Le Centre Hospitalier Régional de Ziguinchor

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L’infirmier (e) organisant l’accueil et ses missions

En 2003, la SFMU rédige une charte des urgences, à la demande des médecins elle renomme celle-ci [31] : Infirmière Organisatrice de l’Accueil (IOA). Cette nouvelle appellation insiste sur le fait que, si l’infirmière peut orienter à l’intérieur du service, elle n’a pas les compétences pour réorienter un patient hors des urgences, seul un médecin y est habilité, après évaluation de ce dernier.
À ce jour, les 2 acronymes perdurent et si l’on se réfère au dernier texte légal, le décret 2006-577, il parle d’Infirmière d’Accueil et Organisatrice de la prise en charge de patients (IAO), là aussi la notion d’orientation a disparu pour faire place à celle d’organisation. Avant de pouvoir définir les compétences requises pour l’accueil et l’organisation, rappelons ce qui est attendu. Ces missions sont : accueillir patient et accompagnant, définir les degrés de priorité de prise en charge médicale, et choisir le lieu de soins adapté. C’est ce processus complet que l’on appelle le tri. Qui peut effectuer ce tri ? Rapidement les infirmières sont identifiées comme des professionnelles aptes à remplir cette mission [13]. Les compétences requises sont relationnelles, cliniques et organisationnelles. Elles relèvent toutes des actes du rôle propre du décret d’actes professionnels si l’on fait référence à la réglementation française [22].
Le recueil des observations de toute nature susceptibles de concourir à la connaissance de l’état de santé de la personne et appréciation des principaux paramètres servant à sa surveillance : température, pulsations, pression artérielle, glycémie capillaire, rythme respiratoire, volume de la diurèse, poids, mensurations, réflexes pupillaires, réflexes de défense cutanée, observations des manifestations de l’état de conscience, évaluation de la douleur.
Toute la réflexion et les étapes du travail de l’infirmière d’accueil aux urgences se trouvent dans cette compétence. C’est celle que l’IOA met en action pour poser un diagnostic de priorité et organiser la prise en charge du patient.

L’accueil [31]

L’accueil permet à l’IOA de faire le recueil de données nécessaires à l’évaluation du patient, et aussi de le rassurer ainsi que son entourage.
Dans sa partie technique, l’accueil consiste à faire une évaluation clinique du patient mais n’oublions pas qu’il s’agit aussi d’un soin relationnel.
L’infirmière effectue un entretien clinique. Elle établit une communication adaptée au patient qui passe autant par la communication verbale que non verbale. Elle se présente, présente sa fonction, l’intérêt de l’évaluation d’accueil, les variations d’ordre de passage, ce sont des informations indispensables au patient et à son entourage, qui leur permettent d’accepter l’attente et de diminuer leur anxiété. Les gestes et l’interrogatoire pratiqués avec professionnalisme sont les premiers soins qui vont rassurer le patient et donner sa légitimité à l’infirmière d’accueil.
Choisir de venir aux urgences n’est jamais anodin, en dehors de certains aspects matériels (pas d’avance d’argent, médecin traitant pas libre…), le patient vient parce qu’il vit une crise. Ce choix est souvent mu par une inquiétude, voire une angoisse. C’est cette émotion qui sera à prendre en charge précocement. Le patient ressent presque toujours sa situation comme urgente, ne pouvant pas attendre, alors que le soignant s’intéresse d’abord à l’urgence médicale. Il faut savoir faire exprimer au patient son sentiment de danger imminent et l’aider à le relativiser, mettre des mots sur les points de vue différents (urgence/urgence médicale). L’accueil est un soin, il permet d’établir les bases d’une relation de confiance et de diminuer l’anxiété. Il nécessite, neutralité, bienveillance et professionnalisme.

