La descendance d’Allain Renan et de Renée Le Maistre 

PIERRE RENAN (1707-1750/1759) ET ANNE PERROT (1708-1773/)

La famille d’Anne Perrot

Anne est issue, comme son futur mari, d’une famille de laboureurs. Son père, Ollivier Perrot est baptisé à Plourivo le 22 juin 1672 . Il est le fils de Guillaume Perrot et de Marie Dauphin. 1 Ollivier se marie avec Olive Le Gonidec le 12 novembre 1701 à Plourivo2. L’acte de naissance de sa femme se trouve dans les lacunes des registres mis en ligne par les archives départementales des Côtes d’Armor. Un autre document est en revanche disponible à propos de l’union de ce couple : une dispense de consanguinité obtenue le 7 novembre 1701 par l’évêque de Saint-Brieuc Louis-Marcel de Coëtlogon (1648-1707)3. La dispense est transcrite à la page suivante.
Cette dispense nous apprend que les mariés sont apparentés au quatrième degré selon le droit canon.
C’est à dire qu’ils possèdent des arrières-grands-parents en commun. Je n’ai pas exploré cette parenté ici car elle s’éloigne de la généalogie qui nous intéresse.

La descendance de Pierre Renan et d’Anne Perrot

Anne Perrot, née en 1708, fille d’un laboureur se marie avec Pierre Renan né en 1707, lui aussi fils de laboureur. La cérémonie a lieu à Plourivo le 31 juillet 17328. Une fille et six garçons naîtront de cette union :
• Janne Renan, née le 27 mars 1734 et baptisée le 28 mars à Plourivo, son parrain est Yves Guisot et sa marraine Jeanne Perrot9.
• Olivier Renan, baptisé le 27 avril 1736 à Plourivo, son parrain est Olivier Perrot, sans doute son grand-père, et sa marraine Marie Lamouroux10.
• Allain Renan, né le 23 juillet 1738 et baptisé le 24 juillet à Plourivo, son parrain est son oncle Allain Renan (1698) et sa marraine est Marie Perrot (1724), sa tante alors âgée de 14 ans11. Allain continue la généalogie, il est est le père de Philibert Renan (1774-1828) et le grand-père d’Alain Clair Renan (1809-1883), d’Henriette Renan (1811-1861) et d’Ernest Renan (1823-1892).
• Louis Renan, né le 12 janvier 1741 et baptisé le 13 janvier à Plourivo, son parrain est Louis Perrot et sa marraine est Françoise Goanffic, sa tante, femme d’Allain Renan (1698)1.
• Gilles Renan, né le 14 août 1744 et baptisé le 15 août à Plourivo, son parrain est Gilles Renan (qui signe) et sa marraine est Jeanne Le Treust.
• Jacques Renan, né le 28 décembre 1746 et baptisé le lendemain à Plourivo, son parrain est “honorable garçon” Jacques Beauverger et sa marraine “honorable fille” Anne Ferger3. Je mentionne ici les circonstance de sa mort qui ne peuvent que trouver des échos avec celle de son neveu Philibert une dizaine d’année plus tard. Son acte de décès est dressé le 10 juin 1807 à Plourivo4. Il a été retrouvé noyé dans la grève de Kerbignet, dans le Lédano, à Plounez. Il était interdit pour cause de folie depuis dix-huit ans. Son permis d’inhumation est donné par le juge de paix du canton de Paimpol le 9 juin 1807.
• François Renan, né et baptisé le 9 août 1750 à Plourivo, son parrain est François Le Grand et sa marraine est Nouvelle Renan (1737), fille d’Allain Renan (1698), sa cousine5. François Renan meurt jeune, à l’âge de 10 ans le 28 mai 1761 à Plourivo où il est inhumé le lendemain.
Pierre Renan et Anne Perrot sont plusieurs fois qualifiés de “ménagers” dans les actes de baptême de leurs enfants. Le ménager est un petit propriétaire situé sous le laboureur. Il travaille sa propre terre et ne loue pas sa force de travail. Il peut posséder quelques bêtes de somme. Il produit assez pour nourrir sa famille mais pas assez pour revendre un excédent significatif au marché et ainsi dégager plus de revenus.
Si chaque fois que son métier est notifié dans les actes, il est nommé ménager, Pierre Renan est également cité comme “matelot” dans l’acte de baptême de son fils Louis en 1741. Il est donc le premier des Renan dont on peut assurer qu’il pratique une double activité agricole et maritime. Ses frères Yves (1696) et Jacques (1711) sont cités comme étant des laboureurs. Son frère Allain (1698) est comme Pierre cité comme ménager la plupart du temps et comme matelot en 1740 lors du baptême de son fils Yves Renan7. Vu la récurrence des relations de parrainages avec la famille d’Allain Renan dans les baptêmes des enfants de Pierre Renan et d’Anne Perrot, on peut supposer que ces deux frères exploitaient les mêmes terres et étaient associés dans une activité maritime de pêche ou de ramassage de goëmon par exemple. Cette double activité de la part des deux frères suppose une proximité avec le Trieux. Un habitat prêt du Lédano semble alors parfaitement plausible et logique, la mémoire familiale que rapporte Renan semble juste. Nous verrons ultérieurement que des documents notariés confirment cette hypothèse.
Recentrons nous maintenant sur le couple que forment Pierre Renan et Anne Perrot. Il m’a été impossible de trouver un acte de sépulture pour Pierre. Les mariages de ses enfants permettent de délimiter la période de son décès. Il est encore vivant en 1750 lors du baptême de son dernier enfant François Renan (1750-1761), mais il est déjà décédé lors du mariage de sa fille Jeanne avec Charles Le Gonidec en 1759 . Pierre Renan est donc mort entre 1750 et 1759. Je ne pense pas 1 qu’une lacune des registres de Plourivo permette d’expliquer l’absence d’acte de sépulture. Soit Pierre Renan est mort dans une autre paroisse, ou bien, ce qui est l’hypothèse à privilégier selon-moi, son métier de marin s’est révélé fatal, il aurait disparu en mer durant les années 1750. L’absence d’acte de sépulture serait expliqué par l’absence du corps de Pierre Renan.
Contrairement à ce qui est répandu sur Geneanet, le décès d’Anne Perrot ne peut avoir eu lieu le  mars 1766 à Plourivo car elle est la marraine de sa petite fille Anne Charlotte Renan en 1773 à Tréguier.
Je n’ai pas trouvé d’acte de sépulture dans les registres de Plourivo pour Anne Perrot après 1773.

