Le drainage lymphatique de la cavité orale et de la partie orale du pharynx

INTRODUCTION

  Les cancers oto-rhino-laryngologiques (ORL) regroupent les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) développés aux dépens de la cavité buccale, du pharynx, dularynx et des cavités naso-sinusiennes, auxquels se surajoutent les cancers de la thyroïde et les cancers cutanés de la tête et du cou y compris le scalp. Les VADS sont des organes clés de la vie de relation : la présence de tumeur et les séquelles liées aux différents traitements peuvent entrainer des handicaps tant physiques que sociaux et altérer la qualité de vie des patients. Près de 20 000 nouveaux cas de cancers ORL sont diagnostiqués chaque année en France [1,2]. Ils représentent le 4ème rang des cancers chez l’homme pour l’incidence et le 5ème rang en terme de mortalité. [1,2] Ils sont caractérisés par leur lymphophilie importante mais les métastases au moment du diagnostic sont rares (4%). [1,2] L’envahissement ganglionnaire dans les cancers ORL est l’indicateur pronostique de survie le plus significatif [1, 2, 3, 4, 5, 6]. C’est un facteur qui conditionne la réponse au traitement locorégional et la survenue de métastases à distance [7]. Malgré les avancées thérapeutiques dans le domaine de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie, la survie à 5 ans des patients porteurs d’un carcinome épidermoïde des VADS reste comprise entre 45 et 50%. L’envahissement ganglionnaire cervical est l’un desprincipaux facteurs influençant ce pronostic. [7] La détection clinique des adénopathies cervicales métastatiques par la palpation est limitée [8,9]. L’échographie est considérée comme étant le meilleur examen pour la détection de ces adénopathies par rapport à la tomodensitométrie, à l’imagerie par résonance magnétique et l’imagerie par émission de positrons [10,11]. Les adénopathies infra-centimétriques échappent en règle à cette imagerie.

Cavité buccale :

C’est la cavité située :
• Au dessus des régions sous-mento-sous-maxillaires;
• Au dessous du plancher des fosses nasales;
• En avant de l’oropharynx.
Limitée Latéralement par la face interne des joues.
Elle comporte les structures anatomiques suivantes :
• Les lèvres : supérieure et inférieure, situé entre les commissures labiales latéralement.
• La langue mobile : les deux tiers antérieurs de la langue sont mobileset font partie de la langue mobile qui est limitée de la base de langue par le V linguale. Elle comprend une face dorsale, une face ventrale, deux bords latéraux et une pointe.
• Le plancher buccal : de forme semi circulaire, s’étend de l’os (arête) alvéolaire à la face dorsale de la langue, divisé en deux par le frein de la langue et contient les orifices d’abouchement des glandes sous mandibulaires et sublinguales.
• La gencive
• La muqueuse jugale
• La commissure intermaxillaire, le trigone rétromolaire et la muqueuse de recouvrement de la branche montante du maxillaire inférieur.
• La voûte palatine.

Larynx :

  Il est formé par un squelette cartilagineux suspendu à l’os hyoïde. Les différents cartilages sont unis par des articulations, des membranes, des ligaments et des muscles [12]. Le larynx a la forme d’une pyramide triangulaire à base postéro-supérieure répondant au pharynx et à l’os hyoïde, et à sommet inférieur répondant à l’orifice supérieur de la trachée.

Vascularisation :

