L’ÉLOGE D’HÉLÈNE DE GORGIAS

LA NATURE ET LA RESPONSABILITÉ D’HÉLÈNE DANS L’ÉPOPÉE HOMÉRIQUE : UNE NATURE AMBIVALENTE POUR POINT DE DÉPART.

  Ce n’est pas ici le lieu d’étudier de façon exhaustive ni approfondie les sources littéraires représentant Hélène, et qui ont déjà fait l’objet de nombreuses études . La présentation qui suit ne s’attache qu’à souligner que l’épopée homérique dresse le portrait d’une héroïne fondamentalement ambivalente. Dans l’épopée, Hélène est en effet l’épouse de deux maris ; une ambiguïté subsiste sur son statut divin ou humain. L’Iliade pose sans la trancher la question de sa responsabilité, mais Hélène, responsable ou non, est étroitement liée à la guerre. Jamais l’aède ne prononce à son encontre une parole de blâme, en revanche il condamne à trois reprises Pâris, entre autres pour le jugement qu’il a rendu lors de la querelle de beauté qui a opposé les déesses Athéna, Héra et Aphrodite : il y est question de son égarement, ἄτη, lorsqu’il a fait le choix d’Aphrodite, et avec elle de la lubricité, μαχλοσύνη . Les héros engagés dans la guerre posent quant à eux des regards différents sur la fille de Zeus. Le seul blâme explicitement formulé est celui d’Achille, au chant XIX : après la mort de Patrocle, il déclare que la guerre qu’il mène est pour Hélène « qui inspire l’horreur », ῥιγεδανή. Il est toutefois fait allusion à plusieurs reprises au blâme qui est ou pourrait être formulé contre Hélène, tandis qu’à l’inverse, d’autres voix la défendent. On ne mentionnera qu’un seul chant, qui illustre mieux que tout autre cette multiplicité de voix, le chant III. Ce dernier est consacré à l’épisode du duel qui oppose Ménélas et Pâris, organisé pour tenter de régler définitivement le conflit qui les oppose : tous deux s’engagent à rendre Hélène au vainqueur. Quoique Pâris soit vaincu, l’intervention  d’Aphrodite lui permet de ne pas mourir sous les coups de Ménélas et de retrouver Hélène dans sa chambre. Tandis qu’ils s’unissent, Ménélas cherche en vain son adversaire sur le champ de bataille et les guerriers troyens et achéens finissent par reprendre les combats. La scène a été interprétée par Ph. Rousseau comme une refiguration du rapt initial d’Hélène par Pâris: elle rappelle le rôle joué par les divinités dans le déclenchement de cette guerre (tous les pactes que les hommes souhaiteraient conclure ne pourraient bouleverser les plans destructeurs de Zeus, et Aphrodite est à la manœuvre pour réunir les époux) et pointe la transgression commise par Pâris, qui, malgré sa défaite et le pacte qu’il a conclu devant tous les guerriers, s’empresse de s’unir à Hélène. Avant que le duel ne débute, Hélène est invitée par Iris à se rendre sur les remparts de Troie pour observer la scène. Elle y rencontre les vieillards troyens et Priam. Les premiers admirent la beauté de la fille de Zeus et jugent que la guerre pour elle est justifiée mais que la prolongation de son séjour dans la ville devient un fléau, πῆμα. Ainsi, les vieillards ne blâment pas Hélène, mais ils en font une figure funeste et le fait même qu’ils affirment qu’il n’y a pas lieu de s’indigner de la guerre pour elle suggère que d’autres individus, eux, s’indignent .Aussitôt après, Priam invite Hélène à le rejoindre en insistant sur le fait qu’elle n’est cause (αἰτίος) de rien dans cette guerre : seuls les dieux sont responsables. Le vieux roi troyen considère non seulement, comme les vieillards de Troie, que le blâme d’Hélène n’a pas lieu d’être, mais en outre il ne l’associe pas aux malheurs. Hélène lui répond en s’insultant elle-même de chienne

Gorgias et son Éloge d’Hélène

  Originaire de Léontinoi, en Sicile, où il aurait été élève d’Empédocle, Gorgias est un des sophistes qui contribuent à l’éducation des jeunes Grecs et au développement de la pensée critique dans la seconde partie du Ve siècle . Les sophistes ont longtemps pâti de la difficulté à définir leurenseignement et d’une réputation négative, qui résulte de la lecture au pied de la lettre qu’on a pu faire de la présentation des démagogues (Thucydide) ou de la caricature de Socrate en sophiste qui  enseignerait à vaincre sans moralité aucune (comme dans les Nuées d’Aristophane). H-I. Marroux, dans son étude consacrée à l’histoire de l’éducation dans l’Antiquité publiée en 1948, a contribué à réviser cette réputation, en affirmant que les sophistes se donnaient pour première tâche de former des hommes politiques : ceci implique qu’ils délivraient un enseignement pratique pour aider à la prise de parole, mais qu’ils développaient aussi d’autres sujets d’étude et d’autres réflexions, chaque sophiste selon ses centres d’intérêt. Même si, nous en reparlerons plus loin, le contenu de leur enseignement rhétorique fait débat, il est désormais reconnu que l’opposition entre une sophistique immorale et aux objectifs pratiques et une philosophie aux réflexions morales et théoriques, qu’on a longtemps cru percevoir, ne paraît plus pertinente : l’idée est désormais partagée que l’éducation délivrée par les sophistes est libérale avant d’être technique. Les trois discours de Gorgias conservés ou dont on connaît l’intégralité du contenu ont, eux aussi,bénéficié d’une relecture qui a permis de remarquer qu’ils témoignaient d’une pensée philosophique et d’une réflexion sur le discours. Le premier, le Traité du Non-Être, ne nous est connu que par deux sources indirectes qui en proposent une paraphrase : le traité