L’EDUCATION INTERCULTURELLE ET L’APPRENTISSAGE DU FRANÇAIS

La langue est une institution sociale

              Selon Saussure, la langue est un trésor social, inculquée à l’individu par la société qui l’entoure : famille, école… Pour pouvoir s’exprimer, l’individu doit respecter certaines règles (ordre des mots dans la phrase, par exemple) qu’il ne peut modifier de son propre chef, sous peine de brouiller la communication avec autrui. Selon le dictionnaire Larousse, « C’est un système de signes verbaux propre à une communauté d’individus qui l’utilisent pour s’exprimer et communiquer entre eux». Ici, en se basant sur l’utilité de la langue, on arrive à comprendre que langue et société sont interdépendantes. La langue est vitale pour la société mais elle ne peut pas exister sans la société. Autrement dit, «Il n’y a pas de société sans langue comme il n’y a pas de langue que dans une société. La langue n’existe qu’en vertu d’une sorte de contrat tacite entre les membres de la communauté». Ferdinand de Saussure poursuit que «le langage repose sur une faculté que nous tenons de la nature tandis que la langue est une chose acquise et conventionnelle» C’est cette convention dans la société qui fait de la langue une institution. Tous les membres, du moins les natifs de la société comprennent donc, les sens véhiculés par la langue de cette société, parce que la langue n’est pas une création personnelle, c’est un héritage, qui, tout comme la culture se transmet de génération en génération. Tout enfant né doit apprendre à se servir de la langue de la société qui le voit naître, c’est-à-dire sa langue maternelle, il ne peut en inventer une autre. Une société est caractérisée par ses cultures et ces cultures ne sauront être épanouies que par la langue. Car parler de la culture suppose la connaissance d’une langue, que ce soit langue maternelle ou langue étrangère, il faut savoir l’utiliser pour comprendre la civilisation qui en découle. Langue et culture sont indissociables dans la mesure où la langue est un outil véhiculaire de la culture. Dans notre cas, cette langue à apprendre, c’est le français. Préalablement, nous jugeons indispensable de déterminer les différents statuts d’une langue pour pouvoir déterminer par la suite la place de la langue française par rapport aux autres langues.

Distinction entre plurilinguisme et multilinguisme

                    Certes, au début, le mot multilinguisme, tout comme le plurilinguisme désigne aussi la capacité de s’exprimer dans plusieurs langues, mais actuellement son sens a évolué. Ce qui pourrait être la raison de la confusion courante entre les deux termes. Le plurilinguisme, doit être envisagé comme l’ensemble des compétences mises en œuvre par un individu pour s’exprimer dans les différentes langues auxquelles il a accès. Il est entendu que cet individu maîtrise ces langues selon des degrés divers. En outre, la notion de plurilinguisme n’implique pas seulement qu’un individu possède des compétences linguistiques, mais également qu’il ait aussi des connaissances ou des compétences culturelles des pays où ces langues sont parlées20.Plurilinguisme implique l’enrichissement du vocabulaire du locuteur, y compris sa langue maternelle, et évidemment les langues qu’il a acquises ultérieurement quelque soit leur statut. Quant au multilinguisme, c’est la connaissance d’un certain nombre de langues ou la coexistence ou la présence de plusieurs variétés de langues dans une société donnée. Bref, le multilinguisme est un fait tandis que le plurilinguisme est un processus. En effet, la maîtrise d’une langue constitue un effort continu durant toute la vie de l’individu. Dans ce travail, nous nous focalisons notre étude sur le plurilinguisme qui peut se manifester sous plusieurs aspects.

