La Reserve Naturelle de la Frayère d’Alose (RNFA) et son association de gestion

La Reserve Naturelle de la Frayère d’Alose (RNFA) et son association de gestion

La RNFA, créée en 1981 par Décret Ministériel, se situe dans le Sud-Ouest de la France, plus précisément dans le département du Lot-et-Garonne, en région Aquitaine .

La réserve est située au sein de l’agglomération d’Agen, sur les communes d’Agen et du Passage d’Agen. Elle s’étend depuis le Point Kilométrique (PK) 18,270, situé entre le barrage de Beauregard et le pont de pierre (Figure 2) jusqu’au PK 20,580, matérialisé par le pont canal. La réserve ne concerne que le lit mouillé du fleuve (jusqu’à la hauteur de plein bord). Elle couvre au total un linéaire de fleuve de 2310m pour une largeur de 205 m, soit une surface de 47.8 Ha sur le Domaine Public Fluvial (DPF). Ce tronçon, dont la pente est de 0.5 ‰, est totalement endigué. De plus, l’anthropisation du fleuve se fait aussi sentir de par les deux voies de circulation routière qui l’entourent et les trois ponts qui la traversent (d’amont en aval : le pont de pierre, la passerelle piétonne et le pont canal). Au niveau de la passerelle d’Agen, l’altitude moyenne de la surface de l’eau est de 36.5 m NGF.

C’est la présence d’un obstacle infranchissable pour les grandes Aloses qui est à l’origine de la création de la RNFA. Il s’agit du seuil de Beauregard, situé à environ 1 km en amont de la réserve dont la présence entrainait l’existence d’une frayère forcée au sein de l’agglomération agenaise. Sa caractéristique urbaine en faisait un site particulièrement sensible. C’est la raison pour laquelle le périmètre a été défini tel qu’il est. Toutefois, depuis 2005, la dégradation du barrage de Beauregard permet aux aloses en migration de franchir l’ouvrage. D’autres frayères plus en amont, jusqu’au barrage de Golfech (cf partie 2 : secteur d’étude), deviennent alors plus actives au détriment du site agenais. Ce statut de territoire protégé permet d’appliquer une réglementation spéciale de la pêche sur le territoire de la réserve. En effet, la pêche en bateau et la pêche aux engins et aux filets sont strictement interdites, quelle que soit l’époque de l’année. La pêche à la ligne est interdite durant une courte période qui représentait autrefois le pic de la reproduction de l’alose : du 1er juin au 30 juillet sur un linéaire de 790 m situé sur la partie amont de la réserve, entre le pont de pierre (PK 19.060) et le PK 18.270.

Une convention permet au Préfet de département d’en déléguer la gestion à une association. Celle-ci a été créée en 1986 grâce aux efforts communs de la Fédération Départementale de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique du Lot-et Garonne (FDAAPPMA 47) et de la SEPANLOG (Société pour l’Etude, la Protection et l’Aménagement de la Nature dans le LOt et Garonne). Elle se compose de 10 membres actifs :
• 4 membres de la SEPANLOG et 4 membres de la FDAAPPMA 47 ;
• les maires des communes d’Agen et du Passage d’Agen.
Elle est présidée alternativement par un des membres de la fédération de pêche ou un de ceux de la SEPANLOG. Cette année, jusqu’au 15 juillet, c’était Mr. Alain Dal Molin, responsable de la gestion de la Réserve Naturelle Nationale de l’étang de la Mazière (Villeton, 47), et membre de la SEPANLOG qui assurait ce poste. Mr Molinié, président de la FDAAPPMA 47 lui a ensuite succédé. Une seule salariée : Mlle Christelle Pezet, chargée de mission, gère l’association et encadre les stagiaires. Les actions sont soumises à l’approbation d’un comité de gestion, composé de 19 membres et présidé par le Préfet de département. L’association travaille chaque année en collaboration avec l’association MIgrateurs GaronneDordogne (MIGADO) à l’estimation des stocks de géniteurs de grandes Aloses en moyenne Garonne, par le suivi scientifique de l’activité de reproduction sur les frayères lot-etgaronnaises. De plus, pour les besoins de l’étude, la Réserve Naturelle Nationale de l’Etang de la Mazière met à disposition de la RNFA une de ses salariés. Il s’agit d’Elsa Magoga, chargée de mission « écosystèmes aquatiques», qui participe aux comptages nocturnes et effectue aussi des inventaires faune/flore au sein de la réserve notamment sur les herbiers aquatiques et les odonates.

Le secteur d’étude, au cœur du système fluvio-estuarien Gironde-Garonne-Dordogne

La Garonne et la Dordogne sont deux des principaux cours d’eau qui coulent dans la région du Sud-Ouest de la France (Cf. Figure 3). Avec ses 575 km de long, la Garonne est le plus court des fleuves français. Elle prend sa source dans les Pyrénées espagnoles, en val d’Aran. Couplée à la Dordogne, la Garonne forme l’estuaire de la Gironde, le plus grand d’Europe avec 75 km de long pour une surface de 635 km2. Ces deux corridors fluviaux accueillent de nombreuses espèces de poissons migrateurs et notamment la grande Alose lors de sa migration et de sa reproduction.

La zone d’étude (identifiée par un trait rouge sur la Figure 3) se situe au sein de ce système, sur le secteur moyen du fleuve Garonne, qui s’étend de Toulouse à la Réole. Celle-ci est comprise entre le complexe hydroéléctrique de Malause/Golfech en amont et la confluence Lot/Garonne en aval.

