La roche volcanique de type tuf ou métamorphique de type cornéenne 

La roche volcanique de type tuf ou métamorphique de type cornéenne 

La chaîne opératoire

Le concept de chaîne opératoire a été développé par l’ethnologue et préhistorien A.
Leroi-Gourhan dans les années 1940. Ce concept n’est toutefois devenu central que dans son oeuvre publiée en 1964 « Le geste et la parole ». Il est également fondamental à l’approche technologique telle que développée en France vers la fin des années 1970 (Audouze 2002 : 288). Il a d’ailleurs été principalement développé par des ethnologues pendant plusieurs décennies avant d’être récupéré par les préhistoriens (Pelegrin et al. 1988 : 55). Julien décrit parfaitement ce concept : « Pour les industries lithiques, il s’agit de reconstituer et d’ordonner l’ensemble des événements ayant affecté un bloc de matière première depuis sa sélection jusqu’à l’abandon définitif des éléments qui en proviennent » (Julien 1992 : 174). La chaîne opératoire constitue par conséquent une sorte de grille analytique qui permet d’organiser chronologiquement et spatialement les étapes de la vie d’un bloc de matière, ainsi qu’à relier ces étapes les unes par rapport aux autres, qu’elles soient présentes ou absentes sur un site. Elle peut toutefois être appliquée à toute matière et à tout objet fabriqué. Ce concept sera ici utilisé pour décrire le chemin parcouru par les différentes ressources lithiques sur le site Pointe-à-John 2.
Les artefacts provenant de la taille de la pierre conservent des caractéristiques qui les lient à leur place dans la chaîne opératoire. L’artefact représente dès lors un bref moment de l’organisation des activités humaines. Les grandes séquences qui se sont déroulées sur un site pourrait comprendre l’acquisition de la matière première, le débitage/façonnage, la retouche, l’utilisation de l’outil et son abandon.
Ce concept amène le chercheur à porter une attention particulière aux différents aspects des comportements humains. La collecte puis l’examen de tous les artefacts en lien avec la manufacture d’outils en pierre permettent de rendre compte de la présence ou de l’absence des différentes étapes de la chaîne opératoire reconstituée sur un site. De plus, le schéma qui découle de cet exercice fournit une représentation graphique reprenant les principales étapes de la fabrication d’un objet tout en démontrant une partie des choix qui ont été faits (Démoule et al. 2002 : 112).
Le concept de chaîne opératoire permet l’étude de l’ensemble des activités et comportements liés aux technologies de la pierre. Il est effectivement possible d’étudier tous les objets d’origine anthropique, c’est-à-dire autant les outils fabriqués que les outils qui ont servi à leur fabrication et les rejets du débitage. D’autre part, une recherche en partie axée sur les matières premières permet de faire ressortir les processus techniques et de replacer chaque stade de débitage dans son espace/temps respectif. Ce type d’étude conduit par la suite à la reconnaissance du territoire fréquenté et des activités qui s’y sont déroulées (Karlin et al. 1991 : 110).
Finalement, la reconstitution de nombreuses chaînes opératoires permet d’atteindre le niveau cognitif qui sous-tend chaque opération menant à l’exécution d’un projet final. En effet, elle mène le chercheur à déduire les connaissances techniques et environnementales acquises par le tailleur depuis sa jeunesse. Ces connaissances sont à la base de deux ordres :
le schéma conceptuel qui est en fait le projet de base et le schéma opératoire, c’est-à-dire le chemin à parcourir afin de compléter le projet global. Ceux-ci tiennent compte autant du savoir-faire des tailleurs que des contraintes inhérentes aux matières premières (Inizan et al.1995 : 15).

Les méthodes et techniques

Lors du débitage d’une pièce lithique, les tailleurs possèdent un bagage culturel de connaissances et d’habiletés qui dictent leurs choix techniques. Il est possible pour le chercheur de retrouver les modalités spécifiques à ces choix par l’étude minutieuse des artefacts liés à la taille de la pierre. Les caractères intrinsèques aux outils, nucleus et rejets de débitage permettent d’identifier les techniques de taille qui sont les moyens physiques appliqués à la matière par le tailleur afin de la transformer. Julien décrit en ces termes l’étape suivante : « cette reconnaissance des différents “”stades^ de débitage, et la restructuration des différents événements dans leur ordre chronologique de détachement servent ensuite à reconstituer les méthodes de taille » (Julien 1992 : 177). Les méthodes sont des actions enchaînées de façon raisonnée utilisant une ou plusieurs techniques (Inizan et al. 1995 : 163). Pour Julien (1992 : 176), l’appréhension des méthodes de taille constitue le principal moyen d’expliquer les stratégies envisagées lors du débitage.

La gestion des matières premières

Plusieurs voies de recherches ont été ouvertes par le nouvel intérêt scientifique pour l’analyse technologique. En Europe, l’économie de matières premières est un terme, ou un concept du moins, qui a gagné beaucoup en popularité dans les dernières années (Inizan et al. 1995 : 16). En effet, l’étude des phénomènes socio-économiques, dont la gestion des matières premières fait partie, relève directement du domaine de la technologie. La reconnaissance de différents niveaux de production peut être interprétée comme étant des stratégies économiques (Geneste 1991 : 15) plus ou moins élaborées. Après avoir défini le concept d’économie/gestion des matières premières, nous précisons quels sont les facteurs qui influencent l’établissement de stratégies particulières.