ALLAIN RENAN (1738-1818) ET RENÉE LE MAISTRE (1738-1785)

Allain Renan, fils de Pierre et d’Anne Perrot est le premier Renan à s’éloigner des bords du Trieux pour aller tenter sa fortune à la jonction du Jaudy et du Guindy, dans le port de Tréguier. À 33 ans, il semble suffisamment reconnu au sein de la communauté trégoroise pour épouser la demoiselle Renée Marguerite Le Maistre, fille d’un marchand négociant de Tréguier et petite-fille d’un notaire royal.

La famille de Renée Le Maistre

Renée Marguerite Le Maistre est issue d’une importante famille de Tréguier. Son père est Charles Le Maistre et sa mère est Renée Le Maistre. Ils se sont mariés dans la paroisse de Saint-Vincent de-l’hôpital à Tréguier le 3 février 17282. Cet acte de mariage ne donne pas la filiation des mariés et comme je n’ai pas retrouvé d’acte de baptême pour Renée Le Maistre je ne peux pas donner le nom de ses parents. En revanche, Charles Le Maistre est un négociant né le 5 juin 1704 dans la paroisse Saint-Vincent-del’Hôpital de Tréguier et baptisée le 8 juin dans la même paroisse. Il est le fils de Rolland Le Maistre, notaire royal et procureur fiscal du chapitre à sa mort le 21 mars 17134, et d’Isabeau Le Jean. Ce rôle de Procureur fiscal du chapitre est très important, Rolland Le Maistre officiait alors comme représentant du chapitre de la cathédrale de Tréguier.
Je suis parvenu à trouver quatre enfants nés du couple formé par Charles Le Maistre et Renée Le Maistre.
• Guillaume Louis Le Maistre, né le 22 janvier 1729 dans la paroisse Saint-Vincent-de-l’Hôpital de la ville de Tréguier et baptisé au même endroit le 23 janvier 1729. Son parrain est Guillaume Symon et sa marraine est Louise Ouin5. Il se marie à Tréduder avec Noëlle Carré6. Il est sous brigadier à Port- Blanc, Penvenan.
• Honoré Marie Le Maistre, né le 29 décembre 1734 dans la paroisse Saint-Vincent-de-l’Hôpital de la ville de Tréguier et baptisé au même endroit le 30 décembre 1734. Son parrain est Honoré Grignon et sa marraine est Elizabeth Lonnier . Il se marie avec 1 Marie Yvonne Le Moullec.
• Renée Marguerite Le Maistre, née le 15 janvier 1738 dans la paroisse Saint-Vincent-de-l’Hôpital de la ville de Tréguier et baptisée au même endroit le 17 janvier de la même année. Son parrain est René Duval et sa marraine est Marguerite Couston2. Elle continue la descendance qui nous intéresse et se marie avec Allain Renan, maître de barque en 1771.
• Marie Renée Le Maistre, née le 13 octobre 1745 et baptisée le 15 octobre de la même année à Plestin-les-Grèves. Son parrain est René Ollivier de la Fruglay et sa marraine est Marie Le Gallec3. Elle meurt très jeune le 10 juillet 1746 et est inhumée le lendemain à Plestin-les-Grèves4. Je n’ai pas trouvé d’autres enfants nés de ce couple qui semble s’être installé à Plestin-les-Grèves durant les année 1740. Peut-être ont-ils eu d’autres enfants ailleurs, mais je ne les ai pas trouvés. Il semble peu probable que d’autres enfants aient vécu car seulement deux sont cités dans les actes de décès de leurs parents. Les deux membres du couple meurent à Tréguier, le passage à Plestin les-Grèves était donc temporaire.