Vascularisation artérielle : Assurée par le système carotidien externe, qui donne de multiples branches aux différentes régions (Fig. 5). [14]
a. La cavité buccale : La vascularisation de la cavité buccale est assurée majoritairement par l’artère faciale, qui donne de multiples collatérales aux différentes régions : les artères labiales supérieures et inférieures pour les lèvres, les artères linguales pour la langue, l’artère sphéno-palatine et la palatine descendante pour le palais.
b. Le pharynx : La Vascularisation artérielle de cet organe est assurée en majeure partie par l’artèrepharyngienne ascendante, qui est une branche de la carotide externe. Elle se distribue à la paroi pharyngée en donnant trois branches : inférieure, moyenne et supérieure. Ils existent des artères accessoires moins importantes. [14]
c. Le larynx : La vascularisation du larynx est assurée par deux pédicules, les artères laryngées supérieures et inférieures.
d. La thyroïde : [15] La vascularisation artérielle de la glande est assurée par quatre pédicules principaux (Fig.7) :
 Deux pédicules descendants formés par les 2 artères thyroïdiennes supérieures droite et gauche.
 Deux pédicules ascendants formés par les 2 artères thyroïdiennes inferieures droite et gauche. Parfois s’y ajoute un cinquième pédicule ascendant formé par l’artère thyroïdienne moyenne (Fig.7).
Vascularisation Veineuse: Aussi bien dans la cavité buccale que dans le pharyngo-larynx, le retour veineux se fait par les veines satellites du système artériel avant de rejoindre les veines jugulaires internes (Fig.6). Pour la glande thyroïde la vascularisation veineuse est assurée par : (Fig.7)
a. La veine thyroïdienne supérieure : Suit l’artère homologue et se jette dans la veine jugulaire interne par le biais du tronc thyro-linguo-facial. [15]
b. La veine thyroïdienne moyenne : Se jette directement dans la jugulaire interne.
c. La veine thyroïdienne inférieure : Se jette soit dans la jugulaire interne, soit dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche.
6. Drainage lymphatique :

Le drainage lymphatique du larynx :

   Le drainage lymphatique du larynx s’oriente de manière différente de part et d’autre de l’étage glottique, << l’étage glottique étant plus une barrière qu’une zone lymphatique >>. Les lymphatiques de l’étage supraglottique du larynx et ceux de l’étage inférieur du pharynx forment de chaque côté un pédicule qui traverse la membranethyroïdienne par l’orifice du nerf et des vaisseaux laryngés supérieurs : les collecteurs se séparent alors pour se rendre aux différents ganglions échelonnés le long de la veine jugulaire interne (VJI), du muscle digastrique au muscle omohyoïdien. Les collecteurs de l’étage infraglottique émergent par un pédicule antérieur et deux pédicules dorsolatéraux :
– Le pédicule antérieur émerge de la membrane cricothyroïdienne, avec ou sans relais dans les ganglions prélaryngés ou pré trachéaux (bilatéralité possible), rejoint les ganglions satellite de la veine jugulaire antérieure.
– Les pédicules dorsolatéraux se terminent dans les ganglions les plus élevés des chaines paratrachéales, satellites des nerfs laryngés inférieurs.

Le drainage lymphatique de la cavité orale et de la partie orale du pharynx :

   Le drainage de la cavité orale et de la partie orale du pharynx est plus diversifié. Il faut distinguer : Les lymphatiques de la lèvre supérieure : se drainent vers les ganglions pré auriculaires, péri parotidiens, sous mentonniers et sous mandibulaires qui se drainent secondairement dans les chaines carotidiennes profondes. Les lymphatiques de la lèvre inférieure : sa portion médiane se draine vers le groupe sous mentonnier alors que les parties latérales se drainent vers les groupes sous mandibulaires. Les lymphatiques du vestibule oral : le long des gouttières vestibulaires, supérieure et inférieure, court un plexus lymphatique. Il se draine, pour la gouttière supérieure, vers les ganglions submandibulaires, en longeant les vaisseaux faciaux, parfois par des collecteurs labiaux vers les ganglions parotidiens infra-auriculaires. Pour la gouttière inférieure, il se draine vers les ganglions parotidiens infra-auriculaires, submandibulaires et submentaux, éventuellement des deux côtés. La région charnière de la commissure intermaxillaire et du trigone rétromolaire possède une aire de drainage lymphatique étendue depuis les ganglions rétropharyngiens latéraux jusqu’à l’aire submandibulaire, en passant par les ganglions sous digastriques antérieurs et latéraux .
– Les collecteurs apicaux se drainent vers les ganglions submentaux, mais peuvent atteindre, après relais dans ces derniers ou directement, le groupe jugulo-omohyoïdien (jugulo-carotidien moyen).
– les collecteurs centraux gagnent de manière bilatérale les ganglions submandibulaires et les ganglions antérieurs, supérieurs ou moyens, échelonnés le long de la veine jugulaire interne (VJI). [16] La Langue mobile et le plancher orale partagent ainsi le même territoire de drainage, avec bilatéralité fréquente, constante pour les régions proches de la ligne médiane. Les collecteurs issus de la base de la langue : se dirigent vers les ganglions sous digastriques de manière bilatérale. Cependant, la communauté du réseau d’origine et l’absence de démarcation précise entre les diverses régions de la langue expliquent l’atteinte possible des ganglions submandibulaires à partir d’une lésion de la base de la langue.

