Le futur d’un site imaginé par des investisseurs privés

Quand un ancien terminal devient le refuge de milliers de migrants

Le site de l’ancien aéroport d’Helliniko n’est pas « vide » comme cité précédemment. En effet, on peut y trouver certaines associations caritatives, des entreprises ou bien encore le centre sportif public d’Athènes. Parallèlement à ces diverses activités, un camp pour réfugiés a été improvisé, depuis 2015, dans l’un des terminaux de l’ancien aéroport d’Athènes.
Le statut de réfugié s’applique à toute personne se trouvant hors de son pays d’origine car elle craint avec raison de se voir persécuter du fait de sa religion, son appartenance à un groupe social, sa nationalité ou bien encore ses opinions politiques. L’objectif de tout migrant, réfugié-clandestin est d’obtenir le statut officiel de réfugié qui lui permet donc, avec certitude, de savoir qu’il ne sera pas renvoyé par les forces de l’ordre dans son pays d’origine. Afin de respecter les migrants, les protéger ainsi que de leur trouver des solutions durables, l’ONU a mis en place le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR ou HCR dans les pays francophones).
A Athènes et en Grèce plus généralement, les migrants viennent d’Afghanistan ou bien encore de Syrie. Ces populations fuient les combats entre les rebelles et l’armée locale ainsi que les attentats qui sont en recrudescence depuis 2015, suite au départ des forces de l’OTAN entre 2013 et 2014. Cette période marque l’augmentation record de l’afflux des migrants dans les pays frontaliers de l’Afghanistan ainsi qu’en Europe.
L’objectif de la plupart des migrants est d’atteindre l’Europe et, plus particulièrement l’Allemagne, le Danemark ou bien encore la Suède et ainsi obtenir le statut de réfugié afin d’être en sécurité et d’accéder à des conditions de vie décentes. Afin de s’y rendre, les migrants ont pour habitude d’emprunter la route des Balkans. Cependant, au début de l’année 2016, l’Union Européenne a décidé de réduire le flux migratoire sur cet axe et confier la gestion des migrants à la Grèce et à la Turquie qui représentent les deux premiers pays parcourus par les demandeurs d’asile. Les migrants se voient alors bloqués aux frontières de la Grèce ou bien encore de la Turquie sans avoir aucun recours. Le plan d’action imaginé à l’époque par l’Union Européenne est d’expulser tous les migrants dit « économiques » et de renforcer la lutte contre les passeurs.
Les migrants résidant en Grèce arrivaient pour la plupart depuis les îles grecques qui représentent la porte d’entrée des flux migratoires en Europe. Puis, ils se rendaient au Pirée, port principal d’Athènes d’où ils prenaient un bus pour se rendre à Idomeni, qui est un petit village frontalier avec la Macédoine. Les migrants quittaient ainsi la Grèce pour se rendre en Macédoine. Cependant, suite à la réduction des flux migratoire décidée par l’Union Européenne, on dénombre en 2016 plus de 54 000 migrants bloqués sur le territoire Grec.
Il existe des camps destinés aux migrants à travers le pays. Les principaux se trouvent sur les îles. Cependant suite à l’afflux très important des migrants sur le territoire Grec en 2015, le pays a dû trouver des solutions afin de loger toute cette nouvelle population. A la fin de l’année 2015, l’État Grec décide de transformer l’ancien aéroport d’Athènes en un camp de fortune destiné à environ 4 000 migrants. Ils sont alors affectés dans l’ancien terminal qui était destiné aux vols domestiques. Ce camp devient alors le plus important camp de réfugiés de l’Attique. Il y a plus de 100 enfants en bas âge présents sur le site, malheureusement, du fait de leur situation précaire et temporaire, ils ne sont pas scolarisés et ne reçoivent pas non plus de cours sur le site d’Helliniko. Les conditions proposées aux migrants sont difficiles. En effet, il n’y a que dix douches pour plus de 4 000 migrants.
Par ailleurs, ils dorment à même le sol ou bien dans des tentes. N’étant pas aménagé, ce camp va être directement organisé par les migrants eux-mêmes. Cette organisation s’opère notamment par la mise en place de cloisons séparatives entre chaque famille, celles-ci se traduisant le plus souvent par un entassement de cartons ou de plaids tendus.