L’évaluation

L’évaluation s’appuie sur l’examen clinique infirmier [31].
Une partie repose sur un entretien structuré, commence par des questions ouvertes, puis devient semi-directif dès lors que l’infirmière cerne le problème, elle recherche les éléments utiles à l’analyse de la situation. Celle-ci est évoquée en 3 phases : la situation elle-même: motifs ? Le comportement mis en place par le patient : soins préalables ? Choix des urgences ? Et enfin les émotions du patient.
L’entretien doit nous permettre de connaître les antécédents et traitement du patient, en particulier ceux qui pourraient avoir des répercussions sur l’évolution des symptômes. L’IOA mène un interrogatoire pour cerner le motif de la consultation, en faire l’anamnèse, chercher les antécédents, les traitements, l’histoire de santé du patient.
En même temps que l’entretien clinique, l’IOA effectue un examen physique qui s’appuie sur l’observation et la prise de paramètres vitaux. S’il y a lieu, des premiers gestes seront effectués : installation du patient, nettoyage de plaie…Ces gestes poursuivent des objectifs divers : évaluation (voir une plaie), confort (installation du patient), sécurité (mettre des barrières).
Tout ce que nous observons est utile pour le tri : position du patient, couleur ou aspect de la peau, comportement… De façon générale les critères de gravité doivent être recherchés systématiquement pour tous les motifs de recours. Les éléments sont recherchés en corrélation avec ce que le patient exprime. Ex : S’il dit être gêné pour respirer observe-t-on une cyanose ? Un tirage? Une difficulté à la parole ?
Les constantes sont choisies, là aussi, en fonction des motifs de recours aux soins.
Il existe deux attitudes, l’une prône la mesure systématique du pouls, de la pression artérielle, de la température, de la douleur, du poids pour les enfants, en y ajoutant les plus pertinentes en fonction du tableau clinique : fréquence respiratoire sur les dyspnées, glycémie capillaire pour les diabétiques, les malaises… ces paramètres vitaux nous donnent une indication sur l’état général du patient.
L’autre école laisse l’IOA se déterminer en fonction des situations.
L’essentiel de cet examen clinique sera de rechercher les éléments utiles et pertinents pour que l’évaluation de chaque cas soit optimale et permette une classification sécurisée [31].

L’orientation

L’infirmière après évaluation et classification choisit le lieu d’attente ou de soins du patient [31]. Les patients stables sont renvoyés en salle d’attente, assis ou couchés. Les patients niveau 1 sont immédiatement installés à la Salle d’Accueil des Urgences Vitales (SAUV). Les patients niveau 2 seront rapidement installés en box d’examen ou en SAUV, en fonction des ressources techniques présumées nécessaires.
Une orientation hors des urgences ne peut se faire qu’après consultation médicale.

L’information

Les patients, comme leur entourage, arrivent aux urgences en milieu inconnu, ce qui va majorer leur inquiétude. Ils n’en connaissent ni les règles, ni le fonctionnement.
Un grand nombre d’informations leur sont nécessaires [31]. Indiquer que l’on ne passe pas par ordre d’arrivée est essentiel. La grande majorité des patients souhaitent connaître leur temps d’attente, leur donner des indications qui leur permettent de gérer leur temps et d’en avoir la maîtrise est indispensable. Si c’est possible, donner une valeur temps calme les esprits, donner de préférence une fourchette haute pour éviter de générer de nouvelles frustrations. De même, la durée d’un examen ou du retour de résultat d’une prise de sang n’est pas connue par la plupart d’entre eux. L’attente est aussi difficile pour le patient que pour son entourage, qu’il faut informer régulièrement des avancées de la prise en charge. Une attention particulière sera portée aux parents accompagnants un enfant, ils sont souvent très angoissés et les informations qui leur seront données, la compréhension qu’ils auront de la situation, participeront au retour au calme. Ce que le patient attend le plus, ce sont les informations sur l’attente et la communication durant celle-ci. Nul n’ignore qu’un mauvais accueil ou ressenti comme tel, rendra le patient plus demandeur, voire agressif. Il sera plus consommateur en temps et en énergie puisque sollicitant régulièrement les soignants.
Gérer ce qui devient de l’agressivité sera toujours plus difficile que de la prévenir.
À l’extrême, une attente mal accompagnée peut déboucher sur le départ du patient avant les soins, à l’inverse l’information sur l’attente diminue le nombre de fugue [30]. Informer est une part du soin relationnel auprès du patient. Cela lui permet de comprendre et d’accepter le soin et pour commencer à accepter l’attente s’il y a lieu. Cela permet aussi, de poser les bases d’une relation de confiance toujours nécessaire dans le soin.

L’installation

Le patient est installé dans le lieu adapté et surtout dans la position adéquate.
Cette installation peut répondre à :
– des besoins vitaux : position demi-assise chez le patient orthopnéique ;
– des besoins de sécurité : mettre des barrières pour un patient allongé somnolent;
– des besoins de soins : nettoyage d’une plaie ;
– des besoins de confort : attelle antalgique.
S’il nécessite une surveillance, il est installé à proximité de l’IOA ou des box d’examens, selon la configuration du service.

