le déroulement de la mission d’audit

le déroulement de la mission d’audit

Le déroulement de la mission comporte 3 principales étapes :
1. Phase de préparation et identification
2. Phase d’observation sur le terrain
3. Phase d’émission des rapports
Avant de définir chacune de ces étapes, il convient de noter que chaque mission commence par un commencement qu’on appelle « ordre de mission ».

L’ordre de mission répond à trois principes essentiels :

1. La décision de réaliser une mission d’audit dans telle ou telle entité n’appartient pas au département « audit ». Celle-ci revient à des décisions qui se prennent au niveau de la direction que ça soit dans le cabinet d’audit concerné ou dans l’entité auditée. (A E&Y, les missions réalisées sont décidées par les associés avec notamment le management des entreprises).
2. L’ordre de mission doit émaner d’une autorité compétente.
3. L’ordre de mission permet de diffuser l’information à tous les responsables concernés. Il est adressé au service d’audit mais aussi à tous ceux qui vont être concernés par la mission d’audit (Direction de l’entité auditée, équipe auditrice, …) et par l’information financière de l’entreprise en question. Après avoir reçu l’ordre de mission, la mission d’audit peut enfin commencer… J’aimerais rappeler que les étapes ci-dessous sont exhaustives à l’exception du contrôle interne qui va être abordé en détail dans la 3ème section. Aussi, ces étapes vont faire l’objet d’une explication détaillée avec des phases qui peuvent être négligées par les cabinets d’audit vu le souci de temps surtout dans la période fiscale.

Phase de préparation et identification

La préparation est une étape cruciale dans n’importe quel secteur d’activité et elle l’est d’autant plus dans l’activité de l’audit. Avant toute chose, l’auditeur se doit de prendre contact avec la direction de l’entité auditée. Certes, il ne s’agit pas de l’auditeur assistant ou junior mais principalement le manager ou l’associé en charge de la mission, on parle de la rencontre avec la direction de l’entité auditée. Ainsi, le service « audit » organise une réunion pour donner réponse à un certains nombre de questionnements : Quels sont les objectifs de la mission ? Quelle est l’étendue de la mission (les départements, fonctions ou processus concernés) ? Quelle est la faisabilité de la mission (les ressources sont elles suffisantes ? les délais sont ils pertinents ?) Quelle est la nature de la mission ? Quels seront les auditeurs compétents pour réaliser cette mission? Comment est ce que la mission va-t-elle se dérouler ? Qui sont les destinataires du rapport d’audit et quel est le plan d’action à mettre en œuvre ? Suite à la réunion avec la société auditée, le service d’audit rédige un rapport qui répond à toutes les questions citées ci-dessus.

Le compte rendu de la réunion est envoyé aux personnes présentes à la réunion ; ces dernières disposent d’un délai pour communiquer au service d’audit leurs éventuelles modifications et commentaires. Le service d’audit prend en considération les modifications et transmet le compte rendu final par note interne aux mêmes personnes. L’étape qui suit est celle de l’organisation de la réunion d’ouverture avec l’ensemble des personnes impliquées par l’audit avant de débuter les travaux. A noter que la réunion d’ouverture n’est pas obligatoire : il est préférable de réunir les personnes qui vont intervenir mais dans le cas où les missions exigeraient la présence de beaucoup de personnes, il sera plus pratique de transmettre une note explicative par courrier électronique.

Les personnes intervenant dans la réunion d’ouverture :
– le responsable du service d’audit ou son délégué
– les auditeurs chargés de la mission
– la Direction de ou des entité(s) auditée(s)
– l’ensemble du personnel de ou des entité(s) auditée(s) ou les responsables des processus audités, notamment les comptables ou directeurs financiers qui mettent à la disposition des auditeurs les documents financiers La réunion doit être brève et doit aborder les points essentiels. Elle doit contenir :
1. La présentation succincte du Service d’audit : historique, missions, normes respectées,…
2. La description du contexte et objectifs de la mission Le Contexte de la mission répond à la question suivante : pourquoi aurait-on besoin d’une telle mission ? (exécution du programme d’audit, demande spécifique en raisons de problèmes aigus,…) .
3. L’étendue de la mission : entité(s) concernée(s) ou processus concerné(s)
4. Le déroulement de la mission
5. La présentation de la méthodologie
6. Plan d’action et suivi de la mission
7. Planning
8. Contacts
Après la présentation, les auditeurs répondent aux questions des audités.

