L’avènement de l’agriculture familiale

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La contradiction entre physiocratie et mercantilisme :

Les mercantilistes du 15ème au 17ème siècle, par opposition aux physiocrates favorisent le protectionniste et ils étaient à la faveur des taxes multiples.
D’une part, pour les mercantilistes, le commerce international est comme un « jeu à somme nulle »5. Selon eux, la richesse dépend de la quantité d’or que détient un pays. Les importations sont limitées car elles sont considérées comme néfastes. Comme les Espagnols, les Anglais poussent à faire le commerce à l’extérieur de leur territoire dans le but de faire entrer l’or dans la Caisse de la Nation. Mais cela conduit à un protectionnisme : en effet des barrières tarifaires sont instaurées aussi bien au niveau national qu’au sein des pays. Ainsi, l’Etat doit intervenir dans l’économie qui est contrairement au « laissez-passer » des physiocrates.
D’autre part, les physiocrates favorisent la liberté interne et externe de l’économie : on parle du libéralisme. Pour eux, le seul créateur de richesse est l’agriculture ; les matières premières produites par l’agriculture sont transformées par la classe productive et le commerce ne fait que déplacer la production agricole et industrielle. Les physiocrates préconisent le « laissezfaire et laissez-passer » apparu au 18ème siècle avec Vincent de Gournay pour que la circulation des biens et des marchandises doit être libre et que toute entrave à la circulation des richesses limite la croissance économique.
Dans l’état actuel de Madagascar, le domaine de l’agriculture ne favorise pas le principe de « laissez-faire » car le problème se base sur l’inefficacité du système agricole, ainsi l’intervention de l’Etat est indispensable pour soutenir les agriculteurs.

Les théories de la croissance économique

Dans cette section, on va distinguer les théories traditionnelles de la croissance à celles des théories modernes. Pour qu’un pays dont la majorité est des agriculteurs sorte de sa case de pauvreté, l’Etat doit y intervenir pour assurer la croissance de sa production. Le développement économique et la hausse du PIB surviendront si cette dernière conduit à une forte productivité de travail qui renverse les techniques de production manuelle et artisanale. C’est l’industrialisation. En d’autre terme, elle est la phase durant laquelle l’industrie croît plus vite que l’agriculture et détient peu à peu le rôle moteur de la croissance économique.
Les facteurs déterminants de la croissance sont : le facteur capital (L) exprimé par le capital technique et de bien de production (infrastructures et équipements), le capital (K) et les progrès techniques. L’augmentation du capital permet de rehausser les investissements, la production s’améliore aussi à son tour. En conséquence, la croissance est née, d’où la richesse.
Les théories de la croissance ont pour but de bien mélanger ses variables pour atteindre la croissance en question :Y = f (K, L, β)
ou encore Y = ∆ L
α – K1 – α avec (Y : la production,
K : le capital,
L : le travail et
β : les progrès techniques).
La production est donc fonction du capital, du travail et de la technologie.
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Les théories traditionnelles de la croissance :

Adam Smith et David Ricardo sont les premiers à s’intéresser à la problématique de la croissance. Selon A. Smith dans la Richesse des nations, la croissance qui prend sa source dans la division de travail est apparue comme illimitée. Cette pensée a évolué avec les autres économistes classiques ayant les affirmations sur la croissance limitée et les néoclassiques avec une croissance exogène. L’ensemble des théories que l’on qualifie traditionnelles ont cependant le même objet d’étude, d’expliquer la croissance économique par des déterminants exogènes tels que la population et le progrès technique. Donc, on va voir les différentes visions de certains auteurs allant des précurseurs à celles des post keynésiens et des néoclassiques.

