L’analyse sectorielle entre economie industrielle et management

L’analyse sectorielle est le domaine spécifique des économistes industriels.Néanmoins, il s’agit d’un domaine qui intéresse aussi d’autres catégories d’acteurs, tels que les économistes d’entreprise, les gestionnaires, les sociétés de conseil et les organismes statistiques internationaux et nationaux. La définition du secteur doit être considérée comme une opération préalable à l’analyse de la structure sectorielle, et en même temps, systématiquement remise en cause au fur et à mesure que l’étude et donc la connaissance du secteur progressent. C’est pourquoi, malgré une certaine facilité de compréhension spontanée et générique du  terme « analyse sectorielle », il n’existe pas d’accord parmi les économistes qui permette, a priori et de façon objective, de spécifier quels et combien de secteurs existent à l’intérieur du système économique et à quel secteur une entreprise donnée est censée appartenir. L’aspect subjectif dans la définition de secteur demeure donc dominant .

Définition et délimitation d’un secteur: objectifs et limites

«Un secteur industriel est une portion du système économique, dans laquelle sont regroupées des firmes similaires qui produisent des produits similaires et qui sont entre eux interdépendantes» (Barbarito, 1999). L’aspect subjectif caractérise le concept de similitude. La similarité des firmes émane de ce que l’on choisit comme facteur qui différencie ou qui rapproche les firmes ou les produits. Ainsi, la finalité de la taxinomie  d’un secteur est de définir des catégories homogènes d’entreprises de manière à mettre en évidence les déterminants de leurs résultats. Nombreux sont les critères proposés et adoptés au cours des années . On rappelle cidessous les plus marquants : les critères de l’homogénéité de la demande, de l’homogénéité de l’offre et de l’interdépendance entre les agents. Par la suite nous montrerons la position des organismes statistiques et des sociétés de conseil par rapport aux différents critères théoriques de délimitation d’un secteur. Le critère basé sur l’homogénéité de la demande classe les firmes dans un secteur ou dans l’autre sur la base de l’homogénéité des produits ou services qu’elles produisent et vendent. Ce critère s’inscrit dans le schéma néoclassique de Walras, qui résout le problème de la répartition du système économique en secteurs, en utilisant le concept de «marchandise-produit ». Les firmes sont similaires lorsqu’elles produisent le même produit ou service. Dans le schéma néoclassique traditionnel, c’est le critère de l’homogénéité des produits qui est retenu comme le plus marquant des critères pour repartir le système économique en secteurs. L’idée de similitude entre produits est assez claire: par produits semblables nous entendrons des produits qui vont satisfaire un même besoin du consommateur. L’homogénéité de la demande identifie les produits qui sont substituables aux yeux du consommateur. Les récipients en plastique et en verre sont probablement des produits substituables pour un consommateur lorsqu’il a besoin d’un récipient pour aliments. Les firmes qui les produisent appartiennent-elles pour autant au même secteur ? Ensuite Chamberlin (1933) propose d’utiliser un concept élastique de secteur toujours fondé sur la substitution entre produits mais avec la possibilité de définir des ampleurs différentes pour le secteur (grand groupe lorsque l’on prend en compte un nombre élevé de produits différents, petit groupe dans le cas opposé). Ceci est dû au fait que la méthode  de l’homogénéité de la demande est remise en cause par la différenciation des produits, entraînée par la concurrence imparfaite, qui amène à segmenter le marché en un nombre de sous marchés presque égal au nombre des entreprises y agissant. Ainsi, le critère de l’homogénéité de la demande s’avère être utile dans le cas d’un secteur homogène du point de vue des produits/services offerts, tandis qu’il montre ses limites lorsque l’on s’intéresse à l’étude d’un secteur ayant un degré de différentiation des produits/services très élevé. En ce cas le critère des produits substituables n’arrive pas à saisir toutes les différences existantes dans le secteur, et rend toute interprétation du secteur partielle et incomplète.

Les critères inspirés de l’homogénéité de l’offre se concentrent par contre, sur des aspects liés aux caractéristiques internes des firmes, en termes de technologie et de processus de production. Parmi ces critères on trouve celui qui est fondé sur les ressources utilisées dans les processus de production, ou mieux, sur le « mix » de ressources à disposition des firmes (M. Olson, D. MacFarland, 1962). Suivant ce critère, deux entreprises sont similaires quand elles ont un processus productif similaire, même si les outputs produits sont tout à fait différents pour les consommateurs. Vases de verre et bouteilles de verre en sont un exemple. Nous pourrions alors définir un secteur du verre basé sur la similitude des processus productifs, indépendamment de ce qui sera ensuite le produit final: vases, bouteilles, verres, etc. En ce cas, les produits du secteur sont substituables du côté de l’offre, c’est à dire pour les producteurs et non pas pour les consommateurs.

Les analyses empiriques : les organismes statistiques et les sociétés de conseil 

Le débat le plus récent dans la littérature accepte maintenant plusieurs critères pour la délimitation d’un secteur, chacun trouvant sa rationalité selon le but spécifique de l’analyse. Ainsi, par exemple, on préféra le critère de type « produit » pour une analyse de la part de marché des entreprises ; la structure des coûts des firmes sera choisie lors d’une évaluation des barrières à l’entrée ou encore la destination des produits nous permettra de mieux questionner l’évolution de la demande. Suivant ce débat, il est question d’analyser le rapport entre les critères théoriques et les analyses empiriques faites à partir des données élaborées par les organismes statistiques et les sociétés de conseil.

