Le tourisme en afrique : un tourisme au pluriel

LE TOURISME EN AFRIQUE : UN TOURISME AU PLURIEL 

Un continent à la visibilité floue et contrastée 

Il est à noter que sur le plan international, le tourisme en Afrique reste un secteur très peu développé. En effet, sur un total mondial de 1 181 millions d’arrivées l’Afrique n’a enregistré que 53 millions de touristes soit environ 4,5% de la part mondiale. Selon le dernier baromètre de l’OMT. Le tourisme contribue au développement économique et social du continent, c’est un secteur créateur d’emplois. Selon une étude de l’organisme britannique World Travel & Tourism Council, plus de 20 millions de personnes travaillent dans ce secteur, soit 7,1 % du total des emplois en Afrique. Bien que ce continent ait été frappé par différentes crises comme le terrorisme et les épidémies (Ebola et le paludisme), le tourisme n’est réellement développé que dans certains pays tels que le Kenya, l’Afrique du Sud, le Maroc, la Tunisie, le Botswana, l’île Maurice, les Seychelles et la Namibie. De manière générale, le tourisme est moins développé en Afrique occidentale que dans le reste du continent, car les touristes y vont surtout pour s’imprégner de la culture, en particulier les Afro américains. Cette région de l’Afrique n’a pas les mêmes paysages (volcans, vastes parcs naturels) qu’offre l’Afrique orientale, il a enregistré une recette totale de plus de 30 Milliards de dollars en 20159 . Cependant, ces chiffres globaux cachent de grandes disparités entre les pays et les touristes visitent certaines régions en fonction de leur passé colonial et aussi de la langue parlée.

Du regard postcolonial aux regards culturels contemporains 

L’Afrique subsaharienne représente une immense réserve touristique encore en friche. Cette partie du monde est encore sous-représentée en tant que destination dans les statistiques du tourisme international. Cependant, malgré ces irrégularités, nous assistons à une montée en puissance du tourisme en Afrique subsaharienne. Selon la Banque Mondiale « bien que l’Afrique ait été durement été frappée par la crise mondiale, elle a évité une récession plus grave en 2009 et a rebondi en 2010 grâce au soutien financier des organismes multilatéraux et l’adoption par les pouvoirs publics de politiques macroéconomiques prudentes ». Le tourisme est un réel facteur de développement pour l’Afrique subsaharienne. Les secteurs privés des pays développés comme la Chine, les Etats-Unis, la France etc. sont de plus en plus attirés par les pays africains et investissent massivement dans les domaines de la technologie et les infrastructures, ce qui peut être un avantage pour le tourisme africain, notamment ivoirien. La fabrication et l’imaginaire d’une destination se forge à travers sa capacité touristique et culturel. Aujourd’hui, le monde du tourisme est en pleine mutation avec l’arrivée de nouveaux acteurs qui proposent aux clients de construire eux-mêmes leurs séjours et d’être directement en contact avec les prestataires (vol, hôtels, transport…). L’arrivée de la digitalisation et de nouveaux sites tels Airbnb, Uber, booking, pour ne citer qu’eux, transforment le client en son propre agent de voyages. Les Tours Opérateurs se doivent de se renouveler pour pouvoir offrir des produits plus innovants à des clients de plus en plus exigeants. Les habitudes des clients changent, d’où se développe une envie d’autonomie et de découverte. Les voyageurs veulent s’immerger dans le pays ou les régions visitées avec l’arrivée du tourisme durable.

Face ce changement de comportement des touristes, nous allons analyser 3 (trois) dispositifs d’expositions que nous avons trouvé pertinents pour notre étude. Ces analyses nous permettrons de formuler une partie de nos préconisations dans notre 3ème partie.

Analyse critique de trois dispositifs d’exposition : l’impact du tourisme et de la culture sur une destination 

Nous avons vu dans la partie précédente qu’il y a une hybridation entre le tourisme et la culture, et que ces facteurs sont des leviers de développement économique d’une destination. Notre choix se porte sur le MuPo du Sénégal, le Macma de Marrakech et la Fondation Gacha du Cameroun. Nous avons assisté ainsi que les responsables de deux de ces dispositifs au Forum des Arts d’Afrique de Paris en juin 2018. Nous avons pu les rencontrer et échanger avec eux, pour connaître leurs motivations et leurs attentes. Notre objectif est de comprendre comment les africains, font faces aux changements de comportement des touristes et comment ces acteurs de médiations arrivent attirer des visiteurs, surtout le jeune public.

Le musée de la photographie de Saint Louis au Sénégal. 

Intitulé : MuPho Musée de la Photographie de Saint-Louis. C’est le premier musée dédié à la photographie ouvert au Sénégal et inauguré le 25 novembre 2017, par un mécène originaire de Saint-Louis dans le but de revaloriser sa ville natale. Car le patrimoine architectural de cette cité coloniale se dégrade de jour en jour, malgré son classement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Monsieur Amadou DIAW ayant un patrimoine immobilier conséquent, décide de consacrer plusieurs de ses bâtisses à la culture dont ce musée qui est la réhabilitation de l’espace publique.

