La lutte contre la peste porcine africaine

Géographiques

Le Togo est une bande de terre, comprise entre les latitudes 6° à 11° Nord, qui s’étend en longueur entre le Bénin et le Ghana sur 700 Km de long et 50 à 150 Km de large selon les endroits (carte 1). Il est limité au nord par le Burkina Faso et au sud par l’océan Atlantique au niveau du golfe de Guinée, par une côte d’une cinquantaine de kilomètres. C’est un pays relativement petit, de 56 600 km² constitué de 4,5 millions d’habitants. Ce pays est traversé comme une écharpe par une ligne de crête, du Nord-est au Sud-ouest. Cette ligne de crête, long plissement schisteux, est la prolongation de la chaîne béninoise de l’Atakora. Certains sommets approchent les mille mètres et le point culminant du pays est le mont Agou, situé au sud du pays dans la région de Kpalimé, qui culmine à 986 mètres.

Le Togo est divisé en 5 régions économiques, elles mêmes divisées en préfectures (cartes 2 et 3). La région Maritime est la bande littorale dans laquelle on trouve la lagune et le lac Togo. Les cultures pratiquées sont surtout le maïs et le manioc, qui constituent les aliments de base dans le sud du Togo. Cette région est en train de subir un déboisement rapide pour bois de chauffe et fabrication de charbon, entraînant une savanisation de la zone. La région des Plateaux est constituée d’un plateau légèrement ondulé, au sol très fertile, dont l’altitude va de 60 à 200 mètres. Riche d’une tradition de cultures de rente (café, cacao), l’agriculture des Plateaux passe pour l’une des plus prospères du Togo, favorisée par la richesse naturelle de son terroir, le climat et la proximité de centres de consommation.

La région Centrale qui s’élève jusqu’à 400 mètres sur un plateau cristallin est constituée d’un ensemble montagneux à l’Ouest, le reste étant essentiellement constitué de collines et de plaines. La population y est inégalement répartie et son évolution diffère d’un milieu à l’autre. L’agriculture reste le facteur autour duquel gravitent diverses formes d’occupation de l’espace. L’élevage vient au second plan après l’agriculture dans l’occupation quotidienne de la population, surtout rurale. Les volailles gardent la première place, suivies des caprins et des ovins. Les porcins par contre sont rencontrés dans un nombre restreint de ménages car, pour beaucoup, ils appartiennent à la religion islamique. La région de la Kara est très variée. Son relief est constitué par une alternance de plaines, de vallées et de plateaux, dominés par de vieux massifs accidentés aux aspects contrastés et le plus souvent dépourvus de végétation. Sa population rurale a une répartition qui fait apparaître un contraste très prononcé entre d’une part les confins nord de la partie ouest de la région, presque vide avec moins d’un habitant au kilomètre carré et d’autre part les zones montagneuses du pays kabyé dans la partie est où les densités rurales dépassent 100 hab/km².

L’élément le plus frappant de cette région est la contradiction qui existe entre l’intensité d’occupation des sols et leur fertilité. Les sols fragiles et de faible valeur productive sont souvent densément peuplés alors que les sols les plus fertiles correspondent à des zones où les densités de population sont les plus faibles. Ainsi, la zone occidentale totalise 75% des terres fertiles mais ne compte que 26% de la population, alors que le pays kabyé n’en détient que 11% pour 39% de la population. Enfin, la région des Savanes, la plus septentrionale des cinq, couvre 15% du territoire national. Le tiers était, avant les évènements des années 90, occupé par les réserves de faune et de flore qui n’existent pour ainsi dire plus aujourd’hui. Les plaines et les plateaux, avec des sols relativement pauvres et dégradés, connaissent d’énormes pressions démographiques surtout dans le Nordouest. A cela s’ajoute le problème de l’eau dont la rareté est parfois due à la densité de population, mais surtout à un climat tropical capricieux, ce qui a des conséquences sévères sur la vie économique et sociale de la région.

