La créativité : une manifestation de l’imagination

Le développement de la créativité à l’école maternelle

Comme nous l’avons vu ci-dessus, durant de nombreuses années, l’école ne plaçait pas l’enfant dans une démarche de création mais l’encourageait plutôt à se conformer à la norme sociale : la copie d’œuvre ou d’image était mise en avant. Des auteurs des années 1970 critiquaient cette approche en soulignant notamment que « la fonction essentielle de l’école est d’assurer la continuité et la stabilité sociale par la transmission aux générations montantes des normes et techniques existantes applicables à l’avenir. Il ne faut pas s’attendre à la voir cultiver chez l’individu la créativité, l’initiative, la fécondité imaginative, la réflexion critique, tout ce qui pourrait contribuer à remettre en cause les valeurs traditionnelles, fondement de sécurité et de stabilité. »
Cependant, nous avons vu que depuis les années 1970, l’école tend à favoriser l’expression de la créativité des élèves et les place dans une démarche de création dont l’organisation et l’enseignement dépend des matières instruites.

Comment développer la créativité des élèves en arts visuels ?

La créativité des élèves nécessite un travail au quotidien de l’enseignant dont les actions peuvent être diverses et variées mais toutes tendant vers une objectif commun : développer la créativité.

La démarche de créativité en arts visuels

Au cours de cette sous-partie, nous allons étudier les différents éléments à travailler pour mettre en place la démarche de créativité en arts visuels à travers d’une part le rôle de l’enseignant et d’autre part, l’incidence des consignes.

Le rôle de l’enseignant

L’enseignant a un rôle primordial dans la mise en place de cette démarche de créativité de l’élève. Tout d’abord, son rôle se retrouve en amont de son temps de classe lors de son temps de préparation. En effet, chaque séquence d’arts visuels doit faire apparaître l’organisation matérielle de l’atelier et de la classe réfléchie en fonction de l’objectif et de la compétence à atteindre. Avant d’entamer une démarche de créativité, le matériel doit être rendue le plus disponible possible et l’organisation de l’espace doit être pensée pour que les élèves puissent laisser libre cours à leur imagination sans être perturbé. L’élève doit disposer des outils nécessaires pour effectuer plusieurs essais s’ils le souhaitent. Du nouveau matériel doit régulièrement être mis à disposition afin de susciter la curiosité et l’intérêt des élèves dans nos démarches.
Aussi, l’enseignant a un rôle important de part sa présence : en premier lieu, l’enseignant est présent en maternelle pour nourrir l’imaginaire des élèves. Cela peut se traduire par la lecture l’album, l’écoute musical, le visionnage de diapositive, la découverte d’oeuvres… Ces différentes sources doivent être présentes pour donner vie à son projet de créativité et aider les élèves à former leur propre réalisation créative.
En second lieu, au moment de la mise en œuvre de la séquence, l’enseignant devra laisser une grande place à l’expression, c’est-à-dire laisser une grande marge de liberté à l’élève, qui aura à sa disposition un matériel diversifié et disposera de l’espace nécessaire à sa démarche.
Les consignes données seront des consignes simples et ouvertes, laissant une large marge d’appréciation et d’interprétation à l’élève. Cela permettra la production d’œuvres originales, singulières et créatives.
Ensuite, l’enseignant pourra prendre un temps d’analyse pour permettre à l’élève d’expliquer le chemin de sa création, comparer les productions entre pairs, valoriser le travail de l’élève pour instaurer un climat de confiance dans la classe. En effet, le climat de confiance est essentiel à l’expression de la créativité de l’élève : un élève qui a peur de mal faire ne sera pas créatif et sera angoissé devant la tâche à accomplir. L’enseignant doit ainsi mettre en valeur les productions créatives pour que les élèves complexés et introvertis soient plus à même d’écouter leur imagination. Le respect du travail de l’autre trouve son importance dans ce domaine : le jugement de l’autre porte sur la production, et non sur la personne. A la suite de ce temps d’analyse, de nouveaux essais pourront être menés afin de déculpabiliser les élèves les plus timorés et de solliciter l’élève dans sa créativité.
Dans ce processus, nous pouvons remarquer que la consigne de départ est une consigne ouverte, laissant place à une grande liberté de l’élève. Cette liberté laissée à l’élève favorise-t-elle la créativité de tous ?