anonyme De Melisso, Xenophane, Gorgia, etle traité Contre les savants de Sextus Empiricus. Dans ce traité philosophique, Gorgias affirme sans doute sa position contre l’éléatisme et répond plus particulièrement au traité Sur l’être de Parménide. Trois thèses se succèdent, selon lesquelles rien n’existe, que même si quelque chose existait, elle serait impossible à connaître, et que même si on pouvait la connaître, elle resterait incommunicable . Le traité du Non-Être énonce par conséquent l’idée qu’il est impossible de connaître et de communiquer la vérité. La Défense de Palamède, conservée entièrement, se base quant à elle sur un sujet mythologique : Gorgias imagine la défense prononcée par Palamède lorsqu’il fut accusé à tort par Ulysse d’avoir collaboré avec les Barbares. La parole de Palamède est tout entière une défense de son cas et aucune réflexion théorique n’y est développée, contrairement au traité du Non-Être, néanmoins elle offre matière à réflexion sur la puissance de l’argumentation. Dans sa défense, le héros injustement accusé démontre que l’hypothèse de sa trahison est invraisemblable. L’argumentation logique est basée sur la vérité (il serait, d’après les sources qui nous sont parvenues, innocent), et pourtant, il sera condamné à mort : nous sommes invités à comprendre que l’argumentation de Palamède n’a pas convaincu face à celle d’Ulysse et aux fausses preuves que ce dernier a présentées pour le confondre  . L’Éloge d’Hélène propose quant à lui une présentation du λόγος et de sa puissance qui a été beaucoup commentée et sur laquelle nous reviendrons. Mais cette présentation a souvent été étudiée indépendamment du reste du discours, qui, en dehors des commentaires de l’intégralité de l’éloge, n’a pas bénéficié de la même attention soutenue. Il apparaît qu’on s’est beaucoup intéressé à cette réflexion théorique, ainsi qu’au mode de fonctionnement de l’argumentation , mais la cohérence générale du discours et son enjeu premier, louer Hélène, ont bénéficié d’un intérêt moindre. L’éloge de Gorgias est daté aux environs de 4153 . Il s’emploie à montrer que, même si elle est bien allée à Troie, la fille de Zeus n’est pas coupable : s’il y a une responsabilité, elle est à chercher du côté de la cause qui a entraîné son départ. Son éloge est pour une large partie une étiologie du départ d’Hélène. Il contribue sans doute à des réflexions contemporaines sur la notion de responsabilité : les deuxième et troisième Tétralogies d’Antiphon, contemporain de Gorgias, portent elles aussi sur cette question (en se demandant si l’on peut être accusé pour un homicide involontaire, résultant d’un concours de circonstances, dans la seconde tétralogie, ou d’un homicide volontaire, mais commis par une personne qui ne disposait pas de tout son jugement au moment des faits).

La fonction de l’éloge d’Hélène.

   C’est surtout la question de la fonction que chaque auteur donnait à son éloge qui a alimenté les discussions : K. Tuszynska-Maciejewska, l’une des premières à comparer la fonction de leurs discours, souligne que l’éloge fournit à Gorgias l’occasion de montrer que le discours peut associer le travail stylistique de la poésie à la réflexion logique. Par ce biais, il louerait à la fois Hélène et l’art de la persuasion. Par contre, Isocrate userait de ce sujet pour défendre ses idées politiques et morales. Tuszynska-Maciejewska accorde donc au discours d’Isocrate une fonction pédagogique, tandis que celui de Gorgias aurait avant tout une fonction démonstrative. Cette nette distinction n’a pas été suivie, dans la mesure où la fonction pédagogique de l’éloge du sophiste a également été reconnue. Mais son contenu pédagogique, comme celui de tout discours sophistique, a fait débat. Avant d’en venir à comparer la valeur pédagogique des deux éloges, il faut rappeler les termes de ce débat sur la nature de l’enseignement des sophistes. Il naît d’un double constat. Premièrement, le terme ῥητορική et le concept d’art rhétorique, τεχνὴ ῥητορική, n’apparaissent qu’au IVe siècle chez Platon. On s’est donc demandé si avant cela, une forme de théorie rhétorique avant la lettre existait tout de même ou non. Deuxièmement, des témoignages ont semblé évoquer le fait que Gorgias avait élaboré des sortes de manuels servant à enseigner l’art du discours, ou plus précisément présentant des exemples de discours. Le premier témoignage est un passage des Réfutations sophistiques d’Aristote, quicondamne l’enseignement du discours par les éristiques en le comparant, semble-t il, à celui de Gorgias : ces deux formes d’enseignement n’ont rien de technique, puisqu’elles consistent à donner aux étudiants des arguments à apprendre par cœur . Le second témoignage est de Diodore de Sicile, qui mentionne quant à lui le fait que Gorgias aurait inventé des manuels de technique rhétorique . De ces constatations, un débat est né au sujet de l’existence ou non d’un art de la rhétorique avant Platon et de sa transmission. Ce débat a d’abord opposé, dans les années 1980, deux savants, E. Schiappa et J. Poulakos. Selon Schiappa, en l’absence de terme ῥητορική, on ne peut envisager l’existence d’un art rhétorique qui aurait été enseigné . Tout au plus peut-on dire qu’il était pratiqué. Poulakos considère au contraire que, même si le mot ῥητορική n’existait pas encore, cela n’implique pas nécessairement que la rhétorique n’était pas déjà une discipline, avec ses règles . Schiappa