La gestion des ressources naturelles au Sahara occidental

Un conflit internationalisé

Le cessez-le-feu de 1991 sous l’égide des Nations Unies entérina la fin des combats militaires dans la région, mais il a par ailleurs accentué la bataille diplomatique qui entourait le conflit à l’international depuis les années 1970. Le Maroc et le Front Polisario se sont très vite intégrés au nouveau contexte géopolitique mondial multilatéral, en militant chacun de leur côté auprès de la communauté internationale. Ce militantisme avait pour objectif de rallier un maximum de pays à la défense de leur cause, et faire valoir leur propre vision de la résolution du conflit. D’un côté, le Maroc voulait faire reconnaître la « marocanité » du Sahara occidental et de l’autre, le Front Polisario bataillait pour la reconnaissance de la RASD. Cette bataille diplomatique s’est en premier lieu exprimée auprès de l’Organisation des Nations Unies qui encadrait le processus de résolution du conflit.
L’inscription du Sahara occidental sur la liste des territoires non autonomes par l’ONU dès 1963, et la reconnaissance de l’existence d’un conflit à la suite du départ de la puissance espagnole du territoire en 1976, a immédiatement donné au conflit du Sahara occidental une dimension internationale d’ampleur. De plus, cette bataille s’est également rapidement jouée à l’échelle africaine par un lobbying auprès de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) de la part des deux belligérants. La question du Sahara occidental a d’ailleurs provoqué une importante crise dès 1980 au sein de la jeune organisation africaine. Cette année-là, le Front Polisario demanda l’admission de la RASD en tant qu’Etat africain. Pour la première fois en 1981, la RASD fut admise à siéger lors d’une conférence de l’OUA en tant que 51 ème membre de l’Organisation. Pour signifier son désaccord, le Maroc quitta la conférence, suivi de dix-neuf autres membres de l’OUA. La crise arriva à son apogée en 1984 lors du 20 ème sommet de l’Organisation à Addis-Abeba, lorsque l’OUA se prononça en faveur de l’admission de la RASD en son sein. Depuis ce jour, le Maroc a refusé de siéger au sein de l’OUA.
Le Maroc et le Front Polisario ont dès la naissance du conflit cherché à internationaliser la question du Sahara occidental, en exerçant une forte activité de lobbying pour trouver des soutiens auprès des acteurs internationaux. Cette internationalisation du conflit s’est intégrée au contexte géopolitique de l’époque. En effet, le conflit est né en plein milieu de la guerre froide. Il s’est parfaitement inséré dans la problématique de l’époque, à savoir l’affrontement de deux visions du monde à travers la formation de deux blocs de pays distincts. Si le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, s’est rapproché du bloc de l’Est mené par l’URSS, le Maroc était quant à lui proche des anciennes puissances coloniales présentes au sein du bloc de l’Ouest.
L’insertion du conflit au sein de la guerre froide, son internationalisation via le rôle joué par l’ONU et l’OUA, et l’implication d’acteurs internationaux qui ont affiché leur soutien à un des deux protagonistes, ont contribué à complexifier ce conflit déjà très ancré régionalement. Le soutien de l’Algérie au Front Polisario contre le Maroc a fait du conflit une crise politique régionale qui immobilise tout désir d’intégration régionale. Ce processus d’internationalisation du conflit n’a pas eu les effets escomptés. L’implication d’un grand nombre d’acteurs ajoutée aux échecs successifs de résolution du conflit sous l’égide des Nations Unies a participé au blocage de la situation au Sahara occidental, et ce jusqu’à aujourd’hui.

Un conflit gelé

Cela fait quarante et un ans que le conflit au Sahara occidental existe et n’a toujours pas été résolu. S’inscrivant dans la durée, le conflit est un des plus vieux conflits territoriaux non résolus à l’heure actuelle dans le monde. Depuis la création de la MINURSO en 1991 et sa prise de fonction dans la région, aucune sortie de crise n’a pu émerger. La tentative de référendum en 1992 avortée, les plans de résolution du conflit qui ont été proposés par l’ONU et les différents envoyés spéciaux du Secrétaire général des Nations Unies au Sahara occidental n’ont pas pu faire avancer la situation. Les échecs se sont succ édés et ont gelé durablement le conflit. Ce blocage effectif depuis plusieurs dizaines d’années n’est toutefois pas exempt de tensions qui ne font que retarder la sortie de crise, et dessinent les contours d’une instrumentalisation politique effective de la part des différents acteurs du conflit.

