La crémation, nouveau rite en France

 La crémation, nouveau rite en France

Même si la crémation est autorisée en France depuis le début du XXème siècle, ce n’est que vers les années 1980 que cette pratique se développe dans le pays. Dans un premier temps il est nécessaire de comprendre à qui s’adresse cette pratique. En effet ce rite funéraire n’est pas toléré par toutes les religions. A la fin du XIXème siècle la religion catholique a interdit cette pratique. Mais d’autres religions sont allées dans ce sens. Parmi les 3 religions du Livre, aucune autorise cette pratique à part l’Eglise catholique qui révisera sa position en 1963. Les chrétiens orthodoxes quant à eux interdisent aussi la crémation.

L’islam interdit la pratique dans le Coran, car c’est une pratique qui ne respecte pas le corps et ce dernier doit l’être même après la mort: « ce qui fait souffrir un vivant peut aussi faire souffrir un mort ». Le laisser intact permet aussi lors de la résurrection d’avoir un corps sans aucune séquelle faite après le décès de la personne.

Le judaïsme interdit l’incinération car cet acte serait une « désacralisation de l’oeuvre création de Dieu ». Dans la religion juive il est important en cas de décès de rendre le corps à Dieu dans l’état. La crémation s’oppose ainsi à l’inhumation car il détruit le corps de la main de l’homme donc en contradiction avec les rites funéraires juifs.

La religion chrétienne est mitigée en fonction des différents courants ainsi seul le catholicisme et les chrétiens orthodoxes ont interdit cette pratique. L’Eglise catholique a cependant révisé sa position en 1963. En effet, l’Eglise « accorde funérailles chrétiennes à ceux qui ont choisi l’incinération de leur corps, sauf s’il est évident qu’ils ont fait ce choix pour des motifs contraires à la foi chrétienne ». Cet accord de la religion catholique permet un essor de la crémation en France. En effet, même si les français ne sont plus des pratiquants (seulement 7% de la population se dit pratiquant) on peut ainsi retrouver près de 80% des décès sur le territoire qui ont une cérémonie à l’Eglise.

On peut ainsi remarquer la très forte augmentation de la crémation sur le territoire français. En effet on passe de 5000 crémations en 1980 pour près de 172 000 en 2012. Le territoire doit s’équiper de ces services afin de répondre à cette demande grandissante de la part de la population française. Ces 5000 crémations pouvaient alors être gérées par seulement 9 crématoriums mais aujourd’hui ce sont près de 153 établissements qui permettent d’assurer cette pratique en constante augmentation. Aujourd’hui le taux de crémation se rapproche des 32% et prévoit encore une augmentation jusqu’à une stabilisation à près de 50% pour l’inhumation et 50% en faveur de la crémation.

Différentes études ont été commandées par les grandes agglomérations notamment la Ville de Paris. Ainsi depuis 2008, ces études essayent de comprendre les perceptions des français à propos de leurs funérailles. On remarque que la crémation reste le rite funéraire préféré par une majorité des français soit près de 53% (Source Ipsos 2013 -Sondage effectué pour les Services Funéraires de la Ville de Paris sur un échantillon de 1009 personnes, représentatif de la population française âgée de plus de 15 ans.) pour 47% d’inhumation. Cette préférence peut notamment s’expliquer par rapport à la religion et à leur pratique. En effet les personnes pratiquantes ont une préférence très marquée pour l’inhumation avec une cérémonie religieuse transitionnelle tandis que les athées et non croyants penchent très fortement vers la crémation. Les personnes croyantes mais non pratiquantes tendent de plus en plus vers la crémation où l’on peut voir que 51% des sondés par Ipsos songent à l’inhumation et 49% à l’incinération. Cependant entre 2008 et 2013 on retrouve une chute de 5% d’inhumation au profit de la crémation.

Ce sondage met aussi en évidence le facteur de l’âge. Pour la ville de Paris il est mis en évidence une préférence pour la crémation des personnes ayant plus de 35 ans avec plus de 56%. Au contraire de la pensée générale où les jeunes seraient plus attirés par la crémation, ici les résultats nous montrent que les jeunes (moins de 35 ans) seraient plus attirés vers l’inhumation avec près de 54% des réponses. Les idées reçues que l’on peut avoir sur ce sujet serait qu’au contraire les jeunes seraient plus attirés vers la crémation alors que les personnes plus âgées seraient en faveur de l’inhumation dans une optique plus conservatrice et religieuse. Mais il semblerait que le choix des personnes changent en fonction de leur âge et « de la vision qu’ils peuvent avoir de leur corps ». En effet les jeunes auraient une dévalorisation beaucoup plus faible de leur enveloppe corporelle au contraire des « seniors ».