L’interculturel

              Les définitions de ce concept sont très diverses. «L’interculturel, selon M. Abdallah Pretceille, est une construction susceptible de favoriser la compréhension des problèmes sociaux et éducatifs en liaison avec la diversité culturelle». W.MITTER la définit en tant que«préparation des jeunes générations à concilier les différentes perspectives culturelles dans leur développement interpersonnel et leur vie» Selon J.P Cuq «Le préfixe «inter» d’interculturel indique une mise en relation et une prise en considération des interactions entre des groupes, des individus, des identités. Ainsi l’interculturel opère une démarche, il ne correspond à une réalité objective». Et une dernière définition, celle du Conseil de l’Europe: «L’emploi du mot « interculturel» implique nécessairement si on attribue au préfixe «inter» sa pleine signification: interaction, échange, élimination des barrières, réciprocité et véritable solidarité. Si au terme culture, on reconnaît toute sa valeur, cela implique reconnaissance des valeurs, des modes de vie et des représentations symboliques auxquels les êtres humains, tant les individus que les sociétés se réfèrent dans les relations avec les autres et dans la conception avec le monde». D’après ces différentes définitions, l’interculturel concerne l’individu dans un groupe ou dans une société. Pour cela, on donne plus de place à la subjectivité. Tel individu a sa place donnée par un tel autre grâce à une interaction. Mais ils ne peuvent pas interagir sans une compréhension mutuelle de la culture de l’Autre. Cet Autre, c’est tout ce qui n’est pas moi. Puis, ces deux sujets qui se comprennent peuvent se communiquer malgré leurs cultures différentes. Il y a donc une relation d’interdépendance. Si on prend en compte la définition de W Mitter, on peut penser qu’il s’agit d’un processus ou une démarche qui dure, autrement dit, c’est une vie dont préparation ne se fait pas en une journée. Dès fois, il nous arrive de penser de l’éloignement de l’interculturel.«De plus en plus dans notre existence quotidienne, nous sommes confrontés à l’interculturalité». En effet, même au sein de la famille, il n’existe pas des personnes identiques. Toujours et partout se tient la différence. Donc, toujours et partout existe aussi l’interculturalité. Chacun vit l’interculturalité même sans le savoir car dès fois, chacun subit l’autre et s’intègre avec lui, et inversement. Ainsi pourrait-on partager le point de vue d’un auteur disant que : « L’interculturalité n’est pas un mythe, c’est une réalité ». Comme il a été dit auparavant, l’éducation qui vise à préparer l’homme de demain capable de vivre dans une société où la diversité existe, n’est pas sans difficulté malgré la connaissance de l’interculturel. C’est la tâche la plus difficile du professeur de langue.