Le drainage lymphatique de la glande thyroïde : 

   Les collecteurs lymphatiques de la glande thyroïde peuvent être schématisés de la manière suivante :
– Des collecteurs médians supra-isthmiques se rendent soit aux ganglions prélaryngés, soit au groupe antérieur (éléments supérieur et moyen) de la chaine jugulaire interne.
– Des collecteurs médians infra-isthmiques se drainent vers les ganglions prétrachéaux, pouvant descendre jusqu’aux ganglions médiastinaux antérieurs.
– Des collecteurs nés de la face latérale des lobes latéraux, disposés transversalement, se jettent dans les éléments moyens du groupe antérieur satellite de la VJI.
– Des collecteurs prévasculaires qui se détachent du pôle inférieur des lobes latéraux, croisant la face latérale de la VJI pour rejoindre un ganglion bas situé du groupe latéral, et d’autres plus médians, satellites de la veine thyroïdienne inférieure, et rejoignant les ganglions de la chaine cervicale transverse.
– Des collecteurs nés de la face médiale des lobes latéraux, ils gagnent les ganglions des chaines paratrachéales, satellites du nerf laryngé inférieur.

Le drainage lymphatique du scalp et des territoires cutanés de la tête et du cou :

   Dans le cas des tumeurs cutanées, l’anatomie des territoires de drainage lymphatique est moins établie, contrairement aux cancers primitifs des VADS.
a. Téguments du cuir chevelu : Très sinueux et multi anastomotiques, les lymphatiques des téguments de la voute crânienne sont en avant de l’aponévrose épicrânienne et du muscle fronto-occipital. (Fig.13) La région fronto-temporale se draine dans les ganglions parotidiens préauriculaires. La région pariétale est tributaire des ganglions mastoïdiens (afférences rétro auriculaires) puis des ganglions cervicaux profonds et parotidiens inférieurs. La région occipitale correspond aux ganglions occipitaux et aux ganglions cervicaux latéraux profonds.
b. Téguments du cou : [16, 17]
– Région suprahyoïdienne : se draine dans les ganglions submentaux, parotidiens inférieurs et la chaine jugulaire externe.
– Région sous hyoïdienne : se draine dans les chaines jugulaires antérieure et interne.
– Région sterno-cléido-mastoïdienne : se draine dans les chaines jugulaires interne, antérieure et externe, et les ganglions parotidiens.
– Région subclaviculaire est tributaire de la chaine du nerf spinal ou cervical transverse.
– La nuque : se draine dans le groupe occipital.
c. Téguments de la face :
– Les paupières, le nez, l’oreille externe se drainent dans le groupe parotidien et les ganglions submandibulaires.
– Les lèvres, le menton, les joues : tributaire des groupes submental et submandibulaire.

Anatomie chirurgicale des groupes ganglionnaires cervicaux : 