L’incidence des consignes et contraintes

Selon R. GLOTON et C. CLERO, une « éducation trop sévère, trop stricte, trop dirigée » nuit à la créativité et à l’esprit imaginatif des élèves. Des élèves formatés ne sont pas des élèves créatifs. Dans la démarche de création, la présence d’une consigne ouverte permet à l’élève d’imaginer et de créer sans avoir peur de sortir du cadre contraignant de la consigne. Mais cela peut aussi provoquer l’effet inverse : certains élèves n’arrivent pas à dépasser leur crainte de mal faire et préfère se trouver dans le cadre sécurisant de la consigne à respecter. Alors, donner une trop grande liberté aux élèves peut il nuire à la créativité de certains d’entres eux ? Faut-il mettre en œuvre des contraintes pour être plus créatifs ?
C’est ce qu’évoque Michel-Louis ROUQUETTE dans son ouvrage sur la créativité en précisant que « les règles, autant par ce qu’elles imposent que par ce qu’elles interdisent, constituent un guide indispensable, un moteur même pour la création véritable . » En effet, en l’absence de limite, l’enfant peut rapidement se perdre devant une consigne de travail qui lui laisse trop de liberté et ainsi ne pas arriver à produire ce qui est attendu de lui. Nous serons alors en présence de production pauvres, stériles ou recopiées… Pour ces élèves, la présence d’une ou plusieurs contraintes peut s’avérer utile afin de les orienter vers un champ de réponses multiples.
Enfin, l’imagination de l’élève peut être sollicitée par le biais de contraintes et non pas nécessairement de liberté dans la consigne comme le souligne aussi Philippe MEIRIEU dans son ouvrage « Apprendre… oui, mais comment ? ». Cette contrainte reste donc un moyen de guider les élèves dans leurs démarches afin de ne pas les perdre dans leur propre univers.
Ainsi, il est à l’enseignant de trouver un juste équilibre dans les consignes à donner en classe : la différenciation peut ici être mise en avant. Certains élèves riches en créativité n’ont pas l’utilité de la contrainte qui au contraire les inhiberaient. D’autres élèves plutôt introverti et conformés, peuvent se trouver perdu lorsque la consigne donnée est une consigne ouverte et se rassure par la présence d’une contrainte qui guiderait quelque peu leur recherche.
De plus, pour développer la créativité des élèves, l’enseignant doit nourrir l’esprit créatif de l’élève par une technique que nous appelons l’imprégnation par l’image.

Une imprégnation par l’image nécessaire à la démarche créative

Selon Daniel LAGOUTTE, la notion d’imprégnation désigne « le processus éducatif par lequel, grâce à des conditions favorables de l’environnement, un état d’esprit gagne l’individu sans qu’il s’en rende vraiment compte. Ces conditions favorables sont dues à un environnement visuel de qualité et à des relations interindividuelles empreintes d’une chaleureuse affectivité. L’élève apprend sans le savoir et sans même savoir ce qu’il apprend.
Cet apprentissage est efficace au début de la vie.»
À l’école maternelle, cet environnement visuel de qualité peut être provoqué par la lecture d’albums, la production d’images, la découverte de références artistiques ou musicales. Ces différents outils permettent d’enrichir le monde imaginaire de l’enfant et ainsi l’incite à produire des productions dont les caractéristiques sont inconsciemment puisées dans leur répertoire culturel singulier. L’imprégnation joue donc un rôle primordial dans la démarche de créativité : selon Poincaré elle constitue la première phase du processus créatif. « Elle est le stade préalable pendant lequel le sujet s’imprègne inconsciemment des données du problème. »
De plus, il est à noter que ce processus créateur de créativité chez l’enfant nécessite du temps et une mise en œuvre répétée pour que l’élève puisse s’imprégner de l’image, se l’approprier puis l’interpréter à sa manière. Il est donc important de laisser un temps de latence avant la réalisation d’un projet proposé aux élèves en début de séquence.