Les organismes statistiques nationaux et internationaux élaborent des taxinomies inspirées du même principe de classification qui, au-delà de différences mineures dans les agrégations proposées  , identifie certains macro-secteurs et, selon un processus en cascade, parvient à des agrégations de plus en plus étroites. Ce type de classification ne prend pas en compte l’homogénéité des produits du point de vue de la demande, ni l’interdépendance des acteurs; il repère le facteur discriminatoire dans la similarité des processus productifs (homogénéité du point de vue de l’offre). Ainsi, bouteilles en plastique et bouteilles en verre appartiennent à des partitions différentes du système économique, même si les producteurs de chacun des produits se sentent dans une arène compétitive commune. Il faut néanmoins rappeler que la finalité des organismes statistiques n’est pas celle d’étudier la compétition parmi les firmes.

Les sociétés de conseil, n’étant pas généralement censées développer des analyses sectorielles comparées, esquivent souvent, une définition rigoureuse des frontières d’un secteur. Leurs analyses sectorielles représentent ainsi un outil préliminaire à l’élaboration de réponses successives aux commandes reçues des clients. En plus, c’est le client lui même qui apporte des informations précieuses sur deux des critères qui désignent les entreprises appartenant au même secteur : l’interdépendance des acteurs et la similarité du processus productif (côté de l’offre). En relation à l’interdépendance, les clients mobilisent le concept de concurrence élargie de Porter, en ayant une perception parfois très claire des firmes concurrentes ou potentiellement concurrentes. Cette perception dérive de la gestion quotidienne des affaires et du suivi des évènements impliquant leurs concurrents directs ou portant sur des entrants potentiels. Par rapport à la similarité du coté de l’offre, par contre, une certaine spécialisation des sociétés de conseil est un préalable pour toute analyse sectorielle valable. La raison de cette spécialisation dérive du caractère essentiellement technique du critère pris en compte. Ainsi, des ingénieurs avec une spécialisation par processus productif font partie très souvent de l’équipe d’analyse chargée de suivre un secteur donné. Le troisième critère de classification, celui de l’homogénéité du point de vue de la demande (produits succédanés) est pris en compte de façon indirecte, car les produits et les services réellement succédanés pour un consommateur/client, correspondent toujours à des entreprises en concurrence, dans le cas où, bien entendu, les deux entreprises agiraient dans le même marché géographique.

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Table des matières

Introduction
1. L’ANALYSE SECTORIELLE ENTRE ECONOMIE INDUSTRIELLE ET MANAGEMENT
1.1. Définition et délimitation d’un secteur: objectifs et limites
1.1.1. Les analyses empiriques : les organismes statistiques et les sociétés de conseil
1.2. L’interaction firmes – environnement : le paradigme structure – comportement- résultats
1.2.1. Le comportement stratégique des firmes: inertie et dynamisme
1.3. Le point de rencontre entre stratégie d’une firme et vision intégrée du tissu industriel : les groupes stratégiques
1.4. Une partition verticale du système économique : la filière
1.4.1. De la filière à la supply chain: approches et finalités d’analyse différentes
1.5. Conclusion : Les groupes stratégiques et la supply chain pour l’analyse des Prestataires de Services Logistiques
2. LE POSITIONNEMENT DANS LA LITTERATURE CONCERNANT LE SUPPLY CHAIN MANAGEMENT
2.1. Une analyse basée sur trois niveaux hiérarchisés de gestion
2.1.1. Le niveau stratégique
2.1.2. Le niveau tactique
2.1.3. Le niveau opérationnel
2.2. Vers une analyse multi niveau de la gestion de la chaîne
3. LES THEORIES INTEROGRANISATIONNELLES POUR L’ANALYSE DES ALLIANCES LOGISTIQUES
3.1. L’alliance logistique : une forme d’organisation hybride
3.1.1. Qu’est-ce qu’un hybride
3.1.2. L’alliance logistique
3.2. La justification des hybrides au moyen de la TCT
3.2.1. Les limites de la TCT
3.2.2. Remarques finales sur la TCT
3.3. Le marketing relationnel
3.4. La perspective « réseaux »
3.5. Conclusion : une approche multidisciplinaire pour l’analyse des alliances logistiques
4. LA PRESTATION LOGISTIQUE ET SON MARCHE
4.1. La logistique : fonction stratégique de l’entreprise
4.1.1. Evolution de la logistique industrielle
4.2. L’externalisation de la logistique crée le marché de la prestation logistique..106
4.2.1. Les avantages de l’externalisation
4.2.2. Externalisation des différents systèmes logistiques
4.2.3. Les formes d’externalisation: contractuelle et structurelle
4.2.4. Le contrat de prestation logistique
4.3. Segmentation du marché de la logistique
4.3.1. Différentes segmentations de la prestation logistique: par produit, par circuit commercial, par mode de production
4.3.2. La gamme des prestations logistiques
4.3.3. Le cycle de vie des services logistiques européens
4.4. Conclusion: l’externalisation de la fonction logistique structure l’industrie de la prestation logistique
5. LES ENJEUX LOGISTIQUES DE LA MONDIALISATION : INTEGRER LES PROBLEMES LOCAUX DANS UNE ORGANISATION MONDIALE
5.1. La croissance du commerce international passe par une réorientation des flux..
5.2. La mondialisation de l’activité des entreprises et les différentes approches marketing
5.3. Conclusion : Conséquences de la globalisation pour les acteurs du marché
Conclusion

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