  La description du drainage lymphatique profond élaborée par Rouvière, est peu commode à utiliser en pratique clinique et difficilement transposable au traitement chirurgical des aires ganglionnaires. Actuellement ces territoires ganglionnaires cervicaux sont divisés en six régions(appelées zones, ou encore secteurs, groupes, ou niveaux) dans la classification dite de ROBBINS, élaborée par l’American Academy of Otolaryngology-Head and neck surgey (AAO-HNS), basée sur une classification adopté depuis plusieurs décennies par le service de chirurgie tête et cou du Mémorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York (Etats-Unis). Cette classification créée par des chirurgiens a permis d’améliorer de façon déterminante la prise en charge de l’envahissement métastatique régional des cancers de la tête et du cou, et a servit de base pour l’uniformisation de la description des techniques d’évidement cervical.
Description : Les territoires ganglionnaires cervicaux sont divisés en six niveaux dans la classification de Robbins et certains niveaux sont divisés en sous-niveaux A et B (Fig.15). Cette distinction introduite secondairement apporte plus de précision en décrivant des espacescelluloganglionnaires présentant un profil d’envahissement propre au sein d’un même niveau.
Le niveau I : comprend les ganglions situés au-dessus de l’os hyoïde et du ventre postérieur du muscle digastrique, au-dessous de la branche horizontale de la mandibule. Ce niveau est divisé en deux sous-groupes :
– IA (groupe sous-mental) : il est impair et comprend les ganglions reposant sur le muscle mylo-hyoïdien et situés dans un triangle formé par les ventres antérieurs des deux muscles digastriques et l’os hyoïde.
– IB (groupe sub-mandibulaire) : il comprend les ganglions situés dansun triangle formé par les deux ventres du muscle digastrique et la branche horizontale de la mandibule. La limite en profondeur est celle du plan de dissection postérieur de laglande sub-mandibulaire qui repose sur le rideau stylien en arrière et la musculature pharyngée et linguale médialement.
Le niveau II : comprend les ganglions situés entre la base du crâne (foramen jugulaire) et l’os hyoïde. La limite en arrière est celle du bord postérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, correspondant au plan de dissection chirurgicale le long des branches du plexus cervical superficiel. La limite antérieure est celle du plan de dissection postérieur de la glande submandibulaire. Ce niveau est divisé en deux sous-groupes :
– IIA (groupe jugulocarotidien supérieur ou sous digastrique) il comprend les ganglions situés en avant du nerf accessoire (XI) qui traverse cette région.
– IIB (groupe rétrospinal) : il comprend les ganglions situés en arrière du nerf spinal(XI) et la veine jugulaire interne dans une zone anatomique de petit volume appelé «récessus musculaire» entre la base du crâne, le muscle sterno-cléidomastoïdien, le scalène antérieur et l’élévateur de la scapula.
Le niveau III (groupe jugulo-carotidien moyen) : comprend les ganglionssitués entre les bords inférieurs de l’os hyoïde et du cartilage cricoïde. La limite en arrière est celle du bordpostérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, correspondant au plan de dissection chirurgical le long des branches du plexus cervical superficiel. La limite médiane est constituée par le bord médial de la carotide primitive, correspondant aussi au bord latéral de la musculature prélaryngée.
Le niveau IV (groupe jugulo-carotidien inférieur) : comprend les ganglions situés entre le bord inférieur du cartilage cricoïde et le bord supérieur de la clavicule. La limite en arrière est celle du bord postérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, correspondant au plan de dissection chirurgicale le long des branches du plexus cervical superficiel. La limite médiale, le séparant du niveau VI, est constituée par le bord médial de la carotide primitive, correspondant aussi au bord latéral de la musculature pré-laryngée.
Le niveau V : comprend les ganglions situés dans le triangle postérieur formé par le bord antérieur du muscle trapèze, le bord postérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien en arrière du plan des branches sensitives du plexus cervical et le bord supérieur de la clavicule. Ce niveau est divisé en deux sous-groupes :
– VA (groupe spinal supérieur) : il comprend les ganglions situés au dessus du plan passant par le bord inférieur du cartilage cricoïde.
– VB (groupe spinal inferieur) : il comprend les ganglions situés au dessous du plan passant par le bord inférieur du cartilage cricoïde.
Le niveau VI : comprend les ganglions de la région antérieure du cou,enveloppant l’axe viscéral du cou entre l’os hyoïde et le bord supérieur du manubrium sternal. La limite latérale est constituée par le bord médial de la carotide primitive, correspondant aussi au bord latéral de lamusculature pré-laryngée se subdivisant en:
– VIA : ganglions prélaryngo-trachéaux.
– VIB : ganglions récurrentiels droits et gauches.
Le niveau VII : ganglions médiastinaux supérieurs.
INTERET : Le système des niveaux ganglionnaires de Robbins a permis de définir la classification des évidements cervicaux grâce à la mise en place de repères chirurgicaux standardisés, fixes et clairement identifiables. Cette classification décrivant différents évidements (radicaux, radicaux modifiés, élargis et sélectifs) mit fin à la confusion liée à la multiplication des terminologies. Cette classification assure une cohérence dans le langage utilisé par les différents spécialistes (chirurgiens, radiologues, radiothérapeutes, anatomopathologistes) ainsi facilite les échanges et la compréhension des objectifs de chaque discipline, dans un domaine particulièrement complexe. C’est un outil normatif : par la standardisation qu’elle impose, permettant une comparaison méthodologiquement satisfaisante des résultats obtenus par différentes équipes,lors de la mise en place de nouvelles mesures diagnostiques ou thérapeutiques, ou leur mise en commun dans le cadre d’études multi-centriques ou de méta-analyses. C’est aussi un outil transversal : la mise en commun de cette classification pour différentes spécialités permet de corréler les informations recueillies par chacune d’entre elles (radio-chirurgicales, anatomo-chirurgicales, anatomo-radiologiques, etc…) ceci accroît de façon majeure l’intérêt des données collectées lors d’études cliniques.
LIMITES : Le reproche majeur qui peut être fait à cette classification est de ne pas respecter l’anatomie et la physiologie du drainage lymphatique de la tête et du cou. La classification ne tient pas compte des régions ganglionnaires qui ne sont pas communément disséquées lors des évidements cervicaux chirurgicaux (régions rétropharyngées, parotidiennes, faciales, occipitales et mastoïdiennes). La limite inférieure des niveaux IV et V est imprécise. Celle-ci est définie par le bord supérieur de la clavicule dont la position varie lors des mouvements de l’épaule.