Ces différentes interventions humaines peuvent être directement reliées à la notion d’appropriation de l’espace notamment résumé par Perla Serfaty-Garzon, écrivaine et essayiste française, spécialiste de l’intimité domestique et de l’appropriation. Sa vision de l’appropriation de l’espace se décompose en deux parties, l’adaptation de quelque chose et l’action visant à rendre propre quelque chose. Elle met en évidence notamment le fait que la notion de propriété joue un rôle prépondérant dans la notion d’appropriation. Cette propriété ne sous-entend pas forcément l’appartenance légale d’un titre de propriété mais l’appartenance morale, psychologique et affective d’un lieu comme l’ancien terminal de l’aéroport d’Helliniko. Dans sa définition de l’appropriation, Perla Serfaty-Garzon aborde la notion de territorialité qui se traduit par un marquage du territoire le plus souvent exprimé par l’utilisation d’objets personnels. Les migrants vivant dans ce terminal fractionnent alors leur espace de vie par les objets et matériaux présents sur le site, ou bien encore leurs effets personnels. Ce marquage territorial permet à chacun d’identifier son domaine personnel
Au fur et à mesure, le camp s’est agrandi au gré du flux continu et toujours plus important des migrants. Certains vivent alors sur les anciens terrains sportifs où se sont déroulés les jeux Olympiques d’Athènes en 2004. Les migrants sont organisés au sein de l’ancien aéroport par nationalité. C’est donc un site organisé et géré par l’État Grec. L’association qui vient en aide aux migrants à Helliniko est le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Cette association va alors leur apporter un soutien moral et matériel comme la mise à disposition de tentes ou bien encore du nécessaire de toilette.
Afin de réaliser dans quelle situation les migrants vivent sur le site et leur venir en aide, j’ai souhaité devenir bénévole au sein d’une association sur le site. Malheureusement, l’État en charge du camp fait en sorte de compliquer la procédure d’intégration de nouveaux bénévoles. Il demande des qualifications particulières. Ils recherchent essentiellement des médecins ou autres qualifications relevant du domaine sanitaire et social.
Cette tentative s’est donc traduite par un échec cependant cela m’a longtemps interrogé sur les raisons réelles du refus. Puis au début du mois de juin 2017 a commencé l’évacuation du site
de l’ancien aéroport d’Helliniko. L’objectif de l’État était alors de déplacer les migrants dans le camp de Thébes, situé à 100 km au nord d’Athènes. Cela permettait d’offrir aux migrants de meilleures conditions de vie au quotidien. Cependant, en éloignant les réfugiés de la capitale Grecque, on peut être amené à s’interroger sur la finalité : trouveront-ils une solution pour s’en sortir dans une plus petite ville ? A Athènes, bien qu’étant en situation irrégulière, ils arrivaient à se « débrouiller » pour gagner un petit peu d’argent par différents réseaux comme des métiers non déclarés, la mendicité ou bien, malheureusement, la prostitution pour certains. Par ailleurs, les migrants étaient libres dans ce camp d’Helliniko, ils pouvaient donc par exemple rentrer en contact très facilement avec les réseaux clandestins susceptibles de les aider à passer dans les autres pays. Toutes ces « opportunités » seront, sans aucun doute, impossibles à retrouver dans le camp de Thébes qui est une petite ville de 20 000 habitants.
La raison principale invoquée pour cette expulsion est la précarité du camp d’Helliniko. En effet, celui-ci avait été ouvert dans l’urgence et de façon temporaire en 2015. L’État n’avait pas eu le temps nécessaire de mettre en place des conditions décentes pour les occupants. Bien que la raison de l’expulsion mise en avant par l’État semble plausible, la vente actuelle de l’aéroport ainsi que le travail de « nettoyage » du site effectué par l’entreprise Hellinikon SA doit sans aucun doute avoir sa part de responsabilité dans cette opération. Ce déménagement forcé vient effacer les habitudes, l’ordre établi dans le terminal ou bien encore les repères spaciaux établis par les migrants. Cette expulsion les ramène tristement à la réalité de leur vie de nomades en situation irrégulière.