Renée Le Maistre est la première à mourir le 25 novembre 1773 dans la paroisse de Saint Sébastien-dela- Rive à Tréguier. Elle est enterrée dans le cimetière Saint-Fiacre à Tréguier le 26 novembre 17735. Sont alors cités au moins deux fils “les m[essieu]rs Le Maitre ses enfans”, sa fille Renée Le Maistre et son beau fils “Sieur Renan”. Sont également cités “Yves et Madelon Le Maitre” qui semblent être plutôt être ses frères et soeurs.
Charles Le Maistre meurt une dizaine d’années plus tard le 2 avril 1784 dans la paroisse Saint Sébastiende- la-Rive à Tréguier. Il est, comme sa femme, inhumé dans le cimetière Saint-Fiacre le 3 avril 17846.
Les seuls enfants cités sont alors Honoré Le Maistre et Renée Le Maistre. Cet acte semble bien confirmer le nombre d’enfants que j’ai retrouvé. Guillaume Louis Le Maistre est peut être décédé entre 1773 et 1784.
Honoré Le Maistre est cité dans l’acte précédent comme étant procureur, comme son grand-père Rolland Le Maistre. Guillaume Louis Le Maistre est sous-brigadier à Port-Blanc. Charles Le Maistre est marchand-négociant de Tréguier. La famille avec laquelle s’allie Allain Renan, fils d’un ménager, démontre une certaine ascension sociale. Les Renan quitte définitivement le travail de la terre. Ce Renan quitte son clan et ses terres ancestrales du bord du Trieux pour faire fortune à Tréguier par la pêche et le commerce. Cette aventure sera, nous le verrons, couronnée de succès.

La descendance d’Allain Renan et de Renée Le Maistre

Allain Renan, rappelons-le est né le 23 juillet 1738 à Plourivo, sur les bord du Trieux. À une certain époque il traverse le fleuve pour entrer dans le Trégor et s’installer à Tréguier, ville distante d’une douzaine de kilomètres. Il épouse le 30 juillet 1771 dans la paroisse Saint-Sébastien-de-la-Rive de Tréguier Renée Marguerite Le Maistre . Ce mariage se révélera très court et les archives 1 ne permettent de relever la naissance que de deux enfants.
• Anne Charlotte Renan, née le 4 février 1773 dans la paroisse Saint-Sébastien-de-la-Rive de Tréguier et baptisée le lendemain2. Son parrain est Charles Le Maistre, son grand-père maternel, et sa marraine est Anne Perrot, sa grand-mère paternelle. Elle meurt très jeune, le 1er juin 1774 dans la paroisse Saint-Sébastien-de-la-Rive et est inhumée le lendemain dans le cimetière Saint Fiacre de Tréguier3.
• Philibert François Renan, né et baptisé le 7 avril 1774 dans la paroisse de Saint-Sébastien-de-la- Rive de Tréguier. Son parrain est Philibert Louis de Parthenay, échevin de Tréguier, et sa marraine est Françoise Olivier4. Il continue la descendance des Renan. Renée Marguerite Le Maistre meurt à l’âge de 47 ans dans la paroisse de Saint-Sébastien-de-la-Rive de Tréguier le 22 mai 1785, elle est inhumée le lendemain dans le cimetière Saint-Fiacre5. Allain restera en deuil durant deux années avant de se remarier avec Marie Le Saint.

