La perception par les acteurs et décideurs locaux des services écosystémiques

Mise en contexte 

Le monde connait depuis quelques décennies une mondialisation qui fait clairement évoluer les enjeux et les forces en présence. De fait, on assiste à un rééquilibrage des forces économiques avec de nouvelles puissances émergentes. Cet ensemble va de pair avec une montée en puissance de la préoccupation environnementale depuis le milieu du XXème siècle. En effet, en réponse à un urbanisme de plus en plus fort et en plein développement pour répondre à l’arrivée des nouveaux urbains qui viennent à la ville chercher du travail, la préoccupation environnementale n’a fait que s’accroître. C’est ainsi qu’en 1972 le concept de Développement Durable est née (MEDDE, 2012). Il a été révélé au grand jour par le Rapport de Brundtland sous le nom de Sustainable Development. Il s’appuie sur quatre grands piliers : l’écologie, l’économie, le social et la gouvernance (HCCI, 2005). Son objectif est de permettre le développement d’une société humaine plus respectueuse de l’environnement. Depuis il s’est largement inscrit comme un concept clé dans les différents projets de développement du monde de demain. Cependant il reste encore un simple concept qui pour l’instant peine à s’imposer concrètement et de manière opérationnelle dans les projets. Opérer la modification et le changement dans une société qui a « son système » depuis près d’un siècle et demi est particulièrement délicat.

Toutefois, force est de constater que le fonctionnement actuel n’est pas viable pour la pérennité de notre planète et donc pour l’homme, d’autres voies sont à explorer. De fait, des questions commencent à se poser sur la manière de faire différemment. Il s’agit toujours de se développer mais d’une autre façon et de pouvoir prendre plus en compte l’environnement. Aussi, depuis quelques années, de nouveaux concepts émergent, à l’instar des services écosystémiques. Selon la définition du Millenium Ecosystem Assessment  , « Ecosystem services are the benefits people obtain from ecosystems. These include provisioning, regulating, and cultural services that directly affect people and the supporting services needed to maintain other services. » En d’autres termes, il s’agit des services (approvisionnement, culturel, régulation et support) que la nature rend à l’homme (par exemple la filtration de l’eau par les plantes, la pollinisation et fabrication du miel par les abeilles…).

Au niveau National, le contexte environnemental est similaire. La France en pays développé réagit de la même façon que les grandes puissances mondiales qui abordent ces questions. Elle a conscience qu’il est nécessaire d’agir, mais la mise en pratique et le côté opérationnel sont légèrement plus difficile. Cependant, la France offre une certaine résistance à la mise en place et même la simple acceptation de certains de ces concepts et de ce qu’ils impliquent. La France apparait donc comme un des mauvais élèves dans l’environnement et le développement durable à l’échelle européenne, notamment sur la protection des espaces naturels (SEIGNEUR, 2005). A l’inverse, elle fait figure d’un des modèles sur le plan du recyclage des déchets. Preuve que si des progrès restent à faire, un certain nombre ont déjà été fait (EEA, 2013).

De fait, à l’image de l’augmentation des préoccupations environnementales au niveau international, la France a organisé et mis en place à l’échelle nationale un Grenelle de l’environnement en 2007. L’objectif était de prendre des décisions environnementales à long terme au niveau des espaces naturels, de la trame verte et bleue, des gaz à effet de serre ou encore de l’efficacité énergétique (MEDDE, Développement Durable – La première loi du Grenelle, 2009). Le cœur de cette manifestation était d’organiser des rencontres politiques autour de ces thématiques, regroupant politiciens, associations, syndicats et professionnels. De ce Grenelle, de nombreuses lois ont été votées et sont progressivement mises en place. Cependant, les lobbyings ainsi que les forces en présence ont fait que le côté « restrictif et contraignant » des grands principes du Grenelle ont été fortement estompés. De fait, les engagements environnementaux au niveau National reste encore relativement limités. C’est un point important pour bien comprendre le contexte global.