L’importance de l’image dans les apprentissages créatifs

Dans son ouvrage Enseigner les arts visuels, Daniel LAGOUTTE nous rappelle que jusqu’en 1878, la copie d’image est la seule activité proposée. Le dessin d’imitation à la part belle dans les arts à l’école. Ce que nous souhaitons démontrer ici ne remet pas en cause les démonstrations de ce culte de l’enseignement des arts visuels mais vise à détourner l’usage de l’image du recopiage pure et simple.
Dans le cadre de notre situation, l’image sera utilisée pour nourrir l’imaginaire des élèves. En effet, trop souvent incités par les images animées, notre objectif sera de les initier à des images plus artistiques, graphiques et abstraites afin de rendre leurs productions originales et personnelles. Nous puiserons donc nos images dans des albums à connotations artistiques c’est-à-dire des albums ou nous avons une prédominance d’images et un texte limité. La présentation répétée de ces albums auprès des élèves leur permettra de fournir leur imaginaire, et après un long travail, de se distancier pour créer sa propre œuvre artistique. Reste à l’enseignant de trouver un bon équilibre pour ne pas que l’élève tende vers l’imitation mais vers la création.

Formulation de la problématique et des hypothèses

Dans le cadre de l’enseignement des arts visuels à l’école maternelle, l’enseignant vise à permettre à l’élève d’enrichir son univers imaginaire par l’accès à la culture littéraire, artistique et musicale. L’école est ainsi présente pour construire une éducation artistique et culturelle égale à tous.
De plus, le nouveau programme de l’école maternelle place le langage écrit et oral comme une priorité. Ainsi, la lecture d’album prend une place importante dans les temps de classe et peut se décliner en de multiples travaux pluri disciplinaires. Les albums utilisés en maternelle sont fournis en images qui peuvent ainsi nourrir le référentiel artistique de l’élève en sus de la découverte d’œuvres artistiques et musicales…
On peut alors se demander si l’existence des archétypes joue comme un frein ou comme une stimulation dans le processus créatif de l’élève. Se pose donc la question des images dans le processus créatif.

Méthode

Le public

Cette expérimentation s’est déroulée en période 4 dans une classe de Petite Section / Moyenne Section de l’école primaire publique de Chavanod, située en zone rurale, dans un milieu social aisé. La classe est composée de 18 élèves de Moyenne Section et de 11 élèves de Petite Section. Une ATSEM est présente à temps complet : elle est chargée d’accompagner un groupe d’élèves de Moyenne Section lors des ateliers d’arts visuels le matin et l’après-midi, elle s’occupe de la surveillance de la sieste des élèves de Petite Section.
Afin de réaliser mon expérimentation dans les meilleures conditions, j’ai décidé de mettre en place mes séances auprès d’un groupe de 12 élèves de Moyenne Section. Cela m’a permis de travailler avec deux groupes de 6 élèves comme j’ai l’habitude de le faire lors de mes ateliers traditionnels. Les groupes formés sont des groupes de travail hétérogènes mêlant des niveaux de langage et de graphisme divers.
De plus, ces séances s’inscrivent dans le cadre d’un projet d’école : le projet Accro’Livre organisé autour de l’auteure illustratrice Anne Crausaz. Dans le cadre de ce projet, il nous a été fourni un ensemble de livres de l’auteure illustratrice regroupant tous le même personnage : « Raymond » l’escargot. Mon étude s’appuie sur la lecture d’un album en particulier comportant beaucoup d’images, de graphismes et très peu de texte : Raymond rêve . C’est l’histoire d’un petit escargot qui est un doux rêveur. Il s’imagine en cerise, en fraise, en limace et même en girafe en passant par l’extraterrestre. Sa forme ronde se prête aux multiples transformations que lui propose son imagination. Puis, un matin de printemps, il rencontre Juliette un autre escargot.
Les 12 élèves ont participé à la réalisation de ces séances : le dessin d’un escargot, le dessin de Raymond rêve, le dessin de Juliette. Au fur et à mesure de ces séances, l’ensemble des élèves sera nourri en lecture d’albums et en illustrations : tout d’abord, cela concerne les albums sur les escargots, puis nous avons étudié en profondeur l’album Raymond rêve pour qu’ils s’imprègnent des images, étudient la notion de rêve et s’approprient le personnage de l’escargot.

