Le diabète dans le monde 

Le diabète est un problème de santé qui attire de plus en plus l’attention des autorités sanitaires en Haïti. En effet, plusieurs programmes de prise en charge des maladies chroniques implantés dans divers centres hospitaliers viennent augmenter les efforts réalisés par la fondation Haïtienne de diabète et des maladies cardiovasculaires (FHADIMAC1 ) pour améliorer les conditions de vie des personnes vivant avec le diabète. Or, ces dernières font face aux influences de la libéralisation et de la transition nutritionnelle qui affectent globalement les pays à faible et à moyen revenu.

Selon Lee et Yach (2006), la libéralisation est un terme qui désigne le monde global comme étant, sans barrières régulatrices de transfert des ressources entre les pays. La libéralisation permet aux produits internationaux, comme les aliments en conserve, les produits surgelés et les sucreries de circuler dans tous les marchés du monde tandis que ces derniers affectent à moyen et à long terme la santé des populations. En effet, puisque la libéralisation implique la suppression ou la réduction des barrières de contrôle pour le transfert des ressources entre les pays, les PBMR ouvrent leurs frontières aux produits des multinationales au nom des accords bilatéraux ou multilatéraux au détriment des produits locaux (Lee et Yach, 2006). Dès l’arrivée de ces produits sur le marché des PBMR, les multinationales, utilisant des moyens technologiques, orientent les comportements alimentaires des consommateurs par le biais des campagnes publicitaires et du marketing social en faveur du tabac, des boissons alcoolisées, et d’autres produits riches en sucre, en sel et en graisse (McMichael et Beaglehole, 2000 ; Mathers et Bonita, 2009). Or, les principaux facteurs de risque connus pour les MCNT sont principalement des comportements qui s’inscrivent dans les codes identitaires des groupes sociaux, l’inactivité physique, la consommation du tabac et l’hypertension artérielle (Mathers et Bonita, 2009). Étant donné que les nouveaux produits sont disponibles à un meilleur prix comparativement aux produits nationaux et qu’ils viennent en grande partie des pays occidentaux qui représentent des modèles pour les pays à faible et a moyen revenu, les gens préfèrent les premiers augmentant ainsi les risques sur leur état de santé.

Le concept de transition nutritionnelle se concentre sur les changements à la fois alimentaires et des modèles d’activité qui se font surtout remarquer dans les pays du Sud (Popkin, 2015). Ces changements ont une influence directe sur la prévalence des MCNT chez la population de ces pays. La directrice de l’OMS prévoit qu’avec le temps, les pays à faible et à moyen revenu vont supporter le poids des maladies chroniques qui étaient considérées comme l’apanage des sociétés nanties (Chan, 2007). En effet, l’alimentation dans ces derniers est généralement associée à la consommation croissante de graisses animales (Popkin, 2004). Or, il a été démontré qu’à mesure que les sociétés s’éloignent des coutumes alimentaires traditionnelles, les probabilités de développer des maladies comme le diabète, parmi tant d’autres, augmentent (Maire et Delpeuch, 2004).

Le diabète dans le monde

Le diabète de type2 représente un enjeu majeur de santé publique. Pour les professionnels de la santé ainsi que pour les patients le problème du diabète est alarmant. Bon nombre d’études ont abordé le problème du diabète et les difficultés que cette maladie impose dans la vie des personnes souffrants de cette maladie. Les études réalisées sur le diabète de type2 ont mis l’accent sur les problèmes d’adhésion des patients au traitement antidiabétique. D’autres ont parlé du changement ou d’adoption d’un nouveau style de vie, sur le comportement malsain des patients par rapport à leur alimentation, le respect de la prise de leur médicament. Ce pendant trop peu d’études parlent des difficultés que les patients traversent pour survivre avec la maladie (Murrock, 2013 ; Bhattacharya, 2012). Par exemple, adoption d’un nouveau style de vie, vaquer à leur occupation quotidienne tout en restant père et mère de famille (Levasseur, 2004 ; Boivin, 2007). A notre connaissance les études réalisées sur l’autogestion du diabète de type2 cherchent à mieux comprendre comment les femmes en tant que mère de famille ayant d’autres responsabilités font pour gérer la maladie. Mais comment les hommes qui sont aussi des pères de familles réagissent face à l’annonce du diagnostic de la maladie, laisser la parole aux hommes en tant que père de famille sont très peu abordé. Notre étude englobe un peu plus le problème des hommes et des femmes étant père et mère de familles ayant des responsabilités plus ou moins différentes dans la famille gèrent la maladie.