De plus l’étude met en avant le coût des funérailles et de la contrainte que cela peut laisser à la famille et aux proches. Même si la crémation augmente pour le choix de ses propres obsèques, l’inhumation reste préférable pour une personne qui nous est proche. L’inhumation permettrait d’avoir un travail de deuil moins douloureux car le corps ne serait pas détruit. Pour les croyants, plus de 75% choisissent l’enterrement traditionnel pour leurs proches tandis que pour les non-croyants la crémation reste favorite mais atténuée par rapport au choix personnel. Ici le choix économique n’est pas prononcé étant donné que cela revient à la famille proche voire même au défunt qui aurait prévu ses funérailles avant la mort. Au même titre que pour le choix de ses propres funérailles les jeunes restent favorable à l’inhumation pour leurs proches tandis que les personnes âgées opteraient à 57% pour une incinération. Cette augmentation est très récente car en 2010, l’étude montrait que seulement 50% des sondés de plus de 60 ans seraient favorable à une crémation tandis qu’en 2008, le même sondage en annonçait seulement 35%. Les sondés se rassemblent tous sur un même point, quel que soit l’âge, la pratique religieuse mais aussi le choix d’obsèques. Il est très important que les funérailles soient accompagnées d’une cérémonie, religieuse ou non, soit près de 77% pour l’organisation d’une cérémonie pour quelqu’un qui leur est proche tandis que pour ses propres funérailles on retrouve 75% des personnes interrogées.

La crémation, un processus à respecter 

La crémation est une pratique où l’on retrouve plusieurs étapes allant du décès jusqu’à la gestion des cendres. Ces étapes ou rites de passages permettront par la suite d’évaluer les besoins pour la mise en place d’un crématorium sur un territoire. En effet chaque étape nécessite un passage dans une localisation particulière.

La première étape consiste, après le décès, à entreposer le corps dans une chambre funéraire. Cet équipement est destiné à recevoir les défunts. Les corps pourront ainsi être placés dans un salon où la famille pourra se recueillir mais aussi dans une salle où la température est régulée pour une meilleure conservation du corps jusqu’à la mise en bière. La chambre mortuaire quant à elle, correspond à un équipement que l’on retrouve dans les établissements de santé tels que les hôpitaux ou cliniques. Ici seront placés les corps des personnes décédées dans l’emprise de l’établissement en question. A partir de cette chambre funéraire le corps du défunt peut être acheminé vers une chambre funéraire que l’on peut notamment retrouver dans un crématorium si le choix de la famille se pose sur l’incinération.

La deuxième étape de ce rite funéraire est liée à la cérémonie. Elle peut être religieuse et donc avoir lieu dans un établissement religieux avant que le corps soit acheminé vers le crématorium. Cette cérémonie peut seulement être organisée d’une manière civile. C’est pourquoi il est nécessaire dans tout établissement de crémation, de mettre à disposition des familles une salle permettant ainsi l’accueil des proches mais aussi un moment de recueil sur la vie, les souvenirs, l’hommage du défunt. Ces salles permettent ainsi aux proches de faire une part de leur deuil dans un lieu spécifique avec la possibilité pour les familles d’organiser toute cérémonie de leur choix.

Après la cérémonie, le cercueil est scellé par un officier et ne pourra plus être réouvert. C’est alors que débute la crémation du défunt. Un four est préchauffé jusqu’à atteindre plus de 900°C. Une fois cette température atteinte le cercueil peut être placé au centre du four. Les flammes ne doivent pas toucher ni le corps, ni le cercueil. Ainsi sous l’effet de la chaleur que le corps s’immole pour en retrouver des cendres. Le corps entier ne se transforme pas directement en cendre. En effet les os ne peuvent pas être entièrement consumés, il seront donc broyés afin d’obtenir une poudre qui sera par la suite entreposée dans l’urne avec les cendres. Cendres qui auront un traitement particulier en fonction du désir du défunt ou de ses proches. Le processus de crémation peut durer plus d’une heure mais certains proches peuvent rester durant l’incinération du défunt.

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Table des matières

Introduction
Développement de la crémation
La crémation, son histoire
La crémation, nouveau rite en France
La crémation, un processus à respecter
Narbonne, un bassin de mort ?
Narbonne, localisation
Le bassin de mort narbonnais
Un crématorium pour Narbonne
Un établissement, un programme
Une mise en place
Un plan
Gestion de l’établissement
Conclusion
Bibliographie
Table des matières
Table des illustrations
Annexes

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