Les précurseurs :

La croissance est une préoccupation ancienne des économistes et constitue un des thèmes centraux de l’économie. Adam Smith, David Ricardo, Thomas Robert Malthus et Karl Marx sont les véritables précurseurs de cette réflexion.
Les premières analyses de la croissance économique viennent des classiques car ils s’intéressent aux conditions du progrès qui est à la base du développement matériel de la société.
Depuis Adam Smith et sa Richesse des nations, la croissance est associée à plusieurs qualificatifs : illimitée, limitée, stable, instable, équilibrée, déséquilibrée…….

division internationale d’Adam Smith (1776):

En 1776, dans ses recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Adam Smith stipule que l’or et la monnaie ne constituent plus la richesse. Elles ne sont que des intermédiaires à l’échange. Pour lui, l’origine de cette richesse est le travail des hommes. En analysant la croissance économique à son temps, il distingue trois grands facteurs de l’enrichissement de la nation : la division de travail, la taille du marché et l’accumulation du capital. Par définition, cette division du travail consiste à la répartition spéciale des tâches dans le processus de production ou chaque travailleur peut devenir spécialiste de l’étape de production dans laquelle il se dédie. Par conséquent, plus il accroît l’efficacité de son travail, plus la productivité augmente.
Ce qui permet donc la division du travail, c’est l’échange. Plus précisément, les hommes se répartissent leurs tâches pour survivre puis s’échangent après le fruit de leur travail. Il existe aussi un obstacle à ce phénomène. On parle là de la taille du marché. Si le marché est assez petit, le surplus venant d’une division de travail accrue ne trouve pas d’acheteur. Par ailleurs, c’est grâce à ce facteur que la croissance est née d’abord, et le développement se produira ensuite.
Pour lui, la division du travail a des impacts sur la productivité ou sur la richesse des nations :
Premièrement, la division de travail est source de productivité, elle va diminuer le temps de travail nécessaire pour une unité produite. Il y a trois raisons :
-elle permet l’accroissement de l’habileté des ouvriers. La spécialisation d’une tâche qu’un travailleur répète sans cesse lui rend plus adroit. Elle rend les hommes dépendants les uns des autres.
-elle permet des gains de temps parce qu’un ouvrier non spécialisé perd du temps en passant d’un travail à un autre, comme le changement d’outils ou de type de travail.
-elle favorise l’invention et l’utilisation des machines c’est-à-dire que l’ouvrier qui réalise toujours les mêmes tâches sera apte à découvrir les moyens de les réaliser plus rapidement et avec le moins d’effort.
Deuxièmement, la division de travail permet aussi d’augmenter le pouvoir d’achat. En effet, les gains de productivités assurent à la fois l’augmentation des salaires nominaux des ouvriers et la diminution des prix de vente7. Si les individus font beaucoup d’échanges, ils ont davantage des moyens, et peuvent produire plus.
En outre, Smith a une vision optimiste caractérisée par des théories de la croissance illimitée c’est-à-dire elle persiste tant que l’on peut étendre le marché et la division de travail. Cette dernière est une des sources essentielles du développement. Ces facteurs sont considérés comme exogènes ou indépendants les uns des autres, et extérieurs à la logique des agents économiques. Comme le cas de Madagascar, dans l’exploitation agricole familiale, chaque membre de la famille a chacun sa part d’activité. Cette organisation de travail rend fort la compétence grâce à la répétition d’activité. C’est ainsi que la production agricole augmente grâce à la main d’œuvre familial réduisant les pertes de temps et les coûts de production.

Les rendements décroissants de David Ricardo (1817) :