a affiné par la suite sa réponse en affirmant qu’un discours tel que l’Éloge d’Hélène contribuait aux innovations de la prose et participait de l’élaboration de la « rhétorique » : celle-ci serait un art en cours d’élaboration, ce qui impliquerait que le public n’aurait pas encore d’attente précise par rapport à ce qu’il entendrait . Cette question entraîne celle du contenu de l’enseignement que pouvaient délivrer les sophistes en général et Gorgias en particulier. Se plaçant dans la lignée de Schiappa, T. Cole considère que l’éloge d’Hélène proposé par Gorgias ne serait pas un modèle de discours tout fait, prêt à être appliqué à une autre situation tel quel : les arguments qu’il traite sont trop variés pour être appliqués à une seule affaire. L’éloge serait néanmoins une boîte à outils qui contiendrait, de façon condensée, tout le matériel dont l’apprenti rhéteur aurait besoin, et de laquelle il pourrait extraire certains arguments pour les reprendre. Parmi les tenants, dans la lignée de Poulakos, de l’autre hypothèse du débat, selon laquelle il existerait déjà une discipline rhétorique, le discours n’est pas considéré comme une boîte à outils.Selon A. Ford, considérer que c’est là le rôle de l’éloge d’Hélène ou de tout autre discours sophistique reviendrait à occulter le fait que les sophistes ne sont pas de simples professeurs d’argumentation : la formation politique qu’ils délivrent à tous ceux qui aspirent à diriger la cité implique à la fois un apprentissage technique du discours (quand bien même le nom « rhétorique » n’existerait pas encore),un apprentissage de diverses connaissances (selon les centres d’intérêt de chaque sophiste) et enfin un apprentissage de l’ἀρετή. L’Éloge d’Hélène, comme tout autre discours sophistique, ne saurait être cantonné à un recueil d’exemples prêts à l’emploi

Une réflexion commune sur le discours et le développement d’une vérité à travers le cas d’Hélène.

  Rambourg, dont l’étude n’est pas spécifiquement consacrée aux deux éloges, les présente comme deux étapes successives qui aboutissent à l’élaboration par Aristote d’un relevé et d‘une étude des lieux communs : elle intéresse toutefois notre sujet en ce qu’elle montre que progressivement, on a reconnu aux discours de Gorgias et d’Isocrate un intérêt commun pour l’argumentation et pour l’enseignement de cette argumentation. C’est d’ailleurs à la même époque que la publication de la monographie de Rambourg que d’autres études ont souligné que, outre les enjeux propres à chacun des éloges dont nous parlerons dans le corps de notre travail, Gorgias et Isocrate avaient en commun de proposer, à travers le cas fictif d’Hélène, leur propre conception du discours et leur propre conception de la vérité. R. Nicolai a montré que tous deux identifient (Gorgias dans l’Éloge d’Hélène, Isocrate dans d’autres compositions) différents genres de discours et discutent des spécificités de chacun. Ils contribuent à la caractérisation des différents genres (genres littéraires, dit Nicolai) et donnent ainsi une valeur métadiscursive à leurs discours. Et tous deux, forts de cette analyse, proposent dans leur éloge d’Hélène, leur propre conception du discours. En accord avec les conclusions de Nicolai, C. Brunello souligne que nos deux auteurs proposent aussi leur propre conception de la vérité. Ils se rejoignent, ditelle, en considérant que la vérité que le discours énonce est autonome par rapport à la réalité des faits : à partir de la tradition mythique, Gorgias développe un raisonnement logique intemporel, où la vérité dépend de la logique interne du discours et de la cohérence de l’argumentation. Chez Isocrate cette fois, le propos s’appuie sur les récits traditionnels et développe une lecture des faits de sorte à ce qu’elle prenne une valeur politique et morale

Les difficultés que pose l’éloge.

  Le discours pose un certain nombre de difficultés de compréhension. Outre les problèmes de transmission du texte, outre la difficulté de la syntaxe, la progression de l’argumentation n’est pas toujours claire : le long développement des deux dernières causes paraît s’éloigner du sujet d’Hélène et de son départ à Troie. Mais ce sont surtout trois problèmes qui ont largement dominé l’interprétation du discours. Les deux premiers sont indissociables : ils concernent 1) la cohérence de l’éloge ; 2) la présentation qu’il donne du λόγος, de son pouvoir persuasif et de sa fonction. En effet, pour expliquer le départ d’Hélène à Troie, Gorgias analyse le pouvoir de quatre forces capables de contraindre les hommes et qui ont pu contraindre Hélène à quitter Sparte. Parmi ces forces se trouve le λόγος, présenté comme capable de persuader et de tromper les hommes à sa guise, en raison de leur incapacité à connaître les événements. Or, dans son exorde, Gorgias prétend dire la vérité au sujet d’Hélène et la montrer aux auditeurs. Comment concilier cette annonce initiale et la présentation du caractère trompeur et persuasif du discours ? La difficulté majeure de l’Éloge d’Hélène est donc celle de sa cohérence. La critique s’est penchée surce problème avec d’autant plus d’intérêt que cette présentation du λόγος, qui instaure une tension entre persuasion – tromperie d’une part et vérité d’autre part, est le fait d’un orateur qui a contribué au développement de l’enseignement de la parole à Athènes et qui a été considéré comme un des précurseurs de la sophistique (art dont Platon, Isocrate ou Aristote ont pu critiquer l’usage immoral de la parole). 