La résolution 61/225 des Nations-Unies qui fit du 14 novembre la journée mondiale officielle du diabète reconnait que ce dernier est une maladie chronique, invalidante et coûteuse associée à de lourdes complications qui représentent des risques graves pour les familles, les pays et le monde entier (FHADIMAC, 2013 ; FID,2013). Selon les estimations, en 2012, plus de 371 millions de personnes étaient atteintes de diabète dans le monde et une personne décéderait toutes les sept secondes des suites du diabète. On estime que187 millions de personnes (âgées entre 20 et 79 ans) ignoreraient qu’elles souffraient du diabète. En outre, la souffrance et la détresse humaine qu’il provoque sont incalculables. Au moins 4 millions de personnes meurent annuellement de cette maladie et des dizaines souffrent d’handicaps et de complications potentiellement mortelles telles que des crises cardiaques, des accidents cérébrovasculaires, des insuffisances rénales, des cécités ou des amputations (FID, 2011). L’ampleur que prend le diabète dans le monde non seulement lui a valu le nom d’épidémie mais aussi a attiré l’attention des plus hautes autorités sanitaires mondiales. À ce titre, Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations-Unies, a déclaré en 2009 que le diabète constituait une urgence majeure de santé publique (Forum Diabetes Leadership, 2010). Près de 471 milliards de dollars ont été dépensés dans le monde en 2012 dans la lutte contre le diabète (FID, 2015).

Le diabète en Afrique

Le nombre de diabétiques dans le monde ne cesse d’augmenter de jour en jour et en particulier dans les pays à faible et à moyen revenu. Au début du XXe siècle, le diabète était rare en Afrique. À ce sujet, Ojuka et Goyaram (2014) ont rapporté qu’au cours des dernières 50 années, la prévalence de diabète type 2 est passée, dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne de < 1 % en 1960 à 4,6 % en 2012. Selon les estimations de la FID (2013), 80% des diabétiques seront dans les pays à faible et à moyen revenu à l’horizon de 2030. En 2012, on estimait à 14 millions le nombre d’adultes atteints du diabète en Afrique. Ce nombre augmentera à 28 millions en 2030. L’Afrique enregistre le taux le plus élevé de mortalité due à la maladie. Il est prévu que le continent sera l’un des centres mondiaux du diabète dans les années à venir. Le montant consacré au traitement du diabète en Afrique était estimé en 2012 à 2,5 milliards de dollars.

Survol historique du diabète

Les études réalisées par Papyrus d Ebers nous dit que la plus ancienne description d’une maladie ressemblant au diabète remonte à l’Égypte antique. Il s’agit du Papyrus d’Ebers découvert à Thèbes (ancienne région égyptienne) qui, selon les experts, date de1550 av. J.-C (Von der Weid, 1994). Selon Jouzier (2007), ce papyrus est conservé à l’Université de Leipzig, l’une des plus anciennes universités d’Allemagne. Ce document, long de 108 pages, et trouvé à Louxor en Égypte, contient d’importantes informations relatives aux connaissances médicales pharaoniques (Papaspyros, 1964). Observant une polyurie massive, Arrêtée de Cappadoce, un médecin grec vivant entre 80 et 138 apr. J.-C., aurait été le premier à donner le nom de Diabêtês après cette observation (Jouzier, 2007). Dans son ouvrage, « Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigües et chroniques », Arétée de Cappadoce décrivait plusieurs symptômes du diabète.

  »La maladie à laquelle on donne le nom de Diabêtês est très-rare et extrêmement surprenante. (…) Ce sont les chairs et les parties solides du corps qui se fondent et se changent en urine. (…) car l’urine ne passe pas seulement par intervalles (…), il s’en fait un écoulement continuel. (…) D’où il me semble que cette maladie a reçu le nom de Diabètes (siphon en grec), à cause qu’il ne reste rien de liquide dans le corps. (Gianatto, 213, page 9) »

Conclusion

Cette étude exploratoire visait à mieux comprendre les principaux facteurs qui favorisent ou qui ne favorisent pas l’autogestion du diabète et le vécu des personnes diabétiques dans la commune de Mirebalais (Haïti). Le moyen économique est considéré comme une barrière par les participants dans le cadre de la prise en charge du diabète. Une combinaison des prescriptions médicales, des enseignements de la part d’autres diabétiques, de plantes médicinales, d’expériences personnelles ont permis aux participants à mieux gérer la maladie tout en restant connectés à la réalité quotidienne. Les résultats ont apporté de nouveaux éléments qui peuvent être utilisés pour orienter des interventions.

