L’ECONOMIE DE FRONTIERE ENTRE LE SENEGAL ET LE MALI DE 1945 A NOS JOURS

KAYES, UNE FRONTIERE PHYSIQUE ENTRE LE SENEGAL ET LE MALI

   Le vocable de haut Sénégal désignait le territoire sous administration militaire française à cheval sur les cours moyens et supérieurs du fleuve Sénégal et la Falémé et qui s’étend sans limite précises entre Bakel et Médine en amont de Kayes. Il correspond à la frontière commune aux républiques du Mali et du Sénégal. La région de Kayes est située entre les 12eme et 17eme degrés de latitude Nord à cheval sur le fleuve Sénégal et ses affluents et à l’extrême ouest du Mali. Elle s’étend approximativement de l’est à l’ouest et du nord au sud sur une distance d’environ de 400km. Limité à l’est par la région de Koulikoro, à l’ouest par la république du Sénégal au nord par la république islamique de la Mauritanie, au sud par la république de guinée. Elle a une superficie de 120.760 kilomètre carré, représentant 9, 7 % de sa superficie totale du territoire nationale. La richesse de la région de Kayes d’hier et d’aujourd’hui est sa situation frontalière de 100 kilomètres vers l’ouest se trouve la frontière sénégalaise, à environ 150 kilomètres vers le nord celle de la Mauritanie et à environ 250 kilomètres vers le sud se trouve la Guinée. Certains maliens disent eux-mêmes que Kayes est au Sénégal ce qui montre la position très particulière de cette ville aux multiples influences et où, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la frontière n’est pas un obstacle, Kayes est une ville à la croisée de divers routes commerciales importantes qui ont joué un rôle très important sur le développement de la ville. Le commerce et les échanges font partie intégrante du système Keynésien.

FRONTIERE ET INTEGRATION REGIONALE

   Face aux limites concrètes d’un développement séparé, les Etats ont senti la nécessité de se regrouper à l’échelle sous régionale, régionale, ou continentale pour intensifier les échanges intra-africain et réaliser des investissements intérêts commun comme O.M.V.S, O.M.V.G, C.I.L.S.S, C.E.A.O, et la C.E.D.E.A.O, etc., pour rester uniquement dans le cadre de l’Afrique de l’ouest, sans compter des multiples organisations à l’échelle de l’O.U. A et du système des nations unies. La vocation économique de ses organisations révèle avant tout le souci des Etats de résoudre les problèmes de développement mais sur toute la volonté manifeste de fuir le débat politique de l’unité. Les Etats préoccupés davantage de consolider des pouvoirs hégémoniques à l’intérieur, ne sont pas disposés à céder une quelconque parcelle de leur souveraineté nationale, matérialisée par les frontières artificielles héritées du partage colonial, c’est ce paradoxe qui explique l’échec de la plupart des projets d’intégration régionale. En effet la configuration actuelle des frontières est un handicap à toute politique verbale de développement intégré des Etats qui tournent le dos, on assiste en Afrique de l’ouest à plusieurs cas de figures qui attestent l’inadéquation des frontières avec les exigences de développement intégré. Ainsi, la zone occidentale appelée la grande Sénégambie est caractérisée par fragmentation de son espace partagé entre six Etats qui se regroupe autour du Sénégal, de la Guinée Bissau, d’une partie de la Mauritanie, du Mali et de la Guinée Conakry. Il ya aussi l’existence de grands Etats intérieurs dont le handicap majeur est l’absence de débouchés sur la mer et l’ouverture sur le Sahara qui mène nulle part. En fait l’absence d’économies complémentaires contribue à créer les problèmes des frontières qui sont devenue les pourvoyeurs des marchandises importées d’ailleurs et dont les bénéficiaires jouent sur la disparité des monnaies et des tarifs douaniers. L’Afrique a besoin d’une planification de la mise en valeur des ressources pour répondre avant tout aux besoins des populations dans leur ensemble. Cet objectif ne peut être atteint sans une stratégie de développement qui dépasse la configuration actuelle des frontières. Le cas de la Sénégambie est significatif de l’impact négatif des frontières et de la myopie des politiques nationales.

