La notion d’engagement chez JEAN-PAUL SARTRE et Gabriel MARCEL

Jean-Paul Sartre est l’une des personnalités remarquables de la vie intellectuelle française de la seconde moitié du XXe siècle, étant la figure de proue de l’existentialisme. Imbu d’un humanisme athée, l’existentialisme sartrien accorde une importance capitale à l’engagement personnel et passionné dans la recherche du bien et de la vérité. Certains critiques analysent ses propres convictions qui se mesurent essentiellement avec l’expérience personnelle dans la quête de la vérité. Cette vérité se comprend sur la base de la situation dans laquelle l’homme est impliqué par une auto-détermination de soi. Cette dernière échappe à tout observateur détaché de la ligne de force de la doctrine sartrienne concernant le concept d’engagement, lequel attire également l’attention de Gabriel Marcel dans la perspective de l’assurance existentielle.

VALEURS ETHICO-PHILOSOPHIQUES DE L’ENGAGEMENT SARTRIEN ET MARCELLIEN 

Fondement de la pensée de Sartre et de Marcel 

La phénoménologie demeure l’un des courants les plus dynamiques de la philosophie contemporaine. Elle a, dès le début, été une investigation des structures du vécu, mais elle n’a pas toujours été une ontologie. En ce sens, l’émergence de la problématique ontologique se fait à l’intérieur de la phénoménologie, laquelle réunit, dans sa première phase, les conditions de cette émergence. La première étape est représentée par la phénoménologie de Husserl, donnant lieu à la constitution de la phénoménologie existentielle française, affirmant le primat de la conscience.

Au début de son investigation, Husserl substitue le doute par l’« épochè » qui signifie la mise entre parenthèse du monde. Cette épochè consiste à suspendre le jugement et à « aller aux choses mêmes ». Il faut ainsi s’abstenir au préalable de poser la question de l’existence et chercher ce qui en fonde le savoir. Il en découle deux conséquences :
i- le cogito comme source du savoir, là où ce cogito diffère de celui de l’auteur des Méditations métaphysiques. En effet, par sa formule : « je pense donc je suis », Descartes confère une existence au cogito et transforme ainsi l’ego sujet en objet. Selon, Husserl, ce cogito ne saurait être un pur exister : il doit être une intention au sens où « toute conscience est conscience de quelque chose » . Ici, s’explique le sens même de l’intentionnalité. De ce fait, le cogito n’est plus un contenant, mais plutôt une activité : c’est une orientation vers l’objet où il se transcende et se dépasse, faisant de cette intentionnalité un être constitutif du sujet autonome.
ii- ce cogito ne peut atteindre la réalité de l’objet que s’il s’érige en réalité transcendantale, laquelle conditionne toute expérience. En tant que phénomène, en rapport avec l’homme, l’objet se manifeste en une série infinie des êtres. De ce fait, le cogito ne peut pas atteindre l’objet lui-même. Il ne peut atteindre que telle apparition, non la série. Il ne peut l’expliquer comme le veut Descartes qui est amené au problème indissoluble du monde extérieur. Il ne peut que le décrire. Cela implique que la phénoménologie est une description des essences par un cogito qui est une pure intentionnalité.

Voilà pourquoi le phénomène existant exprime l’essence puisqu’ il n’y a pas de monde en-soi : Pour Descartes « Je suis une chose qui pense » mon essence, ma nature n’est que de penser. Descartes définit l’homme par la conscience;

c’est alors qu’il introduit le dualisme entre l’âme et le corps et la redoutable question de leur union: il ajoute en effet: »…Je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence ou la nature n’est que de penser, et qui, pour être, n’a besoin d’aucun lieu ni ne dépend d’aucune chose matérielle; En sorte que ce moi, c’est à dire l’âme par laquelle je suis ce que je suis est entièrement distincte du corps et même qu’elle est plus aisée à connaître que lui et qu’encore qu’il ne fut point, elle ne cesserait point d’être tout ce qu’elle est.» .

En fondant la phénoménologie, Husserl a pour but de clarifier définitivement la source et la validité de la connaissance. Il veut penser la relation entre la connaissance et le connaissant en tant que vérité, mais non vision subjective. C’est la raison pour laquelle la méthode phénoménologique insiste sur le retour à la source pour découvrir le fondement, le sens et les valeurs de l’être humain. Dans la même perspective, la philosophie de Gabriel Marcel se traduit par une philosophie concrète dans la mesure où elle incarne l’assurance existentielle de l’humain face au processus d’auto-destruction que l’homme peut tenir en échec. De là, s’explique la tentative d’apprécier la valeur de la pensée sartrienne de l’existence sur la base d’approche ontologique.

L’apport phénoménologique d’Husserl

Le père de la phénoménologie, le philosophe allemand Edmund Husserl, introduit le terme de phénoménologie dans son ouvrage Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique (1913). Pour Husserl, la phénoménologie n’a pas pour vocation d’inventer des théories, mais plutôt de décrire « les choses mêmes ». Influencés par son livre précédent, les Recherches logiques (1900-1901), Les premiers disciples de Husserl, dont le philosophe allemand Max Scheler, pensent que la tâche de la phénoménologie consiste à étudier les essences, auxquelles Husserl lui-même manifeste son intérêt premier. Néanmoins, il pense que seule l’essence de certaines structures spécifiques de la conscience constitue le véritable objet de la phénoménologie.

