuent à l’évolution physique, intellectuelle et sensorielle de l’enfant dans sa globalité » (page 2). On cherche à développer ses perceptions corporelles, ses capacités de concentration, de coordination et sa condition physique en le faisant participer à une multitude d’expériences motrices. On ne vise plus la performance à tout prix. A la compétition s’est substituée une approche dans laquelle la porte d’entrée est constituée par les sens. L’obsession du plus rapide laisse la place à la dimension des sensations. Les manuels officiels mettent par exemple en avant l’esthétique et l’harmonie de la course. On propose aux élèves de courir à pieds nus pour expérimenter différentes sensations corporelles et motrices. Les élèves sont amenés à prendre conscience de leur respiration et de leur fréquence cardiaque durant un effort de longue durée. De plus, les jeux sont privilégiés pour intégrer les capacités transversales de coopération dans les activités de course à pied. La qualité est préconisée à travers un « large spectre et un enseignement varié » (page 2) de mouvements « plaisants, exigeants et ludiques » (page 2). Les performances mesurables gardent néanmoins une certaine présence dans l’endurance en course à pied. Mais plutôt que de se mesurer aux autres, on vise plutôt un défi avec soi-même. On encourage les élèves à adopter une attitude positive face à la performance et la motivation doit provenir d’eux-mêmes. Pour parvenir à ces objectifs, le chapitre courir des manuels officiels propose des «expériences motrices multiples » (page 3) telles que des jeux de course et de poursuite, des courses de vitesse, des courses d’endurance et des passages d’obstacles. On cherche également à donner du sens à la course (brochure 4 du manuel 5, page 2). Pour cela, on ne s’appuie pas sur la performance et la compétition qui ne présentent qu’un intérêt secondaire pour certains élèves. Les enseignants sont encouragés à évoquer « la santé, la collaboration ou encore la créativité » (page 2). De plus, pour les concepteurs des manuels, l’estime de soi et le besoin d’accomplissement doivent être développés au travers de l’athlétisme à l’école. Dans le manuel 5 de la brochure 4 destiné à l’enseignement auprès des élèves des 8ème au 11ème degrés Harmos, parmi les composantes de la condition physique, on met un accent particulier sur l’amélioration de l’endurance. On cherche à faire courir les élèves sans interruption pendant un nombre de minutes correspondant à leur âge (page 12). Cet élément précis correspond à une attente fondamentale du Plan d’études romand (page 55). Il s’agit d’une performance que tous les élèves doivent être capables d’atteindre en fin de 8ème année Harmos. La vitesse et la distance parcourue n’importent que peu. Le critère de réussite est de courir sans marcher. La performance est individualisée en fonction des capacités. Pour y parvenir, on avance pas à pas et on montre régulièrement aux élèves les progrès réalisés. En parallèle à l’entraînement par le jeu, les élèves apprennent des techniques de course économique afin de favoriser le bien-être durant l’effort. Ainsi, on insiste sur différents éléments à travailler (Bucher, Baumberger et Müller, 2004, manuel 5 de la brochure 4, page 4) : la régularité de la respiration (expirer et inspirer sur le même nombre de foulées), la régulation de la vitesse (vitesse qui permet de parler avec son camarade) et le contrôle du pouls (entre 150 et 170 pulsations par minute) et l’augmentation ponctuelle des pulsations (au delà de 150 à 170 pulsations par minute durant au moins 10 minutes trois fois par semaine). De plus, il s’agit de faire comprendre aux élèves qu’un entraînement régulier permet l’amélioration des performances.

Deux modalités : le travail continu lent et le travail intermittent

  Notre étude empirique observe les perceptions des élèves lors de séances d’éducation physique. Nous verrons par la suite que, lors de ces séances, nous faisons varier différents paramètres. L’un d’eux réside dans la modalité d’entraînement : le travail continu lent et le travail intermittent. Il convient ici de s’arrêter sur ces notions afin de les éclaircir. Le travail continu lent (TCL) passe par « une charge de travail continue, de longue durée, menée avec la même intensité ou avec de petits changements de rythme » (Altdorfer et al.,2002, page 4). Cette méthode permet d’augmenter la capacité aérobie dont nous avons parlé ci-dessus. On parle ici de l’endurance fondamentale qui constitue la « base de la pyramide pour tous les sports en phase de préparation » (op. cit.). Avec le travail intermittent (TI), on alterne les phases de travail et de récupération. On l’appelle également Interval Training, entraînement fractionné ou intermittent. La phase de récupération peut être active (trottiner) ou passive (arrêt). Lorsqu’on planifie un tel entraînement, il s’agit de choisir la charge de travail, le nombre de répétitions et le temps des phases de travail et de récupération. On attribue à cette modalité d’entraînement une multitude d’effets : « économie du métabolisme, amélioration de la régulation cardiaque,de la capillarisation et de la consommation d’oxygène » (op. cit.). Ces deux modalités présentent donc des caractéristiques distinctes.

