La densification des zones urbaines de Saligny

La densité démographique française est deux à trois fois plus faible que celle de nos voisins italiens, allemands, belges ou anglais. Elle mesure un rapport entre la population et la surface au sol, ou un rapport entre le bâti et la surface au sol. La France est le pays de l’Europe qui a la plus forte croissance démographique, de sorte que la demande d’habitat reste soutenue. Lorsqu’une situation géographique devient avantageuse pour vivre et travailler, la nécessité d’accueillir les nouveaux arrivants est naturellement primordiale. Dans l’Ouest de la France, la Vendée est un département plutôt dynamique où les emplois manquent moins que dans la majorité du reste de l’hexagone. Ce département au littoral attrayant, est également dynamique en arrière pays. Le foncier y est plus abordable et les réseaux permettent facilement de parcourir les espaces. Dans ce cadre, le département est caractérisé par une progression démographique continue : sur 30 ans, entre 1968 et 1999, la Vendée a gagné 120 000 habitants soit une progression de 28% de sa population contre 17.7% au niveau de l’hexagone. Victime de son attractivité, la pression foncière s’accroit et les prix de l’immobilier grimpent. Entre 2000 et 2008, 71 689 logements ont été autorisés, de 63 à 77% en maisons individuelles. De plus, cet accroissement n’est pas terminé, à l’horizon 2015 la D.R.E.A.L. des Pays de la Loire évalue les besoins de logements de la Vendée à plus de 5 500 par an. Il convient de différencier les constructions vendéennes selon leur usage. La grande majorité des logements secondaires sont localisés à proximité du littoral. Le paradoxe est tel que depuis la loi Solidarité sur le Renouvellement Urbain de 2000, il n’y a jamais eu  autant d’étalement urbain ! L’observatoire de la ville indique que 60 000 hectares de terres agricoles disparaissent sous l’effet de l’urbanisation chaque année. En Vendée, les différents projets d’aménagement consomment en moyenne 1650 hectares de foncier par an, pour l’essentiel au détriment des espaces agricoles. Cette consommation est donc deux fois supérieure à la moyenne française !

Saligny, une commune attractive librement urbanisée

Une étendue bocagère à proximité des réseaux de transport

La situation
La commune de Saligny se situe dans la région des Pays de la Loire, au sein du département de la Vendée. Positionnée entre les Sables d’Olonne et Nantes, plus précisément à 15 minutes de la Roche sur Yon (Chef lieu du département), Saligny bénéficie d’une facilité d’accès aux réseaux routiers et ferroviaires. Ce vaste territoire s’étend sur 23.4 km², entre les communes des Lucs sur Boulogne et de Beaufou au Nord, de Belleville sur Vie à l’Ouest, de Dompierre au Sud et de Saint Denis la Chevasse à l’Est. Il est parcouru par un petit cours d’eau selon un axe Sud-Est, Nord-Ouest: la Boulogne. On identifie un territoire rural, vallonné et de bocage.

La commune est dotée d’un P.L.U. (plan de zonage en annexe page 60 de ce dossier) depuis 2005 sur lequel on identifie clairement le territoire. Le croquis de la page 11 synthétise ces données. Selon un axe Nord-Sud, la rocade et la voie ferrée imposent une limite franche entre le Nord Est urbanisé et le Nord Ouest agricole. La Boulogne et ses affluents, valorisés de part et d’autre par la communauté de commune Vie et Boulogne (carte page 9) forment un tracé sinueux du Nord au Sud permettant de distinguer là aussi, le bocage à l’Est des zones urbaines à l’Ouest. La Boulogne et ses affluents dessinent une coulée verte accueillant de la verdure au centre bourg de Saligny. Dans la courbe de la voie rapide (confère à la capture d’écran ci-dessous), selon un tracé rectiligne, l’ancienne route nationale traversant Saligny est longée par des entreprises, visibles depuis la voie rapide. Enfin, entre la rocade et la coulée verte, le bourg de cette commune forme un tissu pavillonnaire étendu sur 78 hectares. Deux taches urbaines organisées en village rue sont observables sur la route de Dompierre au Sud et celle de Saint Denis la Chevasse à l’Est.

