Le prénom, un support privilégié pour les activités d’écriture en maternelle

Cadre théorique

L’écriture en maternelle

La découverte de l’écrit

La découverte du monde de l’écrit se fait sur le long terme. C’est par l’exposition à des écrits, auxquels l’enfant est confronté depuis sa naissance (Fayol, 2013), qu’il va en découvrir les différentes fonctions. L’école maternelle occupe un rôle primordial dans la découverte du fonctionnement de l’écrit (Ferreiro, 2000). Les écrits utilisés à l’école maternelle (affiches, albums de littérature de jeunesse…) vont permettre à l’enfant de comprendre et de repérer les différences entre le langage oral et le langage écrit, donc de s’approprier les différents rôles de l’écrit (Rey, 2007 ; Brigaudiot, 2000 ; Fayol, 2013 ; David & Fraquet, 2013) . En effet le langage écrit est un outil qui laisse de traces (Fayol, 2013) et qui est différé dans le temps alors que le langage oral ne laisse pas de traces et s’adresse à une personne présente.
De plus à l’école maternelle il existe un va et vient constant entre le langage oral et le langage écrit qui permet aux enfants de s’approprier progressivement les particularités de l’écrit : les lettres qui le composent ainsi que la régularité de la langue soit la valeur sonore des lettres ainsi que la correspondance graphophonologique (Fayol, 2013 ; David & Fraquet, 2013).
L’école va amener l’enfant à s’éloigner des aspects sémantiques de l’écriture (soit le sens des mots) pour privilégier l’aspect formel (la constitution des mots) qui prendra une place prépondérante en CP, et non plus sur son aspect sémantique soit le sens des mots ce qui lui permet d’acquérir progressivement le principe alphabétique (Le Deun, 2009). Lorsque l’enfant commence à comprendre le fonctionnement du système alphabétique ainsi que la relation grapho-phonologique qui associe les graphèmes aux phonèmes, et le lien entre la chaîne parlée et les signes (que sont les lettres), il peut améliorer ces écrits précoces (Rey, 2007). Ces derniers peuvent être produits pour différentes raisons : s’affirmer librement, inventer des histoires, garder des traces ou encore imprimer une volonté personnelle (David & Fraquet, 2013).

Les connaissances alphabétiques des enfants de maternelle

A l’école maternelle l’enfant va apprendre le nom des lettres. Cet apprentissage va lui permettre de nommer des lettres sur des cartes lettres par exemple, de reconnaitre les lettres dans des mots connus, d’écrire des textes d’écriture précoces ou encore un apprentissage implicite de la relation graphèmes – phonèmes (Biot-Chevrier & Ecalle Magnan, 2008). De plus la connaissance et la reconnaissance des lettres de l’alphabet font parties des attendues de fin de cycle 1 d’après le BO spécial n°2 du 15 mars 2016.
Comme nous le voyons dans le tableau ci dessus, la recherche de Bouchière, Ponce et Foulin (2009) présente un état des lieux des connaissances sur les lettres alphabétiques des enfants de la petite à la grande section de maternelle. Il montre que l’enfant de petite section connait quelques lettres, en règle générale 3 à 4, et évolue sur environ la mitié des lettres de l’alphabet en moyenne section pour en connaitre jusqu’à 21 en grande section. Ces lettres peuvent être à la fois récitées dans la comptine alphabétique mais également dénommées à partir de cartes lettres. Plusieurs facteurs interviennent dans l’apprentissage des lettres, des facteurs propres aux enfants et d’autres propres aux lettres. Ici nous nous intéresserons aux facteurs propres aux lettres (Phillips et al, 2012). En effet les caractéristiques physiques de la forme des lettres peuvent aider à leur mémorisation. La forme du « O » est simple ce qui permet une meilleure mémorisation que celle plus complexe du « F » composée de 2 boucles (Bouchière, Ponce & Foulin, 2009).
La fréquence lexicale des lettres intervient dans l’apprentissage des lettres.
En effet une lettre ayant une haute fréquence lexicale sera mieux mémorisée qu’une lettre ayant une faible fréquence lexicale (Bouchière, Ponce & Foulin, 2009).
La valeur phonémique des voyelles permet une identification de ces dernières par rapport aux consonnes. En effet, dans un mot entendu l’enfant reconnait d’abord les voyelles ce qui facilitera leur reconnaissance dans les mots écrits (Bouchière, Ponce & Foulin, 2009).
La connaissances des lettres de l’alphabet est un précurseur à la connaissance de leur son (Fayol, 2013). En effet la majorité des lettres a son son dans son nom. L’enfant va alors se servir des premières connaissances qu’il a des lettres, leur nom, pour écrire (Drouin & Harmon, 2009 ; Biot-Chevrier & Ecalle Magnan, 2008).
Enfin, les lettres présentes dans le prénom de l’enfant sont les premières apprises, en particulier l’initiale (Bouchière & Ponce & Foulin, 2009 ; Drouin & Harmon, 2009). L’enfant maitrise donc plus tôt le nom des lettres de leur prénom que les autres (Phillips & al, 2012). L’écriture du prénom et la connaissance des lettres sont des compétences qui sont liées. Les enfants qui reconnaissent toutes les lettres de leur prénom ont une meilleure connaissance globale que ceux qui n’en reconnaissent qu’une partie (Drouin & Harmon, 2009).
Les premières lettres apprises par l’enfant étant celle de son prénom cela en fait un support à privilégier pour les activités d’écriture.

