LA CROISSANCE DES LARVES DE CYPRINUS CARPIO

Morphologie

   La carpe est un Vertébré aquatique caractérisé par des mâchoires articulées, un corps hydrodynamique, une respiration branchiale et une articulation particulière de la colonne vertébrale (Anonyme, 2004). Elle se présente comme un poisson fuselé, avec de fortes nageoires, de larges branchies. Cyprinus carpio se reconnait facilement des autres espèces par la présence de quatre barbillons. Les deux barbillons antérieurs sont courts et grêles et les deux autres postérieurs sont plus longs et épais (Vivier, 1972). Les différents types de carpes se distinguent par leur morphologie externe en particulier la disposition et la présence ou non des écailles:
• La carpe écailleuse: Elle est de couleur brun-doré ou argenté avec un éclaircissement sur le ventre. Elle est totalement couverte d’écailles.
• La carpe miroir : Il a quelques grandes écailles de tailles irrégulières placées au niveau de la ligne dorsale, de la ligne latérale et au niveau de l’attache des nageoires ventrales et anales. Le reste du corps est dénudé.
• La carpe cuir : Le poisson est dépourvu d’écaille, sauf éventuellement quelques-unes le long de la ligne dorsale. Sa peau qui rappelle celle du cuir, d’où son nom.
• La carpe linéaire : Elle est caractérisée par la présence d’une ligne d’écailles le long de la ligne latérale.
• La carpe Koï: Elle appartient à l’une ou l’autre des quatre variétés citées ci-dessus, mais, elle est vivement colorée. On dénombre au moins 125 variétés de carpes Koï (Cf. Fig. n°1).