La descendance d’Allain Renan et de Marie Le Saint (1768-1806)

Allain Renan et Marie Le Saint se marient le 2 octobre 1787 à Coatréven6. Marie est née et baptisée le 9 octobre 1768 à Coatréven7 et est la fille de Guillaume Le Saint et de Françoise Tilly. De ce nouveau mariage, Allain a eu dix enfants de Marie. Mais peu d’entre eux atteindront l’âge adulte.
• Pierre Marie Renan, né et baptisé le 3 juillet 1788 dans la paroisse Saint-Sébastien-de-la-Rive. Son parrain est son frère Philibert François Renan et sa marraine est Marie Querhervé8. Il est l’oncle Pierre dont parle Renan dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse. Il deviendra marin et finira sa vie comme mendiant. Nous lui consacrerons une partie un peu plus loin.
• Renée Renan, née et baptisée le 11 avril 1790 dans la paroisse Saint-Sébastien-de-la-Rive de Tréguier. Son parrain est François Joseph Lasbleiz, notaire et procureur (beau-père de Manon Feger, future femme de Philibert Renan). Sa marraine est Renée Corlouër.

Le patrimoine d’Allain Renan à Tréguier

Le départ de Plourivo et l’installation d’Allain Renan à Tréguier peut se placer à la toute fin des années 1760 et au tout début des années 1770. En effet, il semble déjà bien intégré à la bourgeoisie trégoroise lors de son mariage avec Renée Marguerite Le Maistre le 30 juillet 1771 à Tréguier. Celle-ci est la fille du négociant Charles Le Maistre (1704-1784), lui-même fils du notaire et procureur fiscal du chapitre de la cathédrale de Tréguier, Rolland Le Maistre (†1713). Le frère de Renée est Honoré Le Maistre (°1734), aussi notaire et procureur à Tréguier. L’analyse des informations contenues dans les registres paroissiaux et les registres d’État Civil permettent déjà de dessiner le statut social d’Allain Renan, alors annoncé comme maître de barque.
En cherchant dans des documents un peu plus divers on réussit à trouver la trace de cette famille à Tréguier et on peut aussi parfois disposer de chiffres précis. René d’Ys mentionne plusieurs documents que je n’ai pas réussi à retrouver aux archives car les informations qu’il fournit sur ses sources sont parfois vagues. Il mentionne souvent les Archives départementales des Côtes-du Nord sans plus de précision. Il cite par exemple les procès-verbaux d’un vol de 150 sols commis durant la nuit du 30 janvier 1777 dans la boutique d’Alain Renan et Renée Le Maistre . Cet acte est utile 1 pour connaître le lieu d’habitation et la nature exacte des activités de commerce du couple. Nous l’avons vu plus tôt, très longtemps Allain Renan a conservé son statut de capitaine de barque pour effectuer du cabotage, de la navigation de commerce, de la pêche et il s’était fait négociant avec sa femme. Le couple tenait alors une boutique “située au bas du Martray de cette ville et contre la cathédrale”.
Dans un autre document exploité par René d’Ys, un jugement de la prévôté de Tréguier du 28 septembre 1781, on apprend que Charles Le Maistre vit dans une “maison de la Grand’Rue vis-à vis de l’église Notre-Dame” dont le couple se servait comme entrepôt. René d’Ys cite encore un acte judiciaire du 20 mars 17793 dont on ne connaît pas la teneur mais qui prouverait que la soeur d’Allain, Jeanne Renan (°1734), l’aurait accompagné dans son installation à Tréguier. Voici donc ce que je peux dire de trois documents que je n’ai pas eu le temps de rechercher aux archives départementales des Côtes d’Armor avant d’être confiné.
Mais j’ai bel et bien visité ces archives et j’y ai tout de même retrouvé quelques documents concernant les grands-parents d’Allain Clair Renan. Les archives départementales des Côtes d’Armor disposent d’un fond familial classé par patronyme en série 2E. Il existe un dossier au nom de Renan portant la cote 2 E 514. Ce dossier renferme deux documents, dont un document notarié daté du 17 juin 1780 passé à Tréguier devant le notaire Maître Le Bouëc. Ce document est transcrit en Annexe 1 en fin de ce mémoire.
La maison décrite ci-dessus restera dans la famille Renan jusqu’à ce qu’elle soit transformée en musée en 1947. Il s’agit de la maison située aujourd’hui au 20 rue Ernest Renan où tous les enfants de Philibert et Manon Renan viendront au monde au début du XIXe siècle. L’achat de cette véritable maison d’armateur démontre la réussite financière d’Allain et Renée qui sont alors qualifiés de négociants. La vente est conclue pour un prix de 2 850 livres “que les sieur et demoiselle Renan ont réellement en nos présence comptés, audit sieur Charles Hello, en espèces d’or d’argent et autres monnoyes du cour de ce jour”. Si l’aspect extérieur a aujourd’hui bien changé avec l’intervention de certains travaux de restaurations (travaux que d’autres comme le professeur Jean Balcou qualifient de “défiguration”1), le plan général de l’édifice n’a pas ou n’a alors que très peu changé depuis la fin du XVIIIe siècle.
Allain Renan et Renée Le Maistre vont dès lors habiter cette maison parmi les plus belles de Tréguier et y tenir leur commerce. Une cave peut servir d’entrepôt, les pièces du rez-de-chaussée peuvent servir de boutique, celles du premier étage d’habitation et la tour donnant sur le jardin arrière offre un point de vue imprenable sur le port en contre-bas, mirador indispensable pour ce couple de négociants surveillant les départs et les arrivées de leurs cargaisons. Ce commerce semble survivre à la mort de Renée Le Maistre en 1785 et au remariage d’Allain avec Marie Le Saint. Cette dernière s’occupe de la boutique jusqu’à sa propre mort en 1806. Le fils unique du premier mariage, Philibert François Renan s’unit le dernier jour de 1807 avec Magdeleine Feger que tout le monde nomme Manon. Il est alors temps pour le futur grand-père de quitter sa demeure et de s’installer dans une autre de ses propriétés au bas de la rue des Bouchers (aujourd’hui rue Saint-André), tout près du port où il prend sa retraite de 1808 à sa mort en 1818.