3) La troisième difficulté majeure concerne la mention finale du παίγνιον : on se demande dans quelle mesure il invite à une relecture d’un discours qui jusqu’ici a défendu sa cause sans suggérer qu’il y avait là un jeu. Le refus d’une lecture de l’éloge à la lumière du Non-Être et la mise en valeur de la pluralité des discours. Le rapprochement de l’éloge et du traité du Non-Être dont on vient de parler, effectué essentiellement par les études philosophiques et qui aboutit à l’idée que toute forme de connaissance du monde et de vérité est impossible, a gêné les partisans d’une approche plus rhétorique de l’éloge : ces derniers soulignent que ces textes n’ont pas la même ambition ni la même perspective : défendre un cas particulier pour le premier, discuter de théories philosophiques pour le second, mais aucun des deux n’érige une nouvelle théorie . Le second reproche qui a été fait à une partie de ces lectures est qu’elles ne distinguent pas différents types de discours ; elles reconstituent l’idée d’un fonctionnement type d’un discours-type, sans tenir compte des nuances : l’éloge que Gorgias construit au sujet d’Hélène ne repose pas sur les mêmes fondements logiques que les discours argumentatifs présentés au § 13 (les discours des météorologues qui traitent d’un monde invisible pour lequel nous n’avons aucune certitude ; les discours de la scène politique et judiciaire qui ont un enjeu pour les citoyens, ou les joutes philosophiques, où il faut faire face aux arguments de l’adversaire). De même, ces discours du § 13 n’ont pas pour ambition de susciter des émotions fortes, comme le font par contre la poésie ou les épodes évoquées aux § 8 et 9. Des chercheurs invitent donc plutôt à considérer que le discours, selon Gorgias, est en soi un medium neutre, que le locuteur exploite à sa guise . Or dans l’éloge d’Hélène, rien ne permet d’affirmer qu’absolument aucun discours n’est porteur d’une forme de connaissance et de vérité. La possibilité que certains discours puissent donc proposer une connaissance sur le monde est développée à partir de la publication de l’article de G. Bona en 1974 : il ouvre la voie à l’hypothèse selon laquelle il serait possible de s’approcher d’une forme de vérité au moyen de la réflexion logique. La vérité est accessible grâce au λογισμός, le mode de raisonnement que Gorgias se propose dans son exorde, au § 2, d’employer pour montrer qu’Hélène a jusqu’ici été calomniée. Pour G. Mazzara, le discours, à défaut de pouvoir accéder à la vérité exacte, peut reconstruire une vérité présumée en s’attachant au vraisemblable : dans l’éloge d’Hélène, ce serait la recherche des événements vraisemblables qui permettrait d’aboutir à sa disculpation. On remarquera toutefois au cours de l’analyse du § 5 que Gorgias ne fait pas mention du vraisemblable : ce n’est pas le sens que prend le terme εἰκός dans ce passage. Le fondement logique de la vérité se trouve donc ailleurs.Pour Bona comme pour d’autres chercheurs après lui , la vérité par le λογισμός résulte de l’analyse de plusieurs possibilités qui expliqueraient, chacune prise séparément, le départ d’Hélène à Troie, et qui toutes aboutissent à une conclusion identique (selon un raisonnement apagogique). Ainsi, la vérité « ne peut qu’être démontrée », selon les mots de M.-P. Noël, ou encore, pour reprendrel’expression de St. Marchand et P. Ponchon, le vrai peut être défini comme « une propriété interne à l’argumentation ». D’autres éléments sont parfois mentionnés par les chercheurs comme nécessaires pour accéder à la vérité : le locuteur doit aussi respecter certaines conditions. Si certains pointent le fait que son raisonnement doit rester conforme aux valeurs défendues par la société , Casertano souligne quant à lui (dans un article où il met en lumière la nature concrète de la quatrième force qui s’abat sur Hélène, le désir) que Gorgias s’intéresse essentiellement à des faits concrets : la considération qu’il porte à l’homme reste réaliste

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Table des matières

Remerciements
INTRODUCTION
I. LA NATURE ET LA RESPONSABILITÉ D’HÉLÈNE DANS L’ÉPOPÉE HOMÉRIQUE : UNE NATURE AMBIVALENTE POUR POINT DE DÉPART
II. PRÉSENTATION DU CORPUS ÉTUDIÉ ET DES AUTEURS
A. Gorgias et son Éloge d’Hélène
B. Isocrate et son Éloge d’Hélène
III. ÉTAT DE LA QUESTION SUR LES DEUX DISCOURS
A. Les études de genre
B. Fonction et conception du discours chez Gorgias et Isocrate : de l’exposé de leurs différences à la mise en valeur d’une démarche commune
B.1. Un positionnement différent au regard de la tradition sur Hélène
B.2. La fonction de l’éloge d’Hélène
B.3. Une réflexion commune sur le discours et le développement d’une vérité à travers le cas d’Hélène
IV. APPROCHE ET MÉTHODE ADOPTÉES
PARTIE I – L’ÉLOGE D’HÉLÈNE DE GORGIAS
CHAPITRE I – PRÉSENTATION DU TEXTE ET DES PROBLÈMES
I. PRÉSENTATION DES APPROCHES ADOPTÉES PAR LA CRITIQUE ET DE QUELQUES UNS DES PROBLÈMES POSÉS PAR L’ÉLOGE DE GORGIAS
A. Cadre général de la discussion
A.1. Les difficultés que pose l’éloge
A.2. Les freins à l’interprétation
B. Les approches adoptées pour interpréter l’Éloge d’Hélène
B.1. La perspective philosophique
B.2. La perspective rhétorique
B.3. La perspective philologique
B.4. L’approche des études de genre
C. Les discussions dans lesquelles s’inscrit notre analyse
C.1. Un éloge ou une défense d’Hélène ?