Dans ses principes de l’économie politique et l’impôt en 1817, David Ricardo affirme que la croissance est limitée par l’état stationnaire dû aux rendements décroissants de la terre agricole. Pour lui, le principal problème économique réside dans la répartition de revenu entre les différentes classes sociales. Il distingue donc trois classes dans lesquelles la richesse ou la valeur ajoutée est répartie. Les ouvriers qui fournissent le travail nécessaire à la production sont rémunérés par le salaire ; les propriétaires qui possèdent le sol avec la rente foncière et les capitalistes qui contrôlent le capital productif avec le profit. Précisons que le profit des capitalistes est résiduel, c’est-à-dire qu’il intervient une fois le salaire et la rente foncière payés. Plus la population augmente, plus on est obligée de mettre en culture des nouvelles terres pour augmenter la production agricole. Or ces nouvelles terres sont moins fertiles que les premières, donc moins productives. Autrement dit, elles sont soumises à des rendements décroissants. Le coût de la production va donc s’élever et le prix des denrées alimentaires va alors grimper, faisant monter aussi les salaires et la rente. Cette hausse des salaires conduit à la baisse du profit qui mène au ralentissement de l’économie, et, à long terme à l’état stationnaire. Pour remédier à ce blocage de croissance, David Ricardo préconise d’augmenter les gains de productivité dans l’agriculture grâce au progrès technique et de s’ouvrir au commerce international (théorie des avantages comparatifs).
En résumé, la baisse tendancielle du profit entraînera des rendements décroissants qui conduisent au ralentissement de la croissance, d’où à un équilibre stationnaire. Madagascar a beaucoup des terres non cultivées ou « tapo-tanety ». Leur exploitation demande un grand effort : sur le labour, la culture et la main d’œuvre car ces terres sont très stériles. Dans ce cas, elles sont improductives et dépensent plusieurs semences et intrants.

La croissance limitée selon T. Robert Malthus (1796) :

Dans son Essai sur le principe de la population en 1796, T. Robert Malthus considère que la croissance est limitée en raison de l’accroissement démographique. Sa thèse part de l’asymétrie entre la croissance démographique et la croissance de production des ressources. Sa représentation mathématique est simple : la population augmente de façon géométrique et les ressources n’augmentent que de manière arithmétique8. Plus les années passent donc, plus l’écart entre la démographie et le stock de ressources sera grand. Selon lui, s’il n’y a pas d’évènements pouvant réduire la population (comme la guerre, l’épidémie), la famine survient et peut durer jusqu’à ce que le niveau de la population diminue en dessous des ressources disponibles. Il attribue la misère en Angleterre au décalage entre deux lois : la loi de progression arithmétique des subsistances et la loi de progression géométrique. La sortie de cet état passe par la mortalité, la baisse de natalité et le célibat. L’accroissement de la population conduit à la création d’une masse de chômeurs sans moyens de subsistance.
En rejoignant les idées des classiques, Malthus confirme que la production doit augmenter plus lentement que la population. Et enfin il critique la croissance démographique amenant nécessairement à la famine ou encore la population ne devrait s’accroître qu’en fonction des ressources disponibles. Pour les malthusiens, le progrès technique crée le chômage. La théorie de Malthus est très critique dans la Grande île parce que la population ne cesse d’augmenter. Ce qui rend faible la capacité de nourrir la population. Même si la production est abondante et que le nombre de bouche à nourrir augmente, ça va accentuer la pauvreté et la famine.

La théorie de Karl Marx rejoint celle des classiques (1844) :