Le prénom, un support privilégié pour les activités d’écriture en maternelle

Les particularités du prénom

Le prénom a une valeur identitaire pour l’enfant

A partir de 1 an et demi le prénom fait partie des mots à valeur référentielle.
Parce que c’est un support affectif pour l’enfant, le prénom a une place particulière dans sa vie de l’enfant, et il met en jeu sa motivation (Briquet & Duhaze, 2005 ; Le Deun, 2009).
Le prénom est une première occasion de relier le langage oral au langage écrit. Lorsqu’il est écrit, il permet de faire intervenir le « je » des enfants et donne un sentiment d’identité, il est donc important de le travailler au même titre que les histoires ou encore les messages (Brigaudiot, 2000 ; Drouin & Harmon, 2009). A l’école maternelle, l’étiquette prénom de l’enfant est un outil de construction identitaire (Briquet & Duhaze, 2005 ; Brigaudiot, 2000 ; Le Deun, 2009).
Lorsque l’enfant écrit son prénom il a un sentiment de soi et de propriété sur l’objet en question (Brigaudiot, 2000 ; Drouin & Harmon, 2009). Il signe un dessin pour marquer l’appartenance du dessin.

La particularité du prénom d’un point de vue développemental

Les premières découvertes de la nature de l’écrit se font avec le prénom (Brigaudiot, 2000). A partir de 2 ans, il fait parti des premières marques linguistiques à la première personne en production orale (Brigaudiot, 2000). Le prénom est le premier mot que l’enfant apprend à reconnaitre et à écrire (Levin & Ehri, 2009 ; Brigaudiot, 2000 ; Noyer & Baldy, 2002 ; Zerbato-Poudou ; Drouin & Harmon, 2009 ; Ferreiro, 2000). Pour les enfants de classe défavorisée, ces apprentissages sont souvent scolaires (Ferreiro, 2000).
Le fait de savoir écrire son prénom est une étape de développement et de socialisation importante dans la vie d’un enfant, c’est un premier stade dans le développement de l’alphabétisation (Drouin & Harmon, 2009).
Visuellement le prénom est toujours un mot isolé et isolable, il est toujours écrit avec une majuscule et est attaché a une personne propre. Son écriture est facilitée par le fait que c’est le seul mot qui n’est pas totalement lié au dessin alors que tous les autres mots passent par cette étape. Par conséquence le prénom est toujours en avance sur les autres mots de la langue (Brigaudiot, 2000).
Le prénom en maternelle est le seul mot que l’enfant apprend à écrire. Il commence par le recopier puis ensuite apprend à l’écrire alors que les autres mots sont seulement de la copie de modèles (Noyer & Baldy, 2002). Son écriture est favorisée pendant les années de l’école maternelle ce qui en fait un bon outil pour manier les lettres régulièrement (Clerget, 2005).
Cependant les enfants qui savent écrire leur prénom ne comprennent pas forcément comment il est composé. Ce n’est pas parce que son écriture est acquise que l’enfant a acquis le principe alphabétique. L’enfant peut avoir mémorisé la séquence de lettres sans être capable de d’associer un graphème au phonème entendu ou encore de reconnaitre ces lettres dans un autre contexte. Lorsque l’enfant lit ou écrit son prénom il peut être confronté à des problèmes provenant de ses propres représentations. En effet si l’enfant essaye d’écrire ou de lire son prénom en suivant l’hypothèse syllabique qui associe une syllabe à une lettre alors il est confronté a un conflit qui le ferra avancer dans ses représentations de l’écriture (Ferreiro, 2000).
Le prénom est un matériel d’expérimentation permettant d’initier l’enfant à leur écriture (moteur), à la reconnaissance des lettres (perception) et à la formation des mots (cognition) (Morin & Prevost, 2011).
L’aspect moteur de l’écriture peut être travaillé en utilisant le prénom des élèves comme modèle d’écriture (Morin & Prevost, 2011).