Les différentes tentatives de résolution du conflit

La tentative d’organisation d’un référendum d’autodétermination par la MINURSO en janvier 1992 et l’échec qui en a découlé fut la première expérience avortée de résolution du conflit par l’ONU. Malgré la non-tenue de ce référendum en 1992, la MINURSO a pris ses fonctions en 1991 avec quatre missions initiales : la surveillance du cessez-le-feu, le contrôle de la réduction de la présence des forces marocaines sur le territoire, la supervision de l’échange des prisonniers de guerre, l’identification et l’inscription des électeurs habilités à voter, ainsi que l’organisation d’un référendum libre et équitable au Sahara occidental. A travers le travail de la MINURSO toujours présente aujourd’hui dans la région, et les différents plans de résolution initiés, le conflit est depuis 41 ans à la charge de l’ONU.
Les désaccords successifs du Maroc et du Front Polisario sur la constitution de l’électorat pour le référendum ont conduit l’ONU à mettre de côté cette solution dès la fin des années 1990, en privilégiant la voie du règlement politique négocié.
La nomination en 1997 de James Baker, ancien secrétaire d’Etat américain, au poste d’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental s’effectue dans ce sens. En 1997, le nouveau Secrétaire général M.Kofi Annan entendait par cette nomination relancer le processus de résolution du conflit dans la région. En 2000, le Plan Baker est rendu public. Il proposait une « large autonomie locale » dans le cadre de l’Etat marocain. Le Royaume serait en charge de mener à bien la politique de défense et des affaires étrangères du territoire autonome. Ce plan fut bien accueilli par Rabat, mais il a été rejeté par le Front Polisario et l’Algérie, qui souhaitaient fermement l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
Cette proposition d’une troisième voie fut directement battue en brèche. En 2003, James Baker divulgua un deuxième plan de résolution du conflit. Le Plan Baker II souhaitait établir une autorité au Sahara occidental pour une durée de cinq années, dans le but d’organiser à terme un référendum auquel les Marocains non originaires de la région mais y vivant pourraient y participer. Ce plan ajoutait également une nouvelle option au référendum pour proposer « une autonomie permanente ». Le Conseil de sécurité de l’ONU qualifia alors cette résolution de « solution politique optimale », mais c’était sans compter la non-approbation des deux protagonistes du conflit, qui refusèrent l’exécution d’un tel plan, campant respectivement sur leur solution. Ce nouvel échec entérina l’exercice de l’envoyé spécial James Baker qui démissionna. Le blocage était alors consacré. Depuis, les parties n’ont effectué aucun compromis dans l’optique de trouver une solution au conflit. La bataille diplomatique entre les deux acteurs n’en a été que davantage renforcée, et ce notamment par l’intermédiaire d’une activité intensive de lobbying à l’international. Au cœur de la problématique, l’ONU n’a quant à elle jamais tranché sur la question , et chaque année, que ce soit les résolutions annuelles reconduisant les mandats de la MINURSO ou les déclarations du Secrétaire général des Nations Unies soumis au Conseil de sécurité, tous mettent en avant le blocage dans lequel se trouve le conflit, appelant les parties à la négociation en vue d’une solution politique au conflit.
