Interaction entre image mentale et mouvement avec le modèle PETTLEP

Théorie de Lang

Les premières études de Lang, Melamed et Hart en 1970 ont démontré une corrélation entre l’imagerie mentale et les réactions physiologiques liées au système sympathique (augmentation du rythme cardiaque et ventilatoire, mains moites, gestes rapides, etc.) après une session d’imagination de scène effrayante (Lang, Melamed, & Hart, 1970). La théorie bio-informationnelle de Peter J. Lang met alors en relation les facteurs émotionnels, comportementaux et psycho-physiologiques (Lang, 1979). Les sujets étaient suivis grâce à un électrocardiogramme (ECG) et un électromyogramme (EMG) afin de quantifier les changements physiologiques. Les réactions somatiques des sujets augmentaient lorsque ceux-ci lisaient un script contenant un élément déclenchant une émotion telle que la peur. Pour influencer le comportement émotionnel des participants, Lang introduit des scripts représentant un scénario avec trois paramètres variables. Il propose premièrement un script neutre avec proposition d’un stimulus et d’une réponse physiologique. Ce script contient des objets avec leur situation dans l’espace, sans scénario particulier, comme par exemple : « Il y a une baignoire dans une pièce ».

Le deuxième script, avec le stimulus, implique une interprétation et une mise en situation du scénario : « Vous êtes seul dans un bain ». Le dernier script ajoute des réponses à ce stimulus initial : « Vous êtes seul dans un bain, vous commencez à avoir chaud, vous transpirez… ». Le scénario avec des réponses physiologiques au stimulus suscitait chez les patients le plus grand nombre de réactions sympathiques telles que l’élévation du rythme cardiaque. Lang introduit alors une autre variable à son étude : l’entraînement lié aux réponses physiologiques et aux stimulus. Le premier entraînement consistait à imaginer le scénario sans lire le script. Les participants devaient ensuite mettre en évidence par oral les comportements et les états émotionnels dans lesquels ils se trouvaient. Le but de cet entraînement était de renforcer la conscience du comportement liée à l’émotion afin que ce dernier soit plus précis. Le second entraînement consistait à renforcer les caractéristiques d’un ou plusieurs stimuli. Les participants devaient décrire verbalement l’environnement dans lequel ils se trouvaient (couleurs, forme, nombres, etc.).

Interaction entre image mentale et mouvement avec le modèle PETTLEP

Le modèle « PETTLEP », créé par Holmes et Collins en 2001, s’est élaboré au fil de nombreuses études en neurosciences concernant l’interaction entre l’image mentale et le mouvement (Jeannerod, 1995a), ou plus exactement la façon de diriger au mieux cette interaction afin d’améliorer l’apprentissage et la performance (Decety & Grèzes, 1999), ainsi que grâce à la théorie bio-informationelle de Lang (Lang, 1979). Ces études ont mis en évidence sept points clés lorsqu’une intervention mentale est pratiquée. Ils forment l’acronyme anglais « PETTLEP » : « Physical, Environnemental, Task, Timing, Learning, Emotion, Perspective ». Nous allons détailler ces sept notions par la suite. Ce modèle permet aux participants de créer une représentation mentale plus réaliste suivant l’interaction entre les sept points spécifiques. Les interactions entre les composantes du modèle peuvent être unidirectionnelles ou pluridirectionnelles.