Pourquoi avoir choisi ce musée : en dehors du Maghreb, la photographie africaine est née au Sénégal. Ce pays jouait un rôle stratégique de par sa position géographique, économique, sociale et militaire pendant la colonisation. Nous pensons que ce musée correspond parfaitement à une partie de notre problématique car il apporte un nouveau regard culturel contemporain : la découverte, la détente et le développement. « C’est un lieu de vie et d’échange qui soit en même temps un lieu de découverte et d’éducation, ainsi qu’un rouage de l’économie culturelle de la ville » comme le souligne Salimata DIOP « C’est également un lieu de rencontre où les habitants et les touristes se retrouvent. Il fait partie de la dynamique de l’économie de l’île Saint-Louis ». La deuxième raison de notre choix est que Madame Salimata DIOP est la directrice de programmation culturelle de la seule foire d’art contemporain et de design dédiée à l’Afrique sur le territoire français : AKAA « Also Known As Africa ». La deuxième édition de cette foire s’est tenue à Paris du 10 novembre au 12 novembre 2018, avec la participation de 38 galeries provenant de 19 pays dont plus de la moitié du continent africain. L’autre moitié vient du reste du monde. Cette année, de manière généralisée un audio-guide a été mis à la disposition des visiteurs afin de les accompagner tout au long du parcours. Nous pensons qu’elle est le pont entre la Côte d’Ivoire le la France, donc elle répond à une partie de notre problématique.

Organisation du musée : le musée est dirigé par Madame Salimata DIOP qui s’occupe de la scénographie, des artistes venant de toute l’Afrique pour exposer leurs œuvres. C’est aussi un centre d’archives « sa première mission est de devenir un centre d’archives photographiques. Il s’agit de recueillir, d’inventorier, de restaurer, de promouvoir et de disséminer les œuvres photographiques anciennes de Saint-Louis, de sa région et du Sénégal, dont beaucoup existent actuellement au sein de collections privées méconnues » .

Observations : sur le site web nous constatons des images liées à la beauté sénégalaise des années 1930, pour citer comme exemple : des clichés inédits de la cérémonie d’investiture de l’empereur BOKASSA en 1977. La majorité des clichés nous plonge de l’époque coloniale à nos jours et nous tracent l’histoire du continent africain à travers la photographie. Le musée est divisé en 3 parties : un parcours bridge avec une exposition hors les murs (qui s’élargie partout en Afrique) en mettant en place des projets impliquant les touristes et les habitants. Ces dispositifs hors les  murs visent à démocratiser la culture des quartiers sensibles afin qu’elle soit plus accessible aux habitants et aux touristes. Citons le cours de Dominique PAGES « L’évolution de la demande : de l’insolite à l’engagement Le regard renouvelé sur la périphérie : la photographie indépendante locale et internationale des marges ; la communication autour des grands projets… ». Le secteur privé s’intéresse aux banlieues (investissements, soutiens via les fondations). Les programmes hors les murs, apportent un nouveau regard culturel sur la ville de Saint-Louis, longtemps délaissée par les pouvoirs publics. Dans la deuxième partie du musée, le parcours est pour les expositions temporaires. La troisième partie est dédiée aux expositions permanentes avec des œuvres contemporaines. Le musée dispose d’un patio qui est entièrement consacrée aux rencontres et aux échanges entre les saint-louisiens et les voyageurs qui peuvent partager un Bissap . Une bibliothèque et une salle de lecture sont mises à la disposition des visiteurs pour s’informer, pour faire des recherches et des découvertes.

