La souffrance : une réalité existentielle chrétienne

Problématique

Depuis toujours, l’homme constate qu’il vit dans une situation précaire. La vie lui semble absurde et trompeuse. Plus insoutenable encore, cette dernière est vue comme voyage qui aboutit toujours à la mort. Sur ce point, Kierkegaard disait :

« comme on plonge son doigt dans la terre pour reconnaître le pays où l’on est, de même j’enfonce mon doigt dans la vie : elle n’a odeur de rien .» .

Toujours scandaleuse et même révoltante, la souffrance hante la conscience des hommes depuis la nuit des temps. Chez les hommes modernes qui sont beaucoup plus conscients de la gravité de la souffrance, des débats s’ouvrent. Ils posent la question du pourquoi de cette réalité face à leur raison de vivre sur cette terre. A leurs yeux, la souffrance se présente comme un échec, un obstacle à leur désir de vivre et surtout à leur sort. Ainsi ils ne cessent de s’interroger sur leur destin. Comme pour eux mais encore plus, la souffrance apparaît bien plus énigmatique pour les chrétiens. C’est dans cette perspective que Kierkegaard, dans son christianisme authentique , fait plonger les hommes souffrants, et qui se disent chrétiens, dans la réflexion sur l’existence de la souffrance dans la vie religieuse qui est plus intérieure qu’extérieure. L’auteur entend qu’ils se plaignent de Dieu, comme une sorte de procès devant cette réalité funeste qu’est le christianisme lui même. Quel est le prix de la vie dans cet état ? Les pauvres, tous les souffrants, les malheureux, les misérables… ; c’est pour eux qu’on prêche l’Evangile et il est pour eux la Bonne Nouvelle . Quelle Bonne Nouvelle ? Est-ce une consolation facile, une sécurité illusoire ou une nécessité ?

La souffrance : une réalité existentielle chrétienne 

Dans la genèse, on raconte l’origine de l’homme et du monde. Les créatures étaient merveilleuses. Leur premier état était l’innocence. Elles ont vécu dans la paix et l’harmonie totales . D’autre part, on rapporte aussi la première expérience du mal cause de toutes les souffrances : le péché d’Adam et Eve. Par conséquent tout cela se conjugue : la honte, le remords et la malédiction divine qui a causé la peine et la douleur physique, la mort et l’exil du paradis , etc. Tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, comme ces milliers de gens avant nous qui ont porté leur souffrance tout au long de l’histoire de l’humanité, nous aussi, nous y passons. Cette expérience est liée à l’existence humaine et elle pose sa terrible interrogation à toute conscience humaine et plus particulièrement chrétienne.

S’arrêter trop facilement au constat des souffrances, aux privations et aux fatigues liées aux travaux de notre existence passe pour faiblesse, un manque d’élan et de conviction. Il faut donc y faire face. Ainsi avec Albert Camus saurions-nous dire :  » est-ce que la vie vaut la peine d’être vécue ? ” Etant chrétien comme Kierkegaard pourrions nous dire aussi :

« qui m’a joué le tour de me plonger dans le grand tout et de m’y laisser maintenant ?(…) N’est-ce pas affaire de liberté ? Et si je suis forcé de l’être, où est le directeur ? J’ai une remarque à lui faire. N’y a-t-il aucun directeur ? Où dois-je adresser ma plainte ? ».

Et Dieu, est-il cause oui ou non de cette situation ? Son Fils a choisi d’être un serviteur souffrant en mourant sur la croix comme un brigand : la réalité de la souffrance du Christ n’a rien d’une pure apparence. Est-ce un scandale, une pierre d’achoppement ou un modèle à imiter : il a voulu souffrir jusqu’à la mort, non pas afin de permettre aux hommes de ne pas souffrir, mais afin que leurs souffrances puissent être semblables aux siennes ? De son côté, Kierkegaard a réfléchi sur ce problème de la souffrance dans le cadre de la catégorie de subjectivité. Dans le Post-scriptum aux Miettes philosophiques, il insiste sur le fait que :

« l’homme religieux ne cesse d’avoir la souffrance présente à l’esprit, il exige la souffrance dans le même sens où l’homme immédiat demande le bonheur, il demande la souffrance et il a la souffrance. » .

Cette citation nous fait comprendre l’importance de la souffrance. Elle est considérée ici comme une sorte de critère du religieux. Dans cette perspective, pourrions-nous affirmer qu’être chrétien, c’est accepter la permanence et la continuité de la souffrance dans la destinée humaine ? La souffrance devient dès lors l’attribut le plus normal du chrétien.

