Itinéraires professionnels féminins

Distinction des sexes : sexe biologique, sexe social

   Pour comprendre le concept « genre », il faut prendre en compte des termes comme « fille »/« garçon », « masculin »/« féminin ». Les premiers font référence au sexe biologique et les seconds au sexe social ou le genre. La distinction des sexes se fonde sur des travaux de médecins et de biologistes qui à partir des recherches sur les os, le cerveau et les chromosomes posent les bases biologiques de la différence des sexes. Cette différence est indéniable, car le sexe male et femelle sont des entités réelles. Mais cette dissemblance biologique semblait prédisposer les hommes et les femmes à des rôles sociaux différents et avait pour but de légitimer les inégalités sociales liées au sexe et la domination du masculin. Mais d’autres chercheurs notamment des militants féministes vont battre en brèche de telles théories en attestant que le sexe est bien une construction sociale (Wiels, 2006 ; Vidal (dir.), 2006 ; Sterling, 2012 ; Alessandrin et al, 2014 ; Laufer et Rochefort, dir. 2014). Par exemple, la biologiste et militante Joëlle Wiels (2006) à travers un tableau illustratif montre que les hommes et les femmes ne possèdent pas tout à fait le même jeu de chromosomes. Tous les individus possèdent quarante-quatre chromosomes groupés en vingtdeux paires. Les femmes ont deux chromosomes X, alors que les hommes ont un X et un Y. La différenciation des testicules est en général associée à la présence d’un X et d’un Y, celles des ovaires à deux X. Pour qu’un enfant soit déclaré de sexe masculin, il faut qu’il possède des chromosomes de l’ordre XY et les filles des chromosomes de l’ordre XX. Elle montre cependant que certains individus présentent d’autres formules de chromosomes qu’on appelle aujourd’hui les intersexués ou le 3e sexe. Cette découverte a permis de remettre en cause les deux formes de sexes biologiques connus et observables chez les humains, mais aussi le caractère inné du sexe social. Anne Fausto-Sterling, biologiste, historienne des sciences et féministe, va plus loin en réfutant non seulement le caractère naturel des sexes, mais aussi la neutralité de la science dans les attributs de sexe. Elle se justifie en affirmant qu’« apposer sur quelqu’un l’étiquette “homme” ou “femme” est une décision sociale. Le savoir scientifique peut nous aider à prendre cette décision, mais seules nos croyances sur le genre — et non la science — définissent le sexe » (Sterling, 2012 : 19). Le sexe ne serait pas seulement une donnée biologique ni une lecture de la nature, mais serait une assignation sociale. Par exemple, un garçon « devra se comporter virilement, c’est-à-dire être courageux, ambitieux et autoritaire, alors qu’un être né femelle devra se comporter de manière féminine, c’est-à-dire avec douceur, soumission, faire preuve d’instinct maternel et de souci d’autrui » (Handman, 2014 : 37). C’est la même idée que le sociologue Arnaud Alessandrin (sociologue du genre et des sexualités) défend quand il affirme qu’« à la naissance, la médecine n’effectue pas seulement une lecture de la nature afin d’identifier le sexe d’appartenance de l’enfant. Elle applique sur le corps un ensemble de représentations culturelles qui font littéralement que les mots « filles » et « garçons » s’incarnent dans l’anatomie de l’enfant. L’assignation de genre ne découle donc pas d’une logique « descriptive », mais bien d’une logique « prescriptive » (Alessandrin, 2014 : 27). Cette attribution de genre agit tout au long de la vie de l’individu à travers des événements comme le mariage (mari, épouse), la maternité (père, mère), etc. Pour l’anthropologue Françoise Héritier, « c’est l’observation de la différence des sexes qui est au fondement de toute pensée, aussi bien humaine que scientifique. La réflexion des hommes, dès l’émergence de la pensée, n’a pu porter que sur ce qui leur était donné à observer de plus proche : le corps et le milieu dans lequel il est plongé. Le corps humain, lieu d’observation de constantes — place des organes, fonctions élémentaires, humeurs — présente un trait remarquable, et certainement scandaleux, qui est la différence sexuée et le rôle différent des sexes dans la reproduction » (Héritier, 1996 : 19). La distinction des sexes repose sur un ensemble de symbolisme