Histologie des VADS :

   Deux grands types d’épithélium sont retrouvés au sein des différentes cavités qui composent les VADS : un épithélium respiratoire au niveau des voies de conduction aérienne et un épithélium de type épidermoïde au sein des voies ayant une composante digestive. [12]
Épithélium respiratoire C’est un épithélium simple pseudostratifié, dit cylindrique. L’épithélium respiratoire tapisse toutes les voies de conduction aériennes depuis les fosses nasales jusqu’aux bronchioles pulmonaires et notamment, le rhinopharynx, le larynx, la trachée et les poumons.
Épithélium digestif L’épithélium pavimenteux stratifié ou malpighien constitue le revêtement de la cavité buccale, de l’oropharynx et de l’hypopharynx.

Histologie de la glande thyroïde :

  La thyroïde humaine regroupe à l’intérieur d’une structure morphofonctionnelle unique : le follicule, deux types de cellules :
– Des cellules folliculaires : appelées aussi cellules vésiculaires ou thyréocytes, d’origine endodermique, qui représentent 99.9 % du parenchyme thyroïdien total. Ces cellules sont responsables de la production d’hormones thyroïdiennes iodées : la tri-iodothyronine (T3) et la thyroxine (T4) à partir d’une prohormone, la thyroglobuline (Tg). C’est à partir de ces cellules que naissent les carcinomes différenciés de la thyroïde. [15]
– Des cellules C ou cellules à calcitonine : appelées aussi cellules parafolliculaires, cellules interstitielles ou cellules claires. Elles appartiennent au système neuroendocrinien diffus dont elles possèdent les propriétés histochimiques et fonctionnelles, en particulier la sécrétion d’un polypeptide : la calcitonine. A partir de ces cellules naissent les carcinomes médullaires de la thyroïde. [15]

Types histologiques des cancers ORL :