La surveillance

L’infirmière d’accueil doit surveiller la salle d’attente [31]. Elle connaît tous les patients qui y sont puisqu’elle les a classés. L’état du patient est évolutif, il peut en cas d’attente prolongée s’aggraver. L’IOA devra réévaluer certains patients, moins s’enquérir auprès d’eux de l’apparition ou disparition de symptômes. Cette surveillance, est au minimum visuelle, un œil clinique à la recherche de nouveaux signes.

La communication

L’IOA coordonne l’utilisation des box d’examen ou de la SAUV, s’assure en permanence de la disponibilité des locaux, afin d’installer de nouveaux patients.
Elle communique avec l’ensemble de ses collègues, aides-soignants, infirmières, assistante sociale, médecin. L’interlocuteur varie en fonction des étapes de prise en charge et des besoins du patient. Elle informe le médecin et ses collègues infirmières, de toute installation en SAUV. Dans certains services cette décision se prend avec le médecin.
Elle communique aussi avec ceux qui déposent le patient : pompiers, ambulanciers.
Les informations recueillies à cette étape sont fondamentales. Elles ne concernent pas uniquement l’état de santé du patient mais aussi ses conditions de vie ou toutes informations utiles à la prise en charge (comme par exemple pour une personne isolée état de la maison ? qui a la clef ?..). Toutes les informations recueillies sont notées dans le dossier du patient.

L’enseignement [31]

La formation à l’accueil se fait par un enseignement théorique mais aussi par compagnonnage. Les nouvelles infirmières d’accueil dans un premier temps observent leurs consœurs puis exercent sous le contrôle de celles-ci. L’IOA s’assure du positionnement professionnel, de la justesse du raisonnement et de l’analyse clinique avant de valider les nouvelles recrues à ce poste. La SFMU préconise une présence de 2 ans en service d’urgences avant de faire du tri.

Le médecin d’accueil et d’orientation

Le premier satisfait est le patient qui se présente aux urgences et qui dès son arrivée est pris en charge et examiné par un médecin « expérimenté » [23]. Il est donc rassuré, ainsi que sa famille. L’évaluation de la gravité est guidée par de solides connaissances et compétences en médecine d’urgence. Des hypothèses diagnostiques sont émises. Des prescriptions d’examens complémentaires, justifiées, sont réalisées permettant d’anticiper sur le processus de soins.
L’examen médical fait à l’orientation, en raison du flux de patients n’est pas un examen clinique approfondi ; il juge du degré de gravité et est tributaire de la promiscuité de l’orientation (peu d’intimité, pressions des flux d’arrivée). L’expertise médicale répond à une démarche diagnostique personnelle qui se plie difficilement à la rigueur d’un protocole de service, nécessaire à la cohérence du service. Le médecin d’orientation est souvent le seul médecin senior de l’équipe soignante, il n’est pas entièrement disponible pour ce poste. Il encadre les jeunes docteurs, réalise ou seconde les gestes techniques en salle de déchoquage. Il assure des tâches administratives liées à son statut. Il ne dispose pas d’un temps suffisant pour recueillir et consigner les constantes cliniques du patient. Il en résulte une augmentation de l’attente à l’entrée du service, qui est source de retard de prise en charge. Un médecin a vocation à émettre des hypothèses diagnostiques, initier une démarche de soins, sanction d’un examen clinique minutieux qui matériellement ne peut pas avoir lieu au stade de l’orientation. Il aurait tendance à se substituer aux filières de soins et risque de prescrire, de façon inadaptée, des examens complémentaires, source d’un ralentissement en aval de la prise en charge. Le médecin d’accueil et d’orientation ne peut à lui seul trier, orienter, initier un traitement ou des explorations et avoir une vision globale du service. Devant l’augmentation constante du nombre de passages aux urgences, la grande variété des pathologies rencontrées et leurs niveaux de gravité très variable, la gestion des flux au fil de l’eau par une IOA ou un MAO n’est pas suffisante pour répondre aux missions des urgences. A la fonction de tri, il faut associer celle de coordination des soins urgents comprenant l’urgence pré-hospitalière, les performances du service des urgences et les capacités de prise en charge en aval. Il s’agit d’une véritable coordination des flux qui nécessite une vision globale de toute la chaîne de l’urgence. La coordination des flux permet d’avoir une vision de l’activité en termes de performance plutôt que de volume, une vision d’enchaînement d’étapes plutôt qu’une vision de chaque étape, une vision englobant l’ensemble des patients à venir et présents dans la structure. Le coordinateur de flux permet d’anticiper les événements à venir pour chaque patient et déclencher chaque étape, au meilleur moment, pour réduire la durée d’attente totale. Pour cela il est nécessaire d’avoir une vision globale en temps réel des patients, de leurs demandes de soins, des ressources de l’établissement. Le MAO doit avoir une influence réelle sur les acteurs. Il s’agit d’un véritable chef d’orchestre associant des activités de coordination, des activités de communication, des activités cliniques.