C.2. Persuasion et vérité du discours
C.2.α. La recherche d’une représentation commune du λόγος dans l’éloge et le traité du Non-Être
C.2.β. Le refus d’une lecture de l’éloge à la lumière du Non-Être et la mise en valeur de la pluralité des discours
C.2.γ. La discussion sur les modalités de la persuasion
C.3. Le sens du terme παίγνιον et la fonction du discours
C.3.α. La minimisation de la valeur du discours ou du terme παίγνιον
C.3.β. Le παίγνιον compris comme un jeu élaboré
II. TEXTE ET TRADUCTION
A. Structure de l’éloge
B. Éloge d’Hélène, Gorgias
C. Traduction
CHAPITRE II – LA CONSTRUCTION D’UNE AUTORITÉ DISTINCTE DE CELLE DES POÈTES POUR UN DISCOURS DISANT LA VÉRITÉ (§ 1-2)
I. STRUCTURE DE L’ARGUMENTATION (§ 1-2)
II. LE PRINCIPE DE VÉRITÉ DU DISCOURS ANCRÉ DANS LA SPHÈRE HUMAINE AUX CÔTÉS DES VALEURS MORALES
A. Le sens du terme κόσμος
B. Les définitions du κόσμος : des valeurs ou des vertus envisagées au sein de la cité
C. La source de la vérité du discours distincte de celle de la poésie inspirée
III. L’ANNONCE PROGRESSIVE DU SUJET À TRAVERS L’OPPOSITION ENTRE DEUX TYPES DE DISCOURS ET DEUX TYPES D’AUTEURS
A. L’éloge, point de départ pour considérer tout sujet (1b-c)
B. Parler correctement et contester ceux qui blâment, une même entreprise (2a)
C. La présentation d’Hélène comme objet de discours négatif
C.1. Une réputation univoque
C.2. Le problème de l’identification de ceux qui écoutent
C.2.α. L’hypothèse de la lacune
C.2.β. L’hypothèse des auditeurs des poètes
C.2.γ. L’hypothèse des poètes auditeurs
C.2.δ. Proposition de lecture
IV. CONCLUSION
CHAPITRE III – LES QUALITÉS D’HÉLÈNE : L’ASSURANCE QU’ELLE EST DIGNE D’ÉLOGE (§ 3-5)
I. STRUCTURE DE L’ARGUMENTATION (§ 3-5)
II. LE CARACTÈRE INDÉNIABLE DES QUALITÉS D’HÉLÈNE
A. La généalogie d’Hélène, remarquable en discours comme en réalité
A.1. Le problème posé par la réfutation d’un des deux pères
A.1.α. Les difficultés soulevées
A.1.β. Les conjectures proposées
A.2. Proposition de lecture du texte des manuscrits
B. L’attirance de tous pour la beauté d’Hélène : un processus automatique
B.1. La conséquence mécanique de l’acquisition par Hélène de la beauté : sa visibilité
B.2. La loi de l’attraction des hommes de qualité
B.3. Une loi qui conduit inéluctablement à la guerre
III. LA PLACE DES QUALITÉS D’HÉLÈNE DANS LE PROJET DU DISCOURS
A. Un faux-départ de l’éloge ?
B. Les qualités d’Hélène, une confirmation qu’elle est digne d’éloge
C. De la présentation traditionnelle à l’analyse des causes du départ : une même démarche par deux voies complémentaires
C.1. La première voie : assurer qu’Hélène mérite un éloge et susciter la confiance
C.2. La seconde voie : susciter le plaisir et contredire ceux qui blâment Hélène
CHAPITRE IV – ANALYSER LES CAUSES DU DÉPART D’HÉLÈNE À L’AIDE DE DIFFÉRENTS TYPES DE DISCOURS ET MODES DE SAVOIR
I. L’EXPLORATION DE THÉMATIQUES PHYSIQUES ET JURIDIQUES AU SERVICE DE LA PRÉSENTATION DE RAPPORTS DE FORCE DÉFAVORABLES À HÉLÈNE (§ 6-7)
A. Structure de l’argumentation (§ 6-7)
B. L’absence de la quatrième cause du départ d’Hélène, signe d’une réflexion sur les limites du discours
B.1. La position majoritaire des éditeurs : l’ajout d’une quatrième cause
B.2. La position minoritaire : l’absence d’ajout
B.3. L’absence prudente de la mention du désir d’Hélène
C. L’intégration des dieux dans une loi physique
C.1. L’annonce de la première cause : le poids de toutes les puissances supérieures sur Hélène
C.1.α. Le problème de texte
C.1.β. Une mise en retrait des divinités homériques face à des abstractions contraignantes
C.2. Le développement de la cause divine : un discours sur la physique
D. Le rapt d’Hélène sous le regard de la justice
D.1. La requalification de l’enlèvement en acte de violence
D.2. Les conséquences pénales du crime commis
D.3. Conclusion des deux premières causes
II. PERSUASION ET TROMPERIE DU DISCOURS : DÉFENDRE HÉLÈNE TOUT EN EXCLUANT LE DISCOURS DE GORGIAS (§ 8-15A)
A. Structure de l’argumentation (§ 8-14)
B. Une distinction stricte avec les autres causes
C. Expliquer la persuasion et la tromperie en sollicitant l’expérience des auditeurs (8b-12)
C.1. Recourir à l’expérience pour démontrer la puissance du discours
C.2. Expliquer la persuasion et la tromperie au moyen des émotions
C.2.α. La poésie : un discours qui agit sur les émotions
C.2.β. Les épodes : des discours qui agissent par tromperie
C.2.γ. Bilan partiel : l’expérience des auditeurs mise à profit pour justifier l’action conjointe de la persuasion et de la tromperie
C.3. Les conditions de la tromperie et la persuasion par le discours faux et la possibilité d’y échapper