Karl Marx a été le premier économiste à proposer un modèle formel de croissance, à l’aide de ses schémas de reproduction élargie. Il considère que la croissance est limitée dans le mode de production capitaliste en raison de la baisse tendancielle du taux de profit (1867, Le Capital)9. En effet, la recherche d’une plus-value toujours plus importante (notamment
Le rapport de la plus-value (ou gain en capital : la différence positive entre le montant de la cession d’un bien meuble ou immeuble et son prix d’acquisition) sur le capital investi grâce à des salaires bas, que Marx appelle Minimum de Subsistance) et la concurrence entre capitaliste devraient provoquer une paupérisation des ouvriers et un blocage dans le développement du système capitaliste comme la crise.
Selon lui, l’origine de la croissance est l’accumulation du capital. Pour les capitalistes, l’augmentation incessante des profits a pour conséquence la substitution du capital au travail. Le chômage se multiplie et les salaires baisses, ce qui diminue la consommation ouvrière et ouvre une crise de débouchés. Alors la baisse du taux de profit réduit progressivement l’accumulation du capital et l’arrêt à terme de la croissance.
Marx a été le premier à intégrer le progrès technique dans l’économie. Mais pour lui, ce progrès technique, en permettant de produire avec le moins de travail crée du chômage et pousse les salaires à la baisse. Par conséquent les crises de surproduction naissent. En même temps, il est nécessaire à la croissance et est l’une des conditions d’amélioration du sort des prolétaires. Presque tous le PED comme Madagascar n’ont pas encore arrivé à réaliser ce principe car le capital d’une entreprise est fini à faire circuler leurs activités et à assurer leur subsistance. Il n’existe donc pas part à accumuler, ce qui va créer aussi du chômage. Et, la technologie source de croissance ne couvre pas toute l’île, d’où la sous-production.
La plupart des économistes classiques pensent qu’aucune croissance ne pouvait être durable car toute production devait, selon eux, converger vers un état stationnaire. C’est ainsi le cas de David Ricardo où l’état stationnaire est le produit des rendements décroissants des terres cultivables, liés par le principe de la population pour Robert Malthus. Par ailleurs, Adam Smith à travers son étude des effets de productivité induits par la division du travail, laissait la possibilité d’une croissance ininterrompue que les néokeynésiens ont remis en cause par la théorie de la croissance exogène.

La théorie de la croissance exogène

Dans les théories de la croissance jusqu’aux années 70, la croissance du progrès technique est considérée comme un phénomène exogène, c’est-à-dire que son origine n’est pas dans le cadre de ces modèles. La préoccupation du fondement de l’économie politique est la recherche des conditions d’équilibre économique et d’une croissance équilibrée de la richesse sociale. Il est à noter qu’une des conditions majeures de cette croissance est la hausse de la productivité.
Ensuite la croissance équilibrée signifie croissance à taux constant et implique le plein emploi des facteurs de production. Elle a pour but la croissance d’établissement d’équilibre entre les grandeurs économiques comme O = D et I = S10. Le conflit de départ entre les auteurs postkeynésiens et les néoclassiques fut la complémentarité et la substitution des facteurs de production. Les postkeynésiens par Harrod et Domar considèrent que les facteurs de production sont complémentaires, alors que les néoclassiques comme Solow affirment qu’ils sont substituables11.

Le modèle postkeynésien : modèle d’Harrod et Domar (1948) :