Activités de coordination [23]

Le MAO coordonne la prise en charge médicale Il gère les flux de patients en limitant au maximum le temps d’attente en salle d’orientation et en salle de soins Il répartit les ressources médicales et paramédicales en fonction de l’activité. Il est le médecin référent de l’infirmière d’accueil et d’orientation. Il coordonne
l’orientation des patients après prise en charge médicale (hospitalisation, mutation, retour à domicile). Il accélère la clôture des dossiers lorsque les prises en charge sont terminées. Il anticipe dès l’admission, les besoins en hospitalisation des patients. Ainsi une demande précoce de lit d’hospitalisation permet de réaliser la prise en charge du patient pendant l’attente du lit.

Activités de communication [23]

Le MAO centralise les informations médicales provenant des médecins extérieurs pour avis et orientation, les informations provenant du Service d’Assistance Médicale d’Urgence (SAMU). Il est en lien permanent avec l’IOA concernant l’état de l’attente, Il est le correspondant des médecins du centre hospitalier (avis spécialisés, hospitalisation).

Activités cliniques [23]

Le MAO assure l’hospitalisation directe dans le secteur d’UHCD, dès l’orientation. Il veille à la qualité des conditions d’attente, de prise en charge et d’orientation de tous les patients présents dans la structure d’urgence. Il soutient les médecins juniors (internes et jeunes praticiens hospitaliers) dans la prise de décision thérapeutique et dans la négociation avec les interlocuteurs.

Organisation du tri

Le tri mis en place dans les structures d’urgences vise à reconnaître ceux dont l’état nécessite une prise en charge médicale rapide, il classifie, il organise le parcours de soins des consultants selon leur niveau de priorité. Il permet d’orienter les patients vers la zone de soins la plus adaptée à leurs situations.
Pour être efficace, le tri repose sur quelques principes. Les patients sont vus le plus rapidement possible après l’entrée aux urgences. Ils doivent être évalués dans les 10 minutes qui suivent leur arrivée [29]. Il s’agit de repérer les patients graves et instables, mais aussi ceux qui peuvent attendre.
Les patients sont vus, par l’IOA, dans l’ordre d’arrivée. Le mode d’arrivée (couché/debout) ne doit pas intervenir dans l’ordre de passage à l’accueil, sauf bien sûr, pour les patients dont la clinique est d’emblée alarmante. C’est après l’évaluation de l’IOA que celui-ci change.
Cet objectif, voir tous les patients précocement, impose un rythme à l’IOA, une évaluation doit se dérouler en 5 minutes environ [29]. Pour y parvenir, l’infirmière se consacre uniquement au tri, elle ne doit pas se voir confier d’autres tâches comme répondre au téléphone, effectuer l’enregistrement administratif ou procéder à des examens trop longs.
Le tri des malades s’effectue en premier lieu sur les éléments suivants :
Recueil des paramètres vitaux suivants : état de conscience, pouls, pression artérielle, fréquence respiratoire, saturation en oxygène, glycémie capillaire, température.
Tout malade présentant l’un des éléments suivants doit bénéficier du circuit court de prise en charge thérapeutique :
Douleur quelle qu’elle soit : antalgie immédiate puis diagnostic
Détresse respiratoire : oxygène, intubation
Détresse hémodynamique : pose d’une voie d’abord, remplissage vasculaire ? Inotropes ?
Détresse neurologique : intubation ?
Hypoglycémie : correction rapide
Agitation, agressivité : sédation ?
Pour ces malades, le recueil de l’anamnèse et l’examen clinique doivent être réalisés parallèlement aux premiers gestes thérapeutiques.
La classification clinique des malades aux urgences (CCMU) permet aussi une catégorisation utile pour juger de leur gravité. Elle est fondée sur le jugement initial du premier médecin accueillant le patient [1].
L’évaluation porte sur l’état clinique du patient et la notion de stabilité de celui-ci :
✔ CCMU P : patient présentant /souffrant d’un problème psychologique et /ou psychiatrie dominant en l’absence de toute pathologie somatique instable associée.
✔ CCMU 1 : état clinique jugé stable. Abstention d’acte complémentaire diagnostique ou thérapeutique. Examen clinique simple. Exemple : angine, malaise vagal non symptomatique, plaie sans suture, otite….
✔ CCMU 2 : état lésionnel et /ou pronostic fonctionnel stable. Décision d’acte complémentaire diagnostique (prise de sang, radiographie conventionnelle) ou thérapeutique (suture, réduction) à réaliser par le SMUR ou un service d’urgence. Exemple: hypotension, entorse, plaie simple à suturer, fracture fermée…
✔ CCMU 3 : état lésionnel et /ou pronostic fonctionnel jugé pouvant s’aggraver aux urgences ou durant l’intervention SMUR, sans mise en jeu du pronostic vital. Exemple : malaise mal étiqueté, angor, douleur thoracique, détresses respiratoire ou circulatoire, AVC, fracture ouverte….
✔ CCMU 4 : situation pathologique engageant le pronostic vital sans gestes de réanimation immédiat.
✔ CCMU 5 : pronostic vital engagé. Prise en charge comportant la pratique immédiate de manœuvres de réanimation.