Le rôle d’Allain Renan dans la Révolution

La période révolutionnaire a profondément marqué la ville de Tréguier, en particulier du point de vue de son statut de cité épiscopale. Au terme de cette période, après la fuite de son dernier évêque et l’exécution de certains de ses fidèles réfractaires aux nouvelles idées révolutionnaires, la ville ne retrouvera jamais son statut d’évêché, l’évêché du Trégor étant encore aujourd’hui réuni à celui de Saint-Brieuc.
Il faut rappeler que dans la nuit du 4 août 1789, les privilèges féodaux ont été supprimés, l’Église catholique n’existe alors plus en tant que corps politique. Par la suite, le décret de la Constitution Civile du clergé est adopté par l’Assemblée Nationale Constituante le 12 juillet 1790 . Ce décret 1 va bouleverser l’organisation ecclésiastique : le clergé régulier est supprimé, les évêques et les curés sont élus, les membres du clergé deviennent des agents publics rémunérés par l’État. De ce fait, les membres de ce clergé réorganisé doivent prêter un serment où ils jurent “d’être fidèle à la Nation, à la Loi, au Roi et de maintenir de tout [leur] pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le Roi” (Titre II, article 21 du décret du 12 juillet 1790).
En 1789, l’évêque de Tréguier était Monseigneur Augustin-René-Louis Le Mintier, âgé de soixante ans et occupant le siège épiscopal depuis le 30 avril 17802. Il exerce un pontificat dynamique, ce qu’illustre parfaitement l’élévation de la flèche de la cathédrale de Tréguier inaugurée en 1785. Le Mintier va se montrer tout à fait opposé aux idées révolutionnaires et particulièrement à la réorganisation civile du clergé. Cette opposition va lui valoir d’être convoqué devant le tribunal du Châtelet à Paris le 14 septembre 1790 où il sera finalement acquitté. Mais une fois rentré dans son diocèse il se retrouve face à la colère des révolutionnaires locaux qui viennent l’injurier jusque dans sa cathédrale. Il s’enfuit vers Jersey le 14 février 1791 accompagné par son valet de chambre Pierre Taupin. Allain Renan va se trouver mêler à une affaire concernant Ursule Terrier, la femme du valet de chambre de l’évêque.
Les événements qui suivent sont connus par un dossier de 10 pièces conservées aux archives départementales des Côtes d’Armor sous la cote 102 L 142. Ces pièces d’archive ont également été exploitées et résumée par Georges Le Nôtre en 19133. Elles illustrent le rôle qu’à eu la famille Renan et ses alliés dans la Révolution. Je place les photographies et les transcriptions des documents exploités en annexe 2 à la fin de ce mémoire.

