Intérêts et modalités de la contention chimique chez le chat

Comportement des chats et consultation

Les chats domestiques ont gardé un comportement proche des félins sauvages et notamment leur talent de chasseur solitaire. Ceci implique entre autre la persistance chez les chats de réflexes acérés qui les rendent imprévisibles et hyper réactifs aux stimuli extérieurs.
Par ailleurs, le chat est « extrêmement routinier », « déteste l’imprévisible et éprouve des difficultés chaque fois que son environnement ou ses habitudes sont modifiés de manière inattendue » (revue dans4). Hors quoi de plus inhabituel (donc stressant) qu’un transport en cage dans une voiture, suivi d’une arrivée dans la salle de consultation emplie d’odeurs d’espèces différentes et souvent de phéromones d’alarme déposées par les « patients » précédents. En outre, la plupart des analyses sanguines et autres examens complémentaires sont motivés par l’existence d’un trouble organique ou fonctionnel du chat qui le perturbe généralement déjà à lui seul.
Il est donc évident que la situation de stress est inévitable au cours d’une consultation féline. De plus, l’intensité du stress du chat varie selon une foule de paramètres non contrôlables par le praticien (bruits du dehors, autres animaux présents, jeûne du chat avant sa venue…), ce qui explique l’imprévisibilité des réactions du chat pour une situation identique à des moments différents.
Cet état de stress est géré par le chat de deux façons :
– Soit il reste dans l’expectative : c’est le cas du chat plutôt « inhibé », passif face à celui qu’il considère comme un agresseur.
– Soit il réagit par une agression de défense, laquelle « survient (…) en présence d’un prédateur (…) homme y compris. Le chat s’estime agressé à partir du moment où son espace vital est envahi » (revue dans4). Lorsqu’elle lui est possible, le chat préfère la fuite ; dans le cas contraire, il peut se montrer extrêmement impressionnant dans ses menaces puis dans son agression.
Il est préférable de ne pas chercher à contraindre le chat au-delà de ce qu’il peut tolérer : en effet, « le chat possède une grande mémoire des expériences aversives » (revue dans4). Ainsi, non seulement le praticien risque des blessures non négligeables en insistant trop pour faire un examen complémentaire qu’il juge fondamental, mais en plus le chat risque de développer une aversion définitive pour cette situation et entrer immédiatement en conflit chaque fois qu’elle se présentera.
Voilà pourquoi il est important de limiter autant que possible les sources de stress et l’intensité de ce stress pour préserver la relation future du chat avec le vétérinaire.
Par ailleurs, la contention physique du chat non coopératif s’avère difficile et même vouée à l’échec dans la plupart des cas, ce qui empêche directement la réalisation de l’examen escompté sur l’animal vigile.
Il est donc évident d’une part que le stress est quasi-inhérent à l’espèce féline en consultation, et d’autre part que ce stress est rarement maîtrisé par une contention physique musclée, laquelle tend au contraire à amplifier l’impression de danger et donc les réactions de défense du chat.