La croissance est illimitée mais instable pour les postkeynésiens Harrod et Domar. Ses modèles vont chercher à rendre compte des conditions et des caractéristiques essentielles de l’équilibre d’une économie capitaliste en croissance. Après la seconde guerre mondiale, ces deux économistes, influencés par Keynes, vont chercher à comprendre les conditions dans lesquelles une phase d’expansion peut être durable. Ainsi, le modèle d’Harrod-Domar permet de faire ressortir le caractère fortement instable de tout processus d’expansion s’il n’existe pas explication propre de la théorie de croissance (expliquant son origine sur une longue durée).
En particulier, ce modèle montre que pour qu’une croissance soit équilibrée, c’est-à- dire que l’offre de production n’augment ni moins (sous-production) ni plus (surproduction), il faut qu’elle respecte un taux précis, fonction de l’épargne et du coefficient du capital (quantité de capital pour produire une unité de bien) de l’économie. C’est pourquoi, il est important d’évaluer sur la marché des biens et du travail, si la croissance de l’offre et égale à celle de la demande. Marquées par la crise de 1929, les deux économistes répondent là négative car la croissance est exogène et déséquilibrée pour eux.
Dans ce modèle postkeynésien, il existe trois types de taux : le taux de croissance garanti (gw = s/v où v donne l’intensité en capital du processus de production) ; le taux de croissance effectif (g = s/u) qui assure une progression parallèle et équilibrée de la demande et l’offre de biens ; et le taux de croissance naturelle ou taux de croissance de la population active (gn = n) qui assure le plein emploi du facteur travail. Le modèle repose sur l’hypothèse fondamentale que le travail (L) et le capital (K) ne sont pas substituables, ils sont complémentaires. Toute augmentation de la production implique un accroissement.
Une école naît de la « Révolution marginaliste » dans les années 1870 proportionnel du capital et de la main d’œuvre. La fonction de production est supposée à être proportion des facteurs fixes. Le ratio v = K/Y (coefficient du capital), k = K/L (où l’offre de travail est illimitée) sont stables. Le niveau d’investissement (I) est égal à celui de l’épargne (S). La croissance effective g a peu de chance de correspondre au taux de croissance équilibrée car les variables s, v et I sont indépendants : les décisions d’investissement sont prises par les entrepreneurs, le taux d’épargne est déterminé par le revenu de l’agent et le coefficient de capital est fixe. D’autant plus que le déséquilibre est cumulatif, la croissance de l’offre ne soit pas égale à celle de la demande. Il n’existe pas de mécanisme pour qu’il y ait croissance équilibrée. De ce fait, la croissance se fait sur le fil du rasoir (Harrod) ou elle est instable accompagnée d’un chômage accru.
Pour que la croissance soit équilibrée et sans chômage, il faut que le taux de croissance naturel gn soit égal au taux de croissance garantie gw : gn = gw = s/v. Ensuite en confrontant gw et gn qui équilibre successivement l’offre et la demande sur le marché des biens et sur le marché de travail, Harrod met en évidence un paradoxe de la théorie keynésienne. Si gw>gn, alors le rythme élevé de la croissance permet de réduire le chômage. Mais dans le cas contraire où gw<gn, l’épargne sera perturbée.
En outre, cette théorie postkeynésienne d’Harrod-Domar (1947) montre que le taux de croissance (g) est lié au taux d’épargne (s) et au taux d’investissement en capital (K) : g = s/K. En conséquence, l’Etat doit favoriser un taux d’épargne (s) plus élevé pour stimuler la croissance soit par la politique des revenus (directs ou de transferts), soit par la politique budgétaire. Une croissance démographique accélérée ralentit l’évolution économique. Or le niveau d’emploi est instable, la croissance va se rester toujours sur le fil du rasoir. De ce fait, l’investissement diminue, ce qui rend faible la production et l’épargne, d’où la pauvreté règne.

Le modèle néoclassique : modèle de Solow (1956) :

Face à la difficulté rencontrée dans le modèle d’Harrod-Domar sur le facteur investissement, les néoclassiques décident de retenir une autre fonction de production. Robert Solow a essayé d’effectuer une synthèse entre l’approche keynésienne et la théorie néoclassique, ce qui explique que son point de départ correspond aux conclusions de Harrod et Domar. Le modèle de Solow repose ainsi sur les hypothèses néoclassiques telles que la fonction de production qui comprend deux facteurs : K et L. Ces derniers sont substituables, donc le facteur capital est variable. La productivité marginale du capital est décroissante et que l’épargne est entièrement investi. La théorie néoclassique de Solow explique la nature exogène de la croissance. Dans son modèle, il existe croissance stable sur le long terme à travers les mécanismes autorégulateurs du marché :
-Si s/v>n, c’est-à-dire la croissance économique est supérieure à la croissance démographique, il y a pénurie de main d’œuvre donc hausse des salaires. Les entrepreneurs substituent donc le capital au travail. Le coefficient du capital v = K/L augmente, ce qui diminue s/v, lequel tend vers n.
-Si s/v<n, c’est-à-dire la croissance économique est inférieur à la croissance démographique, il existe chômage, donc baisse des salaires. Les ouvriers substituent le travail en capital. Le coefficient du capital v = K/L diminue, ce qui augmente s/v en tendant vers n.
Donc la croissance est limitée à condition que la population augmente et qu’il y ait des progrès techniques. Sinon elle s’arrête. La croissance est donc liée à des facteurs exogènes notamment les progrès techniques et la croissance de la population à long terme. Sur le long terme, elle provient du progrès technique qui est exogène au modèle c’est-à-dire qu’il ne l’explique pas mais le considère comme une manne tombée du ciel. Si Madagascar arrive à équilibrer sa démographie à sa production, et à l’évolution technique, la croissance sera assurée grâce aux mains d’œuvre abondantes.
Les néoclassiques considèrent alors que le progrès technique est comme un facteur exogène qui améliore la qualité et donc la productivité du travail. Il permet donc d’échapper à la décroissance du capital. On attribue à ce facteur exogène tous les gains de productivité qui ne s’expliquent pas par l’augmentation des facteurs de production. Par contre, la naissance d’une nouvelle théorie de la croissance va opposer à cette vision par la constatation qu’il y a une croissance endogène.