Utilisation des sols

Au sein du bas bocage vendéen, les sols bruns de Saligny sont propices à l’agriculture. Le bourg ancien est situé sur un massif granitique creusé de part et d’autre par les affluents de la Boulogne. Cette rivière est mise en valeur par la communauté de communes Vie et Boulogne, qui incite les municipalités à créer des zones naturelles sensibles aux abords du cours d’eau. La topographie des lieux, impose de petites parcelles entourées de haies bocagères même après les remembrements qui ont réorganisé les terres des années 1970 à 2000. Les élevages bovins composent la majorité des polycultures produisant du lait et de la viande.

Historique de la commune

Cette commune était une paroisse très prospère de plus de 1200 habitants en 1639 quand fut construit le prieuré en face de l’église. A l’époque, le prieur de Saligny supervisait la paroisse de Belleville sur Vie, une commune limitrophe, qui ne comptait que 250 habitants, et disposait d’une dizaine de prêtres ou chapelains. Pendant la révolution, Saligny subit, comme d’autres paroisses, bien des dommages. Charette était à Saligny au mois de janvier 1794 quand il apprit la prise de Noirmoutier. Saligny est restée une commune rurale pratiquante comme le montre la photographie ci-contre. Le bourg n’a jamais été très vaste puisque la population était dispersée au sein des hameaux, il y a donc peu de traces d’anciennes constructions. La révolution industrielle française puis l’exode rural ont dépeuplé la commune passant de 1200 habitants en 1900 à 900 habitants en 1960. Les fermes trop petites divisaient les familles qui quittaient cette campagne en quête de travail. Ensuite, les nouveaux modes de déplacement et les dynamiques résidentielles ont fait de Saligny une commune bénéficiant d’une situation géographique valorisante. La proximité des réseaux routiers et l’étendue des terrains constructibles ont alors fait évoluer l’économie immobilière de la commune depuis un demi-siècle. Précédemment, suite à une période de relatif déclin démographique entre 1968 et 1975, cette commune avait connu une légère augmentation de sa population, avec un taux de croissance annuel régulier de +1,5 % jusqu’en 1999. Ensuite, la période 1999/2009 a traduit une forte attractivité avec un taux de croissance annuel qui a atteint 3,7%.

Patrimoine architectural

La richesse de l’histoire de ce haut lieu catholique est visible à travers quelques éléments du patrimoine architectural. Il est important de se pencher sur l’évolution de l’architecture de Saligny dans cette étude puisque nous souhaitons comprendre les manières d’habiter aujourd’hui. A quelques pas de l’église figurent quelques bâtiments témoignant de l’activité passée dans le hameau :
➢ Maison forte et tour de la Rochette (11, rue de la Croix aux Pages). Cette construction, positionnée en surplomb du ruisseau de la Grange (un affluent de la Boulogne) est une figure incontournable pour pénétrer dans l’ancien petit centre bourg de la commune. Elle indique la rupture entre les constructions du XVI-XVIIème siècle et les lotissements des années 80.
➢ L’ancien Prieuré (2, rue du Portallet) date de 1639. Ce bâtiment témoigne de l’activité religieuse importante au XVIIème.
➢ L’église style néogothique reconstruite dans les années 1859-1888 a été financée pour l’essentiel par le Conseil de fabrique (organisme des paroissiens pour gérer leur église) et une aide de l’Etat, la commune n’ayant pu apporter de financement. Les pierres de granite nécessaires au nouvel édifice, ont été extraites de petites carrières ouvertes dans les rochers autour du bourg. Certains matériaux ont été récupérés de l’ancien édifice, devenu trop petit. Elle est un symbole de la commune, un repère dans l’horizon. Sous l’église, vers le ruisseau, fut creusée une imitation de la Grotte de Lourdes.