Les différents stades d’apprentissage du prénom

Au début de l’école maternelle, vers 3 ans, l’enfant va d’abord apprendre à reconnaitre son prénom sur son étiquette prénom (Briquet & Duhaze, 2005 ; Levin & Ehri, 2009), il n’encode pas encore le langage écrit. Ensuite, vers 4 ans, il apprendra à le copier puis à l’écrire (Briquet & Duhaze, 2005). En fin d’école maternelle l’enfant doit être en mesure d’écrire seul son prénom (BO spécial n°2 du 16 mars 2015).
A l’école maternelle, l’enfant apprendra également qu’il existe différentes graphies à son prénom (capitales d’imprimerie, script et cursive) et que l’ordre des lettres est primordial pour bien écrire son prénom (Briquet & Duhaze, 2005)). C’est entre 4 et 5 ans que l’enfant remarque quand une lettre de son prénom a été changé, mais ceci est possible que s’il a été en contact régulier avec son prénom imprimé (Levin & Ehri, 2009).
L’écriture du prénom évolue avec l’âge des enfants (Le Deun, 2009 ; Brigaudiot, 2000) ce qui est en accord avec les étapes d’apprentissage de l’écriture vues précédemment.
L’utilisation des stratégies présentées dans le tableau 2 montre une évolution dans l’écriture de prénom de l’enfant. De plus pour toutes les classes d’âges, les stratégies d’écriture utilisées pour écrire le prénom illustrent l’avance du prénom par rapport aux autres mots produits par l’enfant.
Quand on analyse les connaissances qu’a l’enfant sur le prénom on se rend compte qu’il est capable d’identifier comme mot son prénom avant les autres mots. Il est également capable de nommer les lettres de son prénom avant d’être capable de nommer les autres lettres et il est capable d’écrire son prénom avant d’écrire les autres mots de la langue. Tous ces éléments montrent que le prénom est en avance et il peut servir peut être à entrer dans l’écrit.