Selon les propres termes de Husserl, la phénoménologie est l’étude des structures de la conscience qui lui permet de se rapporter aux objets extérieurs à elle. Cette étude exige un retour réflexif sur les contenus de l’esprit à l’exclusion de toute autre chose. Husserl appelle ce type de réflexion la réduction phénoménologique. L’esprit peut viser des objets non existants tout autant que des objets réels. De ce fait, Husserl fait remarquer que la réflexion phénoménologique revient plutôt à une « mise entre parenthèses de l’existence » : elle met de côté la question de l’existence réelle de l’objet contemplé. En examinant les contenus de l’esprit, Husserl découvre des actes [actes de souvenir, actes de désir, actes de perception] avec leur contenu constitutif du sens. Le sens, affirmait Husserl, permet à un acte de viser un objet sous un certain aspect. Cette visée, appelée intentionnalité, est conçue par lui comme l’essence de la conscience. Selon Husserl, la phénoménologie transcendantale est l’étude des composants de base de signification qui rend possible l’intentionnalité. Dans les Méditations cartésiennes (1931), il introduit la notion de phénoménologie génétique, qu’il définit comme l’étude du processus de formation des significations au cours de l’expérience.

«Le retour aux choses elles-mêmes», condition initiale posée par Husserl, est le corrélat de l’intentionnalité identifiée par Brentano. Dès les Recherches logiques (1900-1901), la phénoménologie étudie des vécus de la pensée et de la connaissance sur la base des structures de la conscience qui lui permettent de se rapporter aux objets extérieurs à elle. Husserl pense néanmoins que cette recherche devra dépasser la singularité du champ phénoménal si elle veut se constituer comme science. Et c’est en cela qu’elle s’intéresse aux essences – qui sont des invariants de sens – et non plus aux faits. Il faut donc opérer par réduction: de façon à se retrouver en face de la conscience pure, du moi transcendantal : la réduction phénoménologique est ce retour réflexif sur les vécus de la pensée qui «met entre parenthèses» l’existence du monde dont il ne s’agit pas d’exclure ni de nier celui-ci. L’essentiel n’est pas d’enfermer la conscience dans une intériorité subjective, mais d’accéder à son être véritable. Dès lors, dit Husserl dans ses Idées directrices pour une phénoménologie (1913), « il deviendra possible d’envisager la conscience comme étant conscience de quelque chose et, partant, de montrer qu’elle n’est elle-même que dans le monde».

Le mouvement qui se déploie à l’intérieur des Recherches logiques de Husserl est exemplaire pour cette première phénoménologie ; après avoir critiqué l’interprétation psychologisante des lois logiques, Husserl a posé, dans les Prolégomènes à ses Recherches, les vérités logiques comme en-soi. Dans les quatre premières Recherches, il met en relief la valeur significative du langage, objectivement associé aux choses qu’il désigne.

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Table des matières

INTRODUCTION
A- Présentation du sujet
B- Motivation à l’endroit du sujet
C- Les éléments de la problématique
D- Approches méthodologiques
E- Annoncer du plan du travail
PREMIERE PARTIE : Valeurs ethico-philosophiques de l’engagement sartrien et marcellien
I-1-Fondement de la pensée de Sartre et de Marcel
I.1.1- L’apport phénoménologique d’Husserl
I.1.2- L’apport phénoménologique de Heidegger
I.2- Spécificité de l’ontologie phénoménologique de Sartre et Marcel
I.2.1- De la phénoménologie à l’ontologie de Sartre
I.2.2- De la phénoménologie à l’ontologie de Marcel
I.3- L’engagement, base de l’humanisme sartrien et marcellien
I.3.1- Du point de vue sartrien
I.3.2-Du point de vue marcellien
DEUXIEME PARTIE : Plan provisoire de la future these et concepts clés de ces deux auteurs
II.1- Plan préliminaire de la future thèse
II.2. Liste des concepts clés
II.3. Analyse des principaux concepts clés
TROISIEME PARTIE : Commentaire et liste bibliographique
III.1- Commentaire bibliographique
III.2- Liste bibliographique
Section I. Œuvres de Jean-Paul Sartre et de Gabriel Marcel
I.1- Œuvres de Jean-Paul Sartre
I.1.1- Œuvres philosophiques
I.1.2- Œuvres littéraires et essais (Critique politique, biographies et psychanalyse existentielle)
I.2- Œuvres de Gabriel MARCEL
I.2.1- Œuvres philosophiques
I.2.2- Théâtre
Section II.1. Œuvres sur Sartre
Section II. 2. Œuvres sur Gabriel Marcel
Section III. Ouvrages généraux
Section IV. Revues et collections Etudes
Section V Dictionnaire
Section VI- WEBOGRAPHIE
CONCLUSION

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