L’expérimentation

Afin de répondre correctement à la problématique et tester mes hypothèses, j’ai décidé de mettre en œuvre trois séances progressives au sein de laquelle le travail réalisé par l’élève devrait évoluer en fonction de l’imprégnation par l’image. Ces productions seront comparées entre elles, mais aussi avec la production initiale réalisée lors de la première séance. Mon expérimentation vise ainsi à démontrer l’impact de l’image sur la créativité de l’élève.
Elle se déroulera selon le schéma suivant :
– une séance qui m’a permis de recueillir les conceptions initiales des élèves,
– une séance qui fait appel à l’imaginaire de l’élève après une phase d’imprégnation par les images du livre Raymond rêve.
– une séance qui fait appel à l’imaginaire pur sans que la copie d’image ne soit possible faisant intervenir le nouveau personnage de Juliette, qui elle aussi est un escargot, mais ne fait pas les mêmes rêves que Raymond.

Les conditions matérielles

Le dessin de l’escargot

Cette séance est une étape fondamentale de mon expérimentation puisqu’elle servait de pré-test. Elle a donc un statut de situation de référence afin de réaliser par la suite une comparaison avec les réalisations des séances suivantes. Elle s’est déroulée au cours d’une après-midi car l’ambiance y est plus calme : seuls les 18 élèves de Moyenne Section sont en atelier de 14h30 à 15h. En effet, les élèves de Petite Section se lèvent de la sieste à 15h.
Avant d’entamer ce travail en atelier, j’ai pris l’initiative de faire une lecture d’albums en réseau centrée sur l’animal de l’escargot. Les albums que je leurs ai lus sont les suivants : Panique au potager de Françoise Bobe et Yann Lovalo, Le voyage de l’escargot de Ruth Brown, La maison la plus grande du monde de Léo Lionni. La lecture de ces albums avait pour objectif de leur fournir un référentiel d’images d’escargot afin qu’ils s’imprègnent de sa forme et de son graphisme en spirale.
Suite à ces lectures, j’ai mis en place les ateliers portant sur le dessin de l’escargot : ces ateliers se déroulent en autonomie. La consigne a été donnée une fois que les élèves étaient tous installés autour de la table. Elle est la suivante : « vous allez devoir dessiner votre escargot imaginaire sur une feuille : cet escargot est endormi et il rêve qu’il se transforme. Cet escargot est le votre, vous pouvez lui donner la forme et les couleurs que vous souhaitez. »
Nous pouvons remarquer que cette consigne est simple et ne dispose que d’une seule contrainte : le dessin doit porter sur un escargot. Elle laisse ainsi une large marge d’interprétation ce qui permet à l’élève de faire travailler son imaginaire et sa créativité.
Aucune indication n’est donnée sur la forme de l’escargot, la taille, la couleur ou encore le matériel à utiliser. Le matériel mis à leur disposition consiste en des feuilles de format A4, des craies grasses, des feutres, des crayons de couleurs.
A la fin de cette séance, au moment du bilan, j’ai pris le temps de revenir sur la production de chacun. Il devait décrire aux autres élèves ce qu’il avait réalisé, expliquer le rêve de leur escargot, traduire la forme donnée à leur escargot. Cela permet à de nombreux élèves de se sentir valoriser ce qui accroît leur investissement dans la tâche à accomplir.