Helliniko : un haut lieu associatif à caractère social

Le projet de privatisation de l’ancien aéroport d’Athènes est l’occasion pour la population hostile à ce projet de se réunir pour organiser la résistance. En parallèle de cet afflux migratoire qui a forcé l’État à ouvrir aux migrants l’ancien aéroport d’Athènes, certaines associations ont élu domicile. La plupart de celles-ci se sont installées pour venir en aide à la population locale fortement touchée par la crise économique.
Les bénévoles au sein des associations travaillent à Helliniko pour venir en aide aux plus démunis mais aussi pour exprimer leur opposition au projet de privatisation. Helliniko est aussi un lieu qui reçoit diverses manifestations : par exemple, en mai 2011, avait eu lieu un grand festival appelé « Le Festival de la Résistance et de la Créativité pour un Parc Metropolitain à Hellinikon ». Ce festival a été l’occasion de mettre en avant la créativité du peuple Grec et son opposition au projet ; plus de 2500 personnes y ont participé.
En 2012, un semi-marathon a été organisé par des coureurs vivant à Helliniko. Le but premier de cet événement était de réunir mais aussi de faire signer une pétition afin de manifester aux autorités leur refus de projet de privatisation du site de l’ancien aéroport international d’Athènes.
Comme abordé précédemment, les associations présentes à Helliniko viennent en aide aux plus démunis et notamment deux d’entre elles jouent ou ont joué un rôle majeur.
-La première s’appelle Agros. Elle a pour but de développer la culture maraîchère par et pour la population. Cette action permet aussi d’introduire de façon réelle la notion de parc à Helliniko qui était jusqu’en 2011, date de création de cette association simplement théorique. Cette association s’est appropriée 3000 m² du site d’Helliniko afin de développer son potager participatif. En plus de cultiver des fruits et légumes locaux, cette association a mis en place des cours théoriques ainsi qu’un réseau permettant de connecter les participants entre eux à une échelle plus globale. Cette action permet donc de venir en aide aux Grecs les plus démunis, exploiter un site en déshérence, rassembler la population et informer. Au fur et à mesure du temps, cette association a disparu. Il n’y a pas de raison évidente à cette disparition, un découragement des participants face aux pressions de l’Etat semble être une raison plausible, idée mise en évidence par Vasiliki Iliopoulou, bénévole à la clinique sociale et habitant d’Helliniko.
La seconde association très importante à Helliniko est la clinique sociale « Metropolitico ». Celle-ci a été créée en 2011 par Monsieur Viras, cardiologue Grec. Ce modèle d’association a été dupliqué à plusieurs endroits du pays afin de venir en aide au plus grand nombre. Le principe fondateur de cette association est d’offrir un service médical de qualité aux plus démunis. La réduction du budget consacré à la santé par l’Etat est à l’origine de la création de cette association. Ce budget a subi une réduction importante suite à la crise de 2008, d’environ 2,5 milliards d’euros (2009-2011), afin que le pays puisse rembourser ses créanciers. Cela s’est fait malheureusement au détriment de la santé de la population Grecque en difficulté. En effet, durant l’entretien mené avec Vassiliki Iliopoulou, elle déclare « il y avait des gens qui mourraient car ils n’avaient pas accès aux soins médicaux ». Ces propos permettent de démontrer l’intérêt et la place indéniables de cette association. En effet, suite à la crise, plus de 50% de la population s’est retrouvée à vivre en dessous du seuil de pauvreté (moins de 500 €/mois), un quart de cette population n’avait pas accès aux soins médicaux, soit un total de plus de 3 millions de personnes.
Par ailleurs, l’entretien met en évidence la fragilité du système de santé en Grèce. La crise a aussi entraîné une réduction des postes au sein des hôpitaux publics : on observe notamment que, depuis la crise, le service de santé publique a vu partir plus de 2500 médecins du fait de la réduction de leurs salaires. Ceux-ci ont préféré s’exiler avec leur savoir, leurs compétences afin de trouver un emploi mieux rémunéré à l’étranger. Enfin, alors que le budget de la santé s’est réduit, les prélèvements sociaux ont augmenté de 70%.
Cette clinique ne veut pas apparaître comme un concurrent du service hospitalier public de Grèce mais plutôt comme une alternative pour les personnes ne pouvant pas bénéficier de soins médicaux, faute de moyens. Cet établissement est divisé en 3 pôles : l’accueil, la pharmacie et les consultations. Ces pôles sont tous animés par des bénévoles, médecins, retraités, actifs, étudiants.
Il n’y a pas de règle générale concernant l’acceptation des patients. Chaque cas est analysé en fonction de sa situation personnelle et son état de santé. Cependant, cette clinique s’adresse en premier lieu à la population Grecque en difficulté. Par exemple, ils ne reçoivent pas ou peu de migrants car ils sont directement gérés par des associations comme Karitas ou bien encore Praksis dans les camps de réfugiés. En lisant le carnet des consultations, on peut rapidement constater l’utilité publique de cette association. En effet, ils reçoivent environ 500 patients par mois et ont accueilli 59 000 personnes depuis la création.