Confrontée à une situation de statu quo totale, l’ONU, dans l’impasse, a accueilli avec bienveillance le projet d’autonomie pour le Sahara occidental soumis par le Royaume chérifien en avril 2007. Le projet consacre la souveraineté marocaine et se veut une alternative au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, solution définitivement écartée par Rabat. Sur la base d’une comparaison avec le modèle des autonomies espagnoles en vigueur, la proposition du Maroc prévoit un Parlement et un gouvernement autonome pour les habitants des provinces du Sahara occidental. Un partage de compétences serait mis en place entre le gouvernement national à Rabat et le gouvernement local au Sahara. La gestion des affaires sahariennes reviendrait au pouvoir autonome, quant aux affaires étrangères, et la défense, elles resteraient aux mains de Rabat. Ce plan élaboré avec l’aide du conseil des tribus sahraouies (CORCAS) crée en 1070 par Hassan II a été examiné par l’ONU qui a mis en avant la crédibilité de la solution marocaine, en rappelant toutefois que toute solution devrait être mutuellement acceptable, et devrait faire référence aux résolutions du Conseil de sécurité qui mentionnent le droit à l’autodétermination des populations locales. Le Front Polisario a immédiatement rejeté le plan marocain réfutant la consécration de la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara occidental, et a réitéré sa position favorable à un projet alternatif qui préserve le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Les entretiens informels menés depuis l’examen de la proposition marocaine entre 2009 et 2012 avec notamment les négociations de Manhasset n’ont abouti à aucune évolution dans la résolution du conflit. Les deux protagonistes ne se sont toujours pas résolus aux compromis, et n’ont donc pas réussi à se mettre d’accord sur une base de discussion dans le but d’entamer des négociations.
Le gel du conflit se veut durable en dépit des tentatives de la communauté internationale . Aujourd’hui, le conflit au Sahara occidental est bloqué et l’ONU ne peut que constater la situation de fait dans laquelle se trouve actuellement le territoire. Aucune autorité administratrice n’est reconnue par les Nations Unies, mais le Maroc est depuis 1976 présent sur 80% du territoire, administrant de fait la région du Sahara occidental avec pour ambition de l’intégrer au reste du territoire national.
Les Nations Unies ont par conséquence une très faible marge de manœuvre pour résoudre ce conflit, d’autant plus que les missions initiales de la MINURSO ont été réduites à la surveillance du cessez-le-feu et à la réduction des risques d’explosion des mines datant de la guerre entre le Maroc et le Front Polisario. Le conflit est donc bloqué durablement du fait de l’impasse du processus politique, des tensions constantes entre le Maroc et l’Algérie qui soutient diplomatiquement et économiquement le Front Polisario depuis le début de la crise, du fait d’une division de plus en plus accrue de la société sahraouie lasse de ce conflit, et de l’aggravation de la situation humanitaire dans les camps de réfugiés sahraouis dirigés par le Front Polisario au sud de l’Algérie. Ces différents aspects aboutissant à la non-résolution du conflit restent constants si ce n’est qu’ils s’aggravent chaque année qui s’écoule.
On les retrouve d’ailleurs tous conjugués en 2016 lors de la crise diplomatique sans précédent entre le Maroc et le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Kimoon.