Afin de comprendre la manière de vivre dans cette commune, il est intéressant de comparer l’évolution des écoles primaire/maternelle, en accord avec les manières de vivre à chaque époque. On verra par la suite que cette analyse chronologique a des liens étroits avec la manière d’habiter. La première photographie date de 1913, date de création de cet établissement. L’école élémentaire catholique imposait une séparation entre les élèves filles et garçons. Cette bâtisse privée catholique abritait les enfants de la commune. Elle comprend un rez-de-chaussée et un grenier. On y accédait par des chemins en terre depuis la campagne. Elle existe toujours mais elle est aujourd’hui mixte et pourvue d’un parking automobile. Des enfants en classe de maternelle y étudient également. La seconde est l’école publique du Sablier du frêne. Aujourd’hui transformée en centre de loisirs et pôle d’accueil des associations salignaises, elle est composée d’une maison à étage et d’un bâtiment plus moderne économe en énergie, réalisés dans les années 2000. Ce dernier est de plain pied, sur la partie droite du dessin. Enfin, la nouvelle école du Sablier du frêne, achevée en 2012 fait état d’une architecture très moderne. Le toit terrasse accentue la faible hauteur du bâtiment de plain pied. Un parking à double voies permet aux parents de venir chercher leurs enfants en voiture en effectuant peu ou pas de créneaux. Ainsi, les écoles sont de plus en plus basses, avec un accès de plus en plus facile par la voiture. Lorsque l’on compare les deux dernières constructions de l’école du Sablier du frêne, l’emprise du bâtiment est quasiment identique. En revanche, les parties récentes de ces bâtiments ont pour volonté d’économiser l’énergie qui coûte cher aux collectivités. Voyons à présent le lien étroit avec les espaces habités.

En ce qui concerne les espaces résidentiels, cette commune s’insère dans un cadre typiquement vendéen. Les bâtiments ayant moins de 50 ans sont essentiellement de plain pied, les plus anciens comprennent au moins un étage. Quelques bâtiments hauts remarquables (R+2) sont des anciennes maisons bourgeoises. Ces constructions droites, dressées en cœur de bourg s’étendent sur une faible superficie de sol. Elles sont en pierre, surplombées d’une couverture en ardoise et de larges cheminées, s’était un signe de distinction, de richesse lorsqu’elles furent construites dans les années 1900. Les photos anciennes que l’ancien maire de la commune a fournies en page 39, indiquent que l’on accédait à ces maisons par d’étroites ruelles. Les autres maisons hautes étaient celles des agriculteurs qui stokaient leurs denrées à l’étage, au sec.

Parmi les résidences plus récentes, on trouve essentiellement des maisons de plain pied, quelques unes ont un sous sol. Construites en parpaing crépi, elles abritent généralement trois à quatre chambres, un salon, une cuisine, une salle de bain, un débarras et un garage. Généralement d’une superficie de 100 à 150 m², elles sont couvertes d’un toit en tuiles et parfois d’une cheminée. Les terrasses, qu’il est important d’observer dans ce dossier, apportent un lien entre l’intérieur de la bâtisse et le jardin qui est primordial. En général située sur la partie arrière des maisons, la terrasse permet une jouissance privative de son tènement. En Vendée, les constructions sont traditionnellement sans étage, cela fait partie de la culture des habitants et de l’identité du territoire. Aujourd’hui ce critère est maintenu afin de garantir l’accès aux logements par les personnes à mobilité réduite.

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Table des matières

Introduction
I. Saligny, une commune attractive librement urbanisée
A. Une étendue bocagère à proximité des réseaux de transport
B. La gestion d’une commune active
C. Un patrimoine foncier sous pression
II. Les espaces de la densification
A. Pourquoi les gens viennent-ils à Saligny ?
B. Quels sont les espaces densifiables ?
C. Les limites et obstacles actuels à la densification
III. A quelle vitesse la commune va-t-elle engager le mouvement de densification ?
A. Quels scénarios la commune peut elle envisager ?
B. Quelle est l’utilité de faire évoluer l’urbanisme aujourd’hui ?
C. Combien de temps la commune pourra-t-elle accueillir de nouveaux habitants au sein de ses parties urbaines existantes ?
D. L’évolution nécessaire du S.Co.T. et du P.L.U.
Conclusion
Bibliographie et sitographie
Index des sigles
Annexes

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