N’étant pas une association à but lucratif, cette association s’interdit de recevoir de l’argent. Cette solution permet de réduire considérablement les scandales possibles de fraudes ou d’extorsions de fonds. Les consultations ou bien encore les médicaments sont donc gratuits pour le patient. Afin de pouvoir fonctionner, la clinique sociale a simplement besoin de médicaments. Les dons ne se font donc pas par le biais de l’argent mais par l’achat de médicaments par des donateurs. Les médicaments représentent le moteur de cette clinique. Certains donateurs viennent en tout premier lieu à la clinique sociale pour connaître les besoins en médicaments, puis, vont dans un second temps les acheter à la pharmacie. Il existe cependant une deuxième catégorie de donateurs qui représentent la majeure partie des dons.
Cette deuxième catégorie envoie à la clinique sociale d’Helliniko les médicaments qu’ils n’ont pas utilisés. Ce deuxième type de donation provient de prescriptions trop importantes des médecins.
Avec le temps, les médicaments sont arrivés en nombre et leur stockage devient une difficulté. Ils sont redistribués au sein d’associations ou bien encore d’hôpitaux publics avant l’expiration de leur date de péremption. La raison pour laquelle la clinique sociale envoie des médicaments aux hôpitaux publics Grecs est que l’État ne met plus assez de fonds disponibles afin d’acheter tous les médicaments nécessaires aux patients. L’entretien mené avec madame Vassiliki Iliopoulou permet de confirmer leur prise de position face au projet de privatisation du site de l’ancien aéroport d’Athènes. Cette association a élu domicile à cet endroit précis afin de lutter contre les injustices faites par l’État et afin de dénoncer la situation vécue par le peuple Grec.
L’implantation sur ce site n’a pas vraiment été faite de façon légale. Les locaux occupés étaient auparavant désaffectés. La mairie d’Helliniko n’a pas autorisé l’occupation du site mais tolère leur présence dans les locaux car ils reconnaissent l’utilité de ce service offert à la population. Bien que la situation actuelle soit tolérée sur le site, il n’existe aucun dialogue entre les deux entités. Cette position a été choisie par la clinique sociale « Metropolitico » afin de garder son indépendance face à l’État.
Cette association vient donc en aide à un nombre important de Grecs. Cependant, celle-ci vient aussi diminuer les recettes potentielles des pharmacies ou bien encore des hôpitaux. Le sujet de concurrence déloyale est surtout abordé par rapport au pôle pharmacie de la clinique sociale. A titre d’exemple, l’association Pharmaceutique Grecque (PFS) a publié une annonce demandant au ministère de la santé Grec de fermer les pharmacies sociales bénévoles. Le motif invoqué est la non-utilité de ces organisations dans la réalité actuelle. On peut donc interpréter que ces pharmacies bénévoles représentent un manque à gagner important pour les pharmaciens professionnels.
J’ai pu personnellement travailler au sein de cette association durant 4 mois au cours de l’année 2017. J’ai été affecté à la pharmacie de la Clinique Sociale où mon travail consistait à trier et ranger des médicaments. Au-delà d’avoir vécu une expérience inoubliable ,du fait notamment du dynamisme des bénévoles présents dans l’association, j’ai pu constater l’investissement de tous afin que cette clinique fonctionne, c’est à dire un lieu où l’on sauve des vies ! Les bénévoles étaient pour la plupart des retraités.
Bien qu’étant reconnue et respectée pour son travail, l’activité de cette association sur le site de l’ancien aéroport international d’Helliniko ne peut pas perdurer. Comme abordé précédemment, la société publique Hellinikon SA a comme instruction de « nettoyer » le site, c’est à dire d’évacuer à court terme toutes les entreprises présentes comme notamment la clinique sociale. Bien que consciente de l’incertitude de leur avenir, l’association restera le plus longtemps possible sur le site et luttera contre cette délocalisation.
Cette première partie permet de faire un état des lieux de la situation actuelle de l’ancien aéroport d’Athènes. On peut alors se rendre compte notamment de la difficulté pour l’Etat et les administrations publiques en général à maintenir le site en état et à en contrôler les activités. Face à la crise et aux réductions budgétaires liées, l’Etat se retrouve en posture de spectateur. L’ancien site de l’aéroport international d’Athènes est donc devenu au fur et à mesure une terre d’accueil pour les personnes en difficulté. En effet, comme nous avons pu le voir, plus de 4 000 migrants ont vécu dans un des terminaux de cet aéroport, plusieurs associations y sont implantées ou bien encore des manifestations y sont organisées. Le caractère social actuel de ce site est donc incontestable. Ce lieu est devenu un endroit de révolte et de dénonciation notamment liées aux conditions de vie du peuple Grec.
L’objectif de l’Etat, comme vu précédemment, est de privatiser ce site afin de contribuer au remboursement de la dette générée par les emprunts contractés. Le choix a été fait, la situation est irréversible.
La présentation du futur projet retenu pour ce site fera donc l’objet de la seconde partie, après cet état des lieux et ce constat d’un état acculé à vendre une partie de son patrimoine national. Seront présentés alors les acteurs du programme, le planning de réalisation envisagé pour ce projet considéré comme le plus grand projet urbain privé d’Europe par les promoteurs eux-mêmes.