Problématique

Le prénom est en avance sur les autres mots de la langue. En effet, le prénom est un mot particulier dans l’histoire de l’enfant. C’est le premier mot qu’il reconnaît, qu’il copie puis qu’il écrit (Levin & Ehri, 2009 ; Brigaudiot, 2000 ; Noyer & Baldy, 2002 ; Zerbato-Poudou ; Drouin & Harmon, 2009 ; Ferreiro, 2000) ce qui lui confère un statut privilégié. Certaines études semblent montrer que l’enfant utilise les lettres de son prénom pour écrire d’autres mots (Bara & Gentaz, 2007 ; Levin & Ehri, 2009 ; Ferreiro, 2000 ; Fayol, 2013 ; Noyer & Baldy, 2002 ; Le Deun, 2009 ; Drouin & Harmon, 2009). Pour l’instant, ces études montrent que l’enfant utilise les lettres de son prénom sans prendre en compte la valeur sonore de la lettre. Nous cherchons donc à montrer à quel moment l’utilisation des lettres du prénom prend de l’importance c’est-à-dire que les compétences acquises dans l’écriture du prénom peuvent être transférées à l’écriture d’autres mots. En effet, cette question a un intérêt majeur dans le rôle de l’enseignant de cycle 1 afin d’optimiser les apprentissages des élèves.
Entre trois et cinq ans, est-ce que les compétences que l’enfant acquiert sur le prénom sont transférées à d’autres mots ? Si oui, à quel âge ?
Pour cela, nous allons réaliser une étude développementale sur des enfants de 3, 4 et 5 ans (scolarisés dans les classes de petite, moyenne et grande sections).
Alors qu’à cet âge l’enfant n’a pas encore appris à écrire, nous leur demandons d’écrire leur prénom et des pseudo-mots. L’analyse des stratégies d’écriture permet d’observer les différentes évolutions des représentations de l’écriture. Nous souhaitons savoir si l’enfant utilise uniquement les connaissances visuelles des lettres de son prénom ou s’il y intègre une valeur phonétique en utilisant une lettre ou une syllabe de son prénom. Pour ce faire, plusieurs pseudo-mots ont été crées dans lesquels des morceaux de prénom (lettre-syllabe) sont introduits. Lors des passations individuelles, les élèves seront amenés à écrire leur prénom ainsi que plusieurs pseudo-mots bi ou trisyllabiques, avec différentes positions pour les morceaux de prénom.

A quel âge l’enfant utilise le premier phonème de son prénom dans les pseudo-mots ?

Maintenant que nous savons quelles sont les connaissances du prénom chez l’enfant, que nous savons qu’ils savent l‘écrire, que les phonèmes n’apparaissent que vers 5 ans alors que les lettres émergent à 4 ans, nous allons pouvoir voir comment ça se passe pour sur l’écriture d’autres mots.
D’après la figure 7 on observe que ce sont les élèves de moyenne section qui obtiennent le score moyen le plus élevé pour l’écriture des pseudo-mots comprenant le premier phonème du prénom au début du pseudo-mot.
Toujours d’après la figure 7 on peut voir que la moyenne des scores obtenus pour l’écriture de pseudo-mots ayant le premier phonème du prénom l’enfant est supérieure à celle des pseudo-mots ayant le phonème en fin de mot. En effet en petite section seul 17% des élèves retranscrivent le premier phonème de leur prénom lorsqu’il est situé en début de pseudo-mot pour seulement 7% des élèves lorsqu’il est situé en fin de pseudo-mot. Ces résultats montrent que la majorité des élèves de petite section ont obtenus un score de 0. La différence est d’autant plus importante pour les élèves de moyenne section parmi lesquels 42% des élèves retranscrivent le phonème de leur prénom lorsqu’il est situé au début du pseudo mot dicté. Seulement 20% de ces mêmes élèves le reconnaissent lorsqu’il est situé à la fin du pseudo-mot. En grande section l’écart est minime, la position du phonème n’a plus d’importance pour ces élèves.