C.3.α. L’ampleur de la persuasion par le discours faux
C.3.β. La condition pour y échapper : une reformulation du savoir poétique
C.3.γ. Une issue possible pour le discours de Gorgias
C.4. De la persuasion à la contrainte : un verdict qui réhabilite Hélène (§ 12)
D. La contrainte de la persuasion exercée en divers types de discours (§ 13-15a)
D.1. Les discours en quête d’une connaissance ou d’une certitude, signes d’une persuasion systématique et / ou éloignée de la vérité
D.1.α. Des discours distincts des discours poétiques et magiques et distincts de celui de Gorgias
D.1.β. La persuasion triomphante et le caractère secondaire de la vérité
D.2. Différents types de persuasion selon les discours
E. Conclusion : le foisonnement et la pluralité du discours
III. LA REQUALIFICATION DU DÉSIR D’HÉLÈNE : LA QUATRIÈME CAUSE POSSIBLE DU DÉPART À TROIE (§ 15- 20)
A. Le positionnement de Gorgias concernant le désir d’Hélène au regard de la tradition
A.1. Le désir d’Hélène à l’origine de sa transgression dans la tradition
A.2. Le désir d’Hélène déplacé du côté des malheurs
A.3. Les correspondances dans le traitement de la troisième et de la quatrième cause
B. Structure de l’argumentation
C. Le désir, un des multiples effets de la vue
C.1. Les comportements bouleversés par la vue (§ 16-17)
C.1.α. Fuir de peur, au-delà de toute raison et de toute morale
C.1.β. Les dommages psychologiques irréversibles de la peur : l’introduction de la notion de maladie
C.2. Le plaisir de la vue à l’origine d’émotions négatives
C.2.α. L’argument a fortiori pour défendre le désir d’Hélène : le plaisir à la vue des artefacts
C.2.β. La réintroduction de la notion de désir : du plaisir aux sentiments malheureux
D. La requalification du désir d’Hélène en infortune
D.1. Le désir défini comme une maladie
D.2. Conséquence : Hélène victime d’un malheur
D.3. Bilan partiel
E. Conclusion de la réfutation du blâme
IV. CONCLUSION DE L’ÉLOGE : LA RÉUSSITE DES OBJECTIFS FIXÉS, ASSOCIÉE À UN JEU DE MANIPULATION DU DISCOURS POUR GORGIAS (§ 21)
A. La réussite des objectifs du discours : un éloge conforme à la vérité, qui se réapproprie la tradition poétique
B. Le παίγνιον, exploration du discours et création d’une vérité
CONCLUSION – GORGIAS
PARTIE 2 – L’ÉLOGE D’HÉLÈNE D’ISOCRATE : COMMENTAIRE
CHAPITRE I – PRÉSENTATION DU TEXTE ET DES PROBLÈMES
I. PRÉSENTATION DES ÉTUDES ANTÉRIEURES
II. STRUCTURE GÉNÉRALE ET TRADUCTION
A. Structure de l’éloge
B. Traduction de l’Éloge d’Hélène d’Isocrate
CHAPITRE II – LE POSITIONNEMENT PÉDAGOGIQUE D’ISOCRATE DANS L’EXORDE (§ 1-15)
I. LE PROBLÈME DE LA COHÉRENCE ET DE L’INTERPRÉTATION DU DISCOURS
A. État de la question
A.1. Exposé du problème
A.2. Les interprétations
A.2.α. L’hypothèse d’un exorde sans rapport avec le contenu de l’éloge
A.2.β. L’hypothèse de l’unité logique du discours
B. De la critique des auteurs paradoxaux à Hélène : de la réflexion théorique à l’exemple pratique
II. STRUCTURE DE L’ARGUMENTATION DE L’EXORDE (§ 1-15)
III. LA CRITIQUE DES AUTEURS DE DISCOURS PARADOXAUX (§ 1-15)
A. Première étape : l’indistinction des rhéteurs et des philosophes
A.1. Présentation initiale : la critique de la posture des auteurs de discours paradoxaux et de leurs thèses (§ 1)
A.1.α. L’hypothèse de la distinction entre sujets ἄτοποι et sujets παράδοξοι
A.1.β. L’identification de chaque groupe à un auteur ou groupe d’auteurs
A.2. Des défauts partagés, au-delà des groupes de pensée et des générations (§ 2-4)
A.2.α. La réfutation de la prétention à la nouveauté
A.2.β. L’esquisse, en creux, des caractéristiques du discours d’Isocrate : l’innovation sur des sujets concrets et déjà traités
A.2.γ. L’accusation généralisée de fausseté, à partir de l‘épreuve des faits
B. Deuxième étape : La mise en place des jalons permettant d’opposer la pratique d’Isocrate à celle de tous les auteurs de discours paradoxaux (§ 5)
B.1. L’établissement de la fonction du discours : la formation politique du citoyen
B.1.α. La vérité du discours au service de l’action politique
B.1.β. Les dimensions méthodologiques et morales de l’opinion isocratique
B.2. Les auteurs de discours paradoxaux disqualifiés à l’aune de cette fonction du discours
C. Troisième étape. Pratique prônée contre pratique conspuée : la construction d’une opposition entre la pratique d’Isocrate et celle des paradoxaux (§ 6-13)
C.1. Cause et conséquences de l’enseignement de savoirs et actions inutiles (§ 6-8)
C.1.α. Faute pédagogique et faute morale des auteurs paradoxaux (§ 6-7)
C.1.β. Les conséquences pédagogiques, politiques, et morales de cet enseignement perverti (§ 8)