Le Centre Hospitalier Régional de Ziguinchor

L’hôpital de Ziguinchor a été construit en 1970 sur financement de la France par le biais du fond d’aide et de coopération. A l’origine, c’est une antenne chirurgicale qui avait été créée lors de la guerre d’indépendance de la Guinée Bissau.
Ce nouvel établissement est venu compléter le centre de santé de Ziguinchor qui existait depuis l’époque coloniale et qui était connu sous le nom de « l’hôpital silence ». Le bâtiment à étage qui constituait l’antenne chirurgicale a été complété en 1983 par la construction d’une maternité, de services spécialisés (urgences, radiologie, banque de sang, ophtalmologie, laboratoire, stomatologie) et de bâtiments annexes (cuisine, buanderie, morgue …).
En 1988 est venu s’ajouter un service de gynéco-obstétrique.
Le Centre Hospitalier Régional est implanté dans la commune de Ziguinchor qui tient lieu de capitale régionale.
Situé au sud de la ville. Il s’étend sur une longueur de 500 m et une largeur de 200 m soit une superficie de 100.000 m2 (10hectares).
Distant de 450 km de Dakar le C.H.R.Z est l’hôpital de référence pour les populations vivant dans la région de Ziguinchor mais également dans la région de Kolda et des pays limitrophes comme la Gambie, de la Guinée Conakry et la Guinée Bissau [21].

Le plateau technique

Le plateau technique au service d’accueil des urgence est composé de 2 scopes multiparamétriques, un aspirateur de mucosités, un aspirateur avec système à deux bocaux, de deux nébulisateurs, d’un appareil d’ECG, d’un défibrillateur monophasique, d’un appareil d’échographie fixe pour la fast-echo, d’un laryngoscope et de deux respirateurs fixes. Il y a également huit sorties d’oxygène mural au niveau des deux salles (la salle de surveillance et l’unité d’hospitalisation de courte durée).

Ressources humaines

Le personnel du service d’accueil des urgences du Centre Hospitalier Régional de Ziguinchor est composé :
d’un médecin en formation dans le cadre du DU de médecine d’urgence. de deux médecins généralistes.
d’un major de service infirmier d’Etat. de cinq infirmiers d’Etat.
de quatre aide-infirmiers. de deux brancardiers.
de trois agents de services hospitaliers (ASH). d’une secrétaire.

Le fonctionnement

Les médecins assurent les permanences et les gardes, les permanences vont de 8 heures à 16 heures et les gardes de 16 heures à 8 heures.
Les paramédicaux, constituent des équipes de quatre et font une rotation dans la journée entre 8 heures et 14 heures, 14 heures et 20 heures et la garde entre 20 heures et 8 heures.
L’infirmier de la salle de déchoquage qui est le chef d’équipe est chargé de la surveillance et des soins des patients admis, d’assister l’IOA en cas de besoin, de gérer de l’armoire d’urgence aux heures de garde.
L’infirmier de l’UHCD assure la surveillance et les soins des patients admis dans sa zone.
L’aide-soignant assure les pansements et les sutures dans la salle septique.
Les ASH gèrent la propreté des lieux et du matériel, le linge et les tambours (compresses à stériliser). Ils sont aussi chargés du dépôt et de la récupération des bilans biologiques.
Les brancardiers font des gardes de 24 heures.
La secrétaire travaille de 8 heures à 16 heures.