Le dessin de « Raymond » rêve

Cette séance a pour but d’amener les élèves vers la création d’un escargot imaginaire.
Elle a été mise en place sur un temps d’atelier de l’après midi en autonomie. Avant d’entamer ce temps d’étude en atelier, un travail a été réalisé autour de la lecture de l’album Raymond rêve de Anne Crausaz. Cet album a été très apprécié des élèves car il fait intervenir un monde imaginaire à la portée de leur imagination. En effet, Raymond se transforme en « grand méchant loup », en « extraterrestre », en « chewing gum », en « pomme d’amour » qui sont des images que l’enfant possède dans son univers.
Lors de leurs installations en atelier, les élèves avaient déjà le matériel à leur disposition. Je leur ai demandé de deviner le travail qu’ils avaient à réaliser. Certains m’ont répondu : « dessiner un escargot qui rêve qu’il se transforme comme Raymond». Je leur ai alors répétée la consigne identique à la séance 1 : « vous allez devoir dessiner votre escargot imaginaire sur une feuille : cet escargot est endormi et il rêve qu’il se transforme. Cet escargot est le votre, vous pouvez lui donner la forme et les couleurs que vous souhaitez. »
Puis, j’ai bien insisté sur le fait que je voulais que « l’escargot se transforme » car à la séance 1, certains élèves n’avaient pas trouver comment transformer l’escargot et avaient donc rendu un travail peu créatif. De plus, j’ai précisé que « l’escargot devait leur être propre, qu’il pouvait se transformer en des choses qu’ils aimaient bien ». Ici, la consigne diffère peu par rapport à la situation précédente, l’objectif est vraiment de constater l’influence de l’image sur la créativité de l’élève. J’ai donc consciemment laissé une consigne somme toute identique. En effet, si la consigne avait été différente, cette variable aurait à elle seule modifier la créativité de l’élève et l’image n’aurait plus été le seul facteur à prendre en compte dans mon analyse.
Tout comme lors de la première séance, lors du bilan, j’ai demandé aux élèves de décrire leur production d’escargot et de commenter le rêve réalisé par leur Raymond. Certains élèves nous ont ouvert les portes de leur monde imaginaire et ne savaient d’ailleurs plus trop comment en sortir. Cela était très intéressant et enrichissant pour les élèves manquant de créativité car ils peuvent trouver dans le travail de l’autre une source d’inspiration.

Le rêve de Juliette

Cette dernière séance est créée à partir du dernier personnage rencontré par l’escargot Raymond dont il tombe amoureux : il s’agit de Juliette l’escargot. Lors de la lecture de mes albums et de son étude, j’ai demandé aux élèves de poursuivre l’histoire entre Raymond et Juliette. Puis je leur ai demandé : « à votre avis, est ce que Juliette aussi rêve qu’elle se transforme ? » Pris au jeu, ils m’ont bien sûr tous répondus que, évidemment, Juliette rêve aussi qu’elle se transforme en d’autres objets ou personnages.
J’ai alors profité de ce moment de partage oral pour leurs faire exprimer des idées de transformations de Juliette l’escargot : cela m’a permis de mettre par écrit les idées des élèves les plus imaginatifs. Puis, plus tard dans la journée, j’ai mis en place un atelier en autonomie de 6 élèves avec la mise en place de matériel identique. La consigne est la suivante : « vous allez devoir dessiner votre escargot Juliette sur une feuille : elle aussi est endormie et elle rêve qu’elle se transforme. Cet escargot est le votre, vous pouvez lui donner la forme et les couleurs que vous souhaitez. » Cependant j’ai souligné une distinction par rapport à la séance précédente : « attention, cet escargot est une fille, elle peut donc avoir des rêves différents de Raymond qui est un garçon. En effet, pour les garçons et les filles, les rêves peuvent être différents ». J’ai alors demandé à mes élèves en atelier qu’elles étaient leurs rêves et fait constater la différence qu’il pouvait exister entre les rêves de garçon et les rêves de fille.
A la fin de cette séance, j’ai pris plusieurs productions au tableau réunissant les séances 1, 2 et 3 et nous avons réalisé un travail de comparaison. Cela m’a permis de constater que certains élèves avaient fait preuve de beaucoup d’imagination et de créativité dans leurs travaux alors que d’autres n’ont pas réussi à laisser exprimer leurs inventivités. Les élèves en ont aussi pris conscience et je souhaite réinvestir cette expérience avec un autre animal comme le papillon ou la coccinelle qui sont tous les deux des animaux du printemps.
Ces séances m’ont ainsi permis de prendre conscience des enjeux de la créativité des élèves : s’inspirent-ils des images, des illustrations d’albums ? Comment l’imprégnation par l’image agit-elle sur leur travail ? Sont il en mesure de réaliser un travail qui leur correspond sans copier sur les images imprégnées ou encore sur leur voisin ?