Les derniers développements du conflit illustrent la situation de blocage de conflit

Les considérations politiques des différents acteurs du conflit empêchent la tenue de négociations et rendent difficile une sortie de crise potentielle. Les protagonistes campent chacun sur leur position. Le Maroc est pour l’autonomie de la région dans le cadre du respect de l’intégrité historique de son territoire, et le Front Polisario appuyé par le voisin algérien gardent l’autodétermination du peuple sahraoui comme principe cardinal dans la résolution du conflit. Les deux parties sont elles-mêmes bloquées dans leur proposition de sortie de crise en liant directement la légitimité de leur système politique à leur succès dans ce conflit. En effet, la politique marocaine de peuplement et de développement socio-économique rend inévitable la solution de l’autonomie pour le royaume qui ne cesse de surenchérir sur l’argument de l’intégrité territoriale dans la défense de son point de vu. Du côté des Algériens et des indépendantistes du Front Polisario, l’autodétermination ne peut être évincée de la solution pour le Sahara occidental. Pour l’Algérie, soutien indéfectible du Front Polisario et adversaire constant du Maroc au sein de la région, la défense du principe de l’autodétermination est indiscutable, car c’est ce processus qui l’a conduit vers l’indépendance en 1962. Aller à son encontre ce serait délégitimer son propre pouvoir politique . Les positions des acteurs s’expliquent par des raisons idéologiques et sont au fondement de leur engagement, ce qui rend inconciliable les points de vue des différentes parties. Une sortie de crise ne peut être envisagée si une des parties sort vaincue du conflit. Les protagonistes sont de fait enfermés dans une logique du tout gagnant ou rien.
La crise diplomatique entre le Maroc et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon en mars 2016 illustre la situation de léthargie dans laquelle se trouve le conflit. Aucune sortie de crise ne ressort, mais les tensions sont belles et bien persistantes entre les acteurs. La visite du Secrétaire général à Alger du 5 au 7 mars 2016 avait pour objectif de relancer les négociations pour la rés olution du conflit. Ban Ki-moon, alors en visite dans les camps de réfugiés près de Tindouf et à Bir-Lahlou (zone contestée et sous contrôle du Front Polisario), a provoqué la réaction du Maroc lorsque celui-ci a évoqué un « référendum sur l’autodétermination » et a utilisé le terme « occupé » pour parler de la présence du Maroc au Sahara occidental. Les paroles du Secrétaire général ont été vécues comme « une insulte » envers le peuple marocain pour Rabat, et comme « une ineptie juridique et une erreur politique grave » . Le Maroc a précisé qu’ « aucune résolution du Conseil de sécurité n’a utilisé une telle terminologie » . Le 13 mars 2016, une marche rassemblant plusieurs milliers de Marocains a été organisée par l’Etat marocain pour dénoncer la tenue des propos du Secrétaire général. La polémique n’a ensuite fait que prendre de l’ampleur. Le 14 mars, Ban Ki moon s’est plaint du « manque de respect » du Maroc envers sa personne et envers les Nations
Unies auprès du ministre des Affaires Etrangères marocain, M. Salaheddine Mezouar. Ce à quoi le Maroc a répondu en menaçant la stabilité du cessez-le-feu au Sahara occidental et en arrêtant sa contribution volontaire versée à la MINURSO.
Cette menace s’est associée du retrait de 83 membres dont 75 membres du personnel civil de la MINURSO présents au Sahara occidental. Ils ont été expulsés par le Maroc le 20 mars 2016. Cette situation de crise ouverte entre le Maroc et le Secrétaire général des Nations Unies s’est déroulée peu de temps avant le renouvellement du mandat de la MINURSO en avril par le Conseil de sécurité, et la remise du rapport annuel du Secrétaire général sur la situation au Sahara occidental, ce qui présageait de nouveaux rebondissements au sein du conflit. Le 29 avril 2016, après la médiation de pays membres des Nations Unies au Conseil de sécurité, les relations se sont apaisées. Le mandat de la MINURSO a été renouvelé pour uneannée supplémentaire, tout en demandant activement que la mission onusienne retrouve rapidement ses pleines fonctions afin de pouvoir assurer son mandat. Dès juillet, le Maroc a autorisé le retour de 25 membres de la composante civile de la MINURSO, et des négociations sont actuellement en cours pour le retour du reste du personnel expulsé.
Cette crise diplomatique de grande ampleur est symptomatique des tensions qui entourent la résolution du conflit au Sahara occidental. Aucune avancée n’a été enregistrée pour la résolution du conflit, en revanche la crise a occulté le débat sur la nécessité de trouver un règlement politique à la question sahraouie en rendant encore plus difficile l’exercice de médiation de l’ONU.
L’enjeu politique du Sahara occidental n’est plus à mettre en avant. Le blocage de la situation illustre la difficulté de faire avancer des négociations pour la résolution du conflit. Le conflit est actuellement pris en étaux entre une dynamique interne, car la question du Sahara occidental demeure une question de politique intérieure pour les acteurs concernés, et une dynamique internationale qui s’illustre au sein des organisations internationales. Cependant, la richesse de ce territoire ne réside pas uniquement en termes de pouvoir politique pour les acteurs de la région, elle est aussi de nature économique. Les ressources naturelles présentes au Sahara occidental représentent un enjeu économique non négligeable pour les acteurs du conflit. L’exploitation de ces ressources naturelles peut être perçue comme une source de revenus supplémentaire pour le Maroc et le Front Polisario.