Circuit du malade

Dès l’arrivée au SAU, tout malade est accueilli par l’infirmier organisant l’accueil (IOA) qui prend ses constates et apprécie son état de gravité, le patient est ensuite confié au MAO qui après examen, offre trois possibilités au malade : soit une admission en salle de déchoquage, en unité d’hospitalisation de courte durée ou un retour à domicile avec ou sans bulletin de consultation spécialisée en fonction du type de pathologie. Certains cas nécessitaient des avis spécialisés immédiats.
Le médecin des salles s’occupe de la salle de déchoquage et aussi des avis spécialisés et transfert interservices.

La prise en charge financière

Le prix de la consultation est fixé à 2000 fcfa, qui est identique au prix de la consultation en médecine. Les consultations spécialisées sont fixées à 3000 fcfa.
Les patients n’ayant pas les moyens sont pris en charge et le recouvrement est assuré par le service social.

Patients et méthodes

Type et durée d’étude

Nous avons réalisé une étude descriptive rétrospective du 1er au 31 janvier 2016 au service d’accueil des urgences du centre hospitalier régional de Ziguinchor.

Critères d’inclusions

Etaient inclus tous les patients reçus au SAU durant la période d’étude.

Critères de non inclusion

N’ont pas été retenus dans l’étude les patients reçus dans la même période et dont certains paramètres ne figuraient pas dans le registre.

Source et recueil des données

Pour chaque malade, a été établie une fiche d’enquête comprenant : l’âge, le sexe, la résidence, le moyen d’arrivée, le degré d’urgence, le délai d’attente, l’autonomie (position du patient), la demande d’avis spécialisés, et le devenir.

Paramètres étudiés

Les différents paramètres étudiés étaient :
L’état civil
Le moyen d’arrivée Le degré d’urgence Le délai d’attente L’autonomie
La demande d’examens complémentaires La demande d’avis spécialisé
Le devenir des patients

Résultats

La fréquence

Les patients ayant fait objet de notre étude étaient au nombre de sept cent quatorze (714). Vingt-deux patients n’avaient pas toutes les données remplies dans le registre, soit un total de consultants de sept cent trente-six (736) patients.

L’âge

L’âge moyen était de 27,83 ans avec des extrêmes de 1 mois et 96 ans. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 21 à 30 ans inclus avec 154 patients soit 21,56% de la population.
Le tableau I représente les différentes tranches d’âges.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : RAPPELS
1. Organisation de l’accueil dans les services d’urgences
1.1. Historique
1.2. L’infirmier (e) organisant l’accueil (IOA) et ses missions
1.2.1. L’accueil
1.2.2. L’évaluation
1.2.3. L’orientation
1.2.4. L’information
1.2.5. L’installation
1.2.6. La surveillance
1.2.7. La communication
1.2.8. L’enseignement
1.3. Le médecin d’accueil et d’orientation
1.3.1. Activités de coordination
1.3.2. Activités de communication
1.3.3. Activités cliniques
1.4. Organisation du tri
1.5. Les unités d’hospitalisation de courte durée
2. Situation de l’accueil des urgences au Sénégal
DEUXIEME PARTIE
1. Cadre d’étude
1.1. Le Centre Hospitalier Régional de Ziguinchor
1.2. Le service d’accueil des urgences
1.2.1. Les locaux
1.2.2. Le plateau technique
1.2.3. Les ressources humaines
1.2.4. Le fonctionnement
1.2.5. Le circuit du malade
1.2.6. La Prise en charge financière
2. Patients et méthodes
2.1. Type et durée d’étude
2.2. Critères d’inclusion
2.3. Critères de non inclusion
2.4. Source et recueil des données
2.5. Paramètres étudiés
3. Résultats
3.1. La fréquence
3.2. L’âge
3.3. Le sexe
3.4. La résidence
3.5. Le moyen d’arrivée
3.6. L’origine
3.7. Le délai d’attente
3.8. Le degré d’urgence
3.9. L’autonomie des patients
3.10. La demande d’examens complémentaires
3.11. La demande d’avis spécialisés
3.12. Le devenir des patients
4. Analyse des données
5. Discussion
Conclusion
Références bibliographiques

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