identitaire. Elle montre que dans différentes sociétés, les choses de l’ordre du public/dur/droit relèvent du masculin alors que le féminin serait assimilé à l’ordre privé/mou/courbe établissant une hiérarchisation des sexes. Cela s’aperçoit à travers les travaux de Catherine Deschamps (2009) lorsqu’elle parle de l’occupation différenciée de l’espace public par les femmes et les hommes. Un « homme public » est assimilé très souvent à un homme politique alors qu’une « femme publique » est très vite assimilée à une prostituée. La dichotomie sexe faible, sexe fort ainsi que la valorisation du sexe masculin sur le sexe féminin a toujours de beaux jours devant elle comme l’a dit Françoise Héritier : « il y a partout et pour toujours un sexe majeur et un sexe mineur, un sexe fort et un sexe faible… Ce langage dualiste est un des constituants élémentaires de tout système de représentations, de toute idéologie envisagée comme la traduction des rapports de forces » (Héritier, 1996 : 60 – 70). Yannick Chevalier et Christine Planté (2014) montrent comment le langage quotidien participe à renforcer la domination du masculin sur le féminin. En abordant les accords en grammaire française, ils donnent de lire la suprématie accordée aux termes masculins sur les termes féminins et la manière dont certains noms de métiers dits d’hommes contribuaient à rendre invisible la présence de femmes dans ces corps. Ils évoquent un ensemble de terminologie pour montrer ce que la norme grammaticale fait au genre. Pour eux, la langue française participe de façon insoupçonnée à la reconduction du genre en imposant aux « sujets parlants l’inscription de soi et d’autrui dans une catégorie de sexe, tendant à rendre invisible la présence de nombreuses femmes dans la vie sociale et dans le monde du travail » (Chevalier et Planté, 2014 : 28-29). Il y a certes des évolutions, mais « une attention à l’inscription du genre dans la langue reste nécessaire pour comprendre ce qu’elle transmet de visions héritées, faisant blocage à une remise en cause de la hiérarchie du genre » (idem, p 29). Pour montrer la part du social dans l’identité de genre, des observations ont été effectuées sur de jeunes enfants de sexes masculin et féminin. La psychologue Gaïd le Maner-Idrissi, est arrivée à la conclusion que « même si l’enfant occupe un rôle actif dans la conformisation aux rôles sexués institués culturellement […] garçons et filles sont d’emblée baignés dans un milieu social qui les conduit très tôt à adopter des rôles sexués » (Le MannerIdrissi, 2006 : 81). Ces rôles sexués sont déjà visibles dans les choix des vêtements, des jeux et des jouets destinés aux filles et aux garçons de mêmes âges. Cela peut paraître moins visible dans les sociétés occidentales, où l’égalité entre les hommes et les femmes a connu une avancée, mais dans les sociétés africaines, notamment au Burkina Faso, les rôles sexués sont institués de manière très marquée dès l’enfance. Les filles apprennent à faire la vaisselle, le nettoyage, la lessive, la cuisine, à prendre soin de leurs cadet(te)s pendant que les garçons jouent au ballon ou accompagnent le père pour d’autres activités non domestiques. Et pour Joëlle Wiels, tout cela peut changer, car « l’organisation sociale n’a rien de naturel, la répartition inégale des biens, des corvées, des pouvoirs, des devoirs est organisée » (2006 : 90). Le débat sur la distinction des sexes a pour but de montrer la part de l’inné et celle de l’acquis dans les comportements des hommes et des femmes. Les uns (les détracteurs du genre) ont voulu montrer que le comportement, la capacité physique et intellectuelle des femmes est une donnée inscrite dans le biologique et les autres (dont les féministes au premier chef) montrent que ces attributs féminins sont bien une construction sociale. Le fait de naître avec un sexe mâle ou femelle ne prédispose pas les individus a priori à un ensemble de rôles au sein de la société. C’est bien l’ordre social qui attribue à chaque sexe des rôles et des responsabilités au sein de la société. Pour d’autres auteurs comme Amalia Signorelli (2011) le débat sur le genre comme moyen de lecture de la différence sexuelle et de la domination masculine est dépassé. En reprenant la thèse de Luce Irigaray (1985), elle pense que « le pouvoir masculin n’est pas fondé sur