Un territoire stratégique exploité pour ses ressources naturelles

Les 266 000 km qui composent le territoire du Sahara occidental sont riches en ressources naturelles. Malgré son aspect désertique , la région a la chance d’être bordée à l’ouest par l’océan Atlantique. Ces 1110 km de côtes lui assurent un accès maritime riche en ressources halieutiques. La séparation du territoire disputé en deux zones distinctes est issue de la guerre qui opposa le Maroc au Front Polisario dans les années 1970 et 1980. Elle donne lieu à deux administrations du territoire différentes, ce qui concerne également les richesses du sous sol. Le Maroc dispose de 80% du territoire du Sahara occidental, tandis que la RASD gouvernée par le Front Polisario contrôle les 20% restants. La RASD ne bénéficie d’aucun accès maritime à l’ouest du territoire. D’importantes ressources naturelles sont présentes sur ce territoire disputé, et constituent un enjeu économique pour les deux acteurs du conflit qui exploitent ces richesses comme ils l’entendent, alors qu’aucune souveraineté n’est reconnue sur le Sahara occidental au niveau international. Ainsi, à l’enjeu politique d’obtention de la souve raineté, s’ajoute un enjeu économique qui participe à l’aggravation de l’intensité conflictuelle au sein de la région et ce malgré le cessez-le-feu de 1991. La bataille diplomatique se situe donc également au niveau des richesses naturelles du Sahara occidental, celles-ci se caractérisant par leur nature hautement stratégique.

Le territoire du Sahara occidental, riche en ressources naturelles

L’enjeu stratégique de souveraineté sur le territoire du Sahara occidental n’en est que plus grand du fait de la richesse de la région en termes de ressources naturelles.
L’administration de fait du Sahara occidental, par le Maroc à l’ouest du mur de sable et de la RASD à l’est, est issue d’un conflit essentiellement politique. Toutefois les richesses naturelles présentes sur le territoire constituent une source d’activité hautement stratégique pour ces acteurs, donnant au confit une dimension économique importante. Ce chapitre a pour objectif d’identifier les ressources naturelles en présence sur le territoire du Sahara occidental. Deux ressources principales sont localisées sur le territoire disputé ; les ressources halieutiques et les ressources minières. Enfin, la région dispose également de potentialités énergétiques en matière d’hydrocarbures et d’énergies renouvelables qu’il convient de souligner également dans ce chapitre.

Les richesses halieutiques

Avec ses 1110 km de côtes bordant l’océan Atlantique, le territoire du Sahara occidental possède un espace de pêche potentiellement stratégique. Ces eaux sont d’ailleurs reconnues pour être parmi les plus poissonneuses du monde. Plusieurs espèces sont présentes au sein de cet espace maritime. Les petits pélagiques sont les espèces les plus abondantes dans les eaux du Sahara occidental. Ce sont des espèces de poissons vivants en surface ou en eaux peu profondes (sardines, maquereaux, anchois…). Les espèces démersales qui vivent à proximité des profondeurs de l’océan sont également présentes dans ces eaux. Ces espèces souvent dénommées « poissons blancs » ont une haute valeur marchande (cabillaud, lieu, merlu…). Egalement, les familles des thonidés et des sparidés (daurades) sont présentes dans les eaux bordant le territoire disputé. Enfin, le poulpe, espèce céphalopodière, est très présent au sud du territoire du Sahara occidental, près de Dakhla. La présence de ces différentes espèces au bord des côtes du Sahara occidental confère au territoire une attractivité économique certaine.
Les ressources halieutiques, c’est-à-dire les ressources naturelles vivantes aquatiques (végétales ou animales) constituent d’importantes ressources économiques stratégiques. Il faut considérer les ressources halieutiques comme étant des ressources naturelles aux fonctions essentielles pour l’humanité, car elles contribuent à la sécurité alimentaire mondiale. Dans un contexte de hausse démographique mondiale, les ressources alimentaires sont perçues comme des ressources stratégiques pour l’avenir. De plus, le contrôle de zones maritimes riches en ressources halieutiques représente de plus en plus un enjeu économique pour les Etats du monde, car la forte hausse de l’activité de la pêche mondiale depuis les années 1970 a entraîné une diminution importante des stocks halieutiques mondiaux. Certains pays dépendent de plus en plus des ressources de pêche issues de pays étrangers. C’est le cas de l’Europe par exemple. La richesse halieutique des côtes Atlantique du Sahara occidental représente donc un enjeu stratégique à l’échelle mondiale.