Les cancers des voies aéro-digestives supérieures : Les carcinomes épidermoïdes invasifs (ou malpighiens) représentent plus de 95% des tumeurs localisées dans les voies aéro-digestives supérieures. Le sous type le plus courant est le carcinome épidermoïde invasif conventionnel. Il se développe au niveau de l’épithélium pavimenteux stratifié des muqueuses et il peut être bien, moyennement ou peu différencié, et plus ou moins kératinisant. Les principales variantes histologiques des carcinomes épidermoïdes sont les suivantes : carcinome épidermoïde à cellules fusiformes, verruqueux, papillaire, basaloïde, cuniculatum, acantholotique et adénosquameux. [20] Macroscopiquement ils peuvent se présenter sous les formes de leucoplasie, d’érythroplasie, d’érythroleucoplasie, une ulcération chronique, une masse œdémateuse, végétante, ou une lésion endophytique. Habituellement, ces lésions sont asymptomatiques à des stades précoces. D’autres types histologiques des cancers ORL peuvent être retrouvés : adénocarcinome, sarcome, lymphome, mélanome, tumeur neuroendocrine, mais sont beaucoup moins fréquents. Les métastases sont rares.
Les carcinomes cutanés de la face et du cou : Les types histologiques sont dominés par le carcinome basocellulaire (61%) suivie du carcinome épidermoïde ou spinocellulaire (26%). Localisé le plus souvent au niveau de la face, l’oreille, du cuir chevelu, et du cou.
Carcinomes différenciés de la thyroïde :
a. Carcinome papillaire :  Le cancer papillaire est typiquement constitué de papilles, structures composées d’un axe conjonctivo-vasculaire et bordées de cellules épithéliales et de follicules. Les noyaux des cellules épithéliales sont caractéristiques (noyau en verre dépoli). (Fig.16) La forme classique est la plus fréquente. Les variantes représentent environ 20 % des cancers papillaires : Le carcinome papillaire à différenciation vésiculaire étant la variante la plus fréquente. Autres variantes du cancer papillaire : folliculaire (formé exclusivement de follicules) et à cellules oncocytaires dont le pronostic est voisin de la forme classique ; sclérosant diffus,insulaire ou avec un contingent trabéculaire qui sont souvent étendus avec rechutes fréquentes, et les formes à cellules hautes ou à cellules cylindriques qui ont un pronostic plus grave. Tumeur lymphophile avec métastases ganglionnaires fréquentes, alors que l’invasion veineuse est rare.
b. Carcinome vésiculaire : Tumeurs de souche folliculaire, ne possédant pas les caractéristiques du cancerpapillaire, et pouvant ressembler à la thyroïde normale (figure17). Le diagnostic de malignité repose sur l’existence d’une invasion vasculaire et/ou capsulaire. Ils sont beaucoup plus rares (5 à 10%).
Carcinome médullaire : Tumeur rare (5 à 10%), développée à partir des cellules C de la thyroïde, secrétant la calcitonine d’où le dépistage par son dosage. Il peut donner des cas sporadiques (70%) ou se présenter sous forme familiale autosomique dominante, et évoluer de façon isolée ou constituer un élément d’une polyendocrinopathie (néoplasie endothéliale multiple : NEM)
Carcinome anaplasique : Carcinome thyroïdien totalement indifférencié et de très haute malignité, rapidement évolutif et généralement de grande taille au moment du diagnostic, dépassant la glande thyroïde. C’est un cancer de très mauvais pronostic.

PHYSIOPATHOLOGIE :

  Physiopathologie de l’envahissement ganglionnaire métastatique : Le réseau lymphatique a plusieurs fonctions : drainage des liquides du compartiment interstitiel, transport des nutriments (graisses alimentaires) et surtout un rôle crucial dans le système immunitaire. [18] La lymphe circule le long de vaisseaux avec un système de valve antireflux jusqu’aux ganglions qui contiennent les cellules lymphocytaires. Dans le processus de métastase ganglionnaire, les cellules carcinomateuses franchissent d’abord la membrane basale de l’épithélium et arrivent jusqu’aux vaisseaux lymphatiques à proximité. Elles circulent ensuite dans la lumière par un phénomène voisin de la diapédèse leucocytaire jusqu’aux ganglions du territoirede drainage concerné. Des travaux récents suggèrent que certaines cellules tumorales peuvent aussi provoquer une lymphangiogénèse par l’intermédiaire de facteurs de croissance endothéliaux [22], ce qui augmenterait leur pouvoir de dissémination. Dans le ganglion le plus proche (ganglionde drainage), les cellules malignes se multiplient au niveau du sinus sous-capsulaire et se propagent le long de la chaine ganglionnaire concernée de poche en poche qui aboutit au déversement des cellules cancéreuses dans la circulation générale par le canal thoracique ; il est rare que les métastases sautent un relais ganglionnaire (skip métastase).le blocage du flux provoque une stase de la lymphe et des phénomènes de reflux expliquant les métastases en transit et les nodules de perméation cutanés. Un autre mode de progression est la destruction de l’endothélium ganglionnaire créant une rupture extracapsulaire de mauvais pronostic. En dehors d’une atteinte métastatique proprement dite, la migration dans les ganglions de drainage d’antigènes et de débris tumoraux peut induire dans le ganglion des réactions inflammatoires. La présence d’un gros ganglion lymphatique dans la zone de drainage d’un cancer n’est donc pas synonyme d’une métastase ganglionnaire