C.2. Le discours paradoxal, signe de l’incompétence des rhéteurs (§ 9 – 13)
C.2.α. Illusions des rhéteurs sur leurs compétences politiques (§ 9)
C.2.β. Illusion des auteurs paradoxaux sur leur incompétence discursive : l’annonce progressive d’un sujet non paradoxal (§ 10-13)
IV. ANNONCE DU SUJET (§ 14-15)
A. La discussion sur l’auteur loué et critiqué par Isocrate
A.1. Les arguments émis contre l’hypothèse d’une allusion à Gorgias
A.2. Les arguments en faveur d’une allusion à Gorgias
A.2.α. Le présupposé d’une allusion à un discours récent écarté
A.2.β. L’absence de contradiction entre le § 3 et une éventuelle allusion à Gorgias aux § 14-15
B. Le discours de Gorgias observé à travers le prisme des préoccupations isocratiques
V. CONCLUSION DE L’ÉTUDE DE L’EXORDE
CHAPITRE III – HÉLÈNE, LES CHAMPIONS DES GRECS ET LE DIRIGEANT IDÉAL : LA DESCRIPTION DES CARACTÉRISTIQUES DES HÉROS AU PROFIT DE LA CÉLÉBRATION DE LA PUISSANCE D’HÉLÈNE ET DU HÉROS ATHÉNIEN (§ 16-38)
I. STRUCTURE DE L’ARGUMENTATION (§ 16-38)
II. LA BEAUTÉ, POUVOIR DIVIN ET SOURCE DE COMBATS (§ 16-17)
A. Le don divin de la beauté, vainqueur de toute force (§ 16)
B. La guerre, donnée constitutive de la nature d’Hélène et source des plus grands honneurs (§ 17)
III. PREMIÈRE ILLUSTRATION DE LA PUISSANCE DE LA BEAUTÉ D’HÉLÈNE : THÉSÉE, LE VAINQUEUR VAINCU (§ 18-22)
A. Le glissement progressif dans la représentation de Thésée : du vaincu auteur de rapt à l’homme de l’excellence (§ 18-22)
A.1. La puissance de Thésée supérieure à la force d’Héraklès, mais vaincu
A.2. Le vaincu qui soulève les obstacles pour commettre un rapt
A.3. Thésée homme d’honneur et héros réfléchi
B. Un héros excellent pour preuve de la grandeur d’Hélène
IV. THÉSÉE, LE HÉROS ATHÉNIEN AU SERVICE DE TOUS LES GRECS (§ 23-31)
A. Le champion de la civilisation qui éclipse Héraklès
A.1. Thésée hissé au niveau du plus grand des héros
A.2. L’atténuation de la valeur des exploits d’Héraklès
A.3. L’inépuisable liste des exploits du héros dévoué à tous les Grecs
A.3.α. L’épisode du taureau
A.3.β. L’épisode des Centaures
A.3.γ. Le Minotaure : un condensé de l’action héroïque et politique de Thésée
B. La réaffirmation des objectifs du discours : célébrer Thésée pour mieux louer Hélène (§ 29-31)
V. THÉSÉE, LE DIRIGEANT IDÉAL D’ATHÈNES (§ 32 – 37)
A. Thésée, penseur politique du IVe siècle
A.1. La condamnation de la tyrannie, portrait en creux du régime de Thésée
A.2. La mise en place paradoxale d’une tyrannie aux accents démocratiques
B. Un maître absolu tournée vers l’élévation morale des citoyens et l’intérêt général
B.1. Permettre aux citoyens de se consacrer à leur élévation morale : le synœcisme
B.2. Offrir aux citoyens le choix du meilleur régime : le règne absolu d’un dirigeant éclairé
B.2.α. La légitimité démocratique du règne de Thésée
B.2.β. La conservation du régime monarchique présentée comme une révolution démocratique
C. Conclusion sur la présentation du régime politique de Thésée (§ 32-37)
VI. CONCLUSION DES PREMIERS ARGUMENTS
CHAPITRE IV – L’ÉPANOUISSEMENT DE LA NATURE D’HÉLÈNE (§ 39-53)
I. STRUCTURE DE L’ARGUMENTATION (§ 39-53)
II. LES PRÉTENDANTS, FACTEUR DÉCLENCHANT L’ÉPANOUISSEMENT DE LA NATURE D’HÉLÈNE (§ 39-41A)
III. PÂRIS GARANT DU JUGEMENT DES PRÉTENDANTS (41B-48)
A. L’image traditionnelle de Pâris
B. Le renversement de son image
C. Un choix dicté par des considérations morales
D. Apologie de Pâris (§ 45-48)
D.1. La reconsidération de l’ensemble du jugement
D.2. La comparaison avec tous ceux qui ont perçu la valeur d’Hélène et de la beauté
IV. LA GUERRE POUR HÉLÈNE : LE PLUS GRAND DES CONFLITS HUMAINS, CONFLIT MAJEUR POUR LES DIEUX (§ 49-53)
A. Hélène, enjeu politique du conflit entre Barbares et Grecs (§ 49-51)
B. La participation des dieux au conflit humain (§ 52-53)
V. CONCLUSION SUR LE TROISIÈME ARGUMENT
CHAPITRE V – LA PUISSANCE DE LA BEAUTÉ (§ 54-60)
I. STRUCTURE DE L’ARGUMENTATION (§ 54-60)
II. L’INDISTINCTION ENTRE LA BEAUTÉ PHYSIQUE ET LA BEAUTÉ MORALE ; LA CONSIDÉRATION PLUS GRANDE ENVERS ELLE QU’ENVERS LES VERTUS (§ 54)
A. La double légitimité aux propos emphatiques sur la beauté
B. Hélène détentrice d’une beauté physique et morale (§ 54)
B.1. Interprétations du passage : état de la question
B.2. Aperçu des discussions platoniciennes sur la beauté
B.2.α. Distinguer la beauté de ses manifestations : le souci de Socrate dans l’Hippias
B.2.β. Une vision imparfaite mais tout de même lumineuse de la beauté à travers ses manifestations dans le Phèdre
B.2.γ. Le cheminement de la beauté physique vers la beauté morale et l’ἀρετή dans le Banquet