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Table des matières

INTRODUCTION GENERALE
PARTIE 1 : DESTINATION CÔTE D’IVOIRE, UNE OFFRE DIFFICILEMENT LISIBLE
1.1 LE TOURISME EN AFRIQUE : UN TOURISME AU PLURIEL
1.1.1 Un continent à la visibilité floue et contrastée
1.1.2 Du regard postcolonial aux regards culturels contemporains
1.1.3 Analyse critique de trois dispositifs d’exposition : l’impact du tourisme et de la culture sur une destination
1.1.4 Benchmark du tourisme en Afrique : regards croisés
1.2 LES FORCES DE LA COTE D’IVOIRE ET SON POTENTIEL EN TERMES DE DESTINATION TOURISTIQUE ET CULTURELLE
1.2.1 Contexte géographique et historique
1.2.2 Les infrastructures
1.2.3 Le transport aérien
1.2.4 Les réseaux de télécommunication
1.2.5 Le plateau sanitaire
1.3 IDENTITÉ PATRIMONIALE ET CULTURELLE DE LA CÔTE D’IVOIRE
1.3.1 Les parcs et réserves naturelles
1.3.2 Les musées en Côte d’Ivoire
1.3.3 Les danses folkloriques
1.3.4 Les masques et l’artisanat ivoirien
1.3.5 La gastronomie
1.3.6 Les boissons locales et les desserts
1.4 ANALYSE MACRO-ENVIRONNEMENT DE LA CÔTE D’IVOIRE (SELON LA MÉTHODE PESTEL)
1.4.1 Point de vue politique
1.4.2 Point de vue économique
1.4.3 Point de vue sociologique
1.4.4 Point de vue technologique
1.4.5 Point de vue environnemental
1.4.6 Point de vue légal
1.5 LE TOURISME EN CÔTE D’IVOIRE : ETAT DES LIEUX
1.5.1 Le tourisme d’affaires et de congrès
1.5.2 Le tourisme balnéaire
1.5.3 Le tourisme culturel, patrimonial et religieux
1.5.4 Les lieux cultes du tourisme en côte d’ivoire
1.5.5 La clientèle touristique ivoirienne
1.5.6 Les freins à l’évolution du tourisme en côte d’ivoire
1.6 LES NOUVEAUX DEFIS DU DEVELOPPEMENT TOURISTIQUE : DE LA VISION STRATÉGIQUE AU DÉPLOIEMENT EFFECTIF
1.6.1 Les nouveaux visages touristiques de la côte d’ivoire
1.6.2 Approche communicationnelle sur l’attentat de Grand-Bassam
PARTIE 2 : LE RÔLE DE L’AMBASSADE DANS LA VALORISATION DE LA DESTINATION CÔTE D’IVOIRE
2.1 PRÉSENTATION DE L’AMBASSADE DE CÔTE D’IVOIRE EN FRANCE : UN INTERMEDIARE EN PUISSANCE
2.1.1 Organigramme de l’ambassade de côte d’ivoire en France
2.1.2 Le rôle culturel et touristique d’une Ambassade en général
2.1.3 Focus sur les activités du réseau permanent diplomatique et consulaire ivoirien
2.2 LES MISSIONS ORGANISATIONNELLES ET COMMUNICATIONNELLES DE L’AMBASSADE : EXPOSÉ ET SYNTHÈSES
2.2.1 Mission 1 : enjeux, réalisation, regard critique
2.2.2 Mission 2 : enjeux, réalisation, regard critique
2.2.3 Mission 3 : enjeux, réalisation, regard critique
2.2.4 L’organisation internationale de la francophonie
2.2.5 Les relations de l’Ambassade avec le public français
2.2.6 Les ouvertures (les partenaires, les acteurs et les parties prenantes)
2.3 PATRIMOINE ET PATRIMONIALISATION D’UN LIEU SYMBOLIQUE
2.3.1 Nos propositions : stratégie d’une communication événementielle et éditoriale
2.3.2 Stratégie de communication : Création d’un site internet participatif dédié au festival de l’Ambassade
2.3.3 Les partenaires et sponsors du festival Abidjan en scène sur seine
2.4 LA CÔTE D’IVOIRE VUE PAR LES MÉDIAS DU VOYAGE
2.4.1 Les médias
2.4.2 Préambule
2.4.3 La fabrication de la destination : la côte d’ivoire dans les guides de voyages en ligne (Petit Futé, Routard, Lonely Planet)
2.4.4 Analyse de l’offre éditoriale d’un guide en papier de l’Ambassade de Côte d’Ivoire
2.4.5 Analyse de la page Facebook de l’Ambassade de Côte d’Ivoire en France
2.4.6 Analyse d’un site communautaire sur la Côte d’Ivoire : Tripadvisor
PARTIE 3 : PROPOSITIONS ÉDITORIALES ET MANAGÉRIALES
3.1 REDYNAMISATION / OPTIMISATION DE L’OFFRE ÉDITORIALE ET TOURISTIQUE DE LA CÔTE D’IVOIRE À TRAVERS L’ÉVÉNEMENTIEL
3.1.1 Qu’entend-on par ‘’innovation éditoriale’’ ?
3.1.2 Quelques formes exemplaires d’innovations
3.2 PRECONISATIONS
3.2.1 La femme ivoirienne : une actrice économique en devenir ?
3.2.2 Le pagne : objet de médiation de la femme ivoirienne
3.2.3 Le pagne exprime l’humeur du moment de qui le porte
3.2.4 Pagne symbole et signification
3.3 L’ENJEU ACTUEL DU TOURISME MONDIAL : LE TOURISME DURABLE.
3.3.1 Tourisme durable : définitions croisées et critiques
3.3.2 Pourquoi pratiquer le tourisme durable en côte d’ivoire ?
3.3.3 Le tourisme durable en Côte d’Ivoire
3.3.4 Le tourisme créatif un genre nouveau de développement durable ?
3.3.5 Vers de nouvelles médiations du tourisme participatif au tourisme créatif
3.3.6 La valorisation d’un patrimoines matériel : le pagne
3.3.7 Analyse d’un dispositif hors les murs : les ateliers nomades du quai Branly
3.4 PROPOSITIONS DE MÉDIATION AUTOUR DU PAGNE IVOIRIEN.
3.4.1 Organisation de l’atelier
3.4.2 Évaluation des publics
CONCLUSION GENERALE

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