La fièvre jaune est une maladie mortelle

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Caractéristiques épidémiques

On distingue classiquement :
– un cycle selvatique ou sauvage (forestier), entre moustiques et singes, essentiellement enzootique, touchant accidentellement l’homme lorsque celui-ci pénètre dans cet écosystème ; il s’agit de cas sporadiques ou de petites épidémies limitées à quelques cas
– une fièvre jaune urbaine, lorsque la densité humaine est plus importante, que des vecteurs domiciliaires ou péri domiciliaires sont présents en abondance et que le virus est introduit dans cet écosystème. On court alors le risque d’épidémies explosives, massives et meurtrières. Aedes aegypti est le vecteur essentiel.
– Il existe une forme intermédiaire ou rurale, caractérisée par des épidémies limitées : dans ce type de transmission, des moustiques semi-domestiques infectent les singes et l’être humain. Le contact accru entre l’être humain et les moustiques infectés entraîne l’augmentation de la transmission et de nombreux villages isolés dans une même zone peuvent connaître des flambées simultanées. C’est le type de flambée le plus courant en Afrique.

facteurs de risque

La distribution des cas en fonction de l’âge dépend du statut immunitaire de la population au moment de l’épidémie. En l’absence d’immunité naturelle ou conférée par vaccination de la totalité de la population, la distribution des cas suit la distribution démographique.
Les conditions climatiques influent sur l’abondance du vecteur et sur la période d’incubation (temps écoulé entre l’absorption de sang et le moment de la première transmission) qui est plus brève quand la température s’élève.
Les activités humaines peuvent également modifier la transmission en agissant sur l’abondance de l’hôte, négativement (chasse aux singes et donc diminution du nombre d’hôtes ; contrôle des moustiques) ou positivement (création de gîtes de ponte artificiels ; surpopulation). Les pratiques forestières telles que l’abattage des arbres peuvent accroître la transmission en provoquant des contacts plus étroits entre l’homme et les moustiques vivant dans la canopée.

RAPPEL VIROLOGIQUE

La fièvre jaune est une arbovirose, due à un flavivirus, le virus amaril est un virus à ARN monocaténaire sphérique, de 40 nm de diamètre composé de 10 862 nucléotides avec des variations antigéniques selon les souches africaines ou américaines. Cinq souches ont été identifiées selon la région : Afrique de l’Ouest, Afrique de l’Est, Afrique centrale, Angola et West Africa I/II. Ce virus est très thermosensible. Il peut se répliquer dans de nombreuses cellules, comme les cellules de rein de singe, de porc, de hamster ou de poulet.

SIGNES

Signes cliniques : c’est une hépatonéphrite aiguë.

En dehors des quelques formes frustes ou asymptomatiques, la fièvre jaune évolue en trois phases:
 L’incubation dure 3 à 5 jours,
 Après apparaissent brutalement une fièvre à 39 °C, des frissons, des céphalées, des myalgies et arthralgies et une sensation de malaise général. Le faciès vultueux, avec une rougeur du cou et du thorax, une langue rouge vif et une conjonctivite ont fait donner le nom de « phase rouge » ou « masque amaril » à ce stade de la maladie. Les urines sont rares et foncées (oligurie). Puis survient une rémission trompeuse pendant environ 24 heures avec une régression des symptômes.
 Mais la fièvre réapparaît vite, monte à 40 °C, avec un ictère cutanéo-muqueux (« phase jaune »), des vomissements avec des éléments de sang digéré (sang noir ou « vomito negro »), une oligurie et un syndrome hémorragique : hématémèse, méléna, épistaxis, gingivorragies, métrorragies, pétéchies.