Biologie et écologie

► Comportement : Ces poissons sont dotés d’une faculté d’adaptation liée à leur instinct défensif. En été, par les grosses chaleurs, l’activité des carpes est surtout nocturne. La carpe se nourrit principalement de ce qu’elle récupère sur le fond. Quand les températures baissent, les fonctions physiologiques se ralentissent, de même que les besoins vitaux (Anonyme, 2004).
► Alimentation : La Cyprinus carpio est omnivore, aux mâchoires sans dents mais avec des dents pharyngiennes (Randriamiarisoa et al, 2000). Elle se déplace toutefois entre deux eaux ou encore à la surface pour se nourrir. En hiver, dès que la température de l’eau est inférieure à 8°C, l a carpe recherche les zones profondes (plus chaudes), où elles se rassemblent en grand nombre (Anonyme, 2004).
► Maturité sexuelle : Elle dépend davantage de la taille du poisson que de son âge mais, en général, les carpes deviennent matures à partir de deux ou trois ans pour les mâles et trois ou cinq ans pour les femelles en France. A Madagascar, les mâles sont matures à partir de leur première année et les femelles à partir de leur deuxième année (Lorgeoux, 2010).
► Reproduction : La carpe pond une fois dans l’année tandis qu’une femelle de Tilapia Oreochromis niloticus peut pondre 8 fois par an (Lacroix, 2004). Une femelle bien mature peut pondre de 100.000 à 200.000 œufs par kg de poids vif (Rabelahatra et al, 1992). Les œufs sont très petits. Ils mesurent 1,25 mm à 1,5 mm de diamètre (Vivier, 1972). La sex-ratio est de 2 à 3 mâles pour une femelle. Les mâles fécondent les œufs énergiquement. Pour la reproduction en milieu naturel, les carpes communes frayent en groupe dans les zones fraîchement inondées des lacs et des rizières. La femelle, suivie de près par un ou plusieurs mâles, libère une petite quantité d’œufs qui sont aussitôt fécondés par la laitance du mâle et les œufs fécondés se collent aux herbes. La frayère dure jusqu’à ce que tous les œufs aient été déposés (Rabelahatra et al, 1992). Chez la carpe, la femelle pond des œufs collants. Dans la nature, elle dépose ses œufs sur la végétation aquatique (APDRA, 2009). Barnabé (1991) a mentionné que le surpeuplement des reproducteurs en bassin réduit généralement la fécondité des femelles. La carpe se reproduit essentiellement au début de la saison chaude, de septembre à décembre (Randriamiarisoa et al, 2000). La carpe et le carassin doré peuvent s’hybrider et donner des individus stériles nommés « carpe de Kollar ». Ces poissons, aux caractères intermédiaires, sont très résistants et ont une croissance moins rapide que la carpe (Lorgeoux, 2010).
► Croissance : A l’éclosion, les larves de la carpe commune mesurent entre 4,8 et 5 mm (Ranson, 2003). Par contre, les larves de Tilapia Oreochromis niloticus à l’éclosion mesurent de 5 à 7 mm et pèsent environ 1,2 à 3 mg (Lacroix, 2004). La croissance des carpes est variable, elle dépend avant tout de la qualité de l’eau et de la nourriture. La croissance est ralentie par une concentration importante d’individus. Une forte densité favorise le nanisme. La Cyprinus carpio a une croissance optimale à une température d’eau de 23 à 25°C (Rabelahatra et al, 1992). Elle peut atteindre jusqu’à 40 kilogrammes pour un mètre vingt de longueur total. Mais, tous les poissons n’ont pas les capacités génétiques pour atteindre cette taille. En dessous de 10°C, elle hiberne et cesse de s’alimenter. Elle ne grossit plus du tout (Rabelahatra et al, 1992).
► Anatomie : Le squelette de la carpe comprend le crâne, la colonne vertébrale, les appendices osseux soutenant les branchies ou les opercules, les arrêtes et les nageoires (Anonyme, 2004). L’appareil digestif de la carpe débute par la mâchoire est articulée de façon à pouvoir avancer la bouche lors de la prise de nourriture (Anonyme, 2004). La bouche est petite et sans dent, protractile portant 4 barbillons. Une fois broyée, la nourriture quitte le pharynx et atteint l’œsophage. Puis, elle passe directement dans l’intestin. Il est à noter que la carpe ne possède pas d’estomac proprement dit (Anonyme, 2004). L’appareil respiratoire commence lui-aussi par la bouche (Anonyme, 2004). Les opercules sont développés, épais et leur rebord permet de fermer complètement la cavité branchiale. Les branchies sont composées de lamelles abondamment irriguées de sang (Ballintijn, 1985). Les narines n’accomplissent qu’une fonction olfactive puisqu’elles ne sont pas reliées à la cavité orale ni aux voies respiratoires (Anonyme, 2004). La taille du cerveau n’est pas très importante bien qu’elle ait le plus gros cerveau parmi les poissons d’eau douce. La carpe a des capacités que connaissent tous les biologistes (Anonyme, 2004). La circulation du sang est commandée par le cœur qui se trouve juste derrière les branchies. Son activité est liée à la température de l’eau. Lorsque l’eau atteint moins de 5°C, le pouls se contente de quelques battements (Anonyme, 2004). Les reins sont reliés au système circulatoire et ont pour fonction de filtrer le sang (Anonyme, 2004). L’appareil reproducteur chez les mâles comprend deux formations blanchâtres, une de chaque coté, placées dans la cavité abdominale. Pour les femelles, il est composé de deux ovaires de couleur jaunâtre qui grossissent énormément pendant la période de reproduction. Les ovaires laissent apparaître un gonflement de l’abdomen du poisson (Anonyme, 2004). La vessie natatoire (ou vessie gazeuse) est divisée en deux chambres. C’est un organe situé entre l’intestin et la colonne vertébrale. C’est un sac membraneux relié à l’œsophage par un canal pneumatique jouant un rôle hydrostatique et qui permet au poisson de se situer dans la profondeur voulue (Anonyme, 2004). Elle permet aussi au poisson de se maintenir en équilibre lorsqu’il se déplace. Elle est aussi utile pour le sens auditif de la carpe. Dans ce cas, la vessie joue un rôle de caisse de résonance et les vibrations amplifiées sont transmises ainsi jusqu’à l’oreille (Anonyme, 2004). Pour le système nerveux c’est dans la partie supérieure du cerveau que se trouvent les lobes olfactifs chargés de la perception chimique des odeurs (par les narines). Dans la partie inférieure du cerveau se trouve le sac vasculaire qui sert à percevoir les variations de profondeur (Anonyme, 2004). Au niveau de la zone médiane, on trouve les lobes optiques reliés aux yeux. En fin, c’est dans la partie postérieure qu’est situé le cervelet qui coordonne les mouvements et l’équilibre du poisson (Anonyme, 2004). Les Carpes ont les cinq organes de sens qui sont: le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe et la vue (Anonyme, 2004). Les différentes parties de l’anatomie de la carpe peuvent être schématisées par la figure suivante.

Reproduction artificielle

   Dans ce cas, l’induction de la ponte est réalisée par l’injection d’hormone au niveau de la nageoire pectorale du poisson femelle. Billard (1995) a proposé deux injections successives pour déclencher la ponte. La désinfection de la plaie créée la piqûre doit être faite immédiatement après. L’opération de mise en ponte commence par l’anesthésie des géniteurs femelles. Une fois anesthésiée, la femelle reçoit la première injection d’hormone préalablement calculé en fonction de son poids vif. 12 heures après, une deuxième injection d’hormone est nécessaire pour déclencher la ponte. Après les injections d’hormone, les géniteurs femelles sont stockés dans un étang prévu à cet effet. Les œufs sont par la suite prélevés par massage de l’abdomen du géniteur femelle. Les spermes et les œufs sont mélangés dans un liquide de fécondation. Le mélange est agité régulièrement afin d’éviter que les œufs s’agglutinent. En effet, pour un meilleur décollement des œufs, on ajoute, dans le mélange, le liquide de décollement. Le mélange est ensuite laissé pendant une heure de temps avant de récupérer les œufs bien décollés et de les mettre dans les bouteilles d’incubation.