Le modèle PETTLEP est proposé sous cette forme par Holmes et Collins en se basant sur la littérature mais il peut varier selon le type d’individu ou d’utilisation lors d’une intervention de mental training (Holmes & Collins, 2001a). Les sept points clés sont respectivement décrits de la manière suivante par les deux chercheurs dans l’ordre selon l’acronyme. Physical (Nature physique) : correspond aux sensations physiques. Il peut s’agir de sensations ressenties dans le corps du sujet durant la performance comme, par exemple, le souffle et les battements du coeur qui augmentent ou une sensation de brûlure musculaire lors d’un effort intense. A cela peuvent s’ajouter des aspects kinesthésiques tels que les gestes précis à adopter ou la posture adéquate à avoir. Holmes et Collins maintiennent que la représentation mentale est plus efficace lorsqu’elle sollicite tous les sens nécessaires à la performance (Holmes & Collins, 2001b). Le sujet peut également accompagner sa préparation mentale par un objet (par exemple un ballon de football tenu entre les mains). Ces éléments renforceront l’entraînement en créant des traces mnésiques dans le cerveau. Il est également important que la technique utilisée pendant l’entraînement mental soit la plus précise possible (position du corps, force à adopter pour une performance…). Des corrections externes, grâce à un superviseur, peuvent être envisagées afin d’optimiser la technique (Dave Smith, Wright, Allsopp, & Westhead, 2007)

Environnemental (Environnement) : correspond au lieu où la performance est réalisée. L’individu doit recréer mentalement, de manière la plus fiable possible, l’environnement dans lequel il va devoir pratiquer son activité. Le but est de se rapprocher au mieux de la réalité et de se familiariser avec l’environnement (Lang, 1979). Si l’individu ne peut pas réaliser cette représentation, par exemple dans le cas où il ne parviendrait pas à imaginer le bruit d’une foule, divers sons, ou encore la taille d’un stade, la transmission audio-enregistrée ou photographique peut être utilisée (Holmes & Collins, 2001a). Task (Tâche) : correspond à la représentation de l’acte réalisé. Celle-ci dépend du niveau de l’individu, débutant ou confirmé, par exemple dans un domaine sportif. Le novice percevra cette tâche d’un point de vue externe : il se concentrera sur le mouvement dans l’espace et portera un focus visuo-spatial sur son corps dans l’environnement qui l’entoure. L’individu plus expérimenté portera son attention sur son contrôle moteur, par exemple sa posture et ses sensations internes (Konttinen, Lyytinen, & Konttinen, 1995).

Timing (Temps) : correspond au temps nécessaire à la réalisation d’un mouvement. Le temps dit « mental » doit être le plus proche possible du temps réel d’exécution du mouvement (Jeannerod, 1997). Camel et Fournier ont mené d’autres recherches concernant le temps. Ils ont démontré que, selon la difficulté de la performance à réaliser, l’athlète séquencera le mouvement, ce qui impliquera un temps imaginé d’autant plus long. Simuler au ralenti une action peut être une stratégie d’apprentissage selon les individus afin d’imaginer plus précisément le mouvement. Une fois le mouvement acquis, l’individu doit transposer le rythme de sa préparation mentale au rythme réel afin de ne pas être désorganisé lors de l’acte physique (Calmels, Fournier, Durand-Bush, & Salmela, 1998).

Intervention générale L’étude s’est déroulée sur le site de la Haute école de Santé Valais/Wallis de Loècheles- Bains avec des étudiants de première et troisième année de Bachelor. Nous avons choisi une technique de thérapie manuelle qu’aucun sujet ne connaissait et une articulation peu étudiée : le coude. L’étude a été réalisée sur deux périodes de trois jours. Les étudiants ont été répartis en deux groupes par randomisation contrôlée selon le programme “G Power“. Un groupe contrôle a suivi un entraînement sham, c’est-àdire la technique de relaxation de Jacobson et un groupe expérimental a suivi un entraînement au mental training [Annexe 2 : schéma de l’étude]. L’enseignement de la technique a été réalisé par un professeur de thérapie manuelle de la Haute école de Santé Valais/Wallis. Ce dernier a enseigné à l’aveugle tout au long de l’étude. Tous les participants ont suivi la première partie du cours (enseignement de la thérapie manuelle) en commun. Ensuite, ils ont été séparés dans deux salles selon les groupes attribués (contrôle ou expérimental). Puis, ils se sont retrouvés dans la même salle pour passer un test sur la technique enseignée.