Discussion

Nous avons réalisé une étude développementale qui nous a, en partie, permis d’observer l’évolution de l’écriture du prénom des enfants de 3 à 5 ans.
D’après les résultats, on observe que parmi les enfants de 3 ans, peu utilisent des lettres conventionnelles pour écrire leur prénom. Seulement 12 des 33 enfants de 3 ans utilisent des lettres conventionnelles. Des tâches contrôles ont été réalisées pour vérifier les connaissances des lettres et plus précisément si la forme visuelle des lettres est associée au nom de la lettre ou au son de la lettre. La dictée de lettres a montré que la quasi-totalité des élèves n’associaient pas le nom de la lettre dictée à sa forme écrite. La dictée de phonèmes, quant à elle, a montré qu’aucun élève de 3 ans n’a acquis la valeur phonique des lettres de leur prénom puisqu’ils n’associaient pas le phonème dicté à la lettre de leur prénom.
Les enfants âgés de 4 ans obtiennent 90% de réussite à l’écriture de leur prénom. Parmi ces réussites, seulement 63 % connaissent la relation entre la lettre dictée et sa forme visuelle puisque dans la dictée de lettres ces élèves ont transcrit la lettre correspondante à celle dictée. De plus, 35% des élèves ayant réussit l’écriture de leur prénom ont acquis la valeur phonique de ses lettres en associant la lettre au phonème dicté. Une minorité des enfants de 4 ans associe l’aspect visuel à la valeur phonique des lettres. Les résultats obtenus peuvent s’expliquer par une variabilité des performances des élèves alors que l’apprentissage de la valeur phonique des lettres du prénom des enfants est en cours.
A 5 ans, les enfants réussissent à écrire leur prénom, seul un enfant n’a pas réussi cependant c’est un élève issu d’une famille itinérante et il n’a pas suivi une scolarité régulière depuis ses 3 ans. A cet âge la majorité des enfants établit un lien entre la forme visuelle de la lettre dictée et son nom pour toutes les lettres de leur prénom mais seulement un enfant sur cinq connait la totalité des valeurs phonémiques des lettres de leur prénom. La majorité des enfants de 5 ans n’ayant pas acquis la totalité des valeurs phonémiques des lettres de leur prénom en connait plus de la moitié. Ces résultats indiquent qu’à 5 ans les enfants ont établi des connaissances sur les lettres (leur forme, leur nom et dans une moindre mesure leur son).
Les résultats obtenus sur les tâches d’écriture du prénom nous permettent de valider partiellement notre première hypothèse puisque peu d’enfants de 3 ans utilisent des lettres conventionnelles. A 4 ans, elles apparaissent dans l’écriture du prénom de l’enfant et les élèves ont une meilleure connaissance de la forme visuelle des lettres de leur prénom. A 5 ans, les connaissances alphabétiques se renforcent (la forme, le nom voire parfois le son) ainsi, la quasi-totalité des enfants écrit leur prénom en utilisant des lettres conventionnelles. La valeur phonémique des lettres du prénom de l’enfant, quant à elle, connait une évolution entre 4 et 5 ans puisque les tous les élèves de 5 ans transcrivent un phonème par une lettre.
En plus de nous avoir permis d’observer l’évolution de l’écriture du prénom chez les enfants de 3 à 5 ans, cette étude développementale nous a également permis de remarquer les différentes stratégies utilisées par les élèves de maternelle pour écrire d’autres mots que leur prénom. Pour ce faire, les élèves ont dû écrire des pseudo-mots comprenant des éléments de leur prénom : leur initiale et plus précisément la valeur phonémique de celle-ci ou leur première syllabe.
Les pseudo-mots comprenant le premier phonème du prénom de l’enfant nous ont permis de savoir si les enfants des différentes classes de maternelle identifiaient le phonème cible dans le pseudo-mot entendu puis le retranscrivaient à l’écrit. Nous avons fait varier la taille des pseudo-mots dictés en proposant des pseudo-mots bi et trisyllabiques mais également la position de l’initiale du prénom dans le pseudo-mot (début, milieu ou fin de pseudo-mot).
On observe que certains des enfants de 3 ans ayant utilisé des lettres pour écrire leur prénom ont également utilisé ces lettres pour écrire les pseudo-mots dictés. Cette stratégie nous indique que le prénom constitue le premier répertoire de lettres et qu’il est utilisé pour écrire d’autres mots que leur prénom. Cependant, ces élèves représentent seulement 24 % de la cohorte des enfants de 3 ans. A cet âge, la longueur des pseudo-mots dictés n’influence pas la production des écrits des élèves. Lorsque la position du premier phonème du prénom de l’enfant change dans le pseudo-mot dicté, on remarque que peu d’élèves le retranscrivent à la position correcte (milieu ou fin de mot).
A 4 ans, les enfants utilisent, pour la quasi-totalité, des lettres conventionnelles pour écrire leur prénom ainsi que pour écrire des pseudo-mots ; les pseudo-lettres ainsi que les tracés continus et discontinus ont disparus. A cet âge, les stratégies d’écriture sont diverses puisqu’un enfant sur 2 utilise la lettre codant le premier phonème de son prénom lors de l’écriture du pseudo-mot entendu. Certains d’entre eux l’ont placé correctement en fonction du pseudo-mot entendu. Cette hétérogénéité des résultats peut indiquer que les élèves sont en train d’apprendre l’association du nom des lettres, de leur son ainsi que leur représentation visuelle.
Les mots trisyllabiques apportent une difficulté supplémentaire pour ces élèves de 4 ans puisqu’il faut que l’enfant découpe le mot entendu en 3 syllabes, reconnaisse la syllabe contenant le premier phonème de son prénom puis le transcrive au bon emplacement. Cette tâche est donc difficile pour les enfants de 4 ans, on peut donc dire qu’à 4 ans la taille du mot écrit est importante. Pour une meilleure utilisation des connaissances qu’a l’enfant sur l’écrit, il faut privilégier les mots courts aux mots longs. A 4 ans, la position de premier phonème du prénom de l’enfant a également une importance dans la retranscription de celui-ci. Ainsi on pourra privilégier l’écriture de mot ayant le premier phonème du prénom de l’enfant au début du mot.
On observe que 18% des élèves de 3 ans utilisent partiellement ou totalement leur première syllabe pour écrire d’autres mots. On remarque que parmi ces 18% tous les enfants ne retranscrivent pas leur syllabe en entier. La longueur des pseudomots dictés n’influence pas les productions des élèves ainsi que la position de la syllabe cible.
La majorité des élèves de 4 ans est capable d’écrire la première syllabe en entier ; en revanche tous ces élèves ne l’écrivent pas à l’emplacement correct. Ces résultats nous indiquent que les élèves font appel à des compétences métaphonologiques en reconnaissant la première syllabe de leur prénom dans le pseudo-mot qui leur est dicté ; cependant, son emplacement dans leur production n’est pas correct. Lorsque la longueur du pseudo-mot varie, il n’y a pas de changement au niveau de l’utilisation de la première syllabe de leur prénom dans les productions des enfants de 4 ans. Ainsi à 4 ans, la taille des mots écrits par l’enfant n’a pas d’importance ce qui permet de travailler aussi bien avec des mots courts qu’avec des mots longs. Cependant, la position de la première syllabe du prénom de l’enfant a une importance dans la retranscription de celui-ci. Ainsi on pourra privilégier l’écriture de mots ayant la première syllabe du prénom de l’enfant au début du mot et éviter des mots se finissant par cette syllabe.