Résultats

Dans cette partie, je vais vous présenter les résultats obtenus à partir de l’étude des indicateurs et variables observés durant l’expérimentation. Ce recensement nous permettra de répondre à notre problématique et de confirmer ou d’infirmer nos hypothèses. Pour cela, je rapporterai les résultats obtenus sous la forme de graphique, de tableau ou de diagramme puis, je vous proposerai une description de ceux-ci.

L’originalité des productions

Comme expliqué ci-dessus, au fur et à mesure de l’avancée des séances, j’ai nourri l’imaginaire et l’esprit créatif de l’élève par la lecture d’albums contenant de nombreuses illustrations, par la découverte d’œuvres faisant intervenir le graphisme de la spirale.. Toutes ces œuvres sont susceptibles de développer la créativité de l’élève. Cette créativité peut se manifester par l’originalité des productions c’est à dire l’absence de ressemblance des productions entre elles et l’absence de ressemblance des productions aux images fournies par l’enseignant.

L’absence de ressemblance des productions élèves entre elles

Souvent, lorsque les élèves se trouvent face à une difficulté, les échanges qu’ils ont entre eux, lors des ateliers, peuvent influer sur leurs productions. Pour qu’un élève soit purement créatif, il ne faudrait pas qu’il soit influencé par quelconques variables extérieures.
La divergence des productions est donc un critère permettant de constater la présence ou l’absence de créativité dans une production élève. Afin d’analyser clairement cette variable, les résultats obtenus lors de chaque séance seront présentés sous la forme de secteur.

Séance 1 : des productions similaires les unes aux autres

Cette première séance m’a permis de recueillir les conceptions initiales des élèves en tenant compte de leurs esprits créatifs de départ. Comme expliqué précédemment, les élèves avaient pour consigne de dessiner un escargot endormi, rêvant qu’il se transforme en une autre chose. Ici, les images fournies sont des images de l’animal en lui-même sans aucune représentation abstraite de celui-ci. Voici les résultats obtenus lors de cette première séance.

 

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Table des matières
Introduction
Etat de l’art
1. Qu’est ce que la créativité ?
1.1 Définitions des mots clés
1.1.1 La créativité : une manifestation de l’imagination
1.1.2 Pour imaginer, il faut pouvoir rêver
1.1.3 L’image comme support au rêve
1.2 Les liens entre le développement de l’enfant et la créativité
1.2.1 D’un point de vue cognitif et affectif
1.2.2 D’un point de vue sensoriel
2. La créativité à l’école maternelle
2.1 Les outils et les supports utilisés : culture artistique et lecture d’album
2.2 La place de la créativité dans les programmes de l’école maternelle
3. Le développement de la créativité à l’école maternelle
3.1 Comment développer la créativité des élèves en arts visuels ?
3.1.1 La démarche de créativité en arts visuels
3.1.1.1 Le rôle de l’enseignant
3.1.1.2 L’incidence des consignes et contraintes
3.1.2 Une imprégnation par l’image nécessaire à la démarche créative
3.2 L’importance de l’image dans les apprentissages créatifs
Problématique et hypothèses
Méthode
1. Le public
2. L’expérimentation
2.1 Les conditions matérielles
2.1.1 Le dessin de l’escargot
2.1.2 Le dessin de Raymond Rêve
2.1.3 Le rêve de Juliette
2.2 Le recueil des données
Résultats
1. L’originalité des productions
1.1 L’absence de ressemblance des productions élèves entres elles
1.1.1 Séance 1 : des productions similaires les unes aux autres
1.1.2 Séance 2 : premiers pas vers la créativité
1.1.3 Séance 3 : l’ouverture vers l’imaginaire
1.2 L’absence de ressemblances des productions élèves aux images de l’album
2. La verbalisation de l’élève
Discussion
1. Re-contextualisation
2. Mise en lien avec les recherches antérieures
2.1 L’imprégnation par l’image influe sur la créativité
2.1.1 La présence de l’image, un juste équilibre à trouver
2.1.2 L’imprégnation et la distanciation, déclencheurs de créativité de l’élève
2.2 La verbalisation : un processus important dans la créativité
2.2.1 La verbalisation : une conséquence de la créativité
2.2.2 La verbalisation : une cause de créativité
3. Limites et perspectives
Bibliographie
Annexes

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