B.3. La beauté et les vertus indistinctes de leurs manifestations dans l’Éloge d’Hélène
B.4. La beauté revêtue d’une dimension morale
III. LA LÉGITIMATION DES ACTES DES HÉROS (§ 55-58)
A. La force supérieure du désir de ce qui est beau (§ 55)
B. Le respect religieux envers les personnes belles (§ 56-58)
B.1. Les personnes belles dotées d’un statut supérieur
B.1.α. Les personnes belles et les autres : des soins de nature différente, prodigués dans des directions opposées
B.1.β. Le paradoxe de la soumission agréable
B.2. Les dimensions religieuse et politique de la beauté pour achever de justifier les héros et donner une portée politique à la beauté d’Hélène (§ 58)
B.2.α. Le respect de la beauté : un acte religieux
B.2.β. Le non-respect de la beauté : un acte puni par la justice de la cité
B.2.γ. Le respect de sa propre beauté : une action perçue comme politiquement bénéfique
IV. LA RECONNAISSANCE PAR LES DIEUX DE LA SUPÉRIORITÉ DE LA BEAUTÉ (§ 59-60)
A. Les unions avec les mortelles : la reconnaissance par Zeus de l’infériorité de son pouvoir
A.1. Le paradoxe de la soumission volontaire du maître absolu, preuve de la puissance de la beauté
A.2. La présentation orientée des unions de Zeus : la beauté pour seule motivation
B. L’amour des déesses pour les beaux mortels : une justification à l’union d’Hélène et Pâris
V. CONCLUSION DU QUATRIÈME ARGUMENT
CHAPITRE VI – LES EXPLOITS D’HÉLÈNE (§ 61-68)
I. STRUCTURE DE L’ARGUMENTATION (§ 61-68)
II. LA DIVINISATION D’HÉLÈNE (§ 61–63)
A. L’action d’Hélène concurrente de celle de Zeus (§ 61)
A.1. Le statut intermédiaire d’Hélène, entre les mortels et les dieux
A.2. Hélène bienfaitrice de ses frères
A.2.α. Rendre Castor et Pollux immortels : un bienfait plus grand que celui dont Zeus est traditionnellement capable
A.2.β. Donner des honneurs manifestes : l’image de la preuve pour souligner l’action d’Hélène
B. L’action d’Hélène pour Ménélas, signe de son statut divin (§ 62-63)
C. L’action d’Hélène auprès de Stésichore et d’Homère, signe de son souci de la reconnaissance de la vérité et des combats guerriers (§ 64-65)
C.1. La lecture orientée de la palinodie de Stésichore : la prise en compte des circonstances de sa composition et l’omission de son contenu
C.1.α. Les problèmes d’interprétation générale
C.1.β. L’erreur de Stésichore : chanter sans Hélène
C.1.γ. La palinodie pour illustration du caractère salvateur d’Hélène
C.2. L’Iliade, poème d’Hélène
C.2.α. Un éloge funèbre voulu par Hélène
C.2.β. Un poème aux connotations érotiques élaboré par Hélène
C.3. Conclusion des épisodes concernant Stésichore et Homère
D. Conséquence de ces actes : multiplier les marques d’honneur pour Hélène (§ 66)
III. HÉLÈNE ET LA GUERRE DE TROIE, PRÉSERVATEURS DE LA LIBERTÉ DES GRECS ET À L’ORIGINE DU PANHELLÉNISME (§ 67)
A. L’union politique et militaire des Grecs autour d’Hélène
A.1. La notion de cause transposée : Hélène cause de tous les bienfaits survenus pendant la guerre
A.2. La transposition du conflit mythique dans une perspective géo-politique
B. Le renversement du rapport de force entre Grecs et Barbares
B.1. La Grèce d’avant-guerre : une présentation orientée des faits
B.1.α. La lecture isocratique du mythe de Danaos
B.1.β. La lecture isocratique du mythe de Cadmos
B.1.γ. La lecture isocratique du mythe de Pélops
B.1.δ. La lecture de l’histoire des Cariens
B.2. La Grèce d’après-guerre : un tableau partiel
IV. CONCLUSION DU CINQUIÈME ARGUMENT
CONCLUSION DE L’ANALYSE DE L’ÉLOGE D’ISOCRATE
CONCLUSION GÉNÉRALE
I. DEUX DISCOURS PARADOXAUX POUR UNE REPRÉSENTATION PEU DÉVELOPPÉE D’HÉLÈNE
A. Les portraits d’Hélène
A.1. Réévaluer le rôle d’Hélène ou réévaluer la guerre
A.2. De la difficulté à louer une femme aux actions ambiguës
B. Isocrate correcteur de Gorgias
B.1. Les déplacements de formules employées par Gorgias
B.2. Le développement d’éléments esquissés discrètement chez Gorgias
C. Louer Hélène : une démarche paradoxale
C.1. L’éloge de Gorgias, un discours ouvertement paradoxal
C.2. Un discours qui se dit non paradoxal, mais riche de paradoxes
II. UNE RÉFLEXION SUR LE DISCOURS, L’ARGUMENTATION ET EN DIALOGUE AVEC DES RÉFLEXIONS CONTEMPORAINES
A. Des discours qui exposent leur conception propre de la vérité
B. Deux conceptions du discours ouvertes à l’exploration ou à la discussion
BIBLIOGRAPHIE
I. ÉDITIONS, TRADUCTIONS ET COMMENTAIRES DES ÉLOGES D’HÉLÈNE DE GORGIAS ET ISOCRATE
II. ÉDITIONS ET COMMENTAIRES DES SOURCES ANTIQUES CITÉES
III. MONOGRAPHIES ET ARTICLES
IV. DICTIONNAIRES, ENCYCLOPÉDIES ET USUELS
INDEX DES MOTS GRECS
INDEX DES PASSAGES RÉFÉRENCÉS

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