La souffrance : un itinéraire existentiel

Un des soucis primordiaux des penseurs est de saisir la réalité intrinsèque de l’homme et du cosmos. C’est ainsi que les philosophes essayent de trouver des réponses aux problèmes de la destinée de l’homme et de l’univers. En tant que penseur existentiel c’est-à-dire quelqu’un dont l’existence fait partie intégrante de sa philosophie, Kierkegaard a choisi le désespoir, et, plus profond encore, l’angoisse, pour commencer la philosophie ; et non l’étonnement comme pour les philosophes grecs. Tout cela traduit que, à ses yeux, la philosophie est l’expression de l’existence, autrement elle est vouée à l’abstrait. Influencé par la religion paternelle qui marque ses jeunes années, Kierkegaard affirme que le véritable existentialisme, c’est le christianisme, ou plus exactement, le  » devenir chrétien ” c’est-à-dire un christianisme, principe d’existence vécu dans la crainte et le tremblement . C’est ainsi que commence son parcours pour la saisie du sens de l’exister car c’est un devenir. Et ce sens de l’exister n’est autre que la vérité grâce à laquelle il trouve sa raison de vivre et de mourir .

Dans Crainte et Tremblement , Kierkegaard expose la longue marche du chevalier de la Foi, Abraham en direction de Morija après avoir entendu l’appel de Dieu. Celle-ci symbolise un itinéraire existentiel du chrétien, vue ses souffrances : le paradoxe de la Foi, son rapport avec Dieu comme rapport du fini et de l’infini … Par l’expérience d’Abraham, le chrétien a compris que l’épreuve traversée avec foi donne sens à sa souffrance.

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Table des matières

INTRODUCTION
I – PROBLEMATIQUE
1 – La souffrance : une réalité existentielle chrétienne
2 – La souffrance : un itinéraire existentiel
II – METHODE DE TRAVAIL
PREMIERE PARTIE : CRAINTE ET TREMBLEMENT
CHAPITRE I : MEDITATION RELIGIEUSE
CHAPITRE II : TRAITE PHILOSOPHIQUE
1 – Critique de toute philosophie
1. 1 – Descartes : estime et critique
1. 2 – Hegel : antipode de la pensée kierkegaardienne
2 – La foi comme problématique
CHAPITRE III : SCHEMA AUTOBIOGRAPHIQUE : KIERKEGAARD SACRIFIE ET SACRIFICATEUR
DEUXIEME PARTIE : LA SOUFFRANCE CHEZ KIERKEGAARD
CHAPITRE I : QU’EST-CE QUE LA SOUFFRANCE ?
1 – La souffrance et le destin
2 – La souffrance et l’expérience du mal
3 – La souffrance chez Pascal
CHAPITRE II : LA CONCEPTION KIERKEGAARDIENNE DE LA SOUFFRANCE
4 – La théorie des stades
5 – La souffrance au stade esthétique
6 – La souffrance au stade éthique
7 – La souffrance au stade religieux
7 – 1 – Le conflit de l’éthique et du religieux
7 – 2 – Le religieux A : le pathétique
7 – 3 – L’humoriste
7 – 4 – Le Religieux B : Le dialectique
TROISIEME PARTIE : LA SOUFFRANCE DANS LE DEVENIR CHRETIEN
CHAPITRE I : LE CHRISTIANISME OU LE DEVENIR CHRETIEN ?
1 – Le retour au socratisme
2 – Socrate : initiateur du christianisme ?
3 – La croyance et son objet
4 – L’existence chrétienne
CHAPITRE II : LES MANIFESTATIONS DE LA SOUFFRANCE CHRETIENNE
5 – La folie et le scandale
6 – L’inquiétude de la contingence de l’homme
7 – La malédiction divine
8 – La mélancolie
9 – L’angoisse
10 – Le désespoir
QUATRIEME PARTIE : LA NECESSITE DE LA SOUFFRANCE CHRETIENNE
CHAPITRE I : LA SOUFFRANCE EST UNE EPREUVE
1 – Les malheurs de Job
2 – Les propos de ses amis
3 – Les sens de la souffrance de Job
CHAPITRE II . LA SOUFFRANCE EST UNE OBEISSANCE ET UN SACRIFICE
4 – Abraham, le silencieux obéissant
5 – Christ, le sacrifié obéissant
CHAPITRE III : LA SOUFFRANCE EST UNE VOCATION
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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