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Table des matières

Remerciements 
Liste des Abréviations 
Introduction 
Partie I : Tréguier, ville épiscopale
I – Contexte géographique et fondation
II – Saint Yves et son culte
III – Tréguier à l’époque Moderne, un rôle religieux accru
IV – La Révolution et le XIXe siècle
Partie II : Les origines (XVIe-XVIIe siècles) 
I – Les Renan selon Renan
II – État des sources : les registres paroissiaux
III – Avant les Renan
A – Guillaume GELIN et Jehanne ou Olive LESTIC (années 1550)
B – Alain EZNAN († après 1613) et Marguerite GELIN (1557-1652 ?)
C – Maury FRIQUET dit RENAN (c.1585-1646/) et Marie EZNAN (°1590)
IV – L’origine d’un nom : Friquet ou Renan ?
Partie III : Le Clan Renan (1613-1818) 
I – Allain Renan (1613-1689) et Marguerite Le Gal (†1689)
A – Allain Renan et Levenez Le Roux (1621-1648)
B – Allain Renan et Peronelle Le Calvez
C – Allain Renan et Marguerite Le Gal (†1689)
II – Jan Renan (1651-1735) et Catherine Azenor (1670-1742)
A – La famille de Catherine Azenor
B – La descendance de Jan Renan et de Catherine Azenor
III – Pierre Renan (1707-1750/1759) et Anne Perrot (1708-1773/)
A – La famille d’Anne Perrot
B – La descendance de Pierre Renan et d’Anne Perrot
IV – Allain Renan (1738-1818) et Renée Le Maistre (1738-1785)
A – La famille de Renée Le Maistre
B – La descendance d’Allain Renan et de Renée Le Maistre
C – La descendance d’Allain Renan et de Marie Le Saint (1768-1806)
V – Des bords du Trieux à la ville de Tréguier
A – Trouver le berceau des Renan
B – La carrière du capitaine de barque
C – Le patrimoine d’Allain Renan à Tréguier
D – Le rôle d’Allain Renan dans la Révolution
Partie IV : La première faillite des Renan (1818-1828) 
I – Philibert François Renan (1774-1828) et Manon Feger (1783-1868)
A – La famille de Magdelaine dite Manon Feger
B – La carrière du capitaine au long cours
C – Deux autres anecdotes sur Philibert Renan
D – La descendance de Philibert Renan et de Manon Feger
II – La mort du capitaine Philibert Renan
III – Manon et la ruine
A – Les affaires du couple
B – Après la mort du capitaine
IV – L’oncle Pierre Renan (1788-1843)
Partie V : La seconde faillite des Renan 
I – Alain Clair Renan (1809-1883) et Fanny Lair (1812-1878)
A – La famille de Françoise Emilie Jeanne dite Fanny Lair
B – La descendance d’Alain Renan et Fanny Lair
II – Le frère failli (1854-1857)
III – Henriette Renan (1811-1861)
IV – Ernest Renan (1823-1892)
Partie VI : Les autres Renan 
I – Henri Isidore Renan (1845-1925)
A – Henri Renan et Françoise Ragot (°c.1852)
B – Henri Renan et Léontine Marie Amélie Girard (1855-1922)
C – La carrière de l’astronome
II – Henri François Renan (1876-1952)
A – L’activité militaire d’Henri François Renan
B – Henri Renan et Louise Claude Cavet (°1872)
C – Henri Renan et Germaine Roussanges (1896-1960)
D – Le divorce du pharmacien
Résumé de la Généalogie 
Bibliographie 
Sources 
Ouvrages 
Articles 
Annexes 
ANNEXE 1 : Achat de la maison de la Grand-Rue 
ANNEXE 2 : Documents révolutionnaires 
ANNEXE 3 : Documents sur la mort de Philibert Renan

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