L’Agroforesterie : l’évolution des systèmes hévéicoles.

L’Agroforesterie : l’évolution des systèmes hévéicoles.

L’Agroforesterie : l’évolution des systèmes hévéicoles

Permanence sociale et changement technique. Introduction Nous allons tenter de définir dans ce chapitre les éléments théoriques et méthodologiques que nous allons utiliser pour développer cette thèse. Les principaux concepts développés seront présentés et explicités : intérêt d’une perspective historique et prise en compte du temps long, innovation et changement technique, trajectoire technologique. 1.1 La notion de permanence dans le changement technique. 1.1.1 La dimension historique des processus d’innovation. Une situation économique à un moment donné résulte d’une causalité rapportée à un contexte social et technique. Les effets et externalités produits par ce contexte modifieront cette situation dans le temps et créeront de nouvelles conditions dans le futur. Il existe donc une dynamique économique explicable par l’introduction de la perspective historique dans l’analyse des faits et conséquences qui caractérisent l’évolution des systèmes de production agricole et le changement technique. Les phénomènes de permanence, d’inertie ou de ruptures qui jalonnent et caractérisent cette évolution économique contribuent à l’identification des situations économiques particulières. L’analyse de ces dernières et de leur évolution nécessite l’intégration d’autres facteurs : sociaux, techniques, historiques, voire anthropologiques pour notre cas d’étude : le changement technique dans l’hévéaculture villageoise indonésienne. L’histoire des pratiques et des techniques n’est pas toujours linéaire. Les éléments qui la composent aboutissent à des systèmes plus ou moins stables. L’inertie engendrée par le non-changement technique peut aussi caractériser des évolutions (Byé 1997). La technologie, ou histoire des techniques, et l’identification de son évolution à travers des trajectoires et des “milieux”seront au coeur de notre approche. “La technique appartient à un milieu culturel en dehors duquel elle perd toute signification.” (Sigaut 1985). Nous intégrons dans l’analyse sur le changement technique et ses modalités une composante sociale en particulier à travers le suivi de la cohérence entre système technique et système social. Les pratiques sociales, reflet du collectif, influent en partie sur les stratégies des producteurs. Elles sont également porteuses de ces phénomènes de permanence ou d’inertie. Elles définissent l’identité des individus et régissent leur rapports avec l’environnement pris en sens large. Ce type d’analyse associe économie et sociologie : “elle conçoit autrement l’opposition macro/micro en problématisant celles ci comme “ensembles” de relations en interdépendance, dans lesquelles acteurs et espaces sont saisis dans leur rapport à la société.” (M. Sorge A et al, 1998). Deux volets semblent importants : les savoirs (et leurs pendants techniques les savoirfaire) et les aspects liés aux valeurs et à la formation de l’identité des individus. Les pratiques sociales peuvent guider un choix économique ou technique selon leur degré d’implication des individus en tant que communauté. Elles peuvent aussi refléter les nécessités technique : la riziculture irriguée entraîne la maîtrise du facteur travail par exemple. Les pratiques sociales s’expriment à travers des stratégies, individuelles et collectives, qui sont à l’origine de permanence (agroforesterie), d’inertie (au sens du non-changement) ou de ruptures (adoption du palmier à huile par exemple comme nouveau système de culture, en substitution ou en complémentarité). Il n’y a pas de “neutralité sociale”. Tout système technique s’inscrit dans un système social. La cohérence entre les deux systèmes indique la stabilité (générant éventuellement une inertie après un certain temps) et la résolution des problèmes de production. Les systèmes actuels ne sont plus jamais stables très longtemps sauf autarcie complète1 . Technique et société sont donc partiellement intégrés et inter-dépendants au fil de l’histoire. 1.1.2 L’Histoire, les acteurs et la dimension du temps Le temps n’a pas la même signification pour les différents acteurs (paysans, Etat…). Pour Bartoli (cité dans Dockès, op cité),“le temps est surgissement de relations nouvelles, destructions de relations périmées et mutations de relations existantes”. Le concept “d’épaisseur du temps” semble primordial dans l’analyse des évolutions, et particulier dans l’analyse micro-économique. L’acteur occupe par conséquent un rôle central dans l’analyse sur le changement technique et l’innovation. Deux acteurs clés de nature différente apparaissent : le petit producteur et l’Etat. La signification du temps pour les acteurs économiques induit également des comportements différenciés selon qu’elles intègrent ou non une perspective historique. Ainsi par exemple, en terme d’économie du développement, pour Galbraith (1980), “les agents économiques des pays pauvres ont des comportements au temps qui engendrent des cercles vicieux de la pauvreté”. Cette hypothèse est infirmée dans cette étude ou le rapport culturel et économique à la forêt, l’intérêt économique des pratiques agroforestières, la prise en compte du temps sur le long terme dans l’établissement de plantations pérennes et des stratégies d’exploitation montrent que le comportement des petits planteurs débouche au contraire sur l’entrée dans un cercle vertueux. Néanmoins, ce cercle a trouvé ses limites aboutissant à la re-définition de certaines trajectoires technologiques. La permanence des stratégies agroforestières s’explique non seulement par ses aspects positifs mais aussi par cette inertie. Le rapport au temps, sa logique, les comportements induits, bref globalement les “composantes de son épaisseur” vont donc être déterminants dans cette analyse. Le recours à l’histoire et à sa temporalité se justifie aussi par “l’irréversibilité du temps qui donne une certaine matérialité à l’histoire” (Dockès et Rosier, 1991). Elle se compose de plusieurs facteurs : une série de points de non-retour, un potentiel mémorisé à travers une accumulation de savoirs, de connaissances et de techniques d’où une ramification infinie des trajectoires technologiques et une irréversibilité dynamique de ces dernières. Une trajectoire résulte d’un choix, d’un cheminement particulier, d’où l’importance de qualifier les trajectoires techniques et la nécessité de prendre en compte non seulement la décision individuelle mais le poids du collectif, de l’organisation sociale, et de ses règles, dans la définition de ces stratégies. Les stratégies paysannes intègrent le “vouloir” individuel et le “pouvoir” (au sens du possible) collectif2 . L’outil utilisé pour déterminer les macro-éléments responsables du changement technique est une périodisation en trois temps. Elle intègre des tableaux de synthèse sur les faits marquants et déterminants, les points de non-retour et les périodes charnières qui caractérisent les contextes d’évolution de ces changements techniques. Ph. Hugon définit le développement économique “comme un processus de changements structurels accompagnant l’accroissement de la productivité du travail sur longue période” (Hugon Ph. 1989), nous intégrerons ce facteur : la productivité du travail, au coeur de notre analyse sur l’innovation et le changement technique. Ce facteur est très largement utilisé par les planteurs dans l’affectation de leur ressources au champ des activités possibles. La permanence de certaines composantes techniques, le concept agroforestier notamment, est basée sur la diminution du risque et l’optimisation de la productivité du travail. La justification partielle de cette permanence et le développement continu des plantations s’expliquent par la relative constance du rapport du revenu issu de la production du caoutchouc. La comparaison des revenus en roupie nominale par journée de travail (ou la valorisation de la journée de travail) pour les différents systèmes de culture possibles explique aussi le fort développement initial des jungle rubber (agroforêts à hévéa)3 et la continuité de cette tendance dans le temps.

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Table des matières

Introduction générale
PREMIERE PARTIE
L’Agroforesterie : l’évolution des systèmes hévéicoles.
Chapitre 1
Permanence sociale et changement technique.
1.1 La notion de permanence dans le changement technique.
1.2 Processus d’innovation et sociétés
1.3 “Path dependency” et trajectoire technologique.
1.4 Construction d’une méthodologie
1.5 La permanence dans la lecture des systèmes agroforestiers.
Chapitre 2 : Le rôle des petits planteurs.
2.1 Production hévéicole en Indonésie et évolution paysanne.
2.2 La paysannerie hévéicole : une adaptation permanente aux multiples
contraintes.
Chapitre 3L’agroforesterie à l’épreuve des politiques publiques.
Introduction : Identification des contextes et des critères d’évolution à travers une
Périodisation en 3 phases.
3.1 La construction des systèmes agroforestiers : 1900-1970 :
le contexte colonial et l’indépendance.
3.2 La réaction de l’Etat sur la filière hévéa : projets de
Développement et monoculture (1970-1990).
3.3 : L’adaptation des systèmes face à la mondialisation
2et la crise ( 1990-2000)
3.4 Les étapes du développement.
3.5 Conclusion sur la périodisation choisie
tel-00007513, version 1 – 25 Nov 2004
SECONDE PARTIE.
Stratégies paysannes et transmission des savoirs.
Chapitre 4
Les fondements économiques du fonctionnement des systèmes
agroforestiers.
4.1 Caractérisation des systèmes de production et revenus.
4.2 Conditions et progressivité de la capitalisation
4.3 Optimisation de l’utilisation du travail.
4.4 Minimisation des risques économiques et sociaux.
Chapitre 5 Cohérence des systèmes techniques et systèmes sociaux.
5.1 Le statut du foncier : un outil du changement.
5.2 L’Organisation du travail
5.3 Une cohérence maintenue grâce à une évolution progressive.
Chapitre 6 : Mobilisation des savoirs et ajustement aux contraintes
extérieures.
6.1 les savoirs : une production des systèmes sociaux
6.2 Evolution des savoirs et nouveaux paradigmes
6.3 Evolution des savoirs et adaptation aux contraintes extérieures
6.4 Stratégies individuelles et stratégies collectives
Chapitre 7 Reproduction du savoir, des systèmes techniques et des systèmes
sociaux : durabilité et limites.
7.1 La remise en cause du système de référence
7.2 Les ajustements techniques et sociaux.
7.3 Les trajectoires d’exploitation et stratégies paysannes
7.4 Conclusion : Du front pionnier à la replantation : une dynamique sans cesse
Renouvelée.
Conclusion générale
tel-00007513, version 1 – 25 Nov 2004
Références bibliographiques
Table des matières
Liste des cartes, tableaux, graphiques et encadrés
Glossaire et acronymes
Tome II
Annexes
Annexe 1 : Le matériel végétal en hévéaculture
Annexe 2 : Expérimentation sur les RAS
Annexe 3 : les provinces
Annexe 4: Caractérisation des ethnies en présence
Annexe 5 : Evolution de l’utilisation des sols à Jambi et Ouest Kalimantan.
Annexe 6 : Les externalités positives des systèmes agroforestiers améliorés
Annexe 7 : Photos des paysages et des systèmes de culture.

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