Signes biologiques

bilan d’orientation

Les examens biologiques révèlent une
-leucopénie avec lymphocytose,
-hémoconcentration (élévation de l’hématocrite) et
– élévation des transaminases.

bilan de certitude

Le diagnostic repose sur :
– l’isolement du virus et son identification et/ou la mise en évidence d’antigènes viraux à partir du sang d’un malade ou d’un prélèvement d’autopsie, en se rappelant que la virémie est précoce et de courte durée,
– la mise en évidence de l’apparition, puis de l’augmentation des anticorps spécifiques dans le sérum du malade au cours de la maladie ; ils apparaissent à la fin de la première semaine de la maladie et certains persistent plusieurs années ; La recherche d’IgM est réalisable par des techniques d’électrosynérèse ou d’inhibition de l’hémagglutination ou de séroneutralisation, de fixation du complément ou par immunocapture par Mac-Elisa.
– la recherche de lésions histologiques pathognomoniques de la fièvre jaune sur un fragment de foie prélevé sur le cadavre ; elle révèle l’abondance de cellules inflammatoires, une dissociation trabéculaire, avec une stéatose hépatique, une nécrose des hépatocytes (dégénérescence hyaline avec formation des corps de Councilman)
– la mise en évidence du virus par des techniques de biologie moléculaire. En tout début de maladie, la recherche de virus dans le sang ou le LCR est possible par inoculation au souriceau, au moustique, par culture cellulaire ou par PCR ou mieux RT-PCR (polymerase chain reaction avec utilisation de la transcriptase inverse).

Traitement préventif

lutte contre les vecteurs

En zone tropicale, où une transmission est possible :
 les malades doivent être isolés sous moustiquaires
 il faut éliminer les possibilités d’arrivée de moustiques : suppression des gîtes larvaires (vieux pneus, vieux récipients, carcasses de voitures), protection des réservoirs d’eau (récipients bien fermés, grillages fins et en bon état) et pulvérisations d’insecticides.

surveillance

L’efficacité de la prophylaxie repose sur une surveillance attentive et constante de la zone endémique au niveau :
– des populations de singes (éventuelles épizooties en Amérique du Sud) ;
– des populations de moustiques (indice habitation, indice récipient, indice de Breteau pour Aedes aegypti) ;
– des malades suspects de la fièvre jaune, dont il convient d’assurer le diagnostic.

vaccination :La souche Rockefeller 17 D

La souche dont sont issus les vaccins actuellement utilisés dans le monde est la souche 17D, développée dans les années 1930 par Max Theiler, de la fondation Rockefeller. son génome ne diffère de la souche sauvage que par 48 nucléotides du génome de la souche sauvage Asibi. Caractéristiques du vaccin.
Le vaccin est préparé sur oeufs de poule embryonnés exempts de virus de leucose aviaire. Certains fabricants du vaccin ajoutent à la préparation un stabilisant qui confère au vaccin une relative thermostabilité autorisant l’acheminement des vaccins à température ambiante vers les centres de vaccination. Une dose de vaccin doit contenir au moins 1 000 dl50 (doses létales pour 50 % des souris).
L’OMS n’autorise que trois vaccins pour les campagnes de vaccination à grande échelle en Afrique et en Amérique du sud. Le vaccin disponible en France est le 17D-204, Stamarilᴿ commercialisé par le laboratoire Sanofi pasteur.
Mode d’administration, schéma de vaccination, conservation.
Le vaccin est administré par voie sous-cutanée (ou plus rarement par voie intramusculaire) à la dose de 0,5 ml (dosage unique). Il se présente sous forme de poudre. La suspension vaccinale est reconstituée en injectant le solvant dans l’ampoule ou le flacon de poudre.Après reconstitution, le vaccin doit être administré immédiatement (présentation unidose) ou dans les six heures suivant sa reconstitution, à condition qu’il ait été conservé au réfrigérateur entre + 2 °C et + 8 °C (présentation multidose).La vaccination comporte une seule dose de vaccin.
Efficacité.
L’immunité protectrice apparaît dans les dix jours suivant l’injection.
Selon l’OMS une seule vaccination assure une protection à vie.
L’administration du vaccin antiamaril est contre indiquée avant l’âge de 6 mois et n’est fortement recommandée qu’à partir de 9 mois ; cette stratégie est motivée par la majoration dans cette tranche d’âge du neurotropisme de la souche vaccinale [9].
La vaccination est également nécessaire aux personnes voyageant en zone endémique, même pour une courte durée, et, à fortiori, y résidant. Elle peut également être exigée, même pour un simple transit, chez les personnes âgées de un an et plus non vaccinées dans une zone endémique.
La vaccination doit être inscrite sur un certificat international de vaccination ou de prophylaxie signé par le clinicien d’un centre de vaccination homologué (avec cachet officiel du centre) et précisant le numéro du lot de vaccin utilisé et la date de validité de la vaccination.
Effets indésirables.
Environ 16 % des sujets vaccinés peuvent présenter de légères réactions (de type douleur, érythème ou oedème) au site d’injection, et des céphalées. Dans moins de 10 % des cas, les réactions générales de type fièvre et myalgies peuvent survenir dans les deux à dix jours après l’injection. Ces effets transitoires disparaissent spontanément sans aucune séquelle.
Les réactions d’hypersensibilité immédiate (comme une éruption cutanée, de l’urticaire ou de l’asthme), tout comme des troubles neurologiques de type encéphalite, sont extrêmement rares, avec une incidence inférieure à un cas pour un million de doses.
Bien que rarissimes, des réactions postvaccinales sévères à type :
-de maladie post vaccinale viscérotrope ( yellow fever vaccine associated viscerotropic disease, YEL-AVD). De 1996 à 2006, on a signalé 16 décès dû au YEL-AVD [4,10]
-de maladie post vaccinale neurotrope (yellow fever vaccine associated neurotropic disease, YEL-AND), en considérant les cas rapportés depuis 1994, le risque de survenue semble compris entre 0,18 et 0,63 cas pour 100000 dose vaccinale. Chez les sujets âgés de 60 ans et plus, ce risque est estimé à 1,8 pour 100000 doses.