Programme de recherche régional SERVEUR 

Les services écosystémiques voient leur importance et leur émergence s’accélérer depuis quelques années. De plus en plus de travaux depuis la fin des années 90 étudient le sujet. Dans cette continuité, le laboratoire de recherche CITERES (Cités, Territoires, Environnements et Sociétés) de l’Université de Tours a décidé de lancer en 2013 un programme de recherche sur trois ans portant sur ces services. Le programme intitulé SERVEUR (Services Ecosystémiques Des Espaces Verts Urbains) porte sur les retombées des espaces verts urbains. Plus exactement, il s’agit d’étudier les services d’approvisionnement et les services culturels offerts par les jardins ouvriers  , les parcs d’agréments  et les bois urbains . Financé par la Région Centre, ce travail s’effectue avec plusieurs laboratoires de recherche, établissements universitaires et de nombreux autres champs de compétences (sociologues, écologues, économistes,…). En effet, cette thématique des services écosystémiques encore récente, ne présente pas encore d’étude sur ce point-là. Le territoire concerné par l’étude est l’ensemble du territoire des six chefs-lieux de la Région en l’occurrence Blois, Bourges, Chartres, Châteauroux, Orléans et Tours. L’objectif opérationnel de ce programme est de fournir à l’avenir des outils d’aide à la décision pour les collectivités. Ceci devrait permettre de mieux intégrer les espaces verts dans les projets d’aménagement.  De fait, comme tout programme de recherche des études notamment menées par des étudiants sont mises en place. C’est dans ces conditions que mon Projet de Fin d’Etudes (PFE) intervient. Ce présent rapport formera donc une sorte d’ « étude complémentaire » au programme SERVEUR.

Protocole d’enquête auprès des collectivités

Le protocole d’enquête se base sur des entretiens. C’est une méthode standard dans l’étude de la perception que peuvent avoir des personnes d’un objet (Y.CHALLAS, 2003). Dans le cadre de ce PFE, 12 entretiens sur les 16 envisagés ont été réalisés.

• L’entretien semi-directif :

La méthode :
En sciences sociales, la perception des habitants se dévoile grâce aux entretiens semidirectifs. En effet, cette méthode permet à l’interrogé de s’exprimer personnellement. C’est-àdire que l’interviewé peut apporter une réponse à la question posée sans trop de contrainte. Il peut réellement exprimer ce qu’il a envie de dire. Ceci est d’autant plus intéressant et important quand on enquête sur un sujet qui peut faire débat et polémique. De plus, l’entretien semi-directif permet d’orienter la personne interviewée vers le cœur du sujet et la réponse recherchée tout en permettant une certaine spontanéité de la parole chez l’enquêté. En sciences sociales on considère que l’entretien semi-directif permet de percevoir la perception de l’enquêté. « En principe un véritable échange au cours duquel l’interlocuteur du chercheur exprime ses perceptions d’un évènement ou d’une situation, […], tandis que par ses questions ouvertes et ses réactions, le chercheur facilite cette expression, évite qu’elle s’éloigne des objectifs de la recherche et permet à son vis à-vis d’accéder à un degré maximum d’authenticité et de profondeur. »(QUIVY & VAN CAMPENHOUDT, 1995) .

Les modalités :
Ces entretiens se sont déroulés dans les locaux de chaque municipalité (là où il était le plus aisé pour elle de nous recevoir). Autant que faire se peut, les rencontres doivent se faire de manière individuelle. La durée de celles-ci est d’environ 1h.

L’échantillon :
Il a été déterminé à l’avance, dans le sens où l’objectif idéal était de rencontrer un Technicien, un Chef de service et un Elu tous affiliés aux espaces verts pour les six villes prérequises. Donc, c’est au total 18 personnes qu’il était possible de rencontrer. Cependant aux vues des disponibilités de chacun, des organisations municipales et de la considération donnée par certain à cette étude, seules quatre villes sur les six (Blois, Bourges, Chartres et Châteauroux) ont acceptées de nous rencontrer. En revanche, on note la pleine collaboration de ces municipalités. En effet, leur personnel a fait preuve d’une grande flexibilité et courtoisie dans l’organisation de ces rencontres, acceptant nos contraintes malgré leur emploi du temps délicat à gérer.

L’objectif :
Il s’agit ici de permettre aux différents acteurs rencontrés de nous livrer leur vision et leur ressenti, ou en tout cas les inciter à le faire, concernant l’intégration de l’environnement et notamment des services écosystémiques dans leur travail au quotidien, le tout en dépassant le discours de façade.

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Table des matières

Introduction
1) Mise en contexte
2) Programme de recherche régional SERVEUR
3) Présentation de la problématique
4) Le territoire des six chefs-lieux
5) Matériel et méthode
Partie 1 : Les services écosystémiques et les espaces verts selon les acteurs locaux
1) Définition des espaces verts
2) Le concept des services écosystémiques inconnu des acteurs locaux
3) Les services écosystémiques : un cycle indispensable au citadin selon les acteurs locaux
Partie 2 : Transition vers une idée de « Qualité environnementale » de la ville selon les acteurs
1) La Grenellisation : politisation de l’environnement
2) Un des symboles de la Grenellisation : la Gestion raisonnée
3) L’aménagement du territoire se « végétalise » doucement mais surement
Partie 3 : Malgré une transition, certains blocages s’intensifient
1) Pour les décideurs, l’environnement oui mais pas à tout prix
2) Un problème pour la nature en ville : Le citadin et ses mœurs
3) En aménagement du territoire, les espaces verts en manque de réglementation
Conclusion
Bibliographie
Table des illustrations
Table des matières
Annexes

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