Les ressources minières

Les mines sont le deuxième type de ressources naturelles localisées sur le territoire du Sahara occidental. Une grande variété de minerais est représentée sur l’ensemble du territoire en question : fer, titane, manganèse, or, argent, cuivre, uranium, et sel. Toutefois, ces minerais seraient présents en assez faible quantité au Sahara occidental. Un type de minerai est quant à lui abondant et constitue la richesse du sous sol de la région, le phosphate. Ce minerai est présent à Boucraâ, à environ 130 km de Laâyoune, capitale marocaine des « Provinces du Sud » située sur le territoire disputé du Sahara occidental. La mine de « PhosBoucraâ » dont l’exploitation est active depuis sa découverte par les Espagnols en 1947 constitue un gisement important de phosphate. Le minerai extrait de la mine est également reconnu pour sa qualité. Les réserves de phosphate du Sahara occidental apportent une importante valeur ajoutée au territoire, et notamment au Maroc qui administre de facto le territoire sur lequel se trouve la mine. Le Maroc est un des plus grands producteurs et exportateurs de phosphate à l’échelle mondiale. Selon l’United States Geological Survey (USGS), le Maroc est en 2015 le deuxième producteur mondial de phosphate derrière la Chine en comptant la production issue du Sahara occidental.
Sa place au sein du marché de phosphate international est d’autant plus importante qu’il détient les deuxièmes plus grandes réserves mondiales prouvées à l’heure actuelle de phosphate, ainsi que les plus grandes réserves potentielles toujours en tenant compte des réserves localisées au Sahara occidental. Le Sahara occidental sous administration marocaine renferme environ 1,6% des réserves prouvées de phosphate au Maroc. Elles sont estimées à 1,1 milliards de mètres cubes . La présence de phosphate au Sahara occidental relève donc également d’un enjeu économique pour le Maroc qui consolide un peu plus sa position de principal producteur mondial de phosphate grâce aux ressources présentes sur le territoire disputé. Le Maroc associé aux Etats-Unis et à la Chine représente 2/3 de la production mondiale de phosphate en 2015 selon l’USGS. D’autre part, disposer d’un gisement de phosphate comme celui de Boucraâ relève d’un intérêt stratégique pour n’importe quel acteur économique. En effet, les gisements de phosphate sont rares et sont mal répartis dans le monde, alors que l’utilisation du minerai est quant à elle hautement répandue, et devrait l’être encore plus dans les années à venir . Le phosphate est principalement utilisé dans l’agriculture. Il intervient dans la fabrication des engrais. C’est une ressource naturelle hautement stratégique car sa consommation est en augmentation dans le secteur agricole mondial du fait d’un
contexte de hausse démographique mondiale nécessitant des besoins alimentaires croissants. Enfin, l’augmentation déjà effective de la consommation de phosphate dans le monde va rendre d’autant plus stratégique les sites possédant de grandes réserves de ce minerai, comme l’est la mine de Boucraâ.

Des potentiels énergétiques en hydrocarbure et en énergie renouvelable

Des travaux de recherche et d’analyse géophysique, ainsi que des études sismologiques menés par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du côté marocain et par la SADR Petroleum and Mining Company du côté de la RASD ont été réalisés au Sahara occidental qui ont mis en avant des potentiels pétroliers sur le territoire disputé. Ces potentiels se situent aussi bien sur terre (« onshore ») qu’en mer (« offshore »).
D’autre part, le Sahara occidental est un territoire qui offre d’importantes potentialités pour le développement des énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire et l’énergie éolienne. Dans un contexte mondial où le marché énergétique mondial est poussé au développement des énergies renouvelables, le territoire du Sahara occidental apparait dès lors comme un terrain attractif pour le développement de ce segment de l’industrie de l’énergie. Le territoire a l’avantage d’avoir de vastes espaces disponibles, et bénéficie d’un ensoleillement direct fort et presque continu. Le soleil représente un potentiel d’énergie inépuisable au Sahara occidental, ce qui confère à ce territoire une attractivité certaine dans l’implantation de centrales solaires, ainsi que pour le développement de projets en énergie éolienne, notamment le long des côtes du Sahara occidental ou en offshore.
Ce potentiel ne peut laisser indifférent le Royaume du Maroc qui a développé ces dernières années un vaste programme national en matière d’énergies renouvelables.
Le territoire du Sahara occidental regorge de ressources naturelles par la présence de ses eaux riches en poissons, ses minerais, ses potentialités en matière énergétique grâce à la présence de pétrole, à la force de son soleil et de ses vents.
On peut également rajouter les potentialités de son sol et de ses étendues vides qui constituent un terrain propice pour l’agriculture. Ce potentiel a été rapidement reconnu par le Maroc, pays administrant de fait 80% du territoire du Sahara occidental, à travers l’implantation de nombreuses serres visant au développement d’une agriculture intensive hors-sol de produits maraîchers.