MATERIEL ET METHODE

Matériel

La recherche a été effectuée sur internet en septembre 2016, avec les mots clés suivants : fièvre jaune, épidémie de la fièvre jaune sans restriction de langage.
Les données obtenues ont été analysées pour retenir des articles détaillés dans la partie bibliographie

Méthode

La méthodologie a consisté en une synthèse et discussion d’articles.

RESULTATS

Situation épidémiologique

Angola

Entre le 5 décembre 2015 et le 4 août 2016, un total de 3867 cas présumés ont été signalés, dont 879 ont été confirmés en laboratoire.
Depuis le début de la flambée, l’ensemble des 18 provinces ont signalé des cas présumés, et des cas confirmés ont été notifiés dans 80 districts des 16 provinces.
Une transmission locale est avérée dans 45 districts de 12 provinces. La courbe épidémique montre que le nombre total de cas confirmés et probables a augmenté depuis début 2016 et a atteint un pic dans les semaines 8 et 9 (du 22 février au 6 mars). À partir de la semaine épidémiologique 23, le nombre des cas présumés et confirmés a diminué. Les provinces de Luanda et Huambo totalisent le plus grand nombre de cas signalés. Au 4 août 2016, 2022 cas (dont 487 confirmés, 55,5 %) ont été signalés dans la province de Luanda et 620 cas (127 confirmés, 14,5 %) dans celle de Huambo. Dans ces 2 provinces, les derniers cas confirmés ont été signalés en mai. Le groupe de population le plus touché est celui des garçons et adolescents âgés de 9 à 19 ans.