Le futur d’un site imaginé par des investisseurs privés

Le contexte

Le futur d’Helliniko est un sujet de conversation très fréquent à Athènes. Certains s’opposent à la privatisation, au projet immobilier considéré hors contexte quand d’autres se réjouissent et perçoivent cela comme une opportunité de créer des emplois et attirer de nouveaux investisseurs au sein de la capitale Grecque et du pays de façon plus générale. Malgré cette opposition, l’État se voit dans l’obligation de céder ses terres afin de combler les dettes accumulées depuis plusieurs années. Cette seconde partie fera un rappel indispensable des prémices du projet et permettra de comprendre le futur projet immobilier qui va être réalisé sur l’ancien site de l’aéroport international d’Athènes. Nous y aborderons les objectifs du projet, le contexte actuel et ses problématiques, les concepts qui ont guidé le projet, le programme développé ainsi que les alternatives qui avaient été proposées.
Cette seconde partie tient ses sources de manière générale d’un document publié sur le site internet de la société HRDAF/Taiped ( société de gestion des privatisations des actifs Grecs). Celui-ci explique en détail l’organisation du futur projet à travers plus de 1300 pages de textes rédigés en Grec et d’illustrations du projet. Ce document a été rédigé par la société Enveco SA, consultant en environnement mandaté par la société Lamda Development. Cette société est basée à Maroussi, au nord d’Athènes.
Le sujet de la privatisation est apparu en 2011 avec l’organisation d’un appel à projet comme abordé précédemment. La société Lamda Development a été sélectionnée pour mener à bien ce projet immobilier à grande échelle. Pour ce faire, la société Lamda Development a dû racheter la totalité des parts de la société Hellinikon SA à qui appartenait le site d’Helliniko. La signature en vue de la privatisation devait avoir lieu dans un premier temps au cours de l’année 2014 puis elle a été repoussée jusqu’en 2016 face à une forte révolte de la population locale et pour des raisons administratives émanant du département ministériel de l’archéologie et des forêts. La présence de ruines sur l’ancien site de l’aéroport d’Helliniko a freiné l’avancement du projet. En effet, les archéologues ont découvert des traces d’habitations datant de la préhistoire jusqu’à la période post-byzantine. Par ailleurs, ils ont également découvert une ancienne mine qui pourrait dater du 4e siècle avant Jésus Christ. Néanmoins, en 2016, a été signé, de façon définitive, le contrat de privatisation du site d’Helliniko.
Le projet urbain à Helliniko, porté par la société Lamda Development, a été imaginé par l’agence d’architecture Foster+Partners. Le siège de cette célèbre agence internationale est implanté à Londres. Cette agence réalise des projets de grande envergure à travers le monde.