L’exploitation des richesses au Sahara occidental

Les diverses ressources naturelles présentes au Sahara occidental constituent un enjeu économique au sein du conflit qui oppose le Maroc au Front Polisario. Les deux acteurs souhaitent tous les deux bénéficier des richesses que leur apporterait une souveraineté entière sur le territoire du Sahara occidental.
Aucun des deux acteurs n’exerce légalement à l’heure d’aujourd’hui une souveraineté sur ce territoire reconnu comme non-autonome par les Nations Unies. Toutefois, les ressources naturelles du territoire du Sahara occidental font actuellement l’objet d’une exploitation par le Maroc d’un côté, et par la RASD dirigée par le Front Polisario de l’autre. Rappelons que le Maroc, en tant qu’Etat administrant de fait 80% du territoire du Sahara occidental, est le principal acteur de l’exploitation des ressources naturelles au Sahara. Le Front Polisario par l’intermédiaire de la RASD, présent sur les 20% restants du territoire, manque de moyens pour exploiter le territoire sous son contrôle, et communique peu sur le sujet. Dans ce chapitre, il s’agit de montrer comment sont gérées les ressources naturelles du Sahara occidental à travers les différents acteurs intervenant sur son sol dans le but d’exploiter et de commercialiser ces richesses.

L’implantation des entreprises marocaines

Le Maroc est le principal acteur de l’exploitation des ressources naturelles au Sahara occidental. Il administre 80% du territoire, et plus particulièrement les 1110 km de côtes qui composent le territoire à l’ouest. Après s’être installé dans la région dans les années 1980, le Maroc a favorisé l’implantation des entreprises marocaines sur ce territoire.
La première entreprise marocaine sur le territoire du Sahara occidental est celle de Phosboucraâ, filiale à 100% de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP). Phosboucraâ est l’entreprise qui exploite la mine de phosphate près de la ville de Boucraâ. L’entreprise a été crée par les Espagnols en 1962 lorsqu’ils étaient les administrateurs de ce territoire. Lorsque l’Espagne a quitté le territoire en 1976, elle a légué au Maroc 65% des titres de l’entreprise. Elle l’a associé à l’exploitation de la mine de Boucraâ en partenariat avec l’Entreprise Publique Espagnole (INI) qui exploitait jusque-là seule la mine de phosphate. A partir de 2002, l’OCP acquiert la totalité des parts de Phosboucraâ, soit les 35% restants. Dès lors, elle est l’unique entreprise qui exploite les ressources en phosphate du Sahara occidental. Phosboucraâ extrait entre 2,5 et 3 millions de m 3 par an . A ce rythme là, la région bénéficie encore d’environ 300 ans de réserves exploitables en phosphate. Malgré des réserves importantes, il faut préciser que l’exploitation de la mine n’a pas toujours été bénéfique au Maroc. En effet, en 2002 lorsque le Maroc obtient l’ensemble des parts dans l’entreprise de Phosboucraâ, celle -ci engrangeait depuis plusieurs années des pertes financières. Le Royaume via l’OCP a lancé un important plan d’investissements à long terme afin de renforcer la viabilité et la compétitivité de l’entreprise. Ce n’est seulement que depuis quelques années que la mine est devenue rentable financièrement. Enfin, Phosboucraâ associe son activité extractive au développement de la région par l’intermédiaire de plans socio-économiques diversifiés via les actions de sa fondation crée en 2014.

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Table des matières

INTRODUCTION 
PARTIE 1. LE CONFLIT AU SAHARA OCCIDENTAL, UN DES PLUS VIEUX CONFLITS TERRITORIAUX NON RESOLUS DANS LE MONDE
PARTIE 2. UN TERRITOIRE STRATEGIQUE EXPLOITE POUR SES RESSOURCES NATURELLES
PARTIE 3. LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES AU SAHARA OCCIDENTAL, UN ENJEU ECONOMIQUE AU SERVICE DU POLITIQUE
CONCLUSION 
BIBLIOGRAPHIE 

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