Sociales et culturelles

Le Togo s’est trouvé durant des siècles sur la route des migrations d’innombrables tribus. De cela, il a conservé sur son territoire restreint mais compartimenté par ses reliefs, une extraordinaire variété d’ethnies qui lui confère la qualification de « mosaïque ethnique ». On en compte une quarantaine, parlant quelques cinquante dialectes toujours en usage. Dans le sud du pays, les Evés sont les plus nombreux mais côtoient aussi les Mina, les Guin, les Ouatchi, les Ahoula, pêcheurs en mer et les Pla-peda (pêcheurs en lagune). Dans le centre-nord, les Kabyés ou « paysans des pierres » constituent l’ethnie principale du groupe des Temkabyés. Plus au nord on trouve essentiellement les Moba.

On peut citer aussi les Akposso, les Kotokoli musulmans, les Tchamba de l’est de Sokodé, les Bassari, spécialistes du fer, les Konkombas, de grande réputation guerrière, les Losso ou « paysans des palmiers », les Lamba de la région de Kanté, les Tambermas ou « bons maçons », les Tchokossi, musulmans, les Haoussa, commerçants du nord et les peuls, présents dans les régions centrales et septentrionales auxquels est confiée la garde des troupeaux ; ils bénéficient en échange de la production laitière dont ils font le fameux « ouagash » (fromage caillé). Entre toutes ces ethnies, les traditions et les différences culturelles sont nombreuses. Globalement, la religion dominante est l’animisme, devant le catholicisme et l’islam. Les musulmans sont surtout concentrés dans la région Centrale, dans laquelle l’élevage de porc est donc beaucoup moins développé qu’ailleurs.

Contexte institutionnel

Depuis 1992, le Togo a initié une série de mesures visant à améliorer la lutte contre les maladies animales qui constituent un frein important dans l’accès à l’autosuffisance en protéines animales. Ces mesures s’orientent selon trois axes : la restructuration des services vétérinaires, la création d’organisations professionnelles et un processus de désengagement de l’état à travers la privatisation du secteur vétérinaire. En ce qui concerne la restructuration des services vétérinaires, elle a abouti en 1997 à la création du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche en remplacement du Ministère du Développement Rural.