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Table des matières
Introduction 
Cadre théorique 
1 – L’écriture en maternelle
1 – La découverte de l’écrit
2 – Comment l’enfant apprend à écrire ?
a) – La forme visuelle et globale de l’écriture
b) – Les représentations de l’écriture chez l’enfant
3 – Les connaissances alphabétiques des enfants de maternelle
2 – Le prénom, un support privilégié pour les activités d’écriture en maternelle
1) – Les particularités du prénom
a) – Le prénom a une valeur identitaire pour l’enfant
b) – La particularité du prénom d’un point de vue développemental
2) – Les différents stades d’apprentissage du prénom
3 – Problématique
Méthode 
1 – La population concernée
2 – Le matériel utilisé
1 – Matériel à disposition des enfants
2 – Constitution des tâches
a) Épreuves relatives au prénom
Écriture du prénom
Dictée des lettres de leur prénom
Dictée des phonèmes de leur prénom
b) Épreuves relatives aux pseudo-mots
Pseudo-mot contrôle
Pseudo-mots relatifs au prénom
Les variables 
Écriture de pseudo-mots incluant le premier phonème du prénom de l’enfant
Écriture de pseudo-mots incluant la première syllabe du prénom de l’enfant
3 – Le déroulement de l’étude
Résultats 
a) Épreuves relatives au prénom
A quel âge l’enfant est-il capable d’écrire son prénom ?
A quel âge l’enfant est-il capable d’écrire les lettres de son prénom quand elles lui sont dictées ?
A quel âge l’enfant est-il capable d’écrire les phonèmes de son prénom lorsqu’ils lui sont dictés ?
b) Épreuves relatives aux pseudo-mots
A quel âge l’enfant utilise le premier phonème de son prénom dans les pseudomots ?
A quel âge l’enfant utilise la première syllabe de son prénom dans les pseudomots ?
Discussion 
Bibliographie 
Annexes

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