L’AVENEMENT DE L’AGRICULTURE FAMILIALE

La FAO estime qu’il y aurait 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde, dont plus de 500 millions relèveraient de l’agriculture familiale (AF). Elle produit aujourd’hui 60 à80% de l’alimentation mondiale et emploie 90% de la population agricole de la planète. Ainsi, les agricultures familiales détiennent un grand rôle sur la sécurité alimentaire, l’équité sociale et la durabilité de l’environnement. Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, elles assurent la création d’emploi dans les zones rurales et la gestion durable des ressources naturelles. Depuis toujours, l’AF occupe une place privilégiée parmi les activités humaines.
Selon le CIRAD et l’AFD, les agricultures familiales constituent le socle des grandes révolutions agricoles des pays développées18. Par ailleurs, elles forment ainsi la base sociale de la plupart des pays du Sud, contribuant à l’approvisionnement des marchés domestiques et aussi des marchés internationaux. On va analyser dans ce chapitre les définitions concernant les AF, et ses impacts dans le monde.

Définitions de l’agriculture familiale

Les exploitations agricoles familiales varient en fonction du climat, de l’environnement socio-économique et le nombre d’hectares cultivées. En donnant des définitions à l’agriculture familiale, citons celles de l’ONU et le FAO, et du FOFIFA.

Définition selon l’ONU et le FAO :

L’Organisation des Nations Unies a proclamé l’année 2014 « Année internationale de l’agriculture familiale » en mettant en valeur le rôle des petits agriculteurs dans la disparition de la faim, la conservation des ressources naturelles et l’assurance d’un avenir durable auquel le monde entier tire. L’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille et la main d’œuvre familiale aussi bien les hommes que les femmes pour marquer la mobilisation familiale du travail. Au niveau mondial, elle constitue la potentialité économique et sociale dans les milieux ruraux, en particulier dans les pays où une grande majorité de la population vit de l’agriculture. Comme dans l’agriculture suisse, les exploitations familiales représentent la totalité des entreprises agricoles du pays. Par conséquent, l’avenir du pays est assuré par les formations et les pratiques agricoles. Pour ce pays, l’approvisionnement de la population locale en aliments de premières nécessités est d’abord principalement assuré par les exploitations paysannes. Ces dernières assurent par la suite la garantie d’un haut niveau de qualité, d’une production écologique et de la vie des animaux. Ensuite, elles mettent en sûreté la durabilité économique, écologique et sociale grâce au transfert d’exploitation d’une génération à l’autre (on ne peut pas renouveler le sol sur lequel les familles paysannes produisent). De nombreuses traditions accordent donc à la cohésion, à la solidarité et à l’esprit de la famille. En créant de la valeur ajoutée, les paysans génèrent des emplois à la campagne et mettent enfin un frein à l’exode rural. L’agriculture familiale est donc un modèle d’entreprise idéal pour les petites structures de la Suisse ce qui constitue une voie d’avenir pour le pays.
En effet, l’agriculture familiale est devenue la clef de la croissance rurale, donc développement durable et permanente. Ban Ki-Moon renforce cette idée en remarquant que les exploitations d’entreprises familiales « sont la clef de voûte d’une agriculture durable et profitant à tous, et des systèmes alimentaires »19. Ce qui signifie une intégration jusqu’au développement global (de la nation) qui tient compte de l’environnement et des ressources naturelles. L’AF est dès lors définie comme une articulation entre famille et exploitation. Les agriculteurs familiaux entretiennent des lieux économiques entre le secteur rural. Aussi ils contribuent de façon significative au travail notamment dans les pays en développement où l’agriculture emploi encore la majorité de la population active.
En outre, les revenus additionnels générés par l’agriculture familiale sont dépensés en logement, éducation, habillement,…..c’est à dire qu’elle est le moteur et la base de toute vie rurale. L’agriculture familiale est donc confrontée à plusieurs défis, citons entre autres :
Accroître leur production pour couvrir les besoins du monde en termes de sécurité alimentaire et de nutrition saine
Préserver les ressources naturelles en faisant face au changement climatique
Améliorer leurs moyens d’existence, la stabilité macroéconomique et les infrastructures sur des marchés physiques et institutionnelles
Garantir la prévention contre des maladies émergentes
Générer des recettes d’exportation

