L’âne et ses différents rôles à travers les siècles

L’âne et ses différents rôles à travers les siècles

L’évolution quantitative du cheptel asin

Il n’existe pas, nous l’avons vu, de document permettant de préciser l’époque d’apparition du terme de « race asine », le problème est identique pour dater la naissance-même de l’espèce en France et tous les savants qui se sont appliqués à le découvrir sont restés très prudents. Pour les paléontologues en effet, il est très difficile de distinguer les ossements équins des ossements asins.
On ne peut se référer alors qu’aux documents écrits mentionnant la présence de ces animaux. Ainsi, au 12ème siècle, l’âne entrait-il dans la composition des cheptels fermiers, comme l’illustre un contrat datant de 1121 conservé aux archives départementales des Deux-Sèvres. Un abbé donnait à bail la ferme de Gascougnolles pour lequel il fournissait « deux bœufs, deux ânes, quarante moutons et la moitié des semences » (Boutet et Gillard, 1993).

Les recensements

Il n’est pourtant pas toujours évident d’avoir accès aux recensements des ânes dans les différentes régions, ils sont parfois comptabilisés avec d’autres espèces, comme dans un recensement à l’Isle et Bardais dans l’Allier, où on dénombre, en 1901, 197 vaches et ânes et, en 1902, 206 vaches et ânes, sans que soit spécifiée la proportion de chaque espèce. Heureusement, les grands recensements de 1862, 1892 et 1929 esquissent un portrait de cette population. Au 19ème siècle, l’âne tient une grande place dans la vie rurale. L’étude agricole de 1862 recense près de 400 000 ânes et presque autant de mulets. Ensuite le nombre d’ânes diminue légèrement (370 000 en 1892) puis plus rapidement au début du 20ème siècle (244 000 en 1929) alors que la population équine se maintient jusqu’à la deuxième guerre mondiale de 1939-1945. A partir de ce conflit, les effectifs d’ânes ne cessent de chuter : 110 000 ânes en 1946, 31 500 en 1970 et 19 000 en 1980. Depuis, soutenue par des éleveurs motivés et alertés, la population remonte jusqu’à atteindre 35 000 en 1994.
Il est très révélateur d’étudier la répartition géographique de cette population : on observe en effet des disparités significatives au niveau de l’importance de la population asine entre les différentes régions de France (annexes 1, 2, 3 ) (Spindler 1985). Sur la carte de 1862, apparaissent trois grandes zones dépeuplées : le Nord-Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté, une partie de la Champagne), l’Ouest (Bretagne et départements limitrophes) et l’est du Massif Central. On distingue à l’inverse quatre grandes zones de forte densité asine : les plaines du Nord et du Bassin parisien, le Centre-Ouest, les Pyrénées et la zone méditerranéenne.
Cette répartition est bien sûr fonction du rôle plus ou moins important attribué aux ânes dans l’agriculture régionale. Nous verrons ultérieurement ses utilisations, mais on peut déjà expliquer sa quasiabsence dans certaines régions du fait de la terre qui y est plus lourde et plus grasse et qui nécessite le travail d’animaux de plus forte traction tels les chevaux lourds.
Plus précisément, on observe, en 1892, que la zone de forte densité du Nord s’affaiblit. La densité asine dans la zone méditerranéenne diminue, mais elle se maintient dans les Pyrénées, et même croît dans le Centre Ouest en débordant sur la bordure nord du Massif Central. La carte de 1929 montre une nouvelle régression dans la zone méditerranéenne, sauf en Corse. Les effectifs baissent également dans les Pyrénées et le Sud-Ouest. Le Centre de la France, de la Nièvre à la Dordogne, reste la seule zone de forte implantation. Dans plusieurs départements du Centre, l’effectif augmente fortement depuis 1862. Au Nord de la Loire, l’âne a pratiquement disparu, sauf en Basse-Normandie, et principalement la Manche, où les effectifs se sont accrus.