une supériorité physique ou intellectuelle ontologique, mais sur les instruments de production et de reproduction culturelle » (Signorelli, 2011 : 36). C’est bien l’idée défendue par Joan W. Scott (2012), Laure Bereni et Mathieu Trachman (2014) dans leurs définitions du genre comme outil d’analyse. Priscille Touraille (2011) critique la distinction faite par les biologistes du sexe et du genre et la façon dont cette distinction a été reprise par les chercheurs en Sciences Humaines et Sociales (SHS) sans une véritable remise en cause. Pour elle, « le genre est, avant toute chose, un système de croyances qui impose l’idée que les mâles et les femelles sont des entités réelles, à l’instar des caractères du sexe » (Touraille, 2011 : 63). Le genre au-delà donc de marquer une différence physique entre les catégories hommes et femmes permet d’attribuer à chaque catégorie un ensemble de rôles et relations sociaux. Ces rôles loin d’être inhérents à chaque groupe sont le fait d’une socialisation. L’existence des personnes transgenres et la difficulté pour elles de s’inscrire dans l’un ou l’autre genre remet à jour le débat sur l’identité de sexe et de genre. Par exemple, « certains réclament d’être opérés afin de changer de sexe et manifestent par là-même l’importance extrême que revêt pour eux le fait d’être rattaché à un sexe ou à l’autre. D’autres, au contraire, soutiennent qu’une “identité transgenre” consiste à mettre en cause l’idée même de cette répartition, afin de déconstruire la “bicatégorisation” induite par la domination des mâles occidentaux, blancs, vieux et hétérosexuels… » (Théry, 2011 : 13). Pour Irène Théry, ce n’est pas le sexe qui divise les humains, mais c’est le moyen par lequel la division prend sens. Le genre, pour elle, n’est pas la distinction des sexes mâle/femelle, mais la nature des relations sociales. Le masculin et le féminin « qualifient des manières d’agir qu’on dit masculines ou féminines » (idem, p.21).En liant les études du genre à celles de la parenté, elle montre que la distinction du masculin/féminin est loin de construire la seule relation de sexe opposé. Cette distinction permet de ne pas réduire un individu à un seul statut en fonction de son sexe, mais de considérer l’ensemble des actions qui sont attendues de lui dans une relation. Par exemple, une femme n’est pas seulement épouse et mère (assignée à la reproduction et aux soins), elle est aussi fille et tante paternelle, et peut être amenée à jouer des rôles féminins et des rôles masculins en fonction du statut sollicité. Le genre serait, au-delà des attributs identitaires, un moyen par lequel on appréhende les manières d’agir des individus au sein d’une communauté. La notion d’agency (en anglais), introduite dans les études sur le genre et qui se traduit en français par la capacité d’agir des individus, permet de rendre effectivement compte des marges de manœuvre des individus par delà les déterminismes sociaux (Haicault, 2012).

Nouvelle configuration des rapports de genre en Afrique de l’Ouest

   De multiples travaux9 portant sur l’Afrique de l’Ouest se sont intéressés aux normes sociales qui régulent les relations de couple. Par exemple, certaines conceptions populaires s’appuient sur des versets du Coran pour rendre compte du devoir de l’homme de pouvoir aux besoins de la famille (Moya, 2008 ; Saint-Larry, 2012). Ce qui justifie que traditionnellement, ce sont les hommes qui doivent apporter l’argent pour la gestion des frais relatifs à la maison et les femmes sont chargées de la gestion de cet argent pour payer le loyer, les vivres et les condiments pour la sauce. Dans les faits pourtant, peu de chefs de ménage sont en mesure d’honorer de tels principes sociaux du fait de la crise économique. Les femmes sont sollicitées, de plus en plus, pour contribuer à l’économie domestique. La plupart d’entre elles ne le laissent pas paraître afin de préserver l’autorité du conjoint et son crédit social. Ce fait réconforte certains hommes dans leur position de chef de famille et maintient ainsi l’image de la femme dans son rôle de reproductrice et de soins (Guérin, 2002). Jacinthe Mazzocchetti (2007, 2010) montre, d’ailleurs dans le contexte de Ouagadougou, les effets de la crise économique (la précarisation de l’emploi, le chômage…) sur le nombre d’enfants que les jeunes