Les ambitions du projet

Ce projet a de nombreux objectifs fixés par la société Hellinikon SA, précédemment société publique, aujourd’hui propriété de la société Lamda Development.
Tout d’abord ce projet a pour principal intérêt de relancer l’économie du pays dans sa globalité. Cela passe notamment par la création d’emplois de façon durable ou bien encore par le fait d’attirer de nouveaux investisseurs à forte valeur ajoutée en Grèce.
Le second objectif est de faire d’Athènes une métropole culturelle à part entière. Pour ce faire, Hellinikon SA réclame la création d’un pôle multiculturel ou bien encore la création d’un grand parc qui pourrait représenter jusqu’à 40% de la surface totale du site. La proposition de conception de l’ancien site de l’aéroport d’Athènes devait donc intégrer un parc métropolitain, élément incontournable de base.
Par ailleurs, les objectifs de ce projet concernent tout autant l’impact sur l’économie grecque que sur les techniques à employer pour la réalisation. Il est demandé de faire appel à de nouvelles techniques de construction comme notamment l’intégration du bioclimatique tant dans la conception architecturale que dans l’emploi de certains matériaux qui doivent être choisis en fonction des conditions climatiques.
En outre, ce projet doit permettre de favoriser les connexions à Athènes. Il devra donc représenter un noyau central, connecteur et lien entre la ville et la mer.
L’intention première est de penser ce projet comme un signal dans la ville. L’idée serait de transformer ce projet en un point de repère au sein de la capitale Grecque. Pour matérialiser cette intention, plusieurs tours de grandes hauteurs vont être construites. Bien qu’étant dans une capitale, il existe peu de « tours » à Athènes. La plus haute actuellement s’appelle la « Athens Tower », elle mesure 103 mètres de haut et est située dans le quartier de Ambeliokipi au sein même du centre-ville d’Athènes. A Helliniko, la hauteur maximale est de 200 mètres pour ces tours. La Grèce est située sur une zone sismique importante, ce qui justifie la faible hauteur des immeubles. L’utilisation d’objets architecturaux tels que des tours viendra donc redessiner et mettre en valeur le paysage d’Helliniko.
Par ailleurs, le projet urbain de grande envergure vient se greffer sur un site déjà bien établi entre les communes de Alimos au nord, Glyfada au sud, Argiropouli à l’est et la mer et ses plages à l’ouest. L’idée est de venir créer de la valeur dans un bassin en crise. Cependant, les concepteurs ne souhaitent pas venir totalement dénaturer un site riche en patrimoine culturel (aéroport, installations des jeux Olympiques…) et créer une frontière avec les communes mitoyennes. Nous verrons par la suite que les architectes et urbanistes en charge du projet ont notamment essayé de conserver quelques traces du passé.

Le programme

Il est temps maintenant de présenter le programme de ce projet urbain privé afin de se rendre compte de l’échelle et de la diversité programmatique proposée. La présentation se déclinera de façon segmentée, par zone.
Le plan du site a été divisé en 11 zones différentes :
– 8 zones sur le site de l’ancien aéroport d’Athènes,
– 3 zones sur le front de mer.
Un règlement spécifique a été rédigé pour chaque zone. Néanmoins, des règles communes ont été également établies. Tout d’abord, chaque zone doit avoir un rôle et un caractère distinct. Par ailleurs, chaque zone doit posséder au moins 50% de sa surface accessible au public. Les déplacements lents comme la marche et le vélo sont favorisés et par, notamment, l’aménagement de pistes cyclables. Enfin, chaque zone doit être conçue en y intégrant la notion de bioclimatique pour obtenir la quantité optimale d’ensoleillement tout en évitant les phénomènes de surchauffe et en gardant des vues intéressantes.
Nous allons donc maintenant voir la composition programmatique de chaque zone.

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Table des matières

Contexte et introduction
Photos du site d’Helliniko
Chapitre 1 : De l’évolution d’un aéroport abandonné, occupé de manière illégale, à des perspectives prometteuses
1.1 Quand un site historique de la banlieue d’Athènes est en passe de devenir un bien privé.
1.2 Quand un ancien terminal devient le refuge de milliers de migrants
1.3 Helliniko : un haut lieu associatif à caractère social
Chapitre 2 : Le futur d’un site imaginé par des investisseurs privés
2.1 Le contexte
2.2 Les ambitions du projet
2.3 Le programme
2.4 Planning et données économiques du projet
2.5 Les prémices du projet
Chapitre 3 : Une alternative contre la privatisation du site d’Helliniko
3.1 Les acteurs du contre-projet et leur vision du futur projet
3.2 Le concept et ses objectifs
3.3 Le programme, coût et résultats
3.4 Etude comparative « Tempelholf Airport » à Berlin
Conclusion
Médiagraphie
Annexes
A. Retranscription de l’entretien avec Fereniki Vatavali, chercheurse à l’université Ntua d’Athènes
B. Résumé de l’entretien avec Antonis Antonopoulos, Secrétaire Général de la municipalité d’Helliniko-Argyropouli
C. Retranscription de l’entretien avec Vasiliki Iliopoulou, Bénévole à la clinique sociale d’Helliniko
D. Retranscription de l’entretien avec Andreas Rallatos, salarié au centre sportif public d’Helliniko
E. Retranscription de l’entretien avec Konstantinos Goulas, ingénieur civil à Athènes
F. Lettre de recommandation de la clinique sociale d’Helliniko

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