Densité de mise en charge par bac ou étang

   La densité de mise en charge des bassins dans la station CEFFEL d’Antsirabe (A, B, C, E, F, G) est maintenue identique pour tous les bassins, soit de 50 larves par mètre carré. Dans les étangs n°1 et n°2 à Mahazina Betafo, la densité de mise en charge est aussi maintenue identique. Mais, elle est faible par rapport à celle de la CEFFEL d’Antsirabe, soit 8 larves par mètre carré.

Paramètre d’élevage

   Par manque de matériel, seule la température a fait l’objet d’un suivi journalier. L’évolution de ce paramètre durant la production larvaire dans les deux stations est fournie aux figures n°5 et 6 ci-a près. A la station d’Antsirabe, la température moyenne maximale enregistrée est de 24,5°C. Celle de moyenne minimale est de 20, 7°C. En effet, selon la figure 5, il a été constaté la diminution plus ou moins régulière de la température moyenne depuis la première semaine jusqu’à la troisième semaine. Pour le bassin A par exemple, la température moyenne de la première semaine a atteint 23,5°C. Elle descend par la suite à 22,5°C durant la deuxième semaine et 21,5 °C pendant la troisième se maine. Elle a affiché une augmentation assez marquée jusqu’à 24, 5°C à la qua trième semaine. L’évolution de la température moyenne dans les 5 autres bassins est presque identique à celle du bassin A. En général, les variations de la température moyenne enregistrées restent encore dans les normes proposées par Rabelahatra et al, (1992) de 20–24°C. La température moyenne maximale à Betafo est 24°C e t celle minimale est de 22,5°C. Dans l’ensemble, les températures mo yennes enregistrées à Betafo sont légèrement plus élevées que celles de la station d’Antsirabe. En plus, l’écart obtenu est faible à Betafo (2,5°C) pa r rapport à celui d’Antsirabe (4,5°C). Quoiqu’il en soit, l’étang n° 2 est un peu plus froid par rapport à l’étang n°1. La présence d’ Azolla sp en surface est probablement à l’origine de ce refroidissement (Dadandy, 2009). Cependant, les valeurs enregistrées restent dans les normes proposées par Rabelahatra et al (1992).

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DE L’ASSOCIATION APDRA, PROBLEMATIQUES ET ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE SUR LA CARPE COMMUNE 
1.1 – Présentation de l’association pisciculture et développement rural Afrique antenne Madagascar ou APDRA 
1.1.1 – Historique du projet
1.1.2 – Résultats attendus
1.1.3 – Lieu de recherche
1.2 – L’élevage de la carpe commune : problématiques et aperçu bibliographique de l’exploitation
1.2.1 – Problématiques
1.2.2 – Données bibliographiques sur la carpe commune
1.2.2.1 – Position systématique de la carpe
1.2.2.2 – Origine et distribution de la carpe
1.2.2.3 – Morphologie
1.2.2.4 – Biologie et écologie
DEUXIEME PARTIE : MATERIELS ET METHODES 
2.1 – Matériels utilisées 
2.2- Méthodologie 
2.2.1 – Méthodologie de mise en ponte
2.2.1.1 – Reproduction artificielle
2.2.1.2 – Reproduction semi-artificielle
2.2.2. – Méthodologie de la production d’alevins
2.2.2.1 – Bassins utilisés
2.2.2.2 – Densité de mise en charge par bac ou étang
2.2.2.3 – Méthode de nutrition
2.2.2.4 – Suivi des paramètres d’élevage
2.2.2.5 – Méthodologie de comptage
2.2.2.6 – Méthode statistique
TROISIEME PARTIE : RESULTATS ET DISCUSSIONS 
3.1 – Résultats des essais sur la reproduction 
3.2 – Etude comparative des aliments proposés 
3.2.1 – Paramètre d’élevage
3.2.2 – Croissance pondérale et en longueur des alevins
3.2.2.1 – Croissance hebdomadaire des alevins à Antsirabe
3.2.2.2 – Croissance hebdomadaire des alevins à Betafo
3.2.2.3 – Croissance hebdomadaire en longueur des alevins
3.2.3 – Taux de survie
CONCLUSION ET SUGGESTIONS

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