couples désirent avoir, mais aussi les conditions minimales pour entrer en union. Le fait d’être un jeune homme sans emploi est un obstacle d’entrée en union, mais il est aussi de plus en plus difficile d’avoir de jeunes filles qui acceptent de s’engager aux côtés d’un homme sans emploi. Les femmes s’engagent de plus en plus avec des hommes jugés « capables » (Ouédraogo, 2015). Elles font le choix du conjoint en tenant compte de ses capacités financières ponctuelles ou à venir. Les jeunes filles sont perpétuellement à la recherche de l’homme capable. Un « homme capable » serait un homme qui a une certaine assise financière, un homme capable de répondre aux besoins financiers de la famille. Ce fait conduit certains hommes qui n’ont pas un revenu régulier à se considérer « trop pauvre pour se marier » (Calvès, 2007). Pour une femme, « épouser un mari capable de leur assurer une résidence autonome de celle de sa famille élargie et d’assumer économiquement les nouvelles charges que réclame un foyer jugé moderne (scolarisation des enfants, repas diversifiés, ameublement européen…) devient un critère essentiel de choix ! Se conformer à ce modèle est le meilleur signe de réussite sociale » (Attané, 2009 : 159). Mais, de plus en plus, les contraintes de la vie urbaine amènent les femmes à ne pas seulement rechercher un homme « capable », mais à réorienter leur parcours de vie en se positionnant sur le marché de l’emploi ou en ayant une activité qui leur procure un certain revenu. Ces hommes « capables » recherchent aussi leurs épouses parmi les filles qui se « débrouillent ». Les Politiques d’Ajustements Structurels (PAS) en Afrique et en Amérique latine ont conduit les pays du Sud dans une crise économique contraignant les femmes à se lancer dans des activités lucratives afin de couvrir le manque laissé par la précarisation du travail de leurs conjoints (Adjamagbo et Calvès, 2012). En exposant les défis auxquels font face les ménages en Afrique de l’Ouest, elles montrent que les femmes participent de plus en plus au maintien des familles sur le plan économique et bouleversent peu à peu la division sexuelle du travail au sein des ménages. Entre les préjugés liés au travail des femmes et les défis professionnels à relever, les femmes arrivent, tant bien que mal par des stratégies qui sont les leurs, à asseoir et à faire durer une activité. Dans le contexte africain, où le mariage est et demeure la norme, les femmes font face au dilemme de bien jouer leur rôle d’épouse et de mère, mais aussi d’assurer la pérennité de leur activité économique. Ainsi elles se font aider par des domestiques pour l’entretien de la maison pendant les moments où elles sont absentes du foyer (Adjamagbo et al, 2003). L’arrivée d’un enfant dans la vie d’une femme n’est donc plus synonyme d’arrêt d’activité économique. À l’opposé, l’entrée en union d’une femme peut influencer son parcours professionnel. Agnès Adjamagbo et collaborateurs (2006), en mettant en lien forme de mariage et travail à Dakar et à Lomé montrent des particularités entre les deux villes du fait de leurs caractéristiques socio-économiques spécifiques. À Lomé, ils constatent que l’exercice d’une activité lucrative ne constitue pas un motif de divorce et vice versa. Cependant à Dakar plusieurs femmes ont tendance à arrêter leurs activités lucratives après le mariage. Le contexte social de Lomé permet aux femmes d’apporter leur contribution économique pour les besoins du foyer alors qu’à Dakar, ce sont les hommes qui ont la responsabilité d’apporter l’argent pour le ménage. D’où une propension à stopper les activités économiques à l’entrée en union chez les dakaroises. Aussi la poursuite d’une activité lucrative après le mariage peut être source de divorces pour ces femmes. C’est au Sénégal qu’on observe d’ailleurs un nombre élevé de femmes divorcées (DIAL, 2001 ; Yade, 2007) qui ont des parcours professionnels très différents de ceux des femmes en couple. Tandis qu’à Lomé le statut matrimonial influence peu l’itinéraire professionnel d’une femme. Bilampoa Gnoumou Thombiano (2014) montre que, dans la ville de Ouagadougou, la plupart des décisions importantes concernant la femme dans le couple sont prises par l’homme témoignant ainsi d’un certain pouvoir de l’homme sur la femme et par ricochet sur son itinéraire professionnel.