Phase d’observation sur le terrain

Dans la continuation des étapes du déroulement de la mission d’audit, la phase d’observation sur le terrain est l’étape clé. L’auditeur récolte alors les informations nécessaires pour sa mission d’audit. A noter que si l’auditeur n’a pas la matière première (l’information), il ne pourra jamais avancer. Cette étape est une d’autant plus importante par le fond que par la forme. La durée de la prise de connaissance varie en fonction de plusieurs éléments : complexité du sujet, existence d’audits antérieurs, historique, équipe d’audit nouvelle sur le terrain,…

Le but de la récolte d’information est de prendre connaissance du domaine à auditer afin de pouvoir bâtir le référentiel de contrôle interne et définir les objectifs d’audit. Cette prise de connaissance a plusieurs objectifs :
– Avoir une bonne vision d’ensemble des contrôles internes
– Identifier les problèmes essentiels
– Eviter d’omettre des questions et des préoccupations importantes et éviter de tomber dans des considérations abstraites.
– Organiser les objectifs d’audit

Ainsi, la récolte d’informations doit être organisée. L’auditeur doit planifier sa prise de connaissance et prévoir les moyens les plus appropriés pour l’acquérir. Durant mon stage, j’ai fais en moyenne une dizaine de missions et j’ai remarqué que certains chefs de missions préparait une demande de documents qu’ils envoyaient bien avant le début de la mission en audit de sorte à ce que les documents soient prêts le jour j, d’autres attendaient le jour du début de la mission pour commencer à s’organiser. D’où un souci d’organisation se répercutant aussi bien sur le moral de l’auditeur que sur la qualité de la récolte de l’information.

Les informations à récolter sont regroupées en différents thèmes:
1. Contexte structurel de l’entité auditée (Assemblée Générale, Direction Générale, Date d’arrêté des comptes, …)
2. Structure et organisation internes de l’entité auditée
3. Organigramme (établissement ou obtention et vérification) et relations de pouvoirs (qui est responsable de qui ?)
4. Environnement informatique (existence de système d’informations qui peuvent beaucoup faciliter la vie de l’auditeur)
5. Contexte réglementaire (quels textes juridiques prendre en compte ?)
6. Processus et procédures
7. Système d’information : communication interne et externe
8. Les problèmes passés ou en cours
9. Les réformes en cours ou prévues

Une fois toutes ces informations récoltées, vient l’étape de la détermination du référentiel du contrôle interne. Le but est de déterminer les objectifs d’audit, lesquels vont se retrouver dans le programme de travail. La démarche doit permettre à l’auditeur d’identifier les zones de risques qu’il devra approfondir et ceux sur lesquels il pourra passer rapidement pour optimiser la variable « temps ». Il faut savoir que cette étape n’est pas obligatoire dans le cas où les risques sont connus et le sujet de la mission est simpliste.

Le référentiel de contrôle interne devra être un inventaire complet et exhaustif, autrement dit, il doit regrouper les éléments suivants : les objectifs du processus audité, les risques associés à ces objectifs, les conséquences associés à ces risques, les dispositifs du contrôle interne,…

Je reviendrais pour définir le contrôle interne plus précisément après. Ceci dit, après que l’auditeur ait récolté l’information et réalisé le contrôle interne, il se doit de déterminer les objectifs d’audit pour restreindre le champ couvert par le référentiel de contrôle interne. Pour ce faire, il suffit de hiérarchiser les risques du référentiel en mesurant les causes (la probabilité) et l’impact à savoir les conséquences des risques par les audités. Les cotes peuvent être attribuées de cette façon : Tant pour les causes que pour l’impact, l’échelle de cotation va de 1 à 4 :
1 = très faible
2 = faible à moyen
3 = moyen à important
4 = très important
La cotation est effectuée par les audités mais les auditeurs peuvent, en fonction de leur appréciation des risques, modifier la cotation (à la hausse comme à la baisse).

Les objectifs fixés, il serait opportun de rédiger un rapport d’orientation qui a pour but de définir et de formaliser les axes d’investigation de la mission et ses points faibles ; il les exprime en objectifs à atteindre par l’audit. Le but de ce document n’est pas de décrire les travaux techniques spécifiques mais de décrire clairement et brièvement les points qui seront analysés lors de la mission. Le rapport d’orientation est comme un contrat de prestations de service entre les audités et le service d’audit ; un compromis entre les attentes (de la Direction, du demandeur et des audités) et les capacités en temps et en compétences des auditeurs.