L’ECONOMIE

   Le secteur primaire reste incontestablement la pièce maitresse de l’économie de la région. En effet l’agriculture, l’élevage, la pèche et l’exploitation forestière occupent plus de 80% de la population et procurent à ce titre la quasi-totalité de la production régionale. Ce secteur dans son ensemble reste tributaire des aléas climatiques quand il s’agit des cultures pluviales. Le désenclavement annoncé par la région, les découvertes minières et leurs exploitations renforcent de plus en plus le potentiel économique de la région dans les secteurs secondaires et tertiaire voir même le quartenaire. Malgré les récentes découvertes de mines d’or et de leur exploitation, l’économie de la région reste encore dominée par le secteur primaire. Il emploi 91.1% de la population active avec une prédominance de l’agriculture suivie de l’élevage puis de l’exploitation de la forêt et des eaux. L’augmentation de la production agricole, des superficies cultivables et l’amélioration des rendements s’expliquent par l’encadrement du monde rural par des services techniques et des projets d’investissements. Nous notons à ce niveau, les activités de programme d’appui aux services agricoles et organisations paysannes : P.A.S.A.O.P, ayant pour objectif la réduction de la pauvreté et de transfert de technologies. Le lancement des travaux d’aménagements du projet de développement rural intégré en aval de Manantali : P.D.I.A.M, de Kita : P.D.R.I.K et le projet de développement durable de cercle de Yélimané P.A.D.D.Y. La région se caractérise par d’autres efforts dans le domaine des aménagements de bas-fonds. C’est ce qui représente 16 avant projets détaillés et 15 bas-fonds. L’élevage, en plus des conditions propices qui font de la région un centre d’attraction des animaux transhumants. Avec le barrage de Manantali et les différents cours d’eaux, la région possède des potentialités halieutiques qui sont loin d’être exploités. La production de poissons seulement au niveau de Manantali est de 3000 tonnes par an. En plus pour assurer la sécurité alimentaire, depuis sa création, le commissariat à la sécurité alimentaire a entrepris différentes actions dans la région dont la distribution gratuite et les ventes d’intervention de céréales à travers O.P.A.M, la création des banques de céréales dans toutes les communes, la formation à l’élaboration des plans de sécurité alimentaire par une approche participative sur laquelle les communes ont élaboré leurs plans de sécurité alimentaire.

LA POLITIQUE ARACHIDIERE DE L’ADMINISTRATION COLONIALE

   L’arachide des territoires français obtient la priorité à l’importation en France sur la production étrangère, notamment celle du Coromandel en Inde qui était acheté par les huiliers marseillais. Un tarif préférentiel était accordé à l’arachide originaire des colonies Françaises. Le centre de recherche agronomique de Bambey était chargé de mettre l’accent sur la recherche de nouvelles variétés ayant forts rendements en huile. La multiplication et la vulgarisation des semences sélectionnées sont confiées aux sociétés de prévoyance. En effet, l’objectif officiel de ces sociétés était de faire face à l’imprévoyance des paysans en constituants des stocks de semences et de vivres pour la période des semailles et pour la soudure. Mais en réalité elles ont beaucoup déçu, se comportant comme des annexes services du commandant de cercle qui en était d’ailleurs le président chargé de prélèvement d’un impôt supplémentaire présenté aux paysans sans comme une cotisation dont ce dernier ne voyait pas souvent l’utilité, ne recevant que rarement la contrepartie prévue : semences, vivres en période de soudure, articles d’importation, lampes à pétrole, allumettes, charrues, commercialisation de l’arachide, organisme de prêts agricoles. A la veille de l’indépendance encore en 1960, la vulgarisation des semences sélectionnés de la station de recherche agronomique de Bambey restait à effectuer dans presque tout le haut Sénégal, même dans les zones proches de la voie ferrée, les cas de Kita, et du Logo, à la partie Est entre le fleuve et le rail. En 1958, les semences sélectionnées sont connues mais même les engrais minéraux et parfois la culture attelée, sont des exceptions. Ils avaient bien pris l’habitude de céder à crédit 25% de remboursement en nature des semences aux paysans lorsqu’ils venaient en demander, mais elles n’étaient pas sélectionnées par la chambre de commerce faisait pression sur l’administration pour qu’elle achète au compte de la société de prévoyance d’anciens stocks de ceux qui n’avaient pas pu être exportés. Cela a constitué un sérieux handicap pour l’arachide soudanaise qui ayant un rendement en huile moins élevé que celle du Sénégal, était bien moins payée. De nombreux auteurs ont étudié et signalé les défauts sociétés indigènes de prévoyance. Tous insistés sur le détournement des fonds de sociétés, au profit de l’administration générale qui les utilisait pour compléter un budget insuffisant ou comme caisse noire. Malgré tout, l’arachide était devenue au lendemain de la guerre dans le Haut Sénégal la culture la plus payante, celle qu’on pratiquait pour payer l’impôt ou la dote d’une fiancée. Mais les cultures vivrières ne tarderont pas à souffrir du développement de l’économie arachidière, notamment dans le cercle de Kayes ou dans le Logo ou les femmes et hommes se mettent à cultiver individuellement des champs d’arachide. Avec les prix avantageux consentis à l’arachide sénégalaise au lendemain de la guerre, on aurait pu s’attendre une affluence des navétanes soudanais vers le Sine Saloum. En 1946, à peine 12000 navétanes franchissent la frontière sénégalaise contre 35 000 en 1945, malgré toutes les nouvelles dispositions et les promesses alléchantes de l’administration. Cette dernière, qui a reçu l’ordre de promouvoir par tous les moyens la culture de l’arachide pour assurer le ravitaillement de la France, à une époque où la pénurie règne sur le marché mondial des matières grasses, recherche mille moyens d’attirer la main d’œuvre soudanaise vers les zones arachidières.