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Table des matières

INTRODUCTION
RAPPELS 
I. RAPPEL ANATOMIQUE 
1. Cavité buccale
2. Pharynx
3. Larynx
4. Thyroïde
5. Vascularisation
6. Drainage lymphatique
7. Anatomie descriptive des groupes ganglionnaires cervicaux et classification de Rouvière
8. Anatomie chirurgicale des groupes ganglionnaires cervicaux  Classification de Robbins
II. HISTOLOGIE
1. Histologie des VADS
2. Histologie de la glande thyroïde
3. Types histologiques des cancers ORL
III. PHYSIOPATHOLOGIE
1. Physiopathologie de l’envahissement ganglionnaire métastatique
2. Modalités du drainage lymphatique de la tête et du cou
IV. CLASSIFICATIONS 
1. La classification TNM
2. corrélation anatomo-radiologique
MATÉRIELS ET MÉTHODES 
I. OBJECTIFS DE L’ÉTUDE 
1. Objectifs principaux
2. Objectifs secondaires
II. SELECTION DES PATIENTS
1. Critères d’inclusion
2. Critères d’exclusion
III. OUTILS
IV. ANALYSE STATISTIQUE 
V. DIAGNOSTIC DES ADENOPATHIES CERVICALES METASTATIQUES
1. A l’examen clinique
2. A l’examen radiologique (Tomodensitométrie /échographie)
3. A l’examen anatomo- pathologique
RESULTATS 
I. Les données démographiques 
1. Répartition selon les années
2. Le sexe
3. L’âge
II. Les facteurs de risque(FDR) 
III. Les antécédents des patients 
IV. Clinique 
1. Circonstances de diagnostic
2. Localisation tumorale
3. Examen des aires ganglionnaires
V. Bilan d’extension
1. Imagerie cervicale
2. Imagerie thoracique
3. Imagerie hépatique
VI. Répartition des patients selon la classification TNM
1. Le stade T
2. Le stade N
VII. Traitement
1. Traitement chirurgical
2. Traitement adjuvant
VIII. Analyse anatomo-pathologique 
1. Tumeur
2. Adénopathies cervicales
3.Recherche d’emboles vasculaire
4. L’effraction capsulaire
5. L’engrainement péri nerveux
IX. ÉVOLUTION 
1.Les complications postopératoires immédiates
2.Évolution à long terme
DISCUSSION 
I. EPIDÉMIOLOGIE 
1. Incidence
2. Le sexe
3. L’âge
4. Les facteurs de risque (FDR)
II. CLINIQUE 
III. IMAGERIE 
1. Echographie
2. Tomodensitométrie (TDM)
3. Imagerie par Résonance Magnétique (IRM)
4. PET-scanner
IV. TRAITEMENT
1. La radiothérapie
2. La chimiothérapie
3. Irathérapie
4. La chirurgie
V. HISTOLOGIE DES ÉVIDEMENTS GANGLIONNAIRES 
1. Nombre moyen d’adénopathies analysées
2. L’envahissement ganglionnaire
VI. EVOLUTION ET PRONOSTIC 
VII. INTERET ET PRINCIPE DU GANGLION SENTINELLE
CONCLUSION
ANNEXES
RÉSUMÉS
BIBLIOGRAPHIE

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