Son contenu doit comporter les éléments suivants :
1. Les objectifs d’audit déterminés
2. Les priorités et préoccupations d’actualité de l’entité
3. Les objectifs incontournables du service d’audit
4. Les ressources, humaines et matérielles, nécessaires à la réalisation de la mission
5. Un calendrier d’exécution de la mission (date de début et date de fin de la mission)

Une validation par l’entité auditée doit être faite afin de canaliser leur adhésion positive et active au travail du service d’audit.

Une fois le rapport d’orientation signé et validé par l’entité auditée, l’auditeur peut enfin commencer son programme de travail, autrement dit, la détermination, la répartition et la planification des tâches qui permettront aux auditeurs d’atteindre les objectifs du rapport d’orientation. Le programme de travail reprend 2 points importants :
– les travaux d’audit à accomplir pour atteindre les objectifs d’audit
– les outils dont il faut envisager l’utilisation : diagramme de circulation, sondage statistique, entretien,… Durant la phase du travail sur le terrain il s’agit pour l’auditeur de répondre aux questions du questionnaire du contrôle interne (en annexe). Les outils à mettre en œuvre sont déterminés dans le questionnaire mais il se peut que lors de la phase de terrain un outil s’avère inapproprié et qu’il faille en choisir un autre. Les outils vont des observations aux différentes sortes de tests : analyse de documents, réconciliation des données, entretiens,…

L’auditeur ne peut jamais baser ses constats sur des intuitions, il doit avoir des preuves de ce qu’il avance. Il existe 4 critères de qualité de la preuve : pour qu’un constat soit considéré comme valable, la preuve doit être : Pertinente : c’est-à-dire en relation avec les objectifs d’audit, suffisante : fonctionnelle, appropriée et probante, présentant assez d’information, concluante : fiable, elle doit permettre d’aboutir à une conclusion aussi précise que possible et certitude de la qualité de la source, utile : répondant aux objectifs de l’organisation. Les preuves peuvent être classées en 4 catégories :
– La preuve physique : c’est ce que l’on voit,
– La preuve documentaire : pièces comptables, procédures écrites, comptes-rendus, notes,…
– La preuve testimoniale : témoignages. C’est une preuve très fragile qui doit être recoupée et validée par d’autres preuves
– La preuve analytique : résulte de calculs, rapprochements et déductions. Les aléas ici se cumulent : ceux liés aux documents, témoignages à partir desquels on va réaliser l’analyse ainsi que les erreurs de calculs et de déductions de l’auditeur lui même.

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Table des matières

Résumé
Summary
Introduction
Section 1: La Mission d’audit
1. 1 Définition de l’audit
1.2 Le rôle de l’audit
1.3 L’objectif de l’audit
1.4 Les types d’audit
1.5 Les normes de l’audit
1.6 La méthode de l’audit
Section 2: le déroulement de la mission d’audit
2.1 Phase de préparation et identification
2.2 Phase d’observation sur le terrain
2.3 Phase d’émission des rapports
3.1 Orientation du contrôle interne
3.2 Impact des résultats du contrôle interne sur les sondages d’audit en matière du contrôle des comptes
Chapitre 2: Audit de la section des immobilisations
Section 1 : Présentation d’Ernst & Young
1.1 Historique du groupe Ernst & Young
1.2 Historique du cabinet Ernst & Young Maroc
1.3 Organisation du cabinet Ernst & Young Maroc
Section 2 : Présentation de la section, objectifs, composantes
1.1 Définition des immobilisations
1.2 Objectifs des immobilisations
1.3 Composantes des immobilisations
1.4 Quel risque est lié aux immobilisations ?
Section 3 : Approche fiscale, juridique et comptable
3.1 Traitement juridique des immobilisations
3.2 Traitement comptable et fiscal des immobilisations
Section 4 : La mise en œuvre de l’audit des immobilisations
3.1 Résultats du contrôle interne et de l’inventaire physique sur l’audit des immobilisations
3.1.1 Résultats du contrôle interne sur l’audit des comptes des immobilisations
3.1.2 Résultats de l’inventaire physique sur l’audit des immobilisations
3.2. L’audit des immobilisations sous forme de cas pratique
3.2.1 Initialisation de la mission
3.2.2 La méthodologie d’audit
3.2.3 Pourcentages des sondages testés
3.2.4 Evaluation du chef de la mission
Conclusion
Bibliographie
Liste des abréviations
Annexes

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