Entre études, mariage et recherche d’emploi…

  Comme l’illustrent les deux récits de vie, l’entrée dans la vie adulte obéit à des schémas différents pour les hommes et pour les femmes. Pour les hommes, elle est marquée par la fin des études, l’obtention d’un emploi et le mariage. Pour les femmes, le schéma peut s’inverser (Antoine, 2002). Le passage à la vie adulte n’est pas vécu de la même façon pour toutes les filles. D’une part, il y a une différence entre celles qui sont scolarisées et celles qui ne le sont pas. D’autres parts, les filles scolarisées n’entrent pas dans la vie adulte en suivant le même schéma comme l’illustrent les récits de Mamou et d’Agnès. Celles qui s’engagent maritalement avant la fin des études le font à cause d’une grossesse ou sous la pression de la famille ou parce que le « petit ami » veut se marier. Des études démographiques et sociologiques (Philipe Antoine, 2002 ; Anne Emmanuel Calvès, 2007 ; Jacinthe Mazzochetti, 2007) montrent que l’entrée en vie matrimoniale des jeunes garçons en Afrique de l’Ouest est conditionnée par l’obtention d’un emploi. Par exemple, Agnès s’était mariée avant la fin de son cursus universitaire parce que son fiancé avait fini ses études, avait obtenu un emploi et avait voulu se marier. Dire non à la proposition de son fiancé, c’est courir le risque de le perdre dans un milieu où les femmes sont à la recherche d’un homme « capable ». Or, s’engager dans le mariage avant la fin des études, c’est aussi faire face à des difficultés de concilier foyer et études, foyer et recherche d’emploi. Toutes choses qui s’avèrent difficiles pour de nombreuses femmes. Les courses et les travaux engendrés par la naissance d’un enfant, incombe la plupart du temps aux femmes. Ce sont à elles de veiller sur les bébés pendant que le mari part au travail. C’est aux femmes que revient très souvent la tâche d’accompagner les enfants à l’école. Cette gestion du temps occupe une bonne partie de la journée des femmes en couple. Si le conjoint est présent à la maison, la doxa veut que ce soit l’épouse qui dépose l’eau pour son bain et qu’elle lui serve le repas. Sans compter la vaisselle, la lessive et le nettoyage de la maison. Au bout de la journée, la femme n’aura qu’un petit temps pour se consacrer à ses cours ou à la préparation d’un concours. La nuit, elle devra aussi se réveiller pour s’occuper de son enfant. Dans de telles conditions, il est difficile de réussir à un concours de la fonction publique ou de s’engager dans un emploi qui nécessite des déplacements incessants. Il y a certes des femmes qui arrivent à réussir à des concours en étant mariées. Mais, sur l’ensemble des femmes rencontrées, celles qui travaillent dans la fonction publique ou qui ont un travail salarié comme Mamou l’ont obtenu avant le mariage. Elle fait partie des femmes qui ont su mettre en avant les études au détriment du mariage. Elle présentait le fait que son fiancé soit à l’étranger pour justifier son statut de célibataire. Et quand celui-ci a voulu que la relation aille de l’avant, Mamou a préféré rompre mettant en avant la réussite à ses examens universitaires. Elle a renoncé à son fiancé, car elle était consciente que mariage et étude ne faisaient pas bon ménage, le mariage ne constituait pas non plus un enjeu majeur pour elle à ce moment là, car elle avait déjà un emploi qui lui permettait de se prendre en charge. Toutes les femmes (de mon échantillon) qui se sont mariées ou qui ont aménagé avec leurs fiancés avant la fin des études rencontrent plus de difficultés dans leur insertion professionnelle. Le mariage est supposé offrir une certaine sécurité économique. Et pour de nombreuses filles, la nécessité d’être comme les autres, de faire comme les autres filles de leur âge, c’est-à-dire se marier et fonder un foyer, devient aussi important qu’avoir un emploi. Réussir à se marier, dans ce cas de figure, est une opportunité qu’il faut entretenir.