 

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Table des matières

INTRODUCTION
CHAPITRE I : PROBLÉMATIQUE
1.1. Le diabète dans le monde
1.2. Le diabète au Canada
1.3. Le diabète en France
1.4. Le diabète en Afrique
1.5. Le diabète en Haïti
1.6. Le pourquoi de la recherche et choix du site
1.7. Question de recherche et objectifs
CHAPITRE II : RECENSIONS DES ÉCRITS 
2.1. Survol historique du diabète
2.2. Types de diabète
2.2.1. Diabète de type 1
2.2.2. Diabète de type 2
2.2.3. Diabète gestationnel
2.2.4. Prédiabète
2.3. Les causes de diabète type 2
2.3.1. L’obésité
2.3.2. L’âge
2.4. Le diagnostic du diabète de type 2
2.5. Le traitement du diabète
2.5.1. Traitement non pharmacologique
2.5.2. Traitement pharmacologique
CHAPITRE III : CADRE DE RÉFÉRENCE 
3.1. La santé
3.2. La maladie
3.2.1. Disease : la maladie biologique
3.2.2. Ilness : la maladie signifiée
3.2.3. Sickness : la maladie socialisée
3.3. Le genre
CHAPITRE IV : MÉTHODOLOGIE 
4.1. Le déroulement du terrain
4.2. Situation géographique d’Haïti
4.3. Ville de Mirebalais
4.3.1. Principales activités génératrices de revenu à Mirebalais
4.4. Système de santé en Haïti
4.5. Hôpital Universitaire de Mirebalais
4.6. Type d’étude
4.7. Instruments
4.7.1. Journal de bord
4.7.2. Entrevues individuelles
4.8. Échantillonnage, recrutement et population à l’étude
4.9. Profil des participants
4.9.1. Âge
4.9.2. Origine
4.9.3. Scolarité et Occupation
4.9.5. Statut matrimonial
4.9.6. Nombre d’enfants à la maison
4.9.7. Présence de famille diabétique
4.9.8. Temps du diagnostic
4.10. Analyses
4.11. Considérations éthiques
CHAPITRE V : ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS 
5.1. Les premières manifestations de la maladie chez nos participants (premye siy maladi a kay
paticipan yo)
5.1.1. « Bwè anpil e pipi anpil » (boire beaucoup et uriner beaucoup)
5.1.2. « Vin piti » (devenir petit)
5.1.3. « Kò pa bon » (corps pas bon)
5.2. Les réactions des participants après avoir su le diagnostic (disease)
5.2.1. Confiance en Dieu et résilience
5.2.2 « Deranjman » (déranger)
5.2.3. Refize konnen ke yo soufri maladi a (Refus du diagnostic)
5.3. Les représentations de la santé par les participants
5.3.1. Faire des activités quotidiennes pour pouvoir prendre soin de la famille (Fè aktivite chak
jou pou ka pran swen fanmi an)
5.3.2. Pas de douleur (Lèw pa gen doulè)
5.4. Connaissances sur le diabète
5.5. Les causes du diabète
5.6. Les moyens d’obtenir les informations
5.7. Les prescriptions médicales et ses applications
5.8. Les facteurs qui favorisent ou non l’autogestion du diabète
5.8.1. Manque de support économique
5.8.2. Soutien des proches
5.8.3. Présence des enfants à la maison et l’impact sur la vie des diabétiques
5.8.4. Le manque de formation académique
5.9. Les stratégies utilisées pour mieux gérer le diabète
5.9.1. Séances éducatives apprises à l’HUM
5.9.2. Médecine traditionnelle
5.9.3. Les activités physiques
5.9.4. L’alimentation
5.9.5. Le régime diabétique et le repas familial
5.10. Importance des nouvelles prescriptions diététiques pour la famille
5.11. Principaux problèmes identifiés par les participants dans l’autogestion du diabète
CHAPITRE VI. DISCUSSION
6. Discussion
6.1. Rôle des hommes et des femmes (le genre) et stratégies de gestion du diabète
6.2. Scolarité et les stratégies de gestion du diabète
6.3. La pauvreté, l’alimentation, la cuisine Haïtienne et les stratégies de gestion du diabète
6.4. La médecine traditionnelle et le diabète
6.5. Activité physique et le partage d’informations et l’autogestion du diabète
6.7. Forces de l’étude
6.8. Limites de l’étude
CHAPITRE VII. CONCLUSION

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