Définition selon le FOFIFA :

Créé en 1974 à la suite du départ des instituts français de recherche agricole, le FOFIFA ou CENRADERU est nommé la principale institution de recherche agricole dans le Système National de Recherche Agricole à Madagascar. Il a été créé dans le but de nationaliser la recherche agricole20. En tant qu’importante institution sur le développement rural, il a pour mission d’orienter et de coordonner toutes activités de recherche du monde agricole notamment la production agricole (la riziculture, les cultures vivrières, les cultures non conventionnelles comme les fruits et légumes), la gestion des ressources naturelles, la production et la santé animale, la pisciculture, et les principes appliquées au développement rural.
Toutes les recherches et techniques concernant la croissance rurale à Madagascar sont réalisées par le FOFIFA. La plus répandue est celle de l’agriculture familiale.
Contrairement à l’agriculture d’entreprise, l’agriculture familiale est une forme d’organisation de la production agricole qui met en valeur essentiellement le travail familial. Le capital de production et le patrimoine familial sont confondus dans cette organisation. Les liens coexistant entre ces deux expressions font naître une combinaison d’exploitations marchandes ou non marchandes dans le processus d’allocation et de rémunération du travail familial, et aussi dans le choix de répartition des produits entre consommations finales, consommations intermédiaires, investissements et accumulation. Ainsi elle constitue une véritable croissance sociale et économique pour le monde et pour Madagascar. D’une autre façon, au sein de l’agriculture familiale, c’est en mobilisant le travail familial sur ses champs sous l’autorité d’un chef qu’un groupe d’individus ruraux produit une part ou la totalité de son alimentation. C’est pourquoi la priorité d’un agriculteur familial est de faire vivre les siens grâce à son exploitation. En améliorant les processus et les techniques de production, il est sûr qu’il existe de surplus que les paysans vendent sur les marchés pour obtenir des revenus monétaires.
L’agriculture familiale, ainsi définie, coexiste avec deux formes d’organisation agricole :
D’une part, l’agriculture patronale ou « family business » regroupe les exploitations qui font appel à des travaux salarié permanents et en complémentarité avec la main 20 Par le décret n°74-184 du 10 juin 1974 d’œuvre familial. Cette combinaison du travail familial avec celui de salarié permanent entraîne un rapport salarial sur le fonctionnement de l’exploitation agricole.
D’autre part, l’agriculture d’entreprise ou « corporate agriculture » regroupe les exploitations qui mobilisent le travail salarié. Pour ce type, le capital d’exploitation est détenu par des acteurs privés ou publiques déconnectés des logiques familiales. Il n’existe pas de combinaison.
L’agriculture familiale en raison de sa multifonctionnalité, sa diversité, sa capacité et son aptitude à l’innovation, dispose des potentialités nécessaires pour affronter ses nombreux défis même au niveau local, national que global. Les avantages portés par cette organisation permettent de réduire les importations et de se concurrencer au niveau des marchés internationaux. Et, sa pluriactivité lui permet de faire beaucoup plus d’investissements pour répondre aux besoins du territoire et aux marchés urbains. Bref, des mesures sont utiles pour sécuriser l’accès aux ressources, pour faciliter les transferts de connaissances entre les générations successives et de renforcer enfin les capacités individuelles et collectives.

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Table des matières

INTRODUCTION
PARTIE I : PARTIE THEORIQUE
CHAPITRE I : Base théorique sur l’agriculture et la croissance économique
Section 1 : L’analyse des physiocrates
A-La physiocratie
B-L’ analyse des trois classes
a) La classe productive
b) La classe des propriétaires
c) La classe stérile
C-Le fonctionnement du tableau économique de François Quesnay
D-La contradiction entre physiocratie et mercantilisme
Section 2 : Les théories de la croissance économique
A-Les théories traditionnelles de la croissance
A.1-Les précurseurs
a) La division internationale d’Adam Smith (1776)
b) Les rendements décroissants de David Ricardo (1817)
c) La croissance limitée selon Thomas Robert Malthus (1796)
d) La théorie de Karl Marx rejoint celle des classique (1844)
A.2-La théorie de la croissance exogène
a) Le modèle postkeynésien : modèle d’Harrod et Domar (1948)
b) Le modèle néoclassique : modèle de Solow (1956)
B-La théorie de la croissance endogène
a) L’accumulation des connaissances selon Romer
b) L’accumulation du capital humain selon Robert Lucas
c) L’accumulation en dépenses d’infrastructures publiques selon Robert Barro
CHAPITRE II : L’avènement de l’agriculture familiale
Section 1 : Définitions de l’agriculture familiale
A-Définition selon l’ONU et le FAO
B-Définition selon le FOFIFA
Section 2 : Ses impacts dans le monde
A-Impacts dans les pays du Sud
B-Impacts dans les pays du Nord
PARTIE II : AGRICULTURE FAMILIALE : FACTEUR DE DEVELOPPEMENT A MADAGASCAR
CHAPITRE I : Application de l’agriculture familiale à Madagascar
Section 1 : Les expériences faites pour assurer l’équité du milieu rural
A-Agriculture familiale : créatrice de nourriture saine
B-Agriculture familiale : créatrice de potentielle d’emploi
C-Agriculture familiale : contributeur à un développement durable et leviers de l’organisation rurale
D-Schéma représentant le lien entre l’agriculture et la croissance économique
Section 2 : Les problèmes à surmonter par le gouvernement malgache pour encadrer le monde rural
A-La faiblesse de la productivité agricole
B-La sous performance des marchés agricoles
a) L’infrastructure inadaptée pour la commercialisation
b) Le climat des affaires non valable
C-La faiblesse des institutions, des politiques et de la mauvaise gouvernance
a) La faiblesse des institutions
b) L’inefficacité des politiques
c) La faible gouvernance
CHAPITRE II : Expérience de la riziculture dans la Commune Urbaine de Fandriana (Région Amoron’i Mania)
Section 1 : Les principes d’amélioration de la production de riz
A-La riziculture traditionnelle
B-La riziculture moderne (SRI)
Section 2 : Les avantages de l’agriculture familiale dans la Commune Urbaine de Fandriana
A-L’essor de la vie familiale
a) L’application de formation permet de meilleurs rendements
b) La diminution de la période de soudure
c) L’augmentation du capital familial et éducation des enfants assurée
B-Analyse de la production rizicole dans le FKT Tadio II par le modèle DEA
CHAPITRE III : L’importation de riz et la politique rizicole
Section 1 : Les impacts macroéconomiques de l’importation de riz
A-La baisse des exportations agricoles
B-Une forte hausse des importations
Section 2 : Les politiques rizicoles
A- La dimension à court terme
B-La dimension à long terme
CONCLUSION PARTIELLE
LISTE DES TABLEAUX, DES SCHEMAS ET DE GRAPHIQUE
BIBLIOGRAPHIE

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