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Table des matières

Introduction générale
Première partie : approches conceptuelle et méthodologique et l’étude
Chapitre I : Approche conceptuelle
I.1. Le genre : la construction d’un concept
1.1. Distinction des sexes : sexe biologique, sexe social
1.2. Le genre comme catégorie d’analyse
I.2. Utilisation du concept genre en Afrique : pendant et après la colonisation
2.1. Rapport de genre pendant la colonisation
2.2. Rapport de genre après la colonisation
2.3. Nouvelle configuration des rapports de genre en Afrique de l’Ouest
I.3. Approche diachronique du mot « travail » et place de la femme dans  le monde du travail salarié
3.1. Place des femmes dans le monde du travail salarié
Chapitre II : Approche méthodologique et réflexive
II.1. Cadre institutionnel de l’étude
II.2. Construction de l’objet, choix de l’espace et de la population d’étude
2.1. Construction de l’objet d’étude
2.2. Espace physique de l’étude : la ville de Ouagadougou
2.3. Population d’étude
II.3. Politique du terrain
3.1. Méthodologie développée et mise en acte
A. Observation
B. Récits de vie
II.4. Analyse réflexive du terrain
4.1. Quand les exigences du terrain guident la recherche
C. L’enregistreur
D. Les attentes des enquêtés
E. Les imprévus du terrain
4.2. Eléments perturbateurs de la conduite des entretiens
F. Discours en présence et en absence du conjoint
4.3. Lieux publics comme espaces de confidence
II.5. Limites et difficultés du terrain
Deuxième partie : Des itinéraires professionnels féminins dans la ville de Ouagadougou
Chapitre III : Des itinéraires sociaux pluriels
III.1. Trajectoires scolaires des femmes de la ville de Ouagadougou
1.1. Du milieu rural vers le milieu urbain : la qualité du réseau social
1.2. Scolarisation des filles : une affaire au féminin ?
1.3. Des parcours scolaires différenciés selon le milieu de résidence
1.4. Formation professionnelle, une alternative pour les adolescentes non scolarisées et déscolarisées ?
III.2. Catégorisation des activités féminines à Ouagadougou
2.1. Des catégories endogènes : regard des femmes sur leurs activités
2.2. Les catégories formalisées ou institutionnelles
2.2.1. Les femmes dans le secteur informel
2.2.2. Les actions de la direction régionale de la promotion de la femme et du genre de la région du centre en faveur des femmes
2.2.3. Le secteur formel (privé et public)
A. La fonction publique
B. Les femmes dans le secteur privé
III.3. Modalités de choix du conjoint
Conclusion partielle
Chapitre IV : Rapports sociaux et itinéraires professionnels féminins
IV.1. Relations de couples
1.1. Entre études, mariage et recherche d’emploi
1.2. L’image du foyer, une responsabilité féminine ?
1.3. Implication des conjoints dans la quête d’emploi de leurs épouses
3.1. La femme aussi doit travailler
3.2. Le travail des femmes une assurance pour les enfants ?
1.4. Quand les conjoints s’opposent au travail de leurs épouses
4.1. Les lieux et les heures de travail
4.2. L’organisation des travaux domestiques
4.2.1. Les savoirs faire féminins au Burkina Faso
4.2.2. Une journée dans la vie d’Aïcha et d’Agnès
IV.2. Rôle du réseau familial dans l’itinéraire professionnel des femmes
2.1. Être diplômé à Ouagadougou c’est bien, connaître des gens c’est encore mieux
2.2. Le travail comme responsabilité sociale d’aînesse
2.3. L’entraide au féminin
IV.3. Relations intergénérationnelles : les parents dictent subtilement à leurs filles le choix de
l’activité
Conclusion partielle
Chapitre V : La répartition « sexuelle » des dépenses dans les ménages : entre discours et pratiques
V.1. Catégorisation des dépenses entre les conjoints au sein des ménages urbains de Ouagadougou
1.1. Les dépenses féminines
A. Être mère c’est pouvoir s’occuper de ses enfants
B. L’argent de la « popote » ou le « nan-songo » : de « je retiens » à « je complète »
C. La mise en beauté, être à la mode
D. Disposer d’un moyen de déplacement
1.2. Les dépenses masculines
E. Les frais du loyer ou la construction d’un logement
F. La scolarité des enfants
G. Les frais médicaux
1.3. Dans les ménages urbains, chacun fait ce qu’il peut !
V.2. Que retenir de la répartition sexuelle des dépenses et de la solidarité conjugale à Ouagadougou ?
V.3. Impact de la division « sexuelle » des dépenses sur les itinéraires des femmes
3.1. Relations de couples et réussite professionnelle féminine
3.1.1. Je suis financièrement autonome, mais mon mari reste le chef de famille
3.1.2. Obtenir sa place par la réussite professionnelle
3.1.3. « Moi je veux ma liberté » : le point de vue masculin sur les dépenses du ménage
Conclusion partielle
Conclusion générale
Bibliographie

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