Conséquences du stress sur les analyses vétérinaires

Tout vétérinaire praticien interprète avec précautions certaines modifications de l’examen clinique d’un chat particulièrement stressé : tachycardie, hyperthermie,mydriase, sudation importante au niveau des coussinets…Ces modifications cliniques sont liées à des modifications hormonales, lesquelles sont à l’origine de modifications hématologiques et biochimiques.
Les effets sur les paramètres hématologiques sont particulièrement marqués chez le chat (revue dans 7, 30), surtout s’il est jeune et en bonne santé :
– suite à la contraction splénique causée par un stress aigu, il y a augmentation de l’hématocrite, de l’hémoglobinémie et des numérations érythrocytaire et plaquettaire
– de façon générale, il y a une leucocytose avec une neutrophilie par démarginalisation des granulocytes neutrophiles, et une lymphocytose encore plus marquée
– par action de l’adrénaline libérée suite au stress, un effet un peu tardif est observé sur la population des granulocytes éosinophiles qui est d’abord augmentée puis diminuée.
D’autre part, une hyperglycémie de stress est fréquemment observée chez le chat, parfois tellement importante (jusqu’à 1-,5 à 22 mmol/L) qu’elle entraîne une glucosurie (revue dans7).
Dans certains cas où le stress est tel qu’il se manifeste par une hyperventilation marquée, il peut aboutir à une alcalose respiratoire avec une diminution de la concentration sanguine en bicarbonates.
L’étude de Rand et al.36 a par ailleurs décrit les effets du stress chez le chat sur les concentrations sanguines de différents analytes : glucose, lactate, insuline, glucagon, cortisol, noradrénaline et adrénaline.
Cette étude a été réalisée sur 20 chats sains adultes à partir d’un « test de stress ». Le stress a été induit par une pulvérisation d’eau pendant 5 minutes suivie par un séchage ; le chat regagnant sa cage à 15 minutes. Des prises de sang ont été réalisées à la veine jugulaire toutes les 5 minutes pendant 15 minutes, dès 5 minutes avant le bain, puis toutes les 15 minutes pendant 90 minutes.
Des signes de stress important ont été observés chez tous les chats : le bain a donc bien joué son rôle d’inducteur de stress.
Les figures suivantes montrent les évolutions significatives des différents paramètres : seule la concentration en adrénaline n’a présenté aucune variation significative suite à l’épreuve de stress.

Intérêts et modalités de la contention chimique chez le chat

Le stress étant fréquent et préjudiciable à une interprétation juste des résultats d’analyses sanguines chez les chats, il est nécessaire de disposer de moyens pour contourner cette difficulté. Ainsi, les médicaments à propriétés anesthésiques ou apaisantes semblent pouvoir apporter des solutions.
Cette augmentation est survenue dès la fin du bain pour la noradrénaline, mais a atteint son maximum plusieurs dizaines de minutes après pour le cortisol. Les modifications de la concentration en noradrénaline étaient corrélées avec celles de la glycémie (au moins jusqu’à 30 minutes), ce qui n’était pas le cas pour le cortisol.

Généralités

La contention chimique voire l’anesthésie générale peuvent être très intéressantes lorsque plusieurs examens complémentaires doivent être réalisés (ou un seul mais contraignant pour le chat) et que le chat est peu coopératif ; ceci d’une part pour la réussite de ces examens et la sécurité des opérateurs, d’autre part pour limiter le stress du chat dont les effets gênants ont été exposés ci-dessus.
L’anesthésie est un « état résultant de l’inconscience induite par une (des) drogue(s) où le patient ne perçoit, ni ne se souvient de stimuli douloureux » (Prys Roberts, 1987). Une bonne anesthésie générale est constituée de quatre composantes dont l’équilibre est acquis par l’association de plusieurs médicaments : l’inconscience (allant de la tranquillisation à la narcose), la myorésolution, l’analgésie et la sécurité.
Lorsque le but recherché est seulement l’indifférence de l’animal aux soins et examens prodigués, de faibles degrés d’inconscience et de myorelaxation sont suffisants et une simple contention chimique est préférable. En effet, celle-ci présente plusieurs avantages par rapport à l’anesthésie générale, dont les plus importants sont :
– La rapidité de disparition des effets anesthésiques qui permet la restitution rapide de l’animal à son propriétaire
– L’administration de doses plus faibles de médicaments et donc des risques anesthésiques diminués
– Un protocole moins lourd donc plus rapide à mettre en œuvre qu’une anesthésie et par conséquent envisageable en consultation.
En revanche, lorsque les examens à réaliser sont plus longs, nécessitent une parfaite immobilité de l’animal (exemple : une myélographie), ou sont douloureux, seule l’anesthésie générale en permet la réalisation. Mais celle-ci entraîne des modifications nombreuses et variées (Cf. 3.) qui peuvent gêner l’interprétation des examens complémentaires réalisés et peuvent être trop néfastes pour les animaux débilités.