Quarante-huit heures plus tard, les participants ont été convoqués afin de repasser le même test. Ceux du groupe expérimental ont dû exercer le mental training de manière autonome jusqu’au second test, sur le même schéma que ce qu’ils avaient pu découvrir lors de l’entraînement. Les participants ont été évalués par le professeur enseignant la technique grâce à une grille d’évaluation inspirée de l’ Assessment of Procedural Skills in Physiotherapy Education (ASPT 29) (Sattelmayer, Hilfiker, & Baer, 2016). Entre les deux tests, les étudiants ont dû répondre à un questionnaire traduit en français du Imagery Mental Questionnaire (IMQ) concernant la satisfaction de l’usage du mental training. Le cross-over de l’étude s’est déroulé sur le même schéma une semaine plus tard. A la fin de l’étude, nous avons envoyé un courriel aux participants en leur demandant de répondre à trois questions : “Si on vous demandait à nouveau de participer à l’étude, le feriez-vous ? “ (Acceptation), “Avezvous partagé des informations avec des participants de l’autre groupe ? “ (Contamination), “Avez-vous pratiqué le mental training chez vous comme demandé ? Si oui, combien de fois ? “ (Adhérence). Les participants répondaient par “oui“ ou par “non“ et le nombre de fois pour la dernière question.

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Table des matières

Liste des abréviations
1 Introduction
1.1 Contexte général
1.2 Contexte physiothérapeutique
1.3 Contexte personnel
1.4 Résumé de la problématique
1.5 Théorie de Lang
1.6 Interaction entre image mentale et mouvement avec le modèle PETTLEP
1.7 Objectif
1.8 Question de recherche
2 Méthode
2.1 Design de l’étude
2.2 Taille de l’échantillon
2.3 Population
2.4 Critères d’inclusion et d’exclusion
2.4 Processus de l’étude pilote
2.4.1 Aspects éthiques
2.4.2 Recrutement des participants
2.4.3 Intervention générale
2.4.4 Cours en commun
2.4.5 Choix des techniques de thérapie manuelle
2.4.6 Protocole mental training
2.4.7 Réalisation vidéo, de l’enregistrement audio et du script écrit
2.4.8 Protocole sham : méthode de relaxation selon Jacobson
2.4.9 Les tests
2.4.10 Check-list (Assessment of Procedural Skills in Physiotherapy Education (ASPT 29))
2.4.11 Questionnaire mental training
2.4.12 Questionnaire méthode de Jacobson
2.4.13 Conformité des participants
2.4.14 Budget
2.5 Objectifs
2.5.1 Objectifs de l’étude pilote
2.5.2 Objectif de l’étude finale
2.6 Hypothèses
2.7 Issues
2.8 Taille de l’échantillon
2.9 Critères de faisabilité
2.10 Analyse des données et méthode statistique
2.10.1 Statistiques descriptives
2.10.2 Faisabilité
2.10.3 Efficacité
3 Résultats
3.1 Recrutement et flux des participants
3.2 Issue principale : faisabilité
3.3 Faisabilité méthodologique
3.4 Conformité des participants
3.5 Faisabilité des coûts
3.6 Timing
3.7 Issue secondaire : efficacité
4 Discussion
4.1 Interprétation des résultats
4.1.1 Faisabilité
4.1.2 Efficacité du mental training
4.1.3 Sources des potentiels biais et imprécisions
4.1.4 Remarques et problèmes rencontrés
4.2 Adaptation en vue d’une étude d’intervention randomisée contrôlée en
cross-over
5 Conclusion
6 Références bibliographiques
7 Liste des illustrations
8 Liste des tableaux
9 Annexes
Annexe 1 : Lettre de consentement
Hélène Blanchut et Léa Dassonville
Annexe 2 : Schéma de l’étude
Annexe 3 : Photo scooping du coude droit
Annexe 4 : Photo traction longitudinale caudale du coude droit
Annexe 5 : Script mental training, traction longitudinale caudale du coude droit
Annexe 6 : script mental training, scooping du coude droit
Annexe 7 : Check-list scooping du coude droit
Annexe 9 : Questionnaire Imagery Mental Questionnaire (IMQ), groupe
expérimental.
Annexe 10 : Questionnaire sham, groupe contrôle.
Annexe 11 : Tableau budget

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