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Table des matières

Résumé 
Remerciements 
Table des matières 
Liste des graphiques 
Liste des tableaux 
Liste des figures 
Liste des abréviations 
INTRODUCTION 
Les buts et objectifs de la recherche 
État de la question
L’étude du matériel lithique débité à l’Archaïque moyen 
Les contributions d’une approche différente 
La problématique 
Les hypothèses 
La méthodologie
Les limites de l’étude 
Le plan de rédaction
CHAPITRE I : LE CADRE THÉORIQUE DE CETTE RECHERCHE 
Présentation
1.1 Développements de l’étude des assemblages lithiques en France 
1.2 L’avènement de l’approche technologique 
1.3 Les concepts opératoires 
1.3.1 La chaîne opératoire
1.3.2 Les méthodes et techniques
1.3.3 La gestion des matières premières
CHAPITRE II : CADRE ENVIRONNEMENTAL ET CULTUREL DU SITE POINTE-À- JOHN 2
Présentation
2.1 Contexte géomorphologique et géologique 
2.2 L’Archaïque (8 000 – 3 000 AA) 
2.2.1 L’Archaïque moyen (7 000 – 6 000 AA)
2.2.1.1 Le complexe Neville (8 000 – 7 000 AA)
2.2.1.2 Le complexe Stark (7 000 – 6 000 AA)
2.2.2 Complexe de Blanc-Sablon (6 500 – 5 000 AA)
2.3 Le site Pointe-à-John 2 (DbEj-22) 
CHAPITRE III : LES MATIÈRES PREMIÈRES 
Présentation
3.1 Pertinence de la classification 
3.2 Méthodologie utilisée lors de la caractérisation des matières premières 
3.3 Descriptions macroscopiques des matières premières à l’étude 
3.4 Les effectifs par matières premières 
3.4.1 Les produits de débitage
3.4.2 Les nucleus
3.4.3 Les outils
3.5 Discussion 
CHAPITRE IV : CRITERES D’ANALYSES TYPOLOGIQUES ET TECHNOLOGIQUES
Présentation
4.1 Description typologique des artefacts 
4.2 Méthodologie de l’analyse technologique 
4.2.1 L’échantillonnage
4.2.2 Le choix des variables
4.2.3 Le traitement des données
4.2.3.1 Les stades de débitage
4.2.3.2 La reconnaissance des techniques
4.2.3.3 La reconnaissance des méthodes de débitage
4.2.3.4 La finition des outils
CHAPITRE V : LES RÉSULTATS DE L’ANALYSE TECHNOLOGIQUE
Présentation
5.1 La roche volcanique de type tuf ou métamorphique de type cornéenne 
5.1.1 Les stades de débitage
5.1.2 Les techniques de taille
5.1.3 Les méthodes de débitage
5.1.4 La finition des outils
5.2 Le quartz
5.2.1 Les stades de débitage
5.2.2 Les techniques de taille
5.2.3 Les méthodes de débitage
5.2.4 La finition des outils
5.3 Le quartzite à grains moyens
5.3.1 Les stades de débitage
5.3.2 Les techniques de taille
5.3.3 Les méthodes de débitage
5.3.4 La finition des outils
5.4 Le quartzite à grains très fins 
5.4.1 Les stades de débitage
5.4.2 Les techniques de taille
5.4.3 Les méthodes de débitage
5.4.4 La finition des outils
5.5 La calcédoine blanche
5.5.1 Les stades de débitage
5.5.2 Les techniques de taille
5.5.3 Les méthodes de débitage
5.5.4 La finition des outils
5.6 La calcédoine gris-bleu 
5.6.1 Les stades de débitage
5.6.2 Les techniques de taille
5.6.3 Les méthodes de débitage
5.6.4 La finition des outils
5.7 Les chaînes et schémas opératoires 
5.7.1 Le tuf ou la cornéenne
5.7.2 Le quartz
5.7.3 Le quartzite à grains moyens
5.7.4 Le quartzite à grains très fins
5.7.5 La calcédoine blanche
5.7.6 La calcédoine gris-bleu
CHAPITRE VI : INTERPRÉTATIONS : UNE GESTION ARCHAÏQUE DES MATIÈRES
PREMIÈRES
Présentation
6.1 Les stratégies d’acquisition des matières premières
6.2 Stratégies de débitage 
6.3 Stratégies de l’outillage 
6.3.1 L’association matières / dimensions des outils
6.3.2 L’association matières / classes d’outils
6.3.3 Le recyclage et la réutilisation des outils
6.3.4 Les schémas opératoires
6.3.5 La disponibilité des matériaux
6.4 L’organisation technologique des occupants du site Pointe-à-John 2 
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE 
Annexe A 
Annexe B 
Annexe C 
Annexe D 
Annexe E

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