Comportement des auteurs de la rubrique

               On a donné aux adolescents du lycée le privilège de porter leur point de vue sur les attitudes de ceux qui ont publié leurs soucis dans le journal.
Voici le résultat: Audacieux Compréhensibles Insolents Exagérés Autres 66.84% 52.07% 06.98% 11.88% 30.70%
• Pour les 66.84%, les auteurs de ces articles sont audacieux: ils osent parler de ce qui concerne leur famille, ils disent la vérité sans peur ; ils sont ouverts.
• 52,07% trouvent qu’ils sont compréhensibles parce qu’ils sont tellement accablés par les problèmes qu’ils les publient dans le journal. Ce sont vraiment leur cas, ils admirent ceux qui les ont écrits à leur place vu leur courage à publier ces problèmes dans le journal. La vie des ados n’est pas si facile que cela. Ils voudraient qu’on les écoute, Ils veulent partager ce qu’ils vivent mais n’obtiennent pas de réponse chez son entourage, alors ils doivent chercher d’autres moyens. Peut-être qu’ils ne trouvent non plus quelqu’un avec qui ils partagent leurs problèmes.
• 6.98%, les jugent insolents étant donné leur façon de s’exprimer: ils se laissent trop aller, et ne pèsent pas les mots qu’ils utilisent, sans respect des lecteurs et des aînés concernés dans l’article.
• 11,88% les trouvent exagérés. En fait, c’est leur droit de dire ce qu’ils veulent mais, il y a des problèmes qu’on ne devrait pas avouer publiquement. Il y a peut-être aussi des problèmes qui ne sont pas très graves mais qu’ils aggravent eux-mêmes pour implorer la compassion des lecteurs
• 30.70% ont d’autres points de vue et ils sont très directs dans leur façon de parler: Pour eux, ces adolescents sont étourdis et indiscrets: Ils n’ont pas la tête sur les épaules. Ils ajoutent que même un proverbe français a dit que toute vérité n’est pas bonne à dire. D’autant plus, tout le monde a ses problèmes mais n’en parle pas. Un moment de réflexion serait utile avant de témoigner certaines choses.
• Ils sont aussi hypocrites: ils voilent ce qu’ils pensent avec franchise. L’actualité nationale et internationale ainsi que leur vie, troublent les adolescents qui ressentent le besoin d’être écoutés. La rubrique soucis d’ados sert d’être un déclencheur de parole pour maîtriser l’angoisse. Car, psychologiquement, même si l’on ne recevait pas de solution, le fait d’exposer le problème apaise le cœur.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PARTIE I: CADRAGE THEORIQUE 
INTRODUCTION PARTIELLE
Chapitre I- LA LANGUE 
I.1- Nature et fonctions
I.2 Les statuts d’une langue
I.3 La langue française par rapport aux autres langues
I.3.1 A Madagascar
I.3.2 A l’échelle internationale
Chapitre II-LE PLURILINGUISME ET LE PLURICULTURALISME 
II.1 Le plurilinguisme
II.1.1 Généralité
II.1.1.1 Définition
II.1.1.2 Manifestation
II.1.2 Le plurilinguisme à Madagascar
II.1.2.1 Généralité
II.1.2.2 Dans le cadre scolaire
II.2- Le pluriculturalisme
Chapitre III:-L’EDUCATION INTERCULTURELLE 
III.1 L’éducation
III.1.1 Généralité
III.1.2 L’adolescent
III.2 La culture
III.3 L’interculturel
III.4 L’éducation interculturelle
III.4.1 Généralité
III.4.2L’éducation interculturelle dans le programme scolaire
III.6 Les phénomènes de l’interculturel
Chapitre IV-LA PRESSE
IV.1. Définitions
IV.2. La presse écrite
IV.2.1 Les Atouts de la presse écrite
IV.2.2 La presse écrite et l’éducation
IV.3 La presse et l’éducation interculturelle à Madagascar
IV.3.1 La presse et l’apprentissage du français
IV.3.3La presse est un outil interculturel
CONCLUSION PARTIELLE
PARTIE II: LES INVESTIGATIONS, INTERPRETATION DES RESULTATS ET ANALYSE DU CORPUS
INTRODUCTION PARTIELLE.
Chapitre I: LE CADRE DE LA RECHERCHE ET LES INVESTIGATIONS
II.1. – Le cadre de la recherche
II.1.1- Choix de la capitale
II.1.2- Choix des établissements
II.1.2.1. Le lycée JJ Rabearivelo
II.1.2.2. L’Ecole du Sacré Cœur Antanimena (ESCA)
II.1.3- Choix du niveau
II.1.4- Choix du journal
II.1.4.1- Présentation du journal Diva
II.1.4.2- Intérêt pour les adolescents
II.1.4.3- La rubrique «Soucis d’ados»
II.2- Investigation: corpus vers le public
II.2.1- La pré-enquête
II.2.2- L’observation de classe
II.2.3 L’enquête: Questionnaires écrits
A- Elèves
B -Les Enseignants
C- Journaliste
Chapitre II: INTERPRETATION DES RESULTATS
Pré enquête
Questionnaire
Chapitre III: ANALYSE DU CORPUS 
CONCLUSION PARTIELLE
PARTIE III: DE LATHEORIE A LA PRATIQUE ET RECOMMANDATIONS 
INTRODUCTION PARTIELLE
Chapitre I: EXPERIMENTATION 
II.2.4 Entretien
II.2.4.1 Avec les élèves
II.2.4.2 Avec les enseignants
II.2.4.3 Avec le journaliste
Chapitre II : RECOMMANDATIONS 
III.2.1 Exploitation de la presse écrite en vue de l’apprentissage
III.2.1.1 Sur le domaine culturel
III.2.1.2 Sur le plan linguistique
III.3.1 Exploitation pédagogique
III.3.1.1 S.F : Lire
III.3.1.2 SF : Participer à un débat
III.4Limite de la presse écrite
CONCLUSION PARTIELLE
CONCLUSION GENERALE

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