Les structures déconcentrées se répartissent ensuite entre la Direction de l’Elevage et de la Pêche (DEP) au niveau central et les Directions Régionales de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (DRAEP) au niveau régional, chacune étant sous l’autorité du Secrétaire Général. Au niveau local, les Directions Préfectorales de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche dépendent de leur direction régionale respective. Les organigrammes, avant et après la restructuration sont disponibles en annexe 3, pour plus de détails. Les postes vétérinaires n’ont pas été modifiés. Par contre, les activités de recherche et de conseil/appui technique à l’élevage ont été confiées respectivement à deux nouvelles structures, l’ITRA (Institut togolais de recherches agronomiques) et l’ICAT (Institut de conseil et d’appui technique). Ce sont des organismes d’économie mixte mais qui doivent à terme devenir indépendants.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : CONTEXTE DE L’ETUDE
I. LE TOGO
A. CARACTÉRISTIQUES
a. Géographiques
b. Climatiques
c. Sociales et culturelles
d. Economiques
B. CONTEXTE POLITIQUE
C. CONTEXTE INSTITUTIONNEL
II. L’ELEVAGE DE PORCS AU TOGO
A. PLACE DANS LE SECTEUR DE L’ÉLEVAGE
B. CARACTÉRISTIQUES
a. L’élevage porcin et les togolais
b. Taille et structure des élevages
c. Les races de porcs rencontrées
d. Les modes d’élevage
e. L’habitat
f. L’alimentation
g. Le suivi sanitaire
C. LES DESTINATIONS DE LA VIANDE DE PORC
a. L’autoconsommation
b. Les circuits de commercialisation des porcs
c. Destinations socio-culturelle
DEUXIEME PARTIE : LA PESTE PORCINE AFRICAINE
I. HISTORIQUE
II. REPARTITION ACTUELLE DE LA MALADIE
III. ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
A. ETIOLOGIE
a. Nature
b. Cycle viral
c. Caractère immunogène
d. Résistance
B. PATHOGÉNIE
C. ETUDE CLINIQUE
a. Statut de la population et manifestations cliniques
b. Les signes cliniques
D. ETUDE ANATOMO-PATHOLOGIQUE
E. DIAGNOSTIC
a. Epidémio-clinique
b. Différentiel
c. Diagnostic de laboratoire
F. TRAITEMENT
G. PROPHYLAXIE
a. Médicale
b. Sanitaire
H. EPIDÉMIOLOGIE
a. Espèces cibles
b. Sources
c. Modes de transmission
d. Epidémiologie synthétique
e. Epidémiologie moléculaire
IV. CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES DE LA MALADIE
A. LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES
B. LES CONSÉQUENCES SOCIALES
TROISIEME PARTIE : ÉPIDÉMIOLOGIE DE LA PESTE PORCINE AFRICAINE AU TOGO
I. L’EPIZOOTIE DE PESTE PORCINE AFRICAINE AU TOGO
A. ARRIVÉE DE LA PPA AU TOGO
B. LA SITUATION ACTUELLE
C. LES LIMITES DE CES INFORMATIONS
II. ENQUETE SEROLOGIQUE SUR LE CHEPTEL PORCIN TOGOLAIS
A. MONTAGE INSTITUTIONNEL DE L’ENQUÊTE
B. PROTOCOLE DE PRÉLÈVEMENT
a. Objectifs de l’enquête sérologique
b. Méthodologie de l’échantillonnage
C. SENSIBILISATION DES ÉLEVEURS
D. RÉALISATION DES PRÉLÈVEMENTS
a. Choix des animaux
b. Technique de prélèvement
c. Extraction du sérum
d. Stockage et transport des prélèvements
E. ANALYSE DES PRÉLÈVEMENTS
a. Le laboratoire d’analyse
b. Les techniques d’analyse
c. Les caractéristiques de ces techniques
F. RÉSULTATS
a. Les contraintes pour l’obtention des résultats
b. Les résultats pour les deux régions nord
G. DISCUSSION
a. Critique de la méthodologie de l’échantillonnage
b. Interprétation des résultats
c. Limites et utilisation des résultats
III. HYPOTHÈSES ÉPIDÉMIOLOGIQUES
A. CYCLE DE TRANSMISSION DU VIRUS
a. Rôles des vecteurs
b. Rôle du réservoir sauvage
c. Le cycle
B. FACTEURS DE PERSISTANCE ET D’EXTENSION DE LA MALADIE
C. IMPLICATION DE LA PASTEURELLOSE
QUATRIEME PARTIE : LA LUTTE CONTRE LA PESTE PORCINE AFRICAINE AU TOGO
I. MESURES D’URGENCE MISES EN OEUVRE
A. DÉROULEMENT DES PREMIÈRES MESURES
B. CAUSES DE LEUR ÉCHEC
II. L’EXEMPLE D’AUTRES PAYS D’AFRIQUE DE L’OUEST
A. GESTION DE LA PPA EN CÔTE D’IVOIRE
a. Situation avant l’épizootie
b. Bilan de l’épizootie
c. Mesures de lutte mises en place d. Résultats
e. Facteurs de réussite
B. GESTION DE LA PPA AU GHANA
a. Situation avant l’épizootie
b. Résultats de la lutte
c. Facteurs de réussite
C. LE BÉNIN ET LA PPA
a. L’élevage de porcs au Bénin
b. L’épizootie de PPA
c. Déroulement des premières mesures de lutte
d. Plan de relance de l’élevage porcin au Bénin
D. ÉLÉMENTS À RETENIR DE CES EXEMPLES
III. CONCLUSIONS CONCERNANT LA LUTTE CONTRE LA PPA AU TOGO
A. BASES NÉCESSAIRES
B. UN SYSTÈME D’ALERTE PRÉCOCE ET D’ACTION RAPIDE
C. SENSIBILISATION DES POPULATIONS
D. ORGANISATION DE LA FILIÈRE PORCINE
E. ACTIONS SUR LE LONG TERME
IV. CONTRIBUTION DU RESEAU D’EPIDEMIO-SURVEILLANCE A LA LUTTE CONTRE LA PPA AU TOGO
A. CONTEXTE DE CRÉATION DU RÉSEAU
B. OBJECTIFS DU RÉSEAU
C. ORGANISATION INSTITUTIONNELLE
D. RÔLE DES AGENTS DE TERRAIN
E. CIRCULATION DE L’INFORMATION
F. CONTRIBUTIONS ET LIMITES DU RÉSEAU
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

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