En Garonne, des obstacles se dressent très vite sur la route de l’Alose vraie. En effet, deux barrages freinent le déplacement des individus. Il s’agit tout d’abord du seuil de Beauregard situé à Agen, déjà cité précédemment, puis du barrage de l’usine hydroélectrique de Golfech. Le barrage de Beauregard (Figure 4), ouvrage à aiguilles mobiles construit en 1847 était, quant à lui, destiné à l’alimentation en eau du canal latéral à la Garonne. Une deuxième prise d’eau plus en aval, à Brax, a entrainé l’abandon de l’utilisation de ce seuil en 1967. Dés lors, il tombe peu à peu en ruine, l’Etat s’étant totalement désengagé de son entretien. Du fait de plusieurs brèches qui se sont ouvertes sur l’édifice, il est aujourd’hui franchissable par les aloses. Selon le débit, ces brèches restent cependant plus ou moins attractives, ce qui est susceptible de causer des retards dans la migration.

Le barrage hydro-electrique de Golfech, situé sur un bras parallèle à la Garonne, complète aux heures de pointes, la production électrique d’une centrale nucléaire. Depuis 1987, il est équipé d’un ascenseur à poissons (Cf. Figure 5) qui semble efficace pour le franchissement de la grande Alose. Toutefois, il n’est pas mis en marche lors des forts débits, afin de le préserver de tous dommages. Dans ce cas, les aloses patientent au pied du barrage que l’ascenseur puisse à nouveau fonctionner. Celles qui ne parviennent pas à franchir l’ouvrage ou qui sont sexuellement matures avant leur arrivée à hauteur de Golfech fraient en aval de celui-ci.

La grande Alose (Alosa alosa)

Systématique 

Aussi appelée Alose vraie et poisson d’argent, la grande Alose appartient à la même famille que les harengs ou les sardines ; celle des clupeidés. Deux espèces du genre Alosa existent en Garonne : la grande Alose (Alosa alosa) et l’Alose feinte (Alosa fallax), de nom local « gatte ». Cependant, elles ne cohabitent que de façon exceptionnelle sur les frayères de Garonne. En effet, l’Alose feinte se reproduit en partie basse du fleuve et ne remonte pas plus haut que La Réole. Toutefois, si la grande Alose devait se trouver contrainte de frayer en partie inférieure du fleuve, une hybridation serait possible entre ces deux espèces, engendrant des individus hybrides fertiles.

Indentification

La grande Alose présente un corps fusiforme, sans ligne latérale ni barbillons ni dents qui sont remplacées par des branchiospines. Son dos est verdâtre à violet et ses flancs blancs argentés (Cassou-Leins et Cassou-Leins, 1981) .

Elle ne peut se confondre avec l’Alose feinte qu’au stade juvénile. Au stade adulte, elle est reconnaissable par sa taille généralement plus importante. De plus, une des caractéristiques de l’espèce réside dans l’existence d’un point noir situé derrière l’opercule. La plupart du temps, il est unique mais le nombre peut aller jusqu’à trois. La gatte, elle, en a sept. Le critère déterminant reste toutefois le nombre de branchiospines. La grande Alose en possède un nombre supérieur à 90 alors que l’Alose feinte en possède moins de 60 (Cassou-Leins et Cassou-Leins, 1981).

Biométrie (d’après Cassou-Leins et Cassou-Leins, 1981)) :
Théoriquement, les mâles mesurent jusqu’à 50 cm pour 1.5 kg. Les femelles sont plus grandes et peuvent atteindre 80 cm pour 3.5 kg. Lors de la migration en eau douce, les ovocytes qu’elles portent les rendent bien plus massives que les mâles. En moyenne Garonne, l’étude de Cassou-Leins et Cassou-Leins (1981) a permis de définir des mensurations moyennes de 43.15 cm ± 2.96 cm pour les mâles et 49.59 cm ± 2.89 cm pour les femelles. Les œufs mesurent environ 1 mm. A leur éclosion, les larves vésiculées mesurent en moyenne 7 mm. Elles deviennent des alosons quand elles mesurent plus de 2 cm et que leur poche vitelline est totalement résorbée. A leur arrivée dans l’océan, les alosons mesurent une dizaine de centimètres.

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Table des matières

Introduction
Contexte de l’étude
1- La Reserve Naturelle de la Frayère d’Alose (RNFA) et son association de gestion
2- Le secteur d’étude, au cœur du système fluvio-estuarien Gironde-Garonne-Dordogne
3- La grande Alose (Alosa alosa)
3-1 Systématique
3-2 Indentification
3-3 Traits d’histoire de vie
3-4 Valeur patrimoniale
4- Etat des populations
Matériels et méthodes
1- Méthode de suivi de la migration et de la reproduction
1-1 Suivi de la migration à l’ascenseur de Golfech
1-2 Estimation des géniteurs sur les frayères en aval du barrage
2- Suivi des paramètres abiotiques qui influencent la migration et la reproduction
3- Suivi des débits et des hauteurs d’eau
4- Suivi de la qualité biologique de Garonne et de la ressource alimentaire des alosons
Résultats et discussion
1- Le stock de géniteurs pour la saison 2012
1-1 Les passages à l’ascenseur à poissons de Golfech
1-2 Les géniteurs estimés sur les frayères en aval du barrage
1-3 Estimation du nombre de géniteurs du bassin Garonne
2- Relation entre les résultats et les conditions abiotiques du milieu
3- Discussion des résultats de cette saison
4- Evolution des stocks
5- Qualité biologique du milieu et ressource alimentaire disponible pour les alosons
5-1 Détermination de la qualité biologique du milieu
5-2 Ressource alimentaire disponible pour les alosons
Conclusion
Bibliographie
Liste des Figures et des Tableaux
Annexes

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