L’importance du mouvement chez nos élèves. Face à la difficulté de l’effort, comment générer de la motivation et du plaisir ?

   Dans cette partie, nous revenons sur différents éléments du cadre théorique. Il s’agit de synthétiser ce que nous avons vu précédemment en l’enrichissant afin de montrer en quoi ce chapitre peut contribuer à notre étude. Nous allons donc répéter certaines idées déjà exposées tout en faisant quelques parenthèses qui servent notre propos. La mise en mouvement des élèves dans les différentes modalités d’entraînement ne peut pas avoir lieu sans motivation. Cette dernière constitue un des axes principaux de notre étude. En effet, au travers de nos questionnaires, nous nous intéressons à la perception des élèves quant à leur investissement dans la tâche qui leur est demandée. Nous établissons donc un lien entre leur investissement et leur motivation. Pour nous, ces deux éléments sont corrélés. Dans cette partie, nous proposons d’aborder cette notion sous un angle théorique. Par la suite, dans l’analyse de nos résultats et la discussion, nous établirons quelques liens entre les dimensions théorique et empirique de la motivation. Jurgen Weineck (1983) définit l’endurance par « la faculté de résister à la fatigue, quelle que soit son origine. » La conception populaire quant à elle est plus réductrice. Elle est très généralement associée à des exercices de longue durée, réalisés à une intensité faible et constante (Millet, 2006). Intéressons-nous maintenant à quelques statistiques concrètes qui concernent la motivation de nos sujets. Les chercheurs se sont penchés sur les motivations à faire du sport des enfants de 10 à 14 ans (Lamprecht et al., 2008). La recherche du plaisir arrive en première position. La santé est aussi une source de motivation puisqu’elle arrive en deuxième place. Viennent ensuite les questions de performance et de moments passé avec autrui. La compétition quant à elle se retrouve en fin de classement des motivations. Nous verrons par la suite si ces éléments se retrouvent dans les perceptions de nos élèves. Les couleurs du tableau ci-dessous permettent d’illustrer visuellement l’importance attribuée aux différentes motivations évoquée ici. Le vert est utilisé pour exprimer une motivation considérée comme très importante, le bleupour une motivation importante, le jaune pour une motivation pas très importante et l’orange pour une motivation pas du tout importante. Pour chacune des motivations proposées, la répartition des réponses est exprimée en pourcents. Différentes motivations chez les enfants (en % de tous les sportifs) Tiré de Lamprecht et al., 2008 Afin de générer de la motivation, le maître d’éducation physique fait découvrir aux élèves une variété de moyens pour travailler l’endurance. Cela constitue d’ailleurs une de ses missions (Plan d’études romand, pages 55 et 58 et Bucher et al., pages 2 et 14 de la brochure 4 du manuel 4 et pages 2 et 4 du manuel 5 de la brochure 4). Cet enjeu est capital dans notre société où le goût de l’endurance et de l’activité physique tend à être insuffisant. En effet, selon l’OMS (2002), 60 à 85% de la population adopte un mode de vie sédentaire. Ces questions de santé publique se manifestent par le fait que deux enfants sur trois n’ont pas une activité physique suffisante, ce qui entraîne de graves conséquences pour leur santé future, comme par exemple certaines maladies métaboliques. Il s’agit dès lors de réagir et, selon nous, l’institution scolaire représente un vecteur de sensibilisation privilégié. Proposer des méthodes d’entraînements variées constitue certainement un levier efficace pour développer l’autonomie des élèves dans une démarche de santé. Cette diversité peut passer par la mise sur pied d’activités hétérogènes : utiliser le travail continu lent ou intermittent, pratiquer différents jeux, individualiser le rythme de course, donner des challenges ou apprendre aux enfants à sentir leur pouls et à le mesurer par exemple.

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Table des matières

1. Introduction
2. Cadre théorique
2.1 Généralités sur l’éducation physique et sportive à l’école
2.2 L’endurance en course à pied en milieu scolaire, des activités ludiques pour le plaisir
2.3 L’endurance en course à pied hors du cadre scolaire
2.4 Dimension physiologique de l’endurance en course à pied
2.5 Deux modalités : le travail continu lent et le travail intermittent
2.6 10 à 12 ans, l’âge d’or
2.7 L’importance du mouvement chez nos élèves. Face à la difficulté de l’effort, comment générer de la motivation et du plaisir ?
3. Question de recherche
4. Méthodologie
4.1 Les séances
4.2 Les questionnaires
4.2.1 Questionnaires après chaque séance
4.2.2 Questionnaire final
5. Résultats et analyse
5.1 Questionnaire pour chaque séance
5.2 Questionnaire final
5.3 Résumé des principaux résultats
6. Discussion
7. Limites et perspectives
8. Conclusion
9. Références bibliographies
10. Annexes
10.1 Questionnaires
10.2 Lettre aux parents
10.3 Les 6 séances
10.4 Graphiques des résultats pour la question 4

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