LE COMMERCE EUROPEEN

   Un certain dirigisme né de l’économie de guerre avait été maintenu avec quelques atténuations au lendemain du second conflit mondial. A partir de 1949, on peut considérer comme le retour de l’abondance est chose faite au soudan en matière de ravitaillement. Le marché parallèle avait pratiquement disparu. La situation se retrouve à la période d’avant-guerre. La situation était fort intéressante pour le commerce européen à Kayes, puisqu’en 1952-1953, il était bien représenté non seulement par les maisons traditionnelles mais aussi par d’autres sociétés plus récentes et par des particuliers. D’après les archives de la chambre de commerce de Kayes à cette date le commerce général est représenté par les firmes suivantes : Cie F.A.O., Maurel et Prom, Vézia, Chavanel, Devés et Chaumet, Buhan et Teisseire, l’africaine Française, S.A.C. A, Niger Français, société d’entreprise africaine : la.S.E.A. Société Commerciale du Soudan Français, la NO.SO.CO, la S.C.O.A., les H.S.O.A, Comptoir Marali, la Toile d’avion. Les particuliers les plus importants étaient Charbonneau, Lamé, Devoiture, Pinchauret, Carrier. Les grandes maisons traditionnelles ont pratiquement le monopole de l’exportation des produits de traite, notamment l’arachide et la gomme. En 1949, à l’occasion de l’annonce d’une décision du ministère français des finances et des affaires économiques d’accorder 40.000 livres sterling aux importateurs métropolitains, afin de financer d’achat d’un millier de tonnes de gommes du Kordofan. Une vague de protestations a été déclenché par la chambre de commerce de Kayes, soutenue par celle de Bamako, renforcée par les interventions de députés du Soudan à l’assemblée national française et par celles des autorités du territoire auprès du gouvernement de l’A.O.F. et de la France et grâce à cette campagne de nouvelles dispositions ont été envisagées pour encourager les exportations en provenance de la zone franche. Un jumelage est effectué entre les gommes du pays et celles du Kordofan. Une politique protectionniste et de développement des cours sont envisagées.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION GEOSTRATEGIQUE ET GEOPOLITIQUE DU SENEGAL ET DU MALI
CHAPITRE 1 : COMPLEMENTARITE GEOGRAPHIQUE ENTRE LE SENEGAL ET LE MALI
CONCLUSION
CHAPITRE 2 : KAYES, UNE REGION DE PAYS FRONTIERES
CONCLUSION
DEUXIEME PARTIE : LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DE LA REGION DE KAYES DE 1946 A LA PROCLAMATION DES INDEPENDANCES 
CHAPITRE 3 : L’ORGANISATION ECONOMIQUE DE LA REGION DE KAYES DE 1946 A 1960
CONCLUSION
CHAPITRE 4 : LA PROCLAMATION DES INDEPENDANCES, UNE ASPHYXIE DE L’ECONOMIE DE FRONTIERE
CONCLUSION
TROISIEME PARTIE : LES OBSTACLES DE L’ECONOMIE DE FRONTIERE
CHAPITRE 5 : LES CONTRAINTES NATURELLES ET HUMAINES 
I.LA SECHERESSE DANS LE SAHEL
II.LES MALADIES TROPICALES DANS LA REGION DE KAYES
CONCLUSION
CHAPITRE 6: LES GRANDS CHANGEMENTS DE POLITIQUES ECONOMIQUES
I.LES POLITIQUES D’AJUSTEMENTS STRUCTURELS
II. LES PROGRAMMES ET PLANS D’AJUSTEMENTS STRUCTURELS
III. LES CONSEQUENCES DES POLITIQUES D’AJUSTEMENTS STRUCTURELS
CONCLUSION
CHAPITRE 7 : LES CRISES ET LEURS IMPACTS SUR L’ECONOMIE DE FRONTIERE
CONCLUSION
CONCLUSION GENERALE
ANNEXES

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