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MOTS-CLES : contention chimique, sédation, chats, kétamine, diazépam, biochimie, hématologie,
hémostase.

Table des matières

INTRODUCTION
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
1 Clientèle féline et nécessité de la contention chimique
1.1 Le chat, un animal de compagnie répandu et sensible au stress
1.1.1 La population féline en France : enquête FACCO / TNS Sofres
1.1.1.1 Les chats domestiques dans les foyers français
1.1.1.2 Lieu de vie
1.1.1.3 Conséquences
1.1.2 Comportement des chats et consultation
1.2 Conséquences du stress sur les analyses vétérinaires
2 Intérêts et modalités de la contention chimique chez le chat
2.1 Généralités
2.2 Intérêts d’un protocole kétamine-diazépam
2.2.1 Deux molécules complémentaires permettant une contention
chimique sûre pour la majorité des chats
2.2.2 Avantages de ce protocole par rapport aux autres protocoles de
contention chimique
2.2.3 Posologies recommandées
2.3 Intérêts de l’utilisation d’un anesthésique local : exemple de l’Emla. 28
2.4 Apports de l’utilisation de fractions de phéromones faciales félines. 29
3 Modifications biologiques induites par l’administration de médicaments anesthésiques
3.1 Protocoles kétamine seule
3.1.1 Modifications de l’hémogramme
3.1.2 Modifications de la biochimie sanguine
3.1.3 Modifications des résultats de l’hémostase
3.1.4 Modifications hormonales
3.1.5 Modifications d’un test fonctionnel : le test de tolérance au glucose
3.2 Protocoles kétamine-diazépam
3.2.1 Modifications de l’hémogramme
3.2.2 Modifications de la biochimie sanguine
3.2.3 Modifications des résultats de l’hémostase
3.2.4 Modifications hormonales
3.3 Protocoles tilétamine-zolazépam
3.3.1 Modifications de l’hémogramme et de la biochimie sanguine
3.3.2 Modifications hormonales
3.4 Protocoles acépromazine
3.4.1 Modifications de l’hémogramme
3.4.2 Modifications de la biochimie sanguine
3.4.3 Modifications des résultats de l’hémostase
3.5 Protocoles xylazine
3.5.1 Modifications de l’hémogramme
3.5.2 Modifications de la biochimie sanguine
3.5.3 Modifications des résultats de l’hémostase
3.5.4 Modifications hormonales
3.5.5 Modifications d’un test fonctionnel : le test de tolérance au glucose
3.6 Protocoles médétomidine
3.6.1 Modifications de l’hémogramme
3.6.2 Modifications de la biochimie sanguine
3.6.3 Modifications hormonales
3.7 Protocoles isoflurane
3.7.1 Modifications de l’hémogramme
3.7.2 Modifications de la biochimie sanguine
BILAN : Intérêts de l’étude et choix du protocole
ETUDE EXPERIMENTALE
1 Matériel et méthodes
1.1 Recrutement des chats
1.2 Préparation des chats et prélèvements sanguins
1.3 Réalisation des analyses sanguines
1.4 Interprétation des résultats
2.Résultats
2.1 Description générale de l’étude
2.2 Résultats cliniques
2.3 Résultats des analyses sanguines
2.3.1 Suppression des valeurs aberrantes
2.3.2 Variations statistiquement non significatives ou non évaluables
2.3.3 Variations statistiquement significatives
2.3.3.1 Variations systématiquement comprises dans la variabilité analytique
2.3.3.2 Variations majoritairement comprises dans la variabilité analytique
2.3.3.3 Variations majoritairement supérieures à la variabilité analytique ou dont la variabilité analytique n’a pu être déterminée
2.3.3.4 Comparaison des variations non négligeables avec les intervalles de valeurs usuelles des analytes concernés
3 Discussion
3.1 Choix du protocole
3.2 Variations à considérer comme négligeables en pratique
3.3 Variations non négligeables en pratique médicale
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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