République démocratique du Congo (RDC)

Au 8 août, la RDC avait notifié un total de 2269 cas présumés. Sur les 1943 échantillons analysés, 74 cas ont été confirmés, dont 16 décès. Un examen des résultats de laboratoire obtenus en RDC a été mené et plusieurs cas signalés précédemment comme des cas de fièvre jaune confirmés en laboratoire ont été écartés compte tenu des antécédents de vaccination. Les cas confirmés ont été signalés dans 7 des 26 provinces.
Sur les 74 cas confirmés, on dénombrait 56 cas importés d’Angola, 3 cas de fièvre jaune selvatique, 12 cas autochtones, et 3 cas pour lesquels les investigations finales se poursuivent. Les 12 cas autochtones ont été signalés dans les provinces de Kinshasa (6 cas), du Kongo Central (2 cas) et du Kwango (4 cas), et les 3 cas de fièvre jaune selvatique proviennent des provinces du Bas Uélé, de Kasaï et de Tshuapa (un par province). Le groupe d’âge le plus touché est, chez les hommes, celui des 15-24 ans.

Vaccination systématique dans les zones endémiques

Pour pallier à cet état endémo-épidémique de la fièvre jaune, on devrait :
 Améliorer la couverture vaccinale en ce qui concerne les vaccins systématiques dans des zones d’endémie ce qui permettrait à chaque enfant de bénéficier d’une dose de vaccin anti amaril qui est protectrice.
 organiser des rattrapages dans de zones fortement exposées chez tous les individus n’ayant jamais reçus le VAA en dehors des contre-indications qui sont :
-les femmes enceintes, sauf au cours d’une flambée quand le risque d’infection est élevé;
-les personnes présentant des allergies graves aux protéines de l’oeuf; et
-les personnes présentant une immunodéficience grave due à une infection à VIH/sida symptomatique ou présentant des troubles thymiques

Contrôle de certificat de vaccination pour tout voyageur

Le certificat de vaccination doit être obligatoire pour tout voyageur en destination ou en provenance des zones d’endémie.
Ainsi, toutes les personnes ayant bénéficié de la dose fractionnée devront recevoir la dose entière au bout d’une année pour pouvoir être porteur d’un certificat de vaccination.

CONCLUSION

La fièvre jaune est une maladie mortelle, sans traitement spécifique jusqu’à nos jours; d’où plusieurs efforts devront être conjugués pour son éradication tout en mettant l’accent sur la vaccination seul moyen efficace et sûr pour éradiquer cette pathologie qui pose un réel problème de santé publique.
Le vaccin anti amaril incorporé dans les vaccins systématiques des programmes élargis de vaccination depuis 1988 dans les pays à forte endémicité, dont une dose administrée à l’âge de 9 mois attribue au bénéficiaire une immunité à vie.
Néanmoins plusieurs contraintes expliqueraient cette situation endémique dans certains pays d’Afrique et d’Amérique du sud où :
-règne une forte densité forestière et le caractère zoonose de cette pathologie
-règne une forte densité des populations qui pour la plupart n’ont jamais reçu le vaccin anti amaril.
-l’exploitation forestière fait partie des activités courantes
Ainsi au niveau national chaque pays doit :
-sensibiliser la population à adhérer à la vaccination,
-Aider le personnel médical à détecter le plus rapidement possible les cas suspects de fièvre jaune et les isoler jusqu’à la confirmation des analyses.
Les efforts ainsi fournis pour la lutte contre la fièvre jaune devront continuer tout en mettant l’accent sur la vaccination qui s’avère le seul moyen efficace, accessible et peu coûteux pour éradiquer cette pathologie.

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Table des matières

Introduction
I. Epidémiologie
I.1. données épidémiologique et distribution géographique
I.2. caractéristiques épidémiologiques
I.3. facteurs de risque
II. Rappel virologique
III. Signes
III.1. signes cliniques
II.2. signes biologiques
III.3. évolution et pronostic
IV. Traitement
IV.1. Traitement symptomatique
IV.2 Traitement préventif
IV.2.1. lutte contre les vecteurs
IV.2.2. surveillance
IV.2.3. vaccination
V. Matériel et méthode
V.1. Matériel
V.2. Méthode
VI. Résultats
VI.1.Situation épidémiologique
VI.1.1.Angola
VI.1.2. République Démocratique du Congo
VI.2. Riposte
VI.2.1. Vaccination
VI.2.2. Lutte antivectorielle
VII. Commentaires
Conclusion
BIBLIOGRAPHIE

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