La corrélation entre effectifs et utilisations

L’interprétation de cette évolution peut en premier lieu se faire par une étude de la structure sociale de la population agricole de l’époque. En effet, si la chèvre était considérée comme la vache du pauvre, on tenait l’âne pour le cheval du pauvre. Selon le Professeur Théret (1967), « l’âne est un réactif de la pauvreté ».Au milieu du 19ème siècle, l’activité agricole est largement prédominante en France, et on compte un très grand nombre de petites exploitations. Selon l’enquête agricole de 1862, il y avait, à cette date, 1 800 000 exploitations de moins de cinq hectares. La plupart des agriculteurs travaillaient à la journée dans des exploitations plus grandes. Ces journaliers constituaient une classe sociale importante quantitativement, et assez misérable. Ils étaient particulièrement nombreux dans le Nord, la région parisienne, le Centre, la zone méditerranéenne. Or ce sont des régions où la population asine était également importante. On constate qu’en 1892, le nombre de journaliers a diminué de moitié. Cette régression est très forte en Méditerranée, dans le Nord et le Bassin Parisien, où l’effectif d’ânes a, lui aussi, diminué très fortement. En outre, c’est dans cette zone qu’à l’époque, l’agriculture était la plus prospère et la plus productive, ce qui a sans doute renforcé la tendance à la disparition de l’âne.
La densité asine est liée à une autre catégorie sociale, celle des métayers. En 1862, les départements où les métayers étaient les plus nombreux (Landes, Dordogne, Allier, Gironde, Vendée, Corrèze, Saône et Loire, Lot et Garonne, Pyrénées Atlantiques, Haute Vienne, Morbihan, Charente) présentaient tous un effectif d’ânes important. En 1929, la densité asine restait forte dans les départements où le métayage a persisté, tels que les Landes, la Gironde, la Dordogne, les Pyrénées Atlantiques, la Vienne, la Haute Vienne, la Vendée, l’Allier et la Charente. Dans le cas du métayage, il ne faut pas négliger les considérations sociales. Rappelons que si le métayer avait pu s’offrir un cheval pour son usage personnel, il aurait été très mal vu par le propriétaire du fait de cette acquisition.
Pourtant ceci n’explique pas le grand nombre d’ânes en 1929 dans la Vienne et le Cher, départements où le métayage à cette date ne jouait plus un très grand rôle. L’enquête agricole de 1929 ne recense plus les journaliers, mais leur nombre s’était sans doute encore considérablement réduit. Elle donne, en revanche, une idée de la structure sociale d’après la répartition des exploitations en fonction de leur surface. La Vienne comptait en effet d’innombrables petites exploitations (32 000 de moins de dix hectares) et un nombre important de grandes exploitations (2500 de plus de cinquante hectares). La situation était comparable dans le Cher. Cette structure sociale très contrastée explique sans doute le maintien d’une forte population d’ânes. Ils servaient alors aux travaux domestiques, mais aussi aux travaux agricoles. Ce dicton du Quercy – « Faouto dé bioou, faî looura toun asé » (faute de bœufs, fais travailler ton âne) – pourrait aussi s’appliquer à ces régions.

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Table des matières

Liste des figures
Introduction
I Historique de l’âne au travers des archives
A/ La naissance de la notion de race
B/ L’évolution quantitative du cheptel asinien
1- Les recensements
2- La corrélation entre effectifs et utilisations
C/ L’âne et ses différents rôles à travers les siècles
1- Le travail à la ferme
2- Les ânesses laitières
3- Les ânes et la guerre
4- Les autres exploitations
D/ Les raisons du déclin
II Elaboration de l’âne du 21ème siècle
A/ Une réhabilitation en phase avec son temps
1- Le retour à la nature
2- L’âne, objet de mémoire culturelle
B/ Les étapes de la création d’une race
1- L’établissement d’un standard
2- La reconnaissance officielle
C/ Les rôles des associations
1- Leurs statuts
2- La gestion de la race
3- La gestion des naissances et des saillies
D/ Les monographies des races
1- L’âne de Provence
– Origine
– Morphologie
– Zones d’élevage
– Aptitudes
– Effectifs
2- L’âne Normand
3- L’âne du Cotentin
4- L’âne des Pyrénées
5- L’âne du Bourbonnais
III Perspectives d’avenir
A/ Les nouveaux usages de l’âne
1- La vente aux particuliers
2- La production mulassière
3- Le tourisme vert
4- « L’asinothérapie »
5- Les produits dérivés des ânes
B/ La gestion génétique des effectifs
1- L’originalité des races asines
2- Les solutions adoptées dans les autres espèces
3- Les problèmes spécifiques à chaque association
Conclusion
Annexes
Bibliographie

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