La violence verbale, dans le cadre de la relation interpersonnelle

LES TEXTES : TYPES ET PROTOTYPES :

« La typologie des textes est un domaine qui m’a toujours paru extrêmement délicat et je m’y suis peu risqué »10. Ainsi, Le texte est riche dans sa composition ce qui explique parfois la difficulté de comprendre le thème abordé. Selon Jean Michel Adam : « Dans la perspective pragmatique et textuelle qui est la mienne, un TEXTE peut être considéré comme une configuration réglée par divers modules ou sous-systèmes en constante interaction. Trois plans ou modules (la visée illocutoire, les repérages énonciatifs er la représentation construite ou « monde » du texte) correspondent à l’organisation assurent l’articulation des propositions : la connexité textuelle et l’organisation séquentielle. »11. En ce sens, J-M. ADAM explique les plans d’organisation des textes en exposant une théorie générale de divers modules qui règlent la mise en texte. Il explique les contraintes textuelles qui englobent : (la visée illocutoire « cohérence », repérage énonciatifs, cohésion sémantique, connexité et séquentialité). Puis, il cite les contraintes locales d’une langue donnée sur les différents plans : phonique et (ortho) graphique, lexical, grammatical et sémantico-logique. Pour Adam, le texte peut être considéré comme une configuration réglée par divers modules ou sous-systèmes en constante interaction. L’organisation pragmatique se divise en trois plans : la visée illocutoire, les repérages (ancrage et plans) énonciatifs et le monde (organisation sémantique et référentielle). Deux plans d’organisation assurent les propositions : la connexité (la grammaire de phrase et la grammaire du texte), et l’organisation séquentielle (prototypes de séquences). Ces cinq plans d’organisation peuvent être expliqués comme suit :

Le module pragmatique Selon Léo Apostel, « un texte est une séquence d’actes illocutoires qui peut être considérée elle-même comme un acte de discours unifié »12. Autrement dit, le texte se compose d’un ensemble d’actes illocutoire qui peuvent être considérés comme des actes discursifs. D’une part, l’acte illocutoire peut être sous la forme d’une promesse, interrogation et prédiction, d’autre part, il dérive de ce dernier, un acte global ou acte dominant ; c’est-à-dire, un acte dégagé, acte qui correspond à l’idée que l’interprétant se fait de l’intention du locuteur qui peut être explicite ou implicite. Pour identifier l’acte illocutoire dominant, l’interprétant se fonde sur des informations textuelles (grammaticales) et sur la situation socio-discursive de production/ interprétation du genre discursif choisi. La visée illocutoire globale définit tout texte ayant un but (explicite ou non) : agir sur les représentations et les croyances et/ ou les comportements d’un destinataire (individuel ou collectif). Ainsi, comprendre un texte consiste à saisir l’intention qui s’y exprime sous la forme d’un macro-acte de langage explicite ou à dériver de l’ensemble du texte. C’est ce mouvement interprétatif qui permet de déclarer « cohérent » un texte lu. On comprend par le mot « cohérence » le produit d’une activité interprétative et non pas une propriété linguistique. On constate que ce plan, est le plan d’organisation ou se rejoignent l’analyse textuelle et une analyse discursive attentive aux conditions de production/interprétation.

La violence verbale

La violence verbale est un phénomène de la société, elle fait partie du langage commun chez les individus et on le retrouve un peu partout dans leurs discours et interactions avec autrui. La violence verbale se manifeste lors des conflits entre les individus ou chacun cherche à exprimer et imposer son point de vue et opinions dans divers sujet de discussion. . La violence verbale fait partie des pratiques langagières, elle est définie comme « acte « menaçant » et « blessant » qui se manifeste lors des interactions entre les individus cherchant à marquer leurs territoire»18. La violence verbale se trouve dans plusieurs milieux (familial, professionnel, réseaux sociaux…etc.) La violence ne peut s’imaginer qu’au sein d’une interaction entre deux individus ou bien « tout au long d’un échange communicatif quelconque, les différents participants que l’on dira donc des interactants exercent les uns sur les autres un réseau d’influences mutuelles; parler c’est échanger et c’est changer en échangeant.»19. Autrement dit, l’exercice de la parole implique une interaction. Aussi, la violence verbale se manifeste lors des échanges communicatifs entre émetteur et récepteur, les participants sont engagés dans une situation où chacun cherche à défendre son territoire, ce qui crée un réseau d’influence de l’un sur l’autre. Chaque individu s’exprime à sa manière lors des discussions entre amis, famille, collègues…etc. Certains sujets rassemblent et d’autres divisent, c’est là que la situation prend une tournure et les commentaires s’embrasent rapidement, les échanges laissent la place à des débats ou chaque intervenant veut défendre son idée sans même chercher à comprendre celle de l’autre. L’auteur de la violence verbale cherche à déstabiliser sa victime, nuire et provoquer.

Des hauts et débats (L’AUTHENTIQUE) Méfiez-vous

Des hauts et débats (L’AUTHENTIQUE) Méfiez-vous, est un groupe Facebook régis par sept administrateurs. Les statuts publiés dans cette communauté sont divers, dont la majorité sont liés à la religion et l’identité. Ainsi, Chacun des membres de ce groupe, cherche à défendre son appartenance que ce soit religieuse ou identitaire, et cela par des commentaires. Les différences entre les individus, créent des malentendus, le manque de respect envers l’avis de l’autre, ce qui engendre des conflits entre eux. En traitant le sujet de la religion, les membres à travers leurs commentaires s’expriment violemment envers le statut de la religion de l’autre que ce soit l’islam ou autre. Les administrateurs de ce groupe n’exigent pas certaines règles qui permettent le bon fonctionnement du groupe, autrement dit, mettre des normes que les membres doivent prendre en considération lors des publications. Ainsi, nous constatons une liberté totale accordée par les administrateurs, où les publications ne sont pas soumises à une vérification, les membres peuvent publier n’importe quoi et à n’importe quel moment ; c’est pour cela que la violence verbale se manifeste dans ce groupe.

Dans ce premier chapitre, nous avons traité les notions clés qui sont en relation directe avec notre recherche et notre corpus, et qui nous servirons d’avantage dans notre analyse. Le dernier point abordé, est le plan de la séquentialité qui est le plan le plus important car nous allons analyser la composition textuelle de notre corpus, le plan énonciatif (repérage des déictiques et les embrayeurs qui sont les marques de la subjectivité), l’étude pragmatique (nous envisagerons déceler les différents actes dérivés de l’acte menaçant), et enfin la composante stylistique (on se focalisera sur la syntaxe et les figures du style utilisée par les sujets parlants). Après avoir définit les notions de bases relatives à notre corpus et notre champs d’étude, nous passerons au deuxième chapitre qui est l’analyse de notre corpus constitué de 50 commentaires en appuyant sur le modèle d’analyse textuelle de Jean Michel Adam afin de répondre à notre problématique de base : Quelles sont les caractéristiques du discours violents dans les deux groupes Facebook « Voix Libres d’Algérie » et « Des hauts et débats (L’AUTHENTIQUE) Méfiez-vous » ?.

Plan thématique

Suite à l’utilisation du logiciel TROPES sur ce plan, nous avons décelé les différents thèmes traités dans notre corpus. On cite la religion qui est marqué par les termes suivants : musulmans, les coptes, l’islam, prières, chrétiens, islamistes, paradis. Un autre thème qui est la politique, il est présenté par l’ensemble des mots suivants : envahisseur, colonisation, intégriste, ministre, ministère, gouvernements, élection. Et en dernier lieu, le thème d’Identité est présenté par deux éléments essentiels qui sont : le territoire (Algériens, Algérie, Egyptiens, Kabyles, berbères, bédouines, Chaouis, Mzab, Touareg, Français) et la langue (Arabophone, Arabismes, langage). Traiter des langues et des territoires, c’est traiter les traits identitaires propre à une personne. A la fin de cette analyse, nous pouvons dire que notre corpus englobe les trois thèmes placés au centre des critiques par les individus sur les réseaux sociaux. Chacun de ces trois thèmes est présenté par une séquence de mots bien spécifique qui permet de l’identifier.

Le thème Politique étant un sujet très large, il est un champ ouvert aux critiques et aux divergences d’opinions, et cela est bel et bien présent dans l’ensemble des commentaires dans le but de dénoncer le système politique Algérien et l’état chaotique de l’Algérie. Le thème de religion représente un centre de critique et cela est dû aux différences existantes dans les religions elles-mêmes (chrétiennes, musulmanes…etc.). En effet, beaucoup de religion prétendent détenir la vérité, or les vérités religieuses différentes d’une religion à une autre. Ces oppositions ont données lieu à des conflits violents entre les personnes ou chacun s’exprime violement envers l’autre. Par ailleurs, le contact entre les langues affecte profondément les représentations que les locuteurs se font de leurs langues et de celles des autres. Une même langue peut se trouver dans plusieurs territoires, mais sans avoir le même statut. Traiter ce sujet de thème et territoire, c’est traiter leurs interactions les unes sur les autres, car elles émettent des situations conflictuelles. Ainsi, grâce à l’ensemble des termes relatifs aux deux concepts, nous avons pu identifier le thème Identité.

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Table des matières

Introduction
Chapitre 1 : Cadre théorique et concepts clés
1. La notion du discours
1.1 . La notion du discours dans les travaux de Jean-Michel Adam
1.2 . Situation de production
1.3 . Texte
2 .La violence verbale
2.1 . La force des mots
2.2 . La violence verbale dans les travaux de Claudine Moïse
2.3 . La violence verbale, dans le cadre de la relation interpersonnelle
2.4 . Les formes de la violence verbale
3 .Les deux notions : face et territoire
3.1 .Définitions des deux notions
3.2 .La Notion de FTA
4 .Le concept de menace
4.1 . La menace comme acte de langage
5 . Les réseaux sociaux
5.1 . Le réseau social Facebook
5.2 . Groupe Facebook
Chapitre 2: Analyse du corpus
1 . Présentation du corpus
2 . Analyse des commentaires
2.1 . Plan thématique
2.2 . Plan énonciatif
2.3 . Plan pragmatique
2.4 Plan stylistique
2.5 